Test - Sisters Royale : Five Sisters Under Fire, le shmup à waifus

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Développé par Alfa System à l’occasion de leur 30e anniversaire, Sisters Royale : Five Sisters Under Fire est un cadeau aux fans de Shikigami No Shiro, cette série de Shmup [1] qui a réussi avec les années et les multiples sorties à se faire un nom parmi les amateurs du genre. Si la licence semblait disparue depuis une dizaine d’années, la voici qui renaît à travers Sisters Royale, tant les similitudes sont nombreuses. Gameplay identique, mêmes patterns, visuellement similaire, inutilement verbeux, c’est clairement une suite non officielle (attention spoiler : finir le jeu avec le personnage du DLC confirme que ce dernier vient de l’univers de Shikigami No Shiro. Voilà, comme ça c’est clair dès le début, c’est officiellement un spin-off)

AB1 Production

« Il existe une ancienne prophétie, dans le pays de Pultima … Cinq sœurs aux pouvoirs magiques considérables vinrent au monde »

Mais vont-elles affronter le vilain démon qui s’abat sur cette contrée lointaine ? Non, elles vont se battre pour “l’amour d’un garçon” (comprendre : harcèlement). Niais à la limite du supportable, l’univers de Sisters Royale nous pose les bases d’un scénario ridicule dont tout le monde se fiche royalement. La simple présence dans le menu des options d’une case pour “désactiver le scénario” ne fera qu’étayer notre avis. Nos 5 sœurs vont donc se chamailler entre elles pour décider qui va se marier, et vous devrez donc supporter les jérémiades d’ados et autres blagues sur la taille des seins des personnages entre chaque stage avant de pouvoir aller frotter des bullets [2].

Pas si rose bonbon

Le premier contact avec le jeu reste assez austère et mérite d’être précisé. Premier point à noter, lors de notre test sur la version 1.0.1, le stick arcade officiel Xbox One n’est pas supporté. Les développeurs sont désormais au courant du problème mais n’ont pas prévu de le résoudre, “la plupart des joueurs jouant à la manette” (sic). Autre déconvenue, le jeu a été porté sur Xbox One grâce au framework Universal Windows Platform, ce qui implique de l’aveu des développeurs la présence obligatoire d’un écran au premier lancement du jeu vous demandant une autorisation d’accéder à vos infos, Gamertag, statistiques, etc.

Ce n’est pas le premier jeu qui affiche cet écran, mais c’est toujours désagréable d’avoir l’impression de devoir offrir toutes les autorisations possibles à une application, sous peine de ne pas pouvoir lancer le jeu.

Quand enfin vous aurez fait le deuil de votre stick et de vos données, vous serez accueilli par une interface étonnamment réussie. C’est animé, vivant, mignon et accompagné d’une bande-son pop-électro tout à fait honnête pour un titre de ce calibre.

Les autres options attendues sont bien présentes comme la possibilité de pivoter l’écran en Tate (vertical) dans les deux sens, désactiver le scénario (dieu merci), ainsi que de réassigner les touches à souhait. Autre point positif et assez inattendu sur un jeu de ce type il est intégralement traduit en français. Un autre menu d’options intitulé Maniac permet d’altérer le gameplay (augmenter ou réduire la taille des bullets, l’auto-bomb, ralentissements automatiques, etc.). Ces modificateurs sont à débloquer et à considérer davantage comme des cheat codes rigolos, dans la mesure où ils désactivent les succès et les classements en ligne.

Shikigami No Shiro 4

Très classique dans son approche, le gameplay repose sur les codes du danmaku [3] : 3 vies, des smart bomb [4], un tir évasé et une attaque par invocation qui ralentit votre personnage. Cette dernière est propre à chaque avatar et vous poussera à aborder les patterns de différentes manières.

Le système de scoring est assez simple. Un multiplicateur se met en place à chaque destruction d’ennemis, surtout si vous utilisez l’invocation. Frôler les ennemis ou les bullets augmente sensiblement votre puissance de tir et permet au multiplicateur de monter jusqu’à x8. La hitbox [5] de notre personnage étant très visible, vous passerez donc la plupart de votre temps à vous jeter sur le moindre tir afin d’accompagner son mouvement, et recommencer. À la différence de certains shmups qui réservent ce genre de gameplay risque/récompense aux joueurs avides de scoring, ici c’est une question de survie. Se frotter permet de détruire les ennemis beaucoup plus vite, donc quelque part d’être plus rapidement en sécurité, d’autant que plus vous augmenterez rapidement votre multiplicateur, plus vous gagnerez de smart bombs et d’extends [6].

Le secret des gros scores réside dans la présence de plusieurs fées cachées dans les niveaux qui, une fois libérées et ramassées, débloqueront temporairement la limite du multiplicateur jusqu’à x16. Les fées pouvant rester un moment à l’écran si vous évitez de les ramasser, la seule véritable course au scoring sera basée sur la recherche de la meilleure route où l’écran est le plus chargé possible.

Si les patterns n’ont rien d’extraordinaire, vous trouverez toujours une petite dose d’excitation dans cette mise en danger permanente et volontaire. Derrière son aspect mignon et ses graphismes qui font quand même furieusement penser à Mamoru-Kun, le jeu reste assez corsé selon les personnages, et il faudra un peu de pratique avant d’atteindre le 1CC [7] mode normal. Chaque fin de niveau est agrémentée par un tableau récapitulatif des scores, ainsi qu’une option bien pratique permettant de connaître son record personnel sur chaque stage.

