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Test – Daemon X Machina: Titanic Scion – Complexe, mais jouissif

Test – Daemon X Machina: Titanic Scion – Complexe, mais jouissif
Le 3 septembre 2025
Le 3 septembre 2025

Coucou. Tu veux voir mon gros arsenal ?

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Sorti en 2019 et cantonné à la Nintendo Switch, le premier Daemon X Machina avait réalisé des ventes honorables malgré des critiques mitigées, qui lui reprochaient le plus souvent sa répétitivité et son scénario confus. Six ans plus tard, voilà qu’une suite débarque sur tous les supports pour corriger les défauts de sa version précédente et conquérir un nouveau public. Une suite ? Pas vraiment ! Si cet épisode reprend la plupart des éléments scénaristiques et le gameplay du jeu d’origine, il opère un reboot total de son histoire. Et ce n’est pas sa seule nouveauté…

RemiXmachina

Retenez juste qu'il va falloir taper des gros robots et des méchants en vomi

À la manière d’Highlander II (mais en bien moins affreux et sans Christophe Lambert), Titanic Scion reprend les éléments principaux de sa mythologie : les outers, l’énergie femto, les immortels, le fait de piloter un arsenal… mais remixe tout ça pour en faire une histoire complètement différente. Vous voilà donc plongés au sein d’une guerre entre les humains normaux et les outers, a qui le femto, énergie issue des armes utilisées durant une guerre interplanétaire, à donné des pouvoirs surpuissants. D’abord chassés par les humains à cause de leur différence — et du fait qu’ils sont très proches des immortels, créatures que le femto à rendu monstrueuses —, les outers ont désormais pris le pouvoir et vivent dans le « Jardin » en orbite, pendant que l’humanité se bat pour sa survie à la surface (Honnêtement, il s’agit peut-être d’une suite, c’est difficile à dire, vu que l’histoire du premier jeu était déjà incompréhensible, mais rien que la nature et l’origine des immortels est différente entre les deux titres. D’ailleurs, certains éléments scénaristiques donnés sur le site officiel de Titanic Scion contredisent ce que l’on apprend en cours de partie… De même, le fait que les deux planètes évoquées (la planète rouge et la planète bleue) soit potentiellement Mars et la Terre, n’est jamais clairement explicité, ce qui entretient la confusion générale.).

L’histoire est particulièrement complexe et comporte toute une tripotée de personnages, organisations, groupes, technologies et éléments aux noms bien spécifiques. L’avantage, c’est que vous pouvez n’en avoir totalement rien à faire !

Ouais, la mienne est plus grosse !

Vous, vous êtes un ou une outer renégat, un pilote d’arsenal tombé du Jardin, qui va s’allier aux Reclaimers, les rebelles qui luttent contre l’axiome, la milice oppressive des outers. Et si tout ça vous semble déjà compliqué, alors autant vous dire que ce n’est que la partie émergée de l’iceberg scénaristique de ce nouveau Deamon X Machina ! L’histoire est particulièrement complexe et comporte toute une tripotée de personnages, organisations, groupes, technologies et éléments aux noms bien spécifiques. L’avantage, c’est que vous pouvez n’en avoir totalement rien à faire ! Certes, de notre côté, on aurait préféré saisir tous les enjeux du titre — qui soulève des questions intéressantes sur le transhumanisme, la notion d’appartenance à un peuple ou la valeur de l’existence —, mais, même si beaucoup de choses nous ont échappé, ça ne nous a pas empêchés de passer un bon moment.

Je vais t'appeler Micheline

Titanic Scion commence par la création de votre personnage, qui se montre variée sans être poussive. On n’est pas dans le design millimétré d’un Monster Hunter, mais les possibilités laissent de quoi se créer un avatar plutôt sympa. Graphiquement, si le jeu conserve son style très manga, il délaisse le cel-shading de son prédécesseur au profit d’une 3D plus réaliste. La plupart des personnages semblent sortis tout droit d’un défilé Jean-Paul Gaultier, jeu japonais oblige. Côté décors, c’est plus pauvre, certaines zones fermées liées aux missions annexes, comme les grottes et les bases ennemies, sont même franchement génériques, mais le titre a fait des efforts pour proposer des environnements plus variés et une météo dynamique, avec quelques coins vraiment jolis, même si l’ensemble a trop souvent l’air d’être recouvert d’un voile de crasse.

