Test – Beyond Galaxyland – Une belle surprise venue de nulle part

La médaille d’or du jour est pour les taureaux !
Avez-vous déjà découvert ce que vous considérez être un chef-d’œuvre par hasard ? Mais si, rappelez-vous de ce film que vous ne vouliez pas regarder parce que c’était votre grand-père qui l’avait choisi, ou encore de ce tableau exposé dans un musée dans lequel votre mère vous a traîné de force un dimanche matin. Pour être tout à fait honnête avec vous, je n’étais pas le testeur de Beyond Galaxyland au départ. Celles et ceux qui suivent l’actualité sur Xboxygen ont sûrement lu la preview du jeu rédigée par l’excellente AlexMoon. Seulement voilà, les échanges solidaires au sein d’une sympathique rédaction font que des surprises interviennent dans la vie. Et, alors que je m’attendais à jouer à un petit RPG rétro développé par Sam Enright, je fus pris dans le tourbillon d’une grande aventure rendant hommage aux classiques de la science-fiction…

Les Gardiens de la galaxie Vol. 2
Pauvre Doug. Lui qui passait une si belle soirée en compagnie de Rosie. Tout se déroulait parfaitement jusqu’au moment où il entra seul dans la maison de ses parents pour aller chercher Boom Boom, son cochon d’Inde. Durant ce laps de temps, son amie, restée sur le perron de la porte, avait disparu. Il se mit donc à sa recherche, cette dernière ne devant pas être bien loin… C’est alors que le lycéen se retrouva nez à nez avec une horrible créature, qui le poussa à s’enfuir en plein cœur de la nuit. S’ensuivit une chute à travers une galerie souterraine, où se trouvait un mystérieux portail lumineux qui le propulsa au beau milieu de… Galaxyland !

Ce lieu ne vous dit rien? Alors voici quelques informations succinctes sur cet endroit fictif très éloigné de la Terre. Le nom Galaxyland désigne un ensemble planétaire dirigé par une étrange mégacorporation : DreamCore. La firme en question et sa cheffe, la reine Zéro, revendiquent publiquement vouloir sauver toutes les espèces vivantes de l’Annihilation. Il s’agirait, selon les médias locaux, d’un danger qui menacerait notre bel astre bleu et d’autres régions de l’univers, faisant ainsi de Galaxyland une sorte d’immense zoo spatial. À ce titre, l’ambition de DreamCore semble plus que louable, à moins que cela ne serve de prétexte pour dissimuler des objectifs plus nébuleux ?
Le scénario du jeu évoque fatalement diverses œuvres iconiques de la science-fiction. Par exemple, les premiers pas sur la planète Arcos évoqueront sûrement des souvenirs de l’Empire contre-attaque chez de nombreux joueurs. Plus globalement, Beyond Galaxyland est une sorte d’hommage au genre, fourmillant de références explicites tout en parvenant à affirmer sa propre identité narrative. Parmi les points forts, comment ne pas évoquer certains personnages comme Boom Boom ? Oui, on parle bien du petit cochon d’Inde de Doug, modifié génétiquement dès son arrivée à Galaxyland pour devenir un véritable compagnon parlant ! Il faut reconnaître que l’histoire mêle habilement humour et action, offrant ainsi une jolie aventure parsemée de rebondissements.
Les ambiances visuelles font d’ailleurs partie des éléments assez surprenants du jeu. Nous avons affaire ici à un titre exploitant le pixel art sous son aspect le plus basique. Pourtant, il parvient à le sublimer en offrant au joueur des décors inspirés et des animations souvent détaillées. Il en ressort l’impression de parcourir des environnements vivants tout au long de l’aventure, notamment grâce à cette 2,5 D où deux plans peuvent parfois se superposer. Le seul bémol, déjà observé lors de la preview, concerne les zones plus sombres où la lisibilité n’est clairement pas toujours optimale.

