Test - Umbraclaw - Une partie de chat perché avec la mort

«La victoire ne tient qu’à neuf fils…» , - 2 réaction(s)

Connaissez-vous la légende selon laquelle les chats auraient neuf vies ? Si le mystère autour de son origine reste entier, son imprégnation au sein de nombreuses cultures à travers le monde témoigne de l’immense fascination pour ces petits félins. Il n’est donc pas surprenant de voir un studio japonais, en l’occurrence Inti Creates, exploiter cette superstition dans une œuvre vidéoludique. Umbraclaw propose aux joueuses et aux joueurs une aventure fantastique dans la peau poilue d’un matou. Une épopée plutôt éprouvante, parsemée de plateformes exigeantes et de pièges mortels typiques des Metroidvania. De fait, autant immédiatement sortir les griffes avec les adjectifs tant le titre ne se destine pas à tous les publics…

Suzume

Umbraclaw narre l’histoire de Kuon, une chatte qui a perdu la vie dans le monde réel. Elle se retrouve expédiée sur le Plan de l’âme, un territoire rempli de créatures démoniaques et de multiples dangers. Toutefois, il existe une possibilité d’échapper à ce lieu en franchissant la Frontière. Il s’agit d’un portail interdimensionnel, verrouillé par des pierres clés disséminées un peu partout dans l’au-delà. Notre héroïne n’est pas la seule à vouloir s’enfuir puisque d’autres animaux morts poursuivent le même objectif, quitte à devenir cruels pour réussir. Ainsi donc, la féline doit prestement faire sa toilette avant de partir à la chasse aux artéfacts afin d’espérer échapper à un (plus) funeste destin !

Quel endroit chatoyant !

La trame narrative reste assez agréable à découvrir et ne peut que ravir les ailurophiles. D’ailleurs, le jeu ne rate pas l’occasion de montrer le lien puissant qui existe entre un animal et son propriétaire. En trouvant un gros cristal, il est possible d’observer une scène de l’ancienne vie de Kuon avec sa maîtresse Tsukumo. Ce procédé donne des éléments de compréhension au joueur, notamment grâce à la beauté de ces images, qui reprennent de nombreux codes des animes japonais.

Une image vaut mille mots

Toutefois, il est vivement déconseillé de mettre le jeu entre les pattes des gameurs les plus jeunes. La classification PEGI 16 se justifie par le caractère mature de certaines thématiques présentées. La rencontre entre Kuon et Moenna, une créature torturée du Plan de l’âme, se révèle être l’une des plus marquantes car elle permet d’aborder le sujet du suicide. Les dialogues, au demeurant traduits à l’écrit en français, retranscrivent les questionnements profonds qui ont conduit le second personnage à passer à l’acte dans sa vie antérieure. Cet exemple illustre la noirceur qui se dégage de l’univers d’Umbraclaw et qui contraste fortement avec l’aspect coloré de ses décors…

Les aventures du prince Ahmed

Umbraclaw propose des environnements variés, qui reposent sur un style artistique plutôt original. L’effet papier découpé des éléments au premier plan se combine efficacement avec le fond dessiné à la main par l’équipe de développeurs. Cette association confère une ambiance particulière aux niveaux en 2D. Ainsi, chaque région s’identifie par un biome reconnaissable grâce à un code couleur en lien avec la pierre clé à récupérer. L’ajout de petites choses animées, comme des spores en mouvement autour de plantes, permettent de donner un peu de vie au royaume des morts.

Chat échaudé craint l’eau froide

Malheureusement, la technique globale d’Umbraclaw reste limitée et impacte directement le gameplay. En tant que chatte, Kuon peut sauter, s’agripper aux murs ou encore se faufiler dans des espaces étroits. Toutefois, les déplacements sont assez rigides et ne procurent qu’un plaisir relatif lors des phases de plateforme. La construction des niveaux ne fera pas non plus bondir de joie les amateurs du genre, la faute à un classicisme évident et à un renouvellement quasi-inexistant.

On peut aussi jouer à cache cache !

Le joueur peut accéder au Plan de l’âme à partir de l’écran central. Dès lors, il est possible d’aller dans n’importe quelle direction pour dénicher une relique. Ainsi, les lieux des différents secrets se révèlent progressivement sur la carte du jeu. Par exemple, les gemmes apparaissent dans les cases des zones déjà explorées. Ces trésors ont leur utilité, puisqu’ils permettent d’améliorer les compétences de base de Kuon ou encore de débloquer de nouvelles capacités. Notons qu’il est possible de retourner dans des endroits visités pour collecter les ressources manquées, afin d’être mieux préparé pour les combats.

Kung Fu Panda

L’action prend une place déterminante dans le jeu, et cela intervient très rapidement. Les nombreuses possibilités sont expliquées successivement lors d’une phase didacticielle copieuse, presque indigeste, mais garantie sans croquettes ! Le système de sauvegarde est assez oldschool puisqu’il ne prend en compte que les pierres clés récupérées lors des sessions précédentes. À chaque début de partie, Kuon ne dispose d’aucune attaque offensive. Elle peut uniquement passer à travers les ennemis avec la compétence Traversombre. Attention, l’utilisation de ce pouvoir a un coût en endurance et il ne faut jamais lâcher la jauge des yeux, sous peine de rater une esquive faute d’énergie restante.

