Publicité

Test – My Memory of Us : la pureté au milieu de l’horreur

Test – My Memory of Us : la pureté au milieu de l’horreur
R
Par
Le 22 octobre 2018
Le 22 octobre 2018

Un jeu qui a quelque chose à dire

Partager cet article :

La guerre est quelque chose d’affreux. Et de récurrent dans les jeux vidéo. Le plus souvent, c’est le prétexte à des FPS ou autres jeux où flinguer est le principe de base. Parfois, c’est le propos même du jeu. Enfin, en ce qui concerne My Memory of Us, c’est un des propos, le titre ayant été manifestement conçu en premier lieu pour raconter quelque chose. Et ça fait du bien.

Quand la naïveté est une qualité

Un parc pour enfants, surveillé par des robots

L’histoire commence à notre époque : tout le monde a les yeux rivés sur son smartphone, dans un milieu très urbain, et une petite fille écoute un vieux monsieur lui raconter une histoire. Son histoire, que l’on va vivre. Il était tout petit quand la guerre a éclaté, et est devenu ami avec une jeune fille pimpante. Ensemble, ils vont vivre une grande aventure, traversant l’invasion d’une armée de robots, se cachant, résistant, survivant à des épreuves inhumaines. Et tout cela en restant soudés et en cherchant à tirer le meilleur de n’importe quelle situation.

À l’écran, c’est une allégorie évidente de la Seconde Guerre mondiale. Les envahisseurs sont déshumanisés, séparent la population en affublant les cibles d’une couleur rouge, déportent ces populations dans des camps, pendant qu’une autre partie de la population bénéficie d’une vie normale (on devine même que certains s’en sortent très bien…).

On n’insistera jamais sur cet aspect. Tout est suggéré, ou bien directement montré, mais sans explications, car ce n’est au final qu’une toile de fond représentée à travers les yeux d’enfants. Ceux-ci ne comprennent pas les enjeux, et s’en moquent. Ce qui est important pour eux, c’est leur amitié, c’est de rester ensemble, c’est de faire le bien, et c’est, même, de jouer et de s’amuser. Des enfants, quoi ! Le contraste entre le monde décrit, terrible, cafardeux, et le comportement des jeunes héros, positifs, le plus souvent joyeux, est une réussite totale et est le véritable propos du jeu. Ce qui est mis en évidence, c’est que le comportement normal, sain, humain, est celui des enfants. Le paradoxe est que malgré l’ambiance qui reste pesante, malgré des scènes dures, le jeu en ressort optimiste ! Comme si les valeurs positives l’emportaient toujours sur la folie.

Ainsi, on se sent bien quand on joue à My Memory of Us, pendant les quatre heures nécessaires pour en voir le bout. C’est une conception exemplaire de la façon dont on doit raconter un récit quand on veut faire passer quelque chose.

Réalisation au service de l’histoire

Discrètement, un peu de poésie

On retrouve ce point de vue dans la réalisation du jeu. Les graphismes sont eux aussi naïfs, comme s’ils étaient conçus par des enfants. C’est très joli, dans un style cartoon qui fait beaucoup pour le contraste évoqué plus haut. En jeu, on aura une succession d’énigmes plutôt simples et de phases très diverses (infiltration, jeux de rythme, et même une partie shoot’em up). Le gameplay est basé sur la complémentarité des deux personnages, chacun bénéficiant de caractéristiques qui leur sont propres. C’est très convenu et sans surprises, mais cela reste efficace. On regrettera juste une latence dans certaines actions (en particulier quand on prend la main de l’autre personnage) qui nuit à la fluidité du gameplay.

Un soin tout particulier a également été apporté à la partie sonore du jeu. Le narrateur est juste, posé, et on soulignera la qualité des musiques de Patryk Scelina, compositeur polonais qui livre une très belle prestation, équilibrée, variée, soulignant avec justesse les différents passages du jeu. À nouveau le propos et l’émotion avant tout.

Le Bilan

On a aimé 

  • On se sent bien en jouant
  • Forte identité visuelle
  • Propos intelligent évitant la caricature
  • Les musiques
  • Latence dans la maniabilité
  • Gameplay sans originalité

Conclusion du test de My Memory of Us

Une jolie histoire
My Memory of US a été construit autour d’un propos plutôt qu’autour d’un gameplay, et cela se ressent, à la fois négativement avec des énigmes simples et peu originales, mais aussi positivement avec une grande maîtrise du sens même du jeu. Les valeurs mises en avant sont pures, simples, et cela fait du bien ! On est embarqué avec les personnages pour lesquels on se prend vite d’affection et on passe un excellent moment, plein de bons sentiments et d’émotions. Ce jeu a du cœur, ce qui est sans doute sa qualité première, et ce qui n’est pas si fréquent dans le flow de la production actuelle.

