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Test – Shift 2 Unleashed

Test – Shift 2 Unleashed
Le 13 avril 2011
Le 13 avril 2011

Sous la visière

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Depuis quelques années maintenant, quand on parle simulation de bagnoles, deux noms viennent immédiatement à l’esprit : Gran Turismo et Forza Motorsport.

Le défi de Shift 2, d’après les multiples déclarations de ses auteurs, est rien de moins que de se faire une place entre ces deux là.

Étant donné le standard de qualité très élevé des franchises en place, il y a du boulot, mais Shift 2 se présente avec quelques atouts…

Au cœur de la course

L'acura NSX

L’angle d’attaque de cette jeune série est évident dès le départ : l’immersion à tout prix.

Le but du jeu est de se sentir à la place du pilote, et de mener sa carrière jusqu’au Saint Graal du jeu : les épreuves GT1 et leurs voitures surpuissantes !

Pour cela, il faudra frayer son chemin à travers de nombreuses compétitions pendant lesquelles on gagnera des points d’expérience en remportant les courses (mais aussi en gardant sa position, en doublant, ou en réalisant divers objectifs), et de l’argent pour améliorer ses voitures et en acheter de nouvelles. Si on gagne vite des niveaux, la progression est bien difficile, le prix des voitures ou des améliorations étant prohibitif (même si on peut tout acheter avec du vrai argent non virtuel…). Ce sera donc une longue bataille contre des adversaires souvent mieux équipés et sans pitié.

Le nombre de circuits est conséquent, avec les classiques de ce genre de jeu qu’on connaît par cœur mais dont on ne voudrait pas se passer (Laguna Seca, Nürburgring, Suzuka…), mais aussi avec des circuits qu’on n’a pas l’habitude de voir, et même des tracés créés pour l’occasion et agréables à pratiquer. Une belle panoplie offrant des plaisirs de conduite variés.

Pourtant, malgré cette profusion apparente, le mode carrière ronronne en donnant l’impression de nous proposer trop souvent les mêmes tracés. Ce n’est pas le seul jeu qui donne cette impression, les classiques cités dans l’introduction ne s’en tirant pas mieux, mais cela reste une petite déception qu’un nouveau titre n’ait toujours pas corrigé le tir. S’il y a bien des tentatives pour rompre la monotonie, avec des objectifs bonus par exemple, l’habillage reste bien austère et est peu attrayant.

Cela étant, rien de scandaleux là-dedans, il y a tout de même beaucoup de contenu, que ce soit pour les pistes ou pour les véhicules avec un garage bien rempli par 90 véhicules. Les voitures habituelles répondent présent, et on peut en croiser qu’on a moins l’habitude de voir. Gros contenu également au niveau des pièces détachées disponibles, qui permettent de customiser à loisir ses voitures, à condition de passer le cap d’une présentation à nouveau austère et peu attrayante.

Vraiment dommage qu’il y ait ce déficit d’habillage, qui ne donne pas envie de profiter de toute la richesse, pourtant bien là, du jeu.

Cela étant, ce n’est pas le point fort majeur du titre…

Sous la visière

Une vraie immersion

Ce point fort, c’est l’aspect spectaculaire des courses, qu’on a l’impression de vivre de l’intérieur grâce à la fameuse vue casque du jeu. Celle-ci demande un petit temps d’adaptation pour bien maîtriser les trajectoires, notamment dans les virages, du fait que le pilote regarde naturellement la courbe avant de s’engager, comme nous faisons tous quand nous sommes au volant dans la vie (sauf qu’on va un tout petit peu moins vite en général !). Quand on accélère, un effet de flou vient brouiller notre vue, simulant la réduction du champ visuel à grande vitesse, et les chocs sont violemment ressentis.

Même si l’effet de flou est sans doute trop exagéré, le résultat est là, avec un maximum de sensations. Il est flagrant que c’était l’objectif majeur du jeu car tout est très soigné, et c’est un vrai succès : on EST le pilote.

Rodéo de Mustang

Toujours dans cette logique d’immersion, les sensations sont très fortes sur la piste grâce à de nombreux détails (parfois même trop !). Fumées, débris, gomme, tout y est, donnant une impression de vie qui est un vrai plaisir. Depuis le début du test on parle des deux grands noms du jeu de voitures, mais c’est plus de Race Driver Grid que Shift 2 se rapproche, avec un niveau technique revu à la hausse, et avec un zeste de simulation en plus.

