Test – Agatha Christie – Mort sur le Nil – Les petites cellules grises reprennent du service

Après l’excellent Agatha Christie – Le Crime de l’Orient Express, le célèbre détective Hercule Poirot reprend du service avec Agatha Christie – Mort sur le Nil, tiré du célèbre best-seller écrit par la reine du crime, mais revisité avec quelques nouveautés. En effet, Microids studio Lyon y apporte sa touche en y ajoutant des intrigues inédites se déroulant en Égypte à l’époque des seventies. Le temps de prendre notre peigne à moustache et notre panoplie du parfait enquêteur et nous voilà prêts à faire des déductions sur ce nouvel épisode qui semble prometteur.
Enquête sur mesure
Avant de partir à l’aventure, il faut choisir entre trois modes de difficulté qui s’offrent à nous : le mode histoire qui permet de profiter simplement du scénario (tout est indiqué et toutes les aides nécessaires sont disponibles), le mode détective, qui se veut équilibré, et enfin le mode Herculéen, dans lequel il est impossible d’obtenir des indices et où les énigmes sont un peu plus difficiles. Nous ne pouvons que recommander de jouer en mode détective ou herculéen pour profiter de l’immersion et avoir vraiment des phases de réflexion, pour ainsi participer pleinement à cette enquête passionnante. Le titre est vraiment accessible, surtout si vous êtes habitués au genre. Et, belle surprise, le jeu est entièrement doublé (avec brio) en français et profite également de sous-titres, comme son prédécesseur, ce qui nous immerge davantage dans le récit

Il est temps de retrouver Hercule Poirot, qui fait justement son entrée dans une discothèque au doux nom de « Chez ma tante ». Nous sommes le trois août 1974, en plein cœur de l’été, et l’ambiance sur la piste est haute en couleur et très disco. Les nombreux clients présents ce soir se déhanchent sur la piste au rythme des derniers tubes à la mode. Notre détective rejoint le patron de la boîte de nuit au bar. En effet, il a rendez-vous avec lui, mais celui-ci a une requête de dernière minute. Notre protagoniste en profite alors pour boire un verre.

C’est alors qu’une jeune femme, nommée Jane Royce, nous rejoint. Grande admiratrice de Monsieur Poirot, elle ne tarit pas d’éloges à son égard et nous apprenons, par la même occasion, qu’elle est détective privée, tout comme son idole. Ce personnage a son importance, car c’est le deuxième personnage jouable de l’aventure et, tout comme dans Agatha Christie – Le Crime de l’Orient Express, les enquêtes de ces deux personnages vont connaître un destin commun. Comme toujours, quand Hercule Poirot est dans le coin, le crime n’est jamais loin. Effectivement, une demande en mariage vient de tomber à l’eau, en cause une bague de fiançailles qui a disparu.
Destin croisé
Cette première affaire permet de prendre en main les mécaniques du jeu. En vue à la troisième personne, notre personnage peut se déplacer aisément dans les différentes zones. On peut interagir avec certains objets ou personnages en appuyant sur A. Après avoir discuté avec de nouvelles personnes, des fiches personnages peuvent être complétées au fur et à mesure que l’on récolte des informations à leur sujet (âge, profession, lien). Ces actions sont totalement optionnelles, mais peuvent servir à se repérer. Elles sont accessibles à tout moment dans le menu. Comme dans tout bon jeu de détective, on y retrouve une carte mentale. C’est ici que l’on retrouve nos objectifs avec le cheminement de notre enquête et où l’on fait nos déductions pour le bon déroulement de l’affaire. Elle occupe une place très importante puisqu’elle est essentielle pour se repérer et compléter chaque enquête.

Discuter avec les différents témoins et suspects permet de récolter de précieux indices et de débloquer de nouvelles voies à exploiter. Une fois tous les indices nécessaires récoltés, des questions nous sont proposées pour faire le point. Similaire au premier épisode, cet espace de recherche est toujours aussi interactif. On y retrouve aussi parfois des puzzles variés permettant de faire avancer l’affaire. Les questions très pertinentes poussent le joueur à la réflexion et à bien comprendre le déroulement des événements.

En explorant les différentes pièces ou scènes de crime, on peut trouver des indices importants sur des suspects ou, tout simplement, en apprendre plus sur la victime. Des énigmes très bien pensées amènent de la variété, elles sont parfois sous forme de casse-tête et demandent un peu d’observation et de logique. Cet aspect du jeu est très appréciable et on prend plaisir à résoudre ces casse-têtes , assez originaux pour certains. Quelques collectibles sont parsemés ici et là à travers les différents chapitres (parfois très bien cachés) : les célèbres moustaches d’Hercule comme dans Agatha Christie – Le Crime de l’Orient Express et, petite nouveauté, des vinyles dorés.
Un mystère peut en cacher un autre
Pour le bien de l’enquête, nos détectives espionnent parfois certaines conversations. Jane Royce a la possibilité de crocheter des serrures ou encore de filer quelqu’un, par exemple. Ces actions se présentent sous forme de mini-jeux à la manière de Sherlock Holmes – The Devil’s Daughter. Très ludiques, toutes ces mécaniques amènent de la variété dans le gameplay et le joueur est constamment invité à participer pleinement au bon déroulement de chaque affaire. Chaque chapitre contient une affaire, parfois deux, à résoudre.