Si l’on perd moins de temps à admirer les plans visuels après quelques heures de jeu, on se surprend souvent à s’interrompre en plein milieu d’une quête pour laisser la musique envahir nos oreilles. Les différents morceaux collent parfaitement aux événements vécus durant l’aventure, parachevant ainsi l’immersion dans une histoire qui alterne judicieusement les rythmes. Cela ne plaira pas à tout le monde, surtout à celles et ceux qui n’apprécient pas le contemplatif, mais il existe encore un public friand de ce genre d’œuvre atypique. Enfin, du moins on l’espère…
Le guide du voyageur galactique
Bien que la première partie du jeu, étrangement baptisée saison un, soit très linéaire, une certaine liberté de mouvement se dessine dans le second acte. Pour rendre l’exploration de Galaxyland possible, la joyeuse bande de Doug récupère rapidement les commandes d’un vaisseau spatial. Il ne faut toutefois pas s’attendre à y trouver des mécaniques révolutionnaires de gameplay : on ne trouve qu’une carte galactique dans l’interface avec quelques planètes à visiter. Il est d’ailleurs indiqué au joueur le niveau conseillé avant de fouler le sol de chaque astre, cela afin d’éviter de tomber précipitamment dans la gueule d’une créature trop dangereuse. Il faut protéger le soldat Boom Boom !

La réalisation de Beyond Galaxyland est une vraie réussite grâce au cadrage par défaut de la caméra, puisqu’elle prend de la distance lorsqu’on parcourt des environnements désertiques ou qu’elle zoome sur les héros durant des instants plus intenses en émotion. Lorsqu’on se pose sur un monde, un petit radar s’affiche en haut de l’écran avec des repères qui aident à voir ce qui se trouve à proximité. Les éléments tels que les ennemis, les personnages avec qui interagir ou encore les points de sauvegarde sont alors affichés. Précisons que l’enregistrement de la progression s’effectue manuellement et qu’un échec entraîne un retour au dernier lieu de repos visité.
Le jeu propose une aventure riche en activités, alternant entre les phases de plateformes et de combats. Il existe également de petites énigmes pour permettre d’avancer dans les différents niveaux : il faut parfois couper des cordages pour abaisser un pont de fortune, à d’autres moments, c’est une boule d’énergie qu’on doit déplacer afin d’alimenter un portail verrouillé. L’échec est même permis puisqu’il existe des leviers actionnables qui remettent à zéro les défis en cas de mauvais choix.

Pour clore la présentation des gadgets utiles, le joueur dispose d’un appareil photo permettant de capturer l’image de n’importe quelle créature. Ce paramètre n’est pas juste destiné à remplir un joli album de bestioles intergalactiques. En effet, cela donne de précieuses informations sur les différentes espèces dangereuses. Ainsi, lorsque Doug combat un ennemi déjà photographié, il peut voir combien de PV il dispose. Une donnée importante tant les affrontements sont nombreux.
Starship Troopers
Beyond Galaxyland utilise de nombreux codes issus des vieux RPG. Pour être plus précis, les combats se déroulent au tour par tour et font intervenir plusieurs personnages avec des compétences différentes. Les trois héros sélectionnés par le joueur disposent de capacités offensives grâce à leur arme. Doug est clairement plus intéressé par les lames blanches, tandis que Boom Boom a une véritable passion pour les pistolets laser. Il nous faut préciser, à ce stade du test, que nous ne mentionnerons rien des autres protagonistes, cela afin d’éviter de dévoiler des éléments de l’intrigue.

Lorsqu’on rencontre un ennemi en explorant une planète, on peut débuter le combat en assénant un coup sur la créature afin de lui enlever directement quelques points de vie. Ce principe s’apprécie au début de l’aventure, puisqu’il réduit de fait la durée des affrontements. Malheureusement, les premières heures de jeu ne sont pas très gratifiantes car la difficulté y est tout bonnement absente. L’équilibrage est d’ailleurs assez surprenant quand on observe la montée en niveau des personnages. L’expérience glanée par les victoires est très généreuse lors de la saison un, mais beaucoup moins abondante par la suite.
Il y a de sacrées batailles à livrer dans Beyond Galaxyland ! Les boss offrent un vrai challenge après la première partie de l’aventure, mais c’est au niveau de la variété des combats que le jeu impressionne. Il est notamment possible d’affronter un paresseux géant que l’on doit battre en répondant correctement à des questions de zoologie, ou encore de défier un chevalier en armure avec qui on joue à une variante d’un, deux, trois soleil. Les idées sont toujours plus loufoques et prouvent que l’audace et la diversité ont du bon.
Avec la manette, on ne fait pas que choisir l’attaque dans le menu des combats. Une fois la cible choisie, il faut parvenir à porter les coups en appuyant aux bons moments sur la touche A. La réussite entraîne l’augmentation du niveau d’une jauge réservée aux fameuses capacités spéciales, propres à chacun des personnages du groupe. Attention, car les ratés engendrent une diminution de ces précieux points, ce qui durcit alors considérablement les affrontements lorsqu’un ennemi est entouré d’un champ de force par exemple.