Bien que très courts, les stages tentent d’apporter un peu de variété dans le gameplay. Le deuxième stage dispose de plaques de glace sur lesquelles vous pouvez glisser, le troisième niveau comporte des moulins à vent qui peuvent vous repousser, et enfin le quatrième tableau nécessite de tirer sur des lanternes pour éclairer l’environnement. Des ajouts sympathiques mais qui ne révolutionnent pas le genre, sans compter que ces petites fantaisies sont contrebalancées par un degré de finition qui laisse à désirer. On citera simplement les mid-boss de chaque stage, qui sont littéralement des cubes animés en 3D. Les mêmes cubes qui sentaient déjà l’absence d’inspiration dans Shikigami No Shiro il y a presque 20 ans. À la limite, un cube en clin d’œil, pourquoi pas, mais 5 cubes, c’est de la fainéantise assumée.

Toutes les femmes de ta vie

Au nombre de 5 (+1 avec le DLC), les personnages ne sont absolument pas équilibrés, mais c’est un choix délibéré. Là où la plupart des manic shooters vous laissent le choix entre différents vaisseaux et options pour atteindre le meilleur score possible, ici tous les classements en ligne sont spécifiques à chaque personnage et mode de difficulté. Un concept intéressant, puisque ce déséquilibre vous pousse à chercher le scoring basé sur l’invocation de votre personnage, et chacun des 5 niveaux s’appréhende évidemment de manière différente selon que vous disposez d’une attaque automatique à tête chercheuse ou d’une série d’épées qui tournent autour de votre hitbox.

Les 6 personnages ont donc des gameplay très différents. Sonay, le personnage de départ, est très puissante et très safe grâce à son invocation qui fonce directement détruire les ennemis. Selma quant à elle dispose d’épées géantes que vous pouvez faire tourner autour de vous, ce qui vous poussera à aller au contact. Ece offre un tir de base qui vise automatiquement les ennemis et dispose d’un laser très puissant que vous pouvez orienter uniquement sur sa position de départ, ce qui en fait un personnage intéressant à jouer. Nur dispose d’un tourbillon large et plus proche du gameplay de Selma. Lale utilise son invocation comme un bouclier qui aspire les bullets afin de charger une jauge qui, une fois pleine, libère une attaque automatique dévastatrice qui vous expose, ce qui en fait le personnage à double tranchant. Enfin, Ode, le personnage en DLC, est uniquement orientée scoring car en plus de son tir déjà très puissant, vous pouvez avec elle viser une zone et lâcher des bombes à un endroit spécifique. Les boss sont ainsi expédiés en littéralement 3 secondes, mais la recherche du combo continu reste sûrement le plus intéressant.

Le coin des chasseurs : Si beaucoup de succès se débloqueront au fil de l’eau, il vous faudra beaucoup de persévérance pour obtenir les 1000G, avec des défis comme obtenir 1 millions de pièces, finir le jeu sans mourir ou le terminer en un seul crédit en mode Hard. Bon courage !

Glossaire :

[1Shmup (ou Shoot’em up) : un type de jeu issu des salles d’arcade, où l’on dirige généralement un vaisseau qui détruit des vagues d’ennemis tout en esquivant leurs tirs. On citera comme pionniers du genre des titres comme Space Invaders, Galaxian ou encore Galaga, puis plus tard des jeux comme Gradius ou encore R-Type

[2Bullets : il s’agit des tirs ennemis à éviter

[3Danmaku (ou Bullet Hell) : un genre de shmup où les tirs sont très nombreux.

[4Smart-bomb (ou juste bombe) : efface généralement tous les tirs de l’écran ou vous rend invincible pendant une courte période

[5Hitbox (ou masque de collision) : le seul point de votre vaisseau où l’impact d’un tir est mortel. Souvent quelques pixels seulement, surtout dans les Danmaku

[6Extends : c’est un objectif, généralement de score, qui permet de récupérer une vie.

[71CC (pour « 1 crédit clear ») : terminer le jeu avec une seule pièce, sans utiliser de « continue ».

Bilan

On a aimé :
  • Un shmup vertical avec un vrai mode Tate
  • Le retour d’Alfa System
  • Accessible aux novices
On n’a pas aimé :
  • Le scénario ultra kitsch
  • On sent la production petit budget
Quinte Flush Royale

Sisters Royale : Five Sisters Under Fire est une expérience qui mérite l’attention des amateurs de shmup. On y retrouve sans surprise tout ce qui fait le charme de la série Shikigami No Shiro, le tout recouvert d’une bonne dose de kitsch. Si l’ensemble des éléments sont ultra-classiques et n’ont pas vocation à révolutionner le genre, nous avons affaire ici à un titre tout à fait honnête compte tenu des 15 € exigés.

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Sisters Royale : Five Sisters Under Fire

PEGI 7

Genre : Action

Editeur : Chorus Worldwide Games

Développeur : AlfaSystem

Date de sortie : 10/07/2020

Prévu sur :

Xbox One, Playstation 4, PC Windows, Switch