R
Je suis le doyen des jeux vidéo d'internet ! Mon boulot pour Xboxygen, c'est me prendre la tête tous les mois sur un sujet tordu dans mes éditos, et tester tous les jeux qui me passent entre les mains.
Partager cet article

My Memory of Us

Développeur : Juggler Games
Éditeur : IMGN.PRO

12 commentaires

12 Commentaires
K
khawoosh
22 octobre 2018 10h19

Ça peut se jouer avec un enfant de 13 ans ?
Le test donne envie, merci

T
tomzati
22 octobre 2018 10h36

ça m’intéresse ! Merci pour le test !

Je réitère une réflexion @rédaction déjà mise en avant sur votre forum. Je pense que pour ce genre de jeux (appelez les petits, indé,narratif … au choix !) la mention du prix dans le test ou au moins dans la fiche caractéristique du jeux serait un plus pour orienter les joueurs sur un futur achat potentiel….

Bon ce n’est que mon avis…..

T
tomzati
22 octobre 2018 12h43

@-- rone je comprend très bien ton point de vue qui se défend dans ce que l’on attend d’un test -> un avis subjectif ( relançons le débat :’-)) ) sur un jeu; la question centrale étant est ce que le prix est un argument pour dire si c’est un bon jeux ? Certainement pas mais on peut aussi partir du principe que lorsqu’un jeux est vendu à un prix prohibitif pour un contenu ou un rendu moindre, cela en fait clairement une arnaque (donc un mauvais jeu ?) à… Lire la suite »

J
Jonyboy
22 octobre 2018 15h02

Hello je me joins au débat, car en tant que correcteur c’est une reflexion qui me revient somme toute régulièrement. Et ce que je peux en dire pour l’instant c’est qu’en règle générale, si le testeur considère que le prix est dimensionnant, i.e. qu’il s’agit d’une super affaire ou d’une arnaque, il le dit. S’il n’en est pas fait mention, c’est que c’est ni l’un ni l’autre et qu’il laisse au lecteur le soin de juger.

B
bastoune
22 octobre 2018 15h23

@Jony: Merci Captain Obvious :’-)) Le rapport Qualité/prix sur un media, JV, livre, film dépend vraiment de chacun et de ce qu’il y cherche. Est ce qu’un jeu avec une durée de vie de 25h vaut 60 balles? Et oui mais s’il est beau? Si il est drôle? Si il a des ninjas et des bombinettes à fumée? Et si c’est Ninja Gaiden… 80 balles? C’est quoi le prix de la nostalgie? Et ce DLC là? Pourquoi que j’ai passé des centaines d’heure sur un jeu à 20 balles alors… Lire la suite »

B
bastoune
22 octobre 2018 15h27

Ah je me rend compte que je déboule ici comme ça sans frapper, et que j’ai même pas lu le test de Rone, ce qui est maintenant réparé.
Le coup de cœur = must have… sauf que Rocket League n’a jamais eu son “coup de cœur”… dubitatif je suis… :-))

T
tomzati
22 octobre 2018 15h52

Dans l’ensemble je vous rejoins et j’aime bien le point de vue du Captain Jonyboy Obvious pour le coup ! 😉 On notifie le prix quand il est remarquable (dans un sens comme dans l’autre) ! On est d’accord que chacun juge de la valeur intrinsèque du jeux et donc du prix qu’il veut mettre dedans! Après si ya des bolides conduits par des ninjas comiques zombies et des dinosaurespartouzeur de droite qui s’affrontent dans un match de foot en arène là on peut raisonnablement considérer en toute objectivité qu’un… Lire la suite »

J
Jonyboy
22 octobre 2018 15h58

@bastoune : c’est mon 2ème prénom ! Même si je l’ai visiblement piqué à Mr Moot, que je n’ai pas eu la décence de citer… My bad. Edit: merci Tomzati, heureusement que t’es là toi 😉

B
bastoune
22 octobre 2018 16h37

Ton 2ème prénom c’est Jack, parce que t’es mauvais. Bon sérieusement, est ce qu’on met l’affect dans le prix? J’veux dire combien vous mettriez dans un Ninja Gaiden ou un Def Jam version remaster par exemple? Ou juste pour l’avoir en rétro? Tu payes ou pas? On paye quoi quand on achete un jeu? Un process de production? De R&D? Parce que sur le store tout est à peu près à 70 boules, mais un RDR2 avec des crush à 80/100h et un Remaster Feignant c’est pas le même investissement???… Lire la suite »

Accueil » Tests » Test – My Memory of Us : la pureté au milieu de l’horreur