Au tour des ennemis ! Ces derniers peuvent lancer des sorts puissants sur le groupe tout entier, mais ils attaquent au corps-à-corps la plupart du temps. Dans ce cas de figure, il faut réussir à parer les coups en appuyant une nouvelle fois sur la bonne touche de la manette. Le timing est important et, même après avoir fini l’histoire principale, ne reste pas toujours évident à bien identifier. Fort heureusement, il existe dans le jeu des petites babioles indispensables pour mieux se protéger…
La Planète au trésor
En bon RPG, Beyond Galaxyland fait la part belle aux différents équipements pour personnaliser notre équipe. En plus des armes, il existe de nombreux artéfacts disséminés dans toute la galaxie qui améliorent les statistiques de Doug et de ses amis. On trouve aussi des boutiques dans lesquelles s’achètent divers consommables pour regagner des PV ou ranimer un allié tombé au combat. Certains produits peuvent également se fabriquer à l’aide de recettes à glaner par-ci par-là, ou bien encore dans la forge lorsque cela requiert des matériaux.

De nombreuses récompenses intéressantes sont également récupérables grâce aux quêtes secondaires. Une fois activées, elles sont toutes consultables dans le menu principal du jeu. Pour découvrir rapidement leurs emplacements, il faut chercher les points d’interrogation bleus sur le radar de la zone où l’on se trouve. Autrement, il ne faut pas hésiter à parler avec tous les personnages, quitte même à retourner dans des zones précédemment visitées. Les missions restent très classiques encore une fois, mais sont plutôt amusantes et apportent parfois de nouveaux éléments de gameplay. On a ainsi pu participer à des courses de vaisseaux qui n’étaient pas toujours évidentes à remporter !
La dernière activité de Beyond Galaxyland consiste à capturer les différentes créatures trouvables un peu partout. Là encore, le système ne dépaysera pas les amateurs du genre. Le processus revient à trouver la bestiole, puis à l’affaiblir pour réussir à lancer une sorte de Pokéball volante. Une fois attrapé, on peut attribuer le petit monstre à l’un des trois personnages du groupe. Ce dernier pourra alors l’invoquer en combat et utiliser ses pouvoirs, qui ont tous des effets particuliers : empoisonnement, réduction de la vitesse ou encore endormissement.

Durant notre test, nous n’avons rencontré aucun bug particulier. Une donnée appréciable, sachant que le titre a été entièrement conçu par une seule personne. Il va de soi qu’il faut aimer la science-fiction, le rétrogaming et le jeu de rôle pour apprécier Beyond Galaxyland comme il le mérite. Mais si tel est le cas, alors vous passerez entre dix et quinze heures d’un bonheur empreint de nostalgie.
Testé sur Xbox Series S, code fourni par l’éditeur.
Le Bilan
On a aimé
- L’histoire qui rend hommage à la science-fiction
- La réalisation du jeu mettant en valeur l’art pixelisé
- Les combats toujours plus originaux et intenses contre les boss
- La grande variété des activités réalisables à travers Galaxyland
On a moins aimé
- La difficulté dérisoire durant les premières heures
- La rejouabilité quasi inexistante malgré le New Game Plus
Conclusion du test de Beyond Galaxyland
C’est la première fois pour moi que tes yeux me font…
Beyond Galaxyland est une véritable lettre d’amour à la science-fiction du XXe siècle. L’aventure réserve de nombreuses surprises, à la fois au niveau de l’intrigue et grâce aux différentes activités jouables sur chaque planète. Quant aux combats, ils demeurent assez classiques, en dehors de ceux contre les boss, bien plus inventifs. Finalement, on ne ressent presque aucune lassitude durant l’exploration de cet amusant univers pixelisé ! Et, alors que le générique de fin défile sous nos yeux, on se prend déjà à imaginer où nous emmènera notre prochain voyage imprévu… et s’il y aura encore un cochon d’Inde !