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Test – SAW

Test – SAW
Le 30 novembre 2009
Le 30 novembre 2009

Torture Show

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Maintenant que tous les gags possibles et imaginables autour du désormais célèbre titre Saw 6 ont été faits (et avant ceux autour « Saw 7 : Jigsaw contre l’archiduchesse »), je vais faire comme si de rien n’était et éviter toute allusion à ce patronyme embarrassant pour plutôt me concentrer sur le jeu de Konami adapté de la saga. Que les plus sadiques d’entre vous passent leur chemin, ce n’est pas le criminel que vous allez contrôler, mais bien une de ses victimes. Accrochez vos tripes et boyaux, c’est parti…

Tapp m’en cinq

C’est dans la peau de l’inspecteur Tapp (personnage du premier film) que vous vous retrouvez, dans une situation bien inconfortable, puisque vous reprenez connaissance dans un pièce lugubre, un masque piégé sur le visage. En quelques secondes vous le retirez, avant de reprendre vos esprits. Le Jigsaw, tueur sadique qui teste la volonté de ses victimes et qui les punit par leurs péchés, vous annonce les règles (en gros vous devez vous en sortir en sauvant des gens, et dans le même temps éviter de vous faire planter par tous ceux qui veulent récupérer la clé enfermée dans votre corps), et vous attaquez tout de suite la première énigme…

Tout se déroule dans un asile psychiatrique désaffecté, et vous allez croiser des personnages vus dans les films (vous devrez les libérer), ou bien des inconnus qui chercheront à vous faire la peau.

A chaque fois que vous réussirez à libérer quelqu’un, il partira, vous accompagnera pendant un temps, ou bien…ou bien vous ne savez pas, puisqu’une de vos spécialités sera de vous faire mettre KO par le Jigsaw afin que le jeu continue. Une chose est certaine : il y a dans cet asile beaucoup de monde, qu’ils soient vivants ou juste à l’état de cadavres, ce qui laisse penser que le tueur a cette fois capturé au minimum un bus complet de victimes !

Les raisons pour lesquelles vous êtes là sont bien sombres (Jigsaw vous reproche de lui courir après de façon obsessive. Reprocher ça à un flic, autant enfermer un facteur parce qu’il distribue le courrier…), et très franchement, elles le resteront !

En effet, ce sont plus les derniers films de la franchise que le premier qui sont adaptés : nous avons bien du gore (et pas qu’un peu), des décors glauques et un tueur proposant des pièges imaginatifs dans la cruauté, mais les thèmes abordés par le premier film ne sont pas là. Pas de dilemmes pour se sortir des pièges, pas de cas de conscience, pas de culpabilité : le jeu oublie ce qui faisait la substantifique moelle du film original pour se concentrer sur ses exploitations suivantes.

La narration est d’ailleurs tout aussi bordélique que dans les suites à rallonge. Plutôt que de proposer une histoire entièrement originale qui aurait permis d’exposer de nouveaux enjeux, les personnages connus que l’on croise rendent difficile la compréhension de l’ensemble. Difficile par exemple de bien comprendre quand se déroule le jeu (je dirais bien entre les deuxième et troisième films malgré tout).

Tout cela est très décousu, et la maigre volonté de calquer une histoire là-dessus ne fait pas illusion bien longtemps. Une fois cela établi et accepté, il faut bien reconnaître que les codes habituels des films sont respectés, avec les écrans de télé où le bad guy montre sa tête, et avec l’exposition des règles avant chaque épreuve.

Cinq des six films fonctionnent comme ça, et le public achète les DVD. Ce n’est donc sans doute pas un mauvais choix de s’en contenter.

Des puzzles et des coups

On déplace donc notre bon Inspecteur dans des décors lugubres, en prenant grand soin de ne pas marcher sur les bouts de verre qui émaillent le sol, puisqu’il n’a pas de chaussures.

Une idée absurde et agaçante, puisque tout étant très sombre on voit rarement ces bouts de verre, et également parce que ce crétin d’inspecteur, quand il fouille les nombreux cadavres croisés, ne pense pas un instant à leur piquer leurs chaussures. Etre aussi couillon, j’vous jure…Tiens, il mérite bien ce qu’il lui arrive !

Vous croiserez régulièrement des ennemis qui voudront vous tuer, et il y aura donc pas mal de combats à mener. Enfin, pas mal…Pas tant que ça, et c’est tant mieux car la maniabilité pendant les combats est plus que discutable. Vous disposez de deux coups, et vous pouvez vous servir de plein d’armes de fortune ramassées un peu partout, mais tout est très lent (plus lent avec les armes qu’avec les poings), et il faudra anticiper en lançant vos attaques avant même que votre adversaire ne soit à portée. Etant donné le caractère pénible des combats, vous prendrez sans doute rapidement le pli d’activer tous les pièges que vous croiserez afin que vos agresseurs meurent avant de vous approcher.