Comme on vit dans un monde où la perfection n’existe pas, on regrettera par contre que les autres vues ne soient pas aussi soignées, et ceux qui aiment piloter en étant positionné derrière leur voiture n’auront pas du tout les mêmes sensations. Pour le coup, c’est nettement moins réussi, comme si on avait mis cette possibilité par principe, pour remplir un cahier des charges.

Par rapport au premier épisode, la conduite a changé, et c’est tant mieux ! Les voitures ne chassent plus comme elles le faisaient, et on a maintenant quelque chose de beaucoup plus précis et réaliste.

Le principe adopté est le même que pour Forza Motorsport 3 : n’importe quel joueur doit trouver son style de conduite. Malheureusement, cet équilibre si difficile à trouver n’a pas la même efficacité pour les débutants et les confirmés. Pour les novices, c’est l’ennui qui guette, les assistances diverses détruisant le plaisir de la conduite. Même pour les autres, il va falloir passer pas mal de temps dans les menus pour configurer l’ensemble et trouver la conduite qui conviendra bien. Ce passage à l’atelier réglages est pratiquement obligatoire, à moins d’être bien peu exigeant sur ce qu’on attend d’un jeu de voitures. Par contre, une fois le bon équilibre trouvé, les sensations de conduite sont très bonnes et on peut franchement s’amuser. Shift 2 est un jeu qu’il faut dompter avant de vraiment en profiter.

Malgré ces gros progrès par rapport à son aîné, il reste encore du travail pour arriver au niveau de Forza Motorsport 3 : on ne « sent » pas la voiture comme dans la licence de Microsoft, et quelques réactions de la voiture restent peu réalistes. Mais il n’y a pas à rougir du résultat, loin d’être aussi simulation que ce qui a été annoncé, mais réussissant à offrir un bon compromis permettant de s’amuser en étant grisé par la vitesse tout en restant technique. On trouve à la fois des éléments de simulation comme l’usure des pneus, l’absence de rewind, ou la possibilité d’enregistrer ses réglages par circuit, et des éléments très arcade (on peut rouler sur l’herbe sans que ça ne change grand-chose, la gestion des dégâts est très permissive, poussant au dépassement musclé…).

Sous le capot

Lunettes de soleil obligatoires

Ce jeu étant basé sur le spectacle, on doit en attendre une réalisation haut de gamme.

C’est en partie le cas sur certains points bien réussis.

On a déjà parlé de la vue casque, très soignée, malgré l’intérieur des véhicules un peu vide. Si le résultat est si jouissif, c’est en grande partie grâce à une très belle modélisation des circuits, pleine de détails qui flattent la rétine. Cette réussite renforce clairement l’impression d’y être. Cette qualité ne s’étend pas dans les mêmes proportions pour la modélisation des voitures. Le résultat à l’écran est joli, mais quand on passe en vue extérieure il devient évident que les voitures ne sont pas aussi finement représentées que chez les plus gros concurrents. D’une façon générale, il y a bien un peu d’aliasing sur l’écran, mais le résultat global est plus que bon. On oublie aussi les changements climatiques, absents du jeu.

Pas grand-chose à signaler au niveau du son, c’est très efficace, même si le son des chocs, amplifié sans doute pour nous faire peur, est vraiment trop amplifié. Au moins, cela passe l’envie de se vautrer dans le rail !

L’animation, quant à elle, est fluide et sans anicroche avec une bonne sensation de vitesse.

Voiture contre bateau ?

Tout cela a l’air pas mal du tout, et on se dirige tout droit vers un jeu de très haute tenue ? Malheureusement, un sérieux problème pointe le bout de son nez avec une IA au ras des pâquerettes qui énerve très souvent. Nous voilà avec des adversaires qui se comportent comme si on n’existait pas, suivant leur trajectoire quoi qu’il arrive…C’est vraiment le fléau des jeux de courses, et ça se ressent d’autant plus dans celui-ci puisqu’il base tout sur l’immersion. Pour le coup, elle en prend pour son grade. Même quand votre adversaire est manifestement battu, que ce soit en ligne droite ou au freinage, il garde sa trajectoire quitte à ce que les deux voitures partent dans le décor. Comme il est fréquent que l’on conduise des voitures moins puissantes que celles de l’IA, on se retrouve obligé pour passer de chercher à faire des manœuvres de pilotage du