Joy-Con Drift : la DGCCRF inflige une amende de 35 millions d’euros à Nintendo

Débutée à la suite d’un dépôt de plainte de l’UFC-Que Choisir en 2020, l’affaire du Joy-Con Drift continue de rattraper Nintendo. Après plusieurs années d’enquête, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a annoncé que Nintendo of Europe allait devoir verser une amende de 35 millions d’euros. Une somme particulièrement importante qui trouve son origine dans la gestion d’un défaut bien connu des possesseurs de Nintendo Switch.
Une amende de 35 millions d’euros, mais pas pour le Drift lui-même
Si le montant peut surprendre, la sanction ne vise pas directement le défaut qui affecte les Joy-Con depuis plusieurs années. Pour rappel, le « Joy-Con Drift » désigne un problème de dérive des sticks analogiques provoquant des mouvements involontaires pendant une partie, même lorsque le joueur ne touche plus à la manette.
Selon la DGCCRF, Nintendo avait identifié l’existence de ce problème dès 2018. L’administration reproche toutefois au constructeur d’avoir tardé à informer clairement les consommateurs sur la nature du défaut et sur les solutions de prise en charge disponibles.
Les enquêteurs estiment ainsi que certains utilisateurs ont pu acheter de nouvelles manettes alors qu’une réparation ou une prise en charge par le service après-vente était possible. C’est sur ce point précis que repose la qualification de pratique commerciale trompeuse retenue par les autorités françaises.
Une affaire qui remonte à 2019
Cette affaire, qui aura mis 6 ans à trouver son épilogue, débute en 2019 lorsque les témoignages de joueurs confrontés au problème de « Joy-Con Drift » se multiplient partout dans le monde. En France, l’UFC-Que Choisir décide alors de s’emparer du sujet. Le 5 novembre 2019, l’association met officiellement Nintendo en demeure de prendre en charge gratuitement les manettes touchées par ce dysfonctionnement.
Pour l’organisation, il ne s’agit pas de cas isolés, mais d’un défaut récurrent affectant un grand nombre de consoles. L’UFC-Que Choisir estime également que les consommateurs ne devraient pas avoir à supporter les frais de réparation ou de remplacement de manettes présentant ce type de problème.
Moins d’un an plus tard, face à ce qu’elle considère comme une réponse insuffisante de Nintendo, l’association passe à la vitesse supérieure en déposant, le 22 septembre 2020, une plainte pour obsolescence programmée auprès du procureur de la République de Nanterre. Une action qui marquera le véritable point de départ des investigations françaises autour du « Joy-Con Drift ». Au fil des années, les autorités vont examiner les pratiques du constructeur, ses procédures internes et sa communication auprès des consommateurs.
Après six ans de procédure, l’affaire débouche finalement sur cette amende de 35 millions d’euros. Même si cette sanction ne tranche pas la question de l’obsolescence programmée, elle a au moins le mérite de sanctionner la manière dont Nintendo a géré et communiqué autour de l’un des problèmes techniques les plus connus de la Nintendo Switch.