Blizzard : un dirigeant démissionne pour critiquer le système « toxique » d’évaluation du personnel

«Quand y’en a plus y’en a encore» le 24 janvier @ 11:462023-01-24T11:47:25+01:00" - 3 réaction(s)

Cela fait un moment que nous n’avons pas parlé de Blizzard sans évoquer autre chose que le rachat par Microsoft ou des soucis internes. Néanmoins, cela n’est pas près de s’arrêter suite aux dernières révélations faites par Bloomberg et Brian Birmingham, un dirigeant de Blizzard ayant décidé de quitter la société suite aux processus d’évolution du personnel établis chez Blizzard.

Un système d’évaluation toxique et biaisé afin de respecter des quotas

Cela faisait 17 ans que Brian Birmingham était ingénieur logiciel principal chez Blizzard jusqu’à ce qu’il décide de quitter le navire récemment. La raison ? Une méthode d’évaluation du personnel très douteuse nommée « stack ranking » et dont Brian Birmingham était l’un des responsables.

Comme tous les managers de Blizzard, Birmingham devait noter ses employés sur une courbe. Néanmoins, les managers étaient obligés de donner de faibles notes à au moins 5% des employés afin qu’ils ne bénéficient pas de primes d’intéressement et qu’ils aient moins de chances d’être promus.

Les journalistes de Bloomberg enquêtant également sur la situation ont notamment dévoilé que Brian Birmingham avait été obligé d’abaisser la note d’un employé du statut « réussite » à celui de « développement », l’échelle inférieure, juste pour respecter ces quotas. Birmingham a notamment détaillé la situation dans un mail adressé au personnel de Blizzard.

"Lorsque les chefs d’équipe ont demandé pourquoi nous devions faire cela, les directeurs de World of Warcraft ont expliqué que, bien qu’ils ne soient pas d’accord, les raisons invoquées par la direction générale étaient qu’il était important de presser les employés les moins performants afin de s’assurer que tout le monde continue à se développer.

Ce genre de politique encourage la compétition entre les employés, le sabotage du travail des autres, le désir des gens de trouver des équipes peu performantes dans lesquelles ils peuvent être les plus performants, et finalement érode la confiance et détruit la créativité.

Si cette politique peut être inversée, peut-être que « mon Blizzard » peut-il encore être sauvé, et si c’est le cas, j’aimerais continuer à y travailler. Si cette politique ne peut être inversée, alors le Blizzard Entertainment pour lequel je veux travailler n’existe plus, et je devrai trouver un autre endroit où travailler."

Suite à la publication des citations issues des mails de Birmingham dans l’article de Jason Schreier, l’ex-employé de Blizzard a tout de même souhaité revenir sur plusieurs éléments avec ses propres termes et un peu de recul dans un long thread Twitter publié par ses soins aujourd’hui. Selon lui, cette politique de quota est terrible et témoigne réellement de l’ambiance qui peut régner au sein du studio, mais aussi du regard que porte l’administration d’ABK sur ses employés.

"Chez Blizzard, nous avons repoussé les limites avec force en 2021, et je croyais vraiment que nous avions inversé la politique de quotas de développement. Lorsque le procès pour harcèlement sexuel a été révélé plus tard dans l’année, nous avons vu un certain changement suite à cela également, et nous avons senti que nous pouvions avoir un impact sur les politiques d’ABK.

Le fait de réaliser qu’il y a toujours un quota minimum pour les « Développeurs », malgré nos objections et nos lettres sévères, m’amène à penser que je me faisais des illusions. J’espère que la culture positive de Blizzard pourra surmonter le poison d’ABK, mais elle n’y parvient pas encore.

Ayant expliqué tout cela, je n’ai aucune rancune envers mes anciens collègues de Blizzard Entertainment. Le Blizzard que j’ai connu et pour lequel j’ai toujours voulu travailler est en train d’être mis en pièces par les dirigeants d’ABK, et cela me rend triste. Je respecte vraiment les développeurs avec lesquels j’ai travaillé chez Blizzard.

Mais ABK est une société mère problématique. Ils nous ont mis sous pression pour que nous livrions les deux extensions plus tôt que prévu. Il est profondément injuste de suivre cela en privant les employés qui y ont travaillé de leur juste part de profit. L’équipe d’ABK devrait avoir honte d’elle-même".

Voilà une nouvelle polémique qui ne va pas faire de bien à Activision Blizzard, mais dont la révélation ne peut être que positive pour le bien-être des employés et l’amélioration des conditions de travail dans la culture toxique qu’est celle du groupe ABK.

Activision Blizzard

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3 reactions

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fatpunkslim

24 jan 2023 @ 13:10

C’est aussi un argument pour le rachat, et ça confirme le management toxique de cette boite, c’est loin d’être la première fois qu’on a ce genre de retours négatifs de ABK

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chiendlacasse

24 jan 2023 @ 18:36

Toxique par ci, toxique par la.... Ce mot est hyper a la mode

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PtitBiscuit

24 jan 2023 @ 18:43

Peut-être parce que la toxicité a été elle-même trop longtemps à la « mode »