Et en plus il y a plein de déchets partout !

Rien à sauver en revanche du côté des animations faciales, basiques au possible et qui rendent chaque dialogue artificiel. S’il est difficile de parler de synchronisation labiale dans un jeu qui n’affiche pas un style réaliste, force est de constater qu’il était possible de faire mieux à ce niveau-là. Non, artistiquement, ce qui claque le plus dans Daemon X Machina, c’est sa musique. On retrouve des riffs de guitare endiablés, des hurlements déchaînés, des mélanges de morceaux très « numériques » au synthé et de trash-metal, avec, en sus, quelques sons rock’n’roll et d’autres, plus posés, qui font la part belle aux voix de leurs chanteurs et chanteuses. Si vous n’avez jamais connu le plaisir de découper un boss gigantesque sur fond d’electronicore japonais, jouez à DXM !

Vous seriez pas les méchants vous des fois ?

Personæ-lisation

Il faut un certain temps pour vraiment comprendre comment tous ces éléments interagissent entre eux, tant le système est varié et complexe.

Et là vous n'avez encore rien vu

La licence a toujours mis en avant son aspect personnalisation hyper poussé et on ne peut pas dire que Titanic Scion soit chiche à ce niveau-là ! Qu’il s’agisse de choix esthétiques ou techniques, tout votre arsenal est paramétrable. Il n’est pas rare de passer de longues minutes dans le menu du hangar afin de choisir la meilleure association d’armes main droite/main gauche (plutôt combo doubles lames ou fusil et épée laser pour être plus polyvalent ?), l’accessoire d’épaule le mieux adapté (les missiles, c’est cool, mais un petit boost de blindage, c’est pas mal non plus) ou encore les éléments d’armures à assembler pour obtenir un mecha vraiment unique (plutôt lourd ou léger ?). Il faut un certain temps pour vraiment comprendre comment tous ces éléments interagissent entre eux, tant le système est varié et complexe. Gestion du poids, de la mémoire, de l’équilibre entre résistance et vitesse, de la consommation de femto, ajouts de modules de personnalisation…

Bon, ben, plus de manches alors

L’ensemble se complique encore lorsqu’il devient possible de modifier génétiquement votre pilote, grâce à des composants ramassés sur les ennemis vaincus et intégrés à son corps. Ces composants permettent de débloquer de nouvelles capacités de combats (parce que pourquoi pas) divisées en trois catégories : passives, soutien et armes. Les premières, comme l’indique leur nom, ont un effet passif (récupération de santé, renforcement d’armure…), les secondes offrent des options comme l’esquive automatique ou la création de clones, tandis que la dernière ajoute des attaques dévastatrices à vos lances, épées et autres fusils. Cependant, cette opération (la fusion) fait muter le corps de votre personnage, qui devient de plus en plus monstrueux. Il va donc falloir choisir entre abandonner votre humanité pour gagner plus de pouvoir ou la conserver envers et contre tout ! Réinitialiser son apparence est envisageable, mais cela sera contre une somme astronomique et au prix de toutes les compétences acquises.

Encore plus de personnalisation ? C’est parti ! Il est désormais possible de débloquer des bases éparpillées sur la carte et de les améliorer, moyennant des composants, pour qu’elles proposent des options supplémentaires. Si elles ont peu d’intérêt en solo, en dehors de celui d’obtenir un véhicule, elles se révèlent bien plus utiles en multi puisque celles des autres joueurs peuvent être démontées pour récupérer des composants exclusifs. Elles offrent également la possibilité de recharger rapidement son mecha, d’acheter des objets, de modifier son set… sans avoir à retourner au Fort, le hub principal du jeu. Un gain de temps considérable pour celles et ceux qui vont arpenter à plusieurs les landes fracturées de DXM, puisque toute l’aventure est jouable en coop, qu’il s’agisse d’aller taper sur quelques immortels ou de vivre l’histoire en groupe. Certains ennemis pourront d’ailleurs difficilement être battus autrement qu’ainsi, même si le jeu vous propose, à l’occasion, des compagnons I.A.