On alterne donc entre Hercule Poirot et Jane Royce, qui résolvent chacun de leur côté leurs enquêtes respectives. Finalement, leurs affaires pourraient bien les conduire à travailler ensemble. Jane est sur une affaire très sombre : elle recherche activement celui qui a pris la vie de son amie, laquelle détenait des dossiers avec des preuves très compromettantes pour certaines personnes. Elle pense que son meurtre est lié à l’enquête qu’elles menaient toutes les deux. Sans relâche, elle va aller dans différentes destinations pour traquer celui que l’on surnomme « L’Araignée », meurtrier présumé et personnalité potentiellement très dangereuse. A certains moments cruciaux, la détective Royce a des choix moraux à faire, qui peuvent avoir des conséquences sur l’histoire.
À la fin de chaque enquête, quand toutes les déductions et tous les événements sont reliés logiquement entre eux, on procède à une reconstitution permettant d’établir l’ordre chronologique de chaque fait, le but étant de reconstituer les événements de chaque créneau horaire en attribuant les bons personnages aux bonnes actions.

Si l’on soupçonne qu’un suspect ou témoin ment, s’ensuit alors une confrontation où des questions avec différentes réponses sont proposées. Faire les bons choix amène le présumé menteur à dévoiler la vérité sur ses intentions ou les raisons de son mensonge. En étant attentif aux indices, on peut facilement répondre aux questions. Ces moments de réflexion sont relativement accessibles et on ne rencontre jamais vraiment de pic de difficulté lors de ces phases, tout comme dans la carte mentale. En cas d’oubli, un historique permet de revoir les différents dialogues avec les personnes interrogées.
Des décors digne d’une carte postale
Graphiquement, le jeu s’en sort à merveille. Quelques paysages sont très jolis et les jeux de lumière mettent en valeur certains panoramas très agréables à regarder. Les différents endroits à visiter sont en parfait accord avec l’ambiance : le soleil couchant et doré en Égypte, les rues sombres et dangereuses d’un Brooklyn triste et appauvri, une boîte de nuit aux couleurs vives et criardes (années 70 obligent), une maison luxueuse bien détaillée et créée avec soin.
Si le titre peut se targuer d’être beau, son ambiance sonore apporte vraiment une touche particulière à l’époque et aux différents moments de l’histoire. Dommage que certaines musiques soient parfois un peu entêtantes. Par ailleurs, nous n’avons rencontré aucun bug important en jeu. Cela nous a permis de découvrir une histoire pleine de rebondissements, bien écrite, nous donnant envie d’en savoir plus à chaque chapitre.


Le genre enquête se faisant rare, c’est un plaisir d’être dans la peau d’un détective, qui plus est toujours de manière ludique et amusante. Comptez une dizaine d’heures pour clore cette enquête aux multiples rebondissements, un peu plus pour les férus de collectibles et de 100 %. Agatha Christie – Mort sur le Nil sera disponible le 25 septembre 2025 sur PS5, Xbox Series S et X, Switch et PC.
Testé sur Xbox Series S, code fourni par l’éditeur.
Coup de coeur de la rédac !
Le Bilan
On a aimé
- La carte mentale
- Le gameplay ludique et interactif
- Les énigmes
- L’histoire
On a moins aimé
- La musique parfois redondante
- Les filatures un brin fastidieuses
Conclusion du test de Agatha Christie – Mort sur le Nil
Une affaire rondement menée
Passer ces quelques heures dans la peau du célèbre Hercule Poirot et de la jeune détective Jane Royce nous a permis de vivre une aventure pleine de rebondissements, grâce à des enquêtes bien écrites qui prennent tout leur sens au fil de l’histoire, à la carte mentale et aux énigmes bien pensées (bien plus nombreuses que dans Agatha Christie – Le Crime de l’Orient Express). Enfin, avec un gameplay invitant le joueur à la réflexion et à l’interactivité, nul doute qu’Agatha Christie – Mort sur le Nil tire son épingle du jeu. Fans du genre enquête, nous avons pris beaucoup de plaisir à découvrir toutes les facettes de ce titre. Les amateurs de polar ou de jeux vidéo similaires aux jeux Frogwares de la licence Sherlock Holmes prendront plaisir à découvrir (ou redécouvrir) l’une des plus célèbres œuvres d’Agatha Christie revisitée.