Affaire Ubisoft : du mouvement à la tête du groupe avec deux nominations

«Le calme pourra-t-il revenir ?» le 25 septembre @ 10:332021-09-25T11:20:07+02:00" - 0 réaction(s)

Ubisoft est dans la tourmente depuis près d’un an et demi alors que des salariés du groupe se mobilisent pour améliorer leurs conditions de travail devenues toxiques (mysoginie, harcèlement, discrimination, etc.). Des actions fortes étaient attendues et Yves Guillemot, PDG du groupe, avait promis « un changement réel et fondamental au sein d’Ubisoft et dans l’ensemble de l’industrie, pour le bien de nos membres » au mois d’août dernier. Bénédicte Germain prend ainsi la tête de la filiale française du studio. Suffisant pour apaiser les tensions ?

Un studio en voie de reconstruction...

Bénédicte Germain peut se targuer d’un CV impressionnant : membre d’Ubisoft depuis plus de 23 ans, elle est promue du service marketing et communication qu’elle dirigeait déjà et d’où elle a largement contribué au lancement des grandes licences du studio (Rainbow Six : Siege, Far Cry 6, etc.) à la direction générale de la filiale française. Une expérience riche qui lui a permis de voir l’industrie vidéoludique évoluer au fil des générations de consoles et de la demande du consommateur. Une longévité et une connaissance du groupe qui lui offrent d’être promue au rang maximal de Directrice Générale d’Ubisoft France qui a communiqué à son sujet :

Sa grande expérience en marketing et sa parfaite connaissance de l’industrie des jeux vidéo font de Bénédicte la candidate idéale pour ce poste. Je suis très fier de son évolution et suis convaincu qu’elle saura parfaitement guider les équipes d’Ubisoft France vers leurs nouveaux défis et les succès à venir

En parallèle, Igor Manceau est également promu de Directeur Créatif à Chief Creative Officer, un poste de numéro 2 lui permettant de rendre directement des comptes à Monsieur Guillemot. Après plus de 20 années d’expérience au sein du groupe, également au service marketing entre autres, Monsieur Manceau s’était distingué en tant que Directeur Créatif sur le jeu de glisse Steep. A son sujet et concernant cette promotion, le PDG déclare ceci :

Igor est l’un des directeurs créatifs les plus expérimentés, innovants et respectés d’Ubisoft et de l’industrie. Igor a une profonde compréhension des motivations des joueurs, une forte intuition pour créer de nouveaux marchés et un style de leadership exemplaire. Je suis certain qu’avec l’ensemble de nos directeurs créatifs et de nos responsables éditoriaux, il saura fédérer et motiver nos équipes autour d’une vision commune pour renforcer et élargir notre portefeuille de jeux, combler les attentes des joueurs actuels et élargir nos audiences.

...ou en voie de restructuration ?

Si les qualités de ces deux salariés de longue date d’Ubisoft semblent indéniables et leurs promotions respectives plus que logiques, est-ce la bonne réponse quant aux inquiétudes suscitées depuis de longs mois ? En effet, chez les salariés d’Ubisoft, il est souvent reproché aux directions de maintenir le système en place par des transferts en interne sans chercher à régler le fond du problème et tout en protégeant les personnes incriminées.

Si le poste de Chief Creative Officer était vacant depuis la démission de Serge Hascoët en juillet 2020, accusé d’être l’un des harceleurs du groupe, celui que va occuper Madame Germain ne l’était pas. Son prédécesseur, John Parkes, prendra de nouvelles fonctions, toujours chez Ubisoft. La raison de son départ (ou possiblement sa rétrogradation) reste inconnue et le studio n’a pas souhaité communiquer sur le sujet. Cela interroge sur les motivations réelles de Monsieur Guillemot de vouloir obtenir un réel changement : les salariés seront-ils rassurés quant au fait que des collègues, présents depuis plus de 20 ans dans l’entreprise et ayant probablement assisté à des scènes de harcèlement, prennent désormais des responsabilités de direction ? La réponse n’est pas si simple.

Dans un communiqué du 7 septembre dernier, le collectif A Better Ubisoft demandait à Monsieur Manceau « des mesures significatives pour réparer les dommages causés par son prédécesseur ». Formé après un soutien affiché aux salariés du groupe Activision-Blizzard, le collectif lutte depuis pour une amélioration des conditions de travail et plus de diversité parmi les équipes dirigeantes. La nomination de Bénédicte Germain n’a pas été directement commentée par les membres du collectif, mais la dernière publication demandait l’arrêt des promotions internes tant décriées…

À défaut d’améliorer son image en interne auprès des salariés, la direction du studio cherche peut-être, grâce à ces promotions, à redorer un blason terni par une étude récente d’analyse de tweets indiquant qu’Ubisoft est la compagnie vidéoludique la plus détestée dans 23 pays, dont la France. Nul doute que l’expérience de Madame Germain et celle de Monsieur Manceau seront profitables… Mais à qui ?

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