Passez le jeu en difficulté maximum, allez chercher l’un des boss colossaux qui se cachent sur la map et à vous les joies du DPS pendant que votre tank encaisse avec son arsenal blindé et qu’un troisième camarade se charge de soigner tout ce petit monde !

Osez me dire qu'on ne dirait pas un truc qui a été mâché puis recraché !

Non pas que l’I.A. en question soit nullissime. Celle des immortels est plutôt basique (mais peut-on attendre une grande intelligence de monstres qui ressemblent à du vomi ?), les boss sont bien plus vicieux et les alliés font globalement le taf, même s’ils ont du mal à se disperser en cas d’attaques sur plusieurs fronts. Mais jouer en coop permet de vraiment profiter de tout ce que le titre a à offrir en matière de personnalisation, puisque cela offre la possibilité de créer des équipes où chacun a un rôle défini en fonction de son mecha et de ses compétences, presque comme dans un MMO. Passez le jeu en difficulté maximum, allez chercher l’un des boss colossaux qui se cachent sur la map et à vous les joies du DPS pendant que votre tank encaisse avec son arsenal blindé et qu’un troisième camarade se charge de soigner tout ce petit monde !

Pas ouf la mode du futur

Du-du-du-duel!

Hypervitesse !

Parce que le cœur d’un TPS-shooter se trouve dans son gameplay, entrons dans le vif du sujet. Déjà, les déplacements, que ce soit à pied ou en vol, sont délicieusement fluides et bien animés. Il faut un peu de temps pour anticiper les glissades consécutives à un changement de direction et le léger délai d’arrêt et d’allumage des propulseurs (qui ajoutent au réalisme), mais la sensation de liberté est incroyable. L’accélération et le vol consomment du femto, qui se trouve en quantité sur les ennemis ou en différents points de la carte, ce qui oblige à modifier parfois son trajet, mais sans jamais créer de frustration. Les véhicules et montures sont un peu plus basiques dans leur prise en main, mais restent agréables à manœuvrer.

Oh la grosse bestiasse !

En combat, l’arsenal répond de manière nerveuse et plutôt précise, bien que ses compétences dépendent grandement de son build. Chaque arme offre un ressenti différent et leur association — ainsi que celle des compétences de fusion — offre un très grand panel de possibilités. D’autant qu’il faut compter sur la consommation d’énergie de son mecha et sur certaines capacités passives supplémentaires, qui peuvent être obtenues en développant ses propres composants d’arsenal. L’ensemble permet d’ajuster le gameplay au style des joueurs de façon très précise : les amateurs de challenge pourront maîtriser l’esquive et les attaques qui visent les points faibles, tandis que ceux qui préfèrent traverser le champ de bataille sans se poser de question opteront pour le combo bouclier/explosifs de zone.

Les développeurs de chez Marvelous sont parvenus à donner un aspect ultradynamique aux combats en exploitant la verticalité du gameplay, puisque l’arsenal peut se déplacer librement dans les airs. On apprécie aussi toutes les actions contextuelles qui donnent un aspect cinématographique au titre, comme la possibilité de saisir un ennemi pour le cogner ou des objets pour les lancer, ainsi que les duels à l’épée qui peuvent se déclencher lors des affrontements contre un autre arsenal. Enfin, même dans les environnements étroits, les problèmes de caméra restent rares. Un plaisir.

