Test – Shieldmaiden Remix Edition – MegaNaze X

Au moins, c’est moins cher qu’un Pass Navigo…
Sorti en 2021 sur PC, Shieldmaiden arrive sur consoles de salon dans une Remix Edition plus travaillée. Troisième jeu des indépendants de Dumativa Game Studio, il nous promet des heures de fun en “ Neon Lit Pixel Art” à travers neuf niveaux bourrés d’action.
Tant de promesses non tenues en une seule phrase, qu’il faudrait l’inscrire au Guinness World Records Book.

Alors, y’a un scénario…
Shieldmaiden Remix Edition nous met dans la peau de… d’une fille. Avec un bouclier. Qui combat des robots. Pour sauver… une autre fille. Qui est prisonnière… Desdits robots…
Bon n’y allons pas par quatre chemins, nous écrivons ces quelques lignes à chaud au sortir de “l’expérience” vidéoludique susnommée. Pourtant, il ne nous reste que quelques vagues bribes d’une intrigue soporifique à la mise en scène particulièrement mal pensée.

S’il est normal qu’un jeu indépendant ne bénéficie pas du même traitement que les AAA foisonnant sur le marché, il est en revanche incompréhensible que des développeurs aient eu l’idée totalement saugrenue de nous narrer la majorité de leur intrigue… pendant les phases d’action.
En effet, 90% du scénario consiste en un dialogue entre l’héroïne et une I.A. à l’intérieur de son transmetteur. Cette litanie ininterrompue continue sans faillir au travers des niveaux, ne nous laissant tout simplement jamais l’occasion d’en profiter. Entre lire et vivre, le choix n’est guère complexe.

Le reste n’est que poncifs éculés sur inepties à l’écriture douteuse, le tout en anglais, dans une police à peine lisible se voulant pixel-compatible, en blanc sur fond noir.
Il ne faut donc pas trop compter sur l’intrigue pour nous tenir en haleine. Mais peut-être le gameplay est-il mieux… ?
Quand rien ne va
Le premier contact avec Shieldmaiden est plaisant. Notre personnage répond bien aux commandes et on découvre avec joie l’utilisation de notre bouclier comme arme principale.
Ce dernier peut en effet servir à se défendre… mais également à frapper au corps à corps et à distance. Véritable Captain Carter du pauvre, elle peut le projeter dans tous les sens, ce dernier revenant systématiquement dans sa main.

Bien entendu, les éternelles touches de saut et de dash sont de la partie, permettant moult acrobaties aériennes comme… sauter, puis dasher ou dasher, puis sauter. Est-ce une révolution qui se profile à l’horizon ? Non ! C’est un gameplay totalement basique et inintéressant !
Il est impossible de se baisser, ni d’esquiver les projectiles, ni même de dasher vers l’arrière. Les wall-jumps, utilisés à outrance durant l’intégralité de l’aventure, sont un calvaire. Nos sauts sont incontrôlables et ont une longueur fixe, les chutes sont donc particulièrement fréquentes et rageantes…

Pour compléter ce calvaire, une jauge nous permet de déclencher une super attaque rasant tout sur son passage. Mais pour remplir cette dernière, les développeurs ont eu la merveilleuse idée de nous contraindre à… bloquer les projectiles jaunes. Pas les rouges. Pas les attaques au corps à corps. Non. Ce ne sont que les petites boules de couleur poussin qui ont la faculté de la recharger.
Pis encore, les boss (au nombre incroyable de… quatre) sont immortels. Pour parvenir à les blesser, il est obligatoire de briser leur défense… en utilisant notre super.

Nous nous retrouvons donc régulièrement face à des ennemis dont on doit apprendre le pattern afin de bien absorber les bonnes attaques au bon moment, avant de relâcher la pression et de les marteler. Passionnant.
Les autres antagonistes ne sont malheureusement guère mieux. Une dizaine de modèles de robots différents viendront tenter d’entraver notre progression. Et si nous insistons sur le terme “tenter”, ce n’est pas pour rien : Shieldmaiden se veut être un jeu d’action/plateforme à l’ancienne, dans la plus pure lignée des Mega Man. Le problème, c’est qu’en nous offrant des niveaux très larges au level design tout sauf maîtrisé et en ôtant toute possibilité de gagner le moindre petit bonus à l’élimination desdits ennemis; le titre nous incite très fortement à… les esquiver, tout simplement.

La grande majorité des combats sont tout simplement inutiles et très faciles à passer. Pour pallier cela, nous sommes régulièrement confrontés à des zones impossibles à fuir où il est nécessaire de se débarrasser de l’ensemble des antagonistes à l’écran. Un cache-misère de plus qui n’est certainement pas à mettre au crédit du titre.
Subway Surfer
Non content d’une intrigue insipide, d’un gameplay fantoche et d’un level design oubliable, Shieldmaiden ose en plus nous proposer quatre zones à traverser (et non neuf, comme indiqué sur le site des développeurs). Et si nous n’avons pas employé le terme de “biome”, c’est à dessein.
Au programme donc : une ville en ruine et un jardin botanique. Les autres ? Ce sont les mêmes, mais avec un level design légèrement différent et bien plus d’ennemis. Ah si, à la fin nous avons droit à une ville en ruine… mais avec une grosse boule jaune en fond, symbolisant un cataclysme visiblement.

Mais quelle est la durée de vie de ce titre exceptionnel ? Une heure. Nous avons bouclé notre premier run en une petite, minuscule, rachitique heure de jeu.
Pour rassembler ces différents niveaux, les développeurs ont tout de même pensé à ajouter un hub central intégralement vide, dans les couloirs d’un métro. On passera donc par les corridors décatis du RER B entre chacun, pour mieux apprécier la qualité d’écriture et câliner le chien robotique, ou encore détailler les rares objets récupérables et parfois dissimulés (tel qu’un ourson en peluche, un ruban ou une graine). Est-ce utile à l’intrigue ? Débloquent-ils de nouvelles capacités ou fonctionnalités ? Absolument pas. Ils sont juste cosmétiques et ne sont même pas équipables pour ajouter une touche de “fun” au titre.
Testé sur Xbox One X
Le Bilan
On a aimé
- Le pixel art plutôt agréable
On a moins aimé
- Le gameplay insipide
- L’intrigue inintéressante
- La durée de vie insignifiante
- La bande-son oubliable
- Avare en contenu
Conclusion du test de Shieldmaiden Remix Edition
Économisez 12,99 €
Shieldmaiden Remix Edition est un échec cuisant sur toute la ligne. Incapable d’atteindre le petit orteil des titres dont il tente vainement de s’inspirer, il est de surcroît d’une pauvreté et d’une tristesse mortifères. Il vaut mieux oublier jusqu’à son existence.