Il était une fois…D
Premiers frissons
D est sorti sur 3DO, avant de s’inviter sur Saturn (la version dont on parle ici), Playstation et PC en 1995. Le jeu est issu du studio Warp, et il a fait parler de lui à sa sortie !
D raconte l’histoire de Laura qui veut raisonner son père médecin, ce dernier s’étant mis à trucider dans son hôpital tout ce qui peut passer à sa portée. Les otages qu’il retient empêchent la police d’intervenir, mais pas son intrépide fille ! Dès qu’elle entre dans l’hôpital, cette dernière se retrouve projetée dans une sorte de manoir étrange, et la voix de son père lui apprend que son autre moi doit être arrêté.
Là, dit comme ça, on peut s’attendre à un scénario en béton armé. En fait non, ce n’est pas du tout le cas, D n’est qu’une succession de petites énigmes et de scènes choc. Ce n’est pas le seul point décevant ! On découvrait le CD-Rom et son espace mémoire, et D n’est au final qu’une succession de cinématiques se déclenchant à chaque fois qu’on se déplace en suivant un rail pré-établi. Pire, ces fameux déplacements se font à une lenteur stupéfiante, alors que dans le même temps le jeu est chronométré (l’histoire doit être bouclée en deux heures). Enfin, les cinématiques de l’époque, ce n’est pas vraiment la qualité de celles d’aujourd’hui. Si au moment de la sortie du jeu on pouvait être impressionné, aujourd’hui on ne peut que constater les limitations techniques de cette période.
Et pourtant, tout gamer qui se respecte devrait approcher D, car ce titre fait partie de l’histoire des jeux vidéo.
C’est tout simplement le papa des jeux horrifiques. A sa sortie, le jeu a même fait un petit scandale, car proposant des scènes d’une violence inédite dans un jeu. Le jeu vidéo, c’était pour les enfants, les bonnes mœurs ne pouvaient pas accepter ça. Si aujourd’hui les jeux peuvent montrer ce qu’ils veulent ou presque, c’est en partie grâce à ce titre.
D a aussi posé les bases de l’environnement sonore des jeux de ce genre, avec une composition magistrale, à la fois discrète et imposante, faisant aussi sursauter le joueur de sa chaise. Une œuvre fondatrice dont pourront s’inspirer les compositeurs suivants.
Même si techniquement le jeu est faible, les graphismes sont clairement soignés, détaillés, et très travaillés pour créer une ambiance glauque et décalée. Si c’est la version Saturn qui a mes faveurs, alors que la version PS1 proposait un rendu un peu plus propre, c’est justement parce que ce côté dirty des cinématiques sur Saturn renforce l’ambiance générale du jeu.
Le gameplay a été laissé à l’abandon, les énigmes étant sans intérêt (ou même peu logiques !). Le principe du jeu est surtout la présentation d’un point de vue à travers les cinématiques, comme un film interactif. D’ailleurs, il n’y a même qu’un seul passage où un QTE propose un tout petit peu d’action. C’est donc un gameplay très vieillot, et très peu évolué.
Mais d’un autre côté, des jeux dans lesquels on suit des chemins pré-établis, où on ne fait que regarder des cinématiques qui se déclenchent après une pression sur un bouton…Ça ne vous rappelle pas des jeux sortis bien plus récemment et qu’on nous a présentés comme novateurs ? Il ne s’est pas passé tant de choses que ça depuis 1995…
merci rone, je l’avais oublié celui la, je l’ai fais sur saturn. je vais faire mon vieux con, ça piquait les yeux, mais on s’amusait bien. loin du 1080p dont rêve le pyjama moyen. pour le prochain tu me fais soviet strike…. une pure merveille.