Cependant, l’essentiel de vos occupations sera de résoudre de nombreuses énigmes : trouver un objet pour continuer (un fusible dans la majorité des cas), ou bien se sortir de divers mini-jeux basés sur des engrenages à placer ou des circuits électriques à fermer en tournant des pièces.

Très logiquement ce sont donc des puzzles qui vous occuperont le plus souvent, ce qui est cohérent dans l’univers choisi.

Que ceux qui sont venus avant tout pour le gore et qui ne veulent pas faire marcher leurs petites cellules grises ne s’inquiètent pas pour autant : ce n’est vraiment pas difficile, et vous ne serez jamais bloqué bien longtemps. Et puis ça a du bon de rater, puisque ça se traduit la plupart du temps par une explosion de tête ou autre effet qui tache.

D’ailleurs, d’une façon générale, le jeu est facile et se termine en plus ou moins huit heures.

Huit heures pendant lesquelles on ne s’ennuie pas, mais même si cela semble court, c’est suffisant. Plus sur le même rythme, cela aurait provoqué un ennui dont on s’approche déjà dans le dernier niveau du jeu.

Le rouge et le gris

Au niveau réalisation, Saw propose le minimum technique, mais se rattrape par une prestation honorable d’un point de vue artistique. Les personnages sont raides dans leurs déplacements, et ne sont pas vraiment bien modélisés, et les décors ne sont pas d’une grande richesse, ni variés. Pourtant, malgré un lieu unique et déjà exploité par d’autres jeux (on pense très fort à Silent Hill), les décors font leur travail et transcrivent parfaitement l’ambiance des films. Tout est sale, rouillé, daté (trouver autant de vieilles télés doit demander au Jigsaw plus de boulot que la capture de ses victimes !), et les pièges ont cet aspect « artisanal » typique de la série. L’impression d’être dans un véritable labyrinthe est également bien rendue, avec ces couloirs qui se suivent sans jamais se croiser et ces portes en enfilade.

Le travail est suffisamment bien fait pour qu’on ne se lasse pas trop vite de l’endroit.

Au niveau de la partition, le jeu respecte à nouveau sa source, puisque le thème des films est bien présent, et que nous avons le droit à la vraie voix du Jigsaw lors de ses nombreux discours.

L’ensemble des dialogues est correctement joué, en anglais sous-titré, et si ce n’est pas un atout du jeu, ça ne le tire pas vers le bas.

On retrouve dans la mise en scène du jeu celle des films, avec ses accélérés et ses flashs, témoignage du respect de l’adaptation.

Le Bilan

On a aimé 

  • Respecte l’univers de la série
  • Propose ce qu’on en attend : gore et sadisme
  • Atmosphère pesante bien rendue
  • Les combats mal fichus
  • Où sont les enjeux moraux du premier film ?
  • Techniquement limité

Conclusion du test de Saw

Non amateurs s’abstenir
{{Difficile au global de dire que nous avons là un bon jeu. En oubliant le premier film et en se concentrant sur les suivants (gore gratuit, aspect « jeu morbide » mis en avant aux dépens des dilemmes et des aspects moraux), Saw, le jeu, fait preuve d’aussi peu d’ambition que ses modèles, et comme eux sont oubliés à peine vus, il sera oublié à peine joué.

Cependant, le respect réel de la saga et une ambiance poisseuse bien retranscrite pourront attirer les fans du Jigsaw qui trouveront ici leur compte pour quelques heures. Le gameplay n’offre pas grand-chose d’original, mais utilise des recettes éprouvées depuis longtemps, en bénéficiant du concept qui reste très fun de « jeu pour sauver sa vie » de la franchise.}}

L
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Saw

Développeur : Zombie Studios
Éditeur : Konami
Date de sortie : 13/11/2009

commentaires

2 Commentaires
A
Apollon13
30 novembre 2009 17h23

bien généreux de donner plus de la moyenne à un jeu de 8heures qui a franchement pas l’air terrible…

Le seul point « positif » du jeu semble être qu’il est dans l’ambiance des film… Ca fait quand même super léger (après je vais pas lancer un débat sur l’importance de la note par rapport au test lui même mais ça a pas l’air de coller des masses)

R
Rone
30 novembre 2009 17h37

Ce n’est pas évident de noter un jeu qui souffre de carences évidentes…mais qui d’un autre côté rempli le cahier des charges attendu.

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