Ils sont un peu trop nombreux là, non ?

À ce stade du test, il faut préciser que Kuon possède neuf vies pour réussir son projet d’évasion. Dès qu’elle touche un ennemi, elle perd automatiquement l’une de ses chances de succès. L’erreur est extrêmement punitive et génère des moments frustrants à cause de la technique limitée du jeu, déjà évoquée. Il existe trois modes pour réduire ou augmenter la difficulté de l’aventure mais, dans tous les cas, Umbraclaw demeure complexe.

Spider-chat ?

La résurrection Amina permet à notre chatte préférée de poursuivre son aventure à l’endroit même où l’échec s’est produit. Ce n’est d’ailleurs pas son seul avantage, puisqu’elle permet également à Kuon d’obtenir une compétence offensive après chaque raté ! Les pouvoirs sont plus ou moins intéressants, mais ils ont le mérite de faire varier le gameplay, puisqu’ils utilisent souvent des touches différentes de la manette. Comme exemple, citons l’attaque Crevette-mante qui s’illustre par ses coups de poing rapides. Cependant, les capacités s’ajoutent de manière aléatoire. Il n’y a aucun moyen de choisir ce qui serait le plus utile pour progresser. Et, lorsqu’on n’obtient pas le double-saut nécessaire pour accéder aux lieux en hauteur où l’on désire aller, cela hérisse fortement le poil !

La Belle et la Bête

À chaque échec, une mini-cinématique montre la féline gisant au sol. Au bout d’un certain nombre de vies perdues, le jeu demande de dépenser des points d’espoir afin de garder Kuon sous sa forme normale. Si jamais le joueur est à court de ressources, ou même s’il refuse de dilapider ses gains, la chatte se transforme alors en une créature humanoïde plus puissante. Une évolution qui apporte un véritable intérêt si jamais la difficulté est trop importante, et permet aussi de renouveler le gameplay grâce aux attaques spécifiques à la nouvelle apparence.

Le machin rose fait très mal !

L’apport de cette transformation impacte aussi l’histoire du jeu. Lorsque le choix entre les deux formes est proposé au joueur, ce dernier sait qu’il est face à un dilemme moral. Conserver la nature féline de Kuon permet de rester sur le droit chemin, tandis que le passage en créature humanoïde entraîne une perte de valeurs. Les contreparties existent et se manifestent après les combats face aux gros ennemis, notamment au niveau des récompenses reçues qui sont moins nombreuses.

Mieux que des chatières !

Umbraclaw se découpe en deux chapitres, divisés chacun en quatre sous-parties. Les différents choix effectués lors des victoires contre les boss conduisent à une fin particulière. Celles et ceux sensibles à l’histoire de Kuon auront peut-être le cœur de relancer l’aventure pour découvrir les nombreux dénouements possibles. Selon le mode de difficulté choisi, il faut entre quatre et cinq heures pour terminer le jeu. La rejouabilité est plutôt bonne grâce au côté aléatoire des attaques débloquées lors des sessions, ainsi qu’avec les multiples gemmes à dénicher. D’ailleurs, il faudra parvenir à tout trouver pour obtenir tous les succès. Miaou !

Testé sur Xbox Series S

Bilan

On a aimé :
  • La patte artistique du Plan de l’âme
  • Les résurrections et les décisions morales qui en découlent
  • Le choix du mode de difficulté
On n’a pas aimé :
  • La rigidité des déplacements de Kuon
  • Les phases de plateformes oubliables
  • Le côté aléatoire des pouvoirs attribués
  • Le fouillis du système d’amélioration
Est-ce qu’on peut appeler un chat tout terrain un cat-cat ?

À maintes reprises en équilibre précaire, Umbraclaw parvient tout de même assez souvent à retomber sur ses pattes grâce aux mécanismes autour des neufs vies de Kuon. Si l’on peut aussi caresser dans le sens du poil l’esthétisme du jeu et se frotter les coussinets sur le niveau de challenge proposé, de cruelles carences se font ressentir sur le plan technique. Au fil des sessions, on s’aperçoit que l’aventure et le gameplay ne font que ronronner et ne s’adressent finalement qu’à un public de passionnés. Un titre qui se montrera donc dispensable pour la plupart des joueurs, surtout s’ils ont d’autres chats à fouetter…

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Umbraclaw

PEGI 16

Genre : Aventure/Plates-Formes

Éditeur : INTI CREATES CO., LTD.

Développeur : INTI CREATES CO., LTD.

Date de sortie : 30/05/2024

Prévu sur :

Xbox Series X/S, Xbox One, PlayStation 5, PlayStation 4, Nintendo Switch

2 reactions

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burbigo3

02 jui 2024 @ 23:46

Très bon metroidvania avec une direction artistique très belle !

Tutuapp 9Apps

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burbigo3

02 jui 2024 @ 23:46

Très bon metroidvania avec une direction artistique très belle !