ToOmuchINF0rmatiONs

Qu’en est-il de la monotonie des quêtes, reprochée au premier opus ? Eh bien, même si ça ne suffit pas toujours, les développeurs ont vraiment tenté de faire quelque chose pour améliorer ça. Désormais, en plus des sempiternelles zones à nettoyer ou à protéger, on retrouve des missions de transport de marchandises ou de collecte de ressources, une arène, des combats avec armes imposées ou en temps limité, de la recherche d’objets perdus, des courses en vol à travers des anneaux (et c’est bien mieux foutu que Superman 64, promis), du minage et, surtout, un jeu de cartes : l’overbullet ! De quoi varier les plaisirs entre les quêtes liées à l’histoire, même si l’on a toujours un peu tendance à enchaîner les activités en mode pilote automatique.

Les choix de dialogues sont assez opaques, certains ont une influence directe sur le scénario, mais la plupart ne semblent être là que pour le décorum.

Hé ! Je peux te poser trois questions ?

Notez que certaines quêtes peuvent être ratées, sans que cela implique un game over. Durant ce test, nous avons mis trop de temps à rejoindre un personnage qui réclamait notre aide et la mission liée a simplement échoué, sans qu’elle ne nous soit jamais reproposée. En revanche, durant l’exécution d’un autre contrat, un choix de dialogue malheureux a immédiatement entraîné la fin de la partie, sans combat ni explications supplémentaires, alors que l’événement en question était tout à fait anecdotique et sans lien avec la quête principale. Ces choix de dialogues sont assez opaques, certains ont une influence directe sur le scénario, en permettant d’éviter un combat de boss par exemple, mais la plupart ne semblent être là que pour le décorum.

Des glaces pour renforcer ses compétences ? J'achète !
Encore des menus...

Si Daemon X Machina premier du nom était un peu chiche en contenu, Titanic Scion est peut-être tombé dans l’excès inverse. Non pas que le jeu nous donne accès à trop de choses, mais plutôt qu’il nous les donne toutes en même temps. Par exemple, rien que pour se déplacer, et alors que l’arsenal fait très bien le job lorsqu’il s’agit de traverser la map, DXM propose des véhicules dans lesquels trois joueurs (un conducteur, un passager, un tireur) peuvent prendre place, une moto (qui peut se transformer en tourelle en cas de besoin) et des montures, qui se laisseront docilement chevaucher si vous les croisez en pleine nature. Et c’est ainsi pour tout. Presque toutes les fonctionnalités sont accessibles en même temps et l’on enchaîne des tutoriels impossibles à retenir tant ils sont nombreux. On passe ainsi les premières heures dans le menu d’aide plutôt qu’à explorer, tout ça parce que le jeu ne s’arrête jamais pour nous laisser le temps de souffler. Dommage.

Testé sur Xbox Série X, code fourni par le service presse de l’éditeur

Le Bilan

On a aimé 

  • Les mechas, les mechas personnalisés, les mechas par-dessus les méchas et les mechas à composer soi-même !
  • La nervosité du gameplay
  • La coop
  • La personnalisation poussée
  • L’overbullet
  • Le scénario nébuleux
  • Certains environnements pauvres et génériques
  • La sauvegarde auto trop rare et le {quick-resume qui fait des farces}
  • La lenteur de la navigation dans des menus qui manquent parfois d’intuitivité
  • La surcharge d’informations

Conclusion du test de Daemon X Machina: Titanic Scion

Vol au-dessus d’un nid d’immortels
Sa tendance à l’excès, c’est ce qui empêche Daemon X Machina: Titanic Scion d’être excellent. Ça et son scénario particulièrement confus. Ceux qui cherchent un jeu à prendre rapidement en main seront rebutés par sa complexité, mais pour peu que vous ayez du temps à lui consacrer, le titre se révèlera particulièrement jouissif une fois que vous aurez compris comment le prendre en main. Et, si vous aimez les mechas et que vous cherchez un chouette jeu à faire en coop, l’aventure est faite pour vous. Elle sera complexe, imparfaite, parfois un peu frustrante, mais aussi particulièrement satisfaisante.

AlexMoon
Adepte du tofu et des arbalètes. Fan de RPG au tour par tour et des propositions indé' les plus barrées. Fabrique des origamis entre deux livres et trois jeux vidéo.
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Daemon X Machina: Titanic Scion

Développeur : Marvelous
Éditeur : XSeed
Date de sortie : 05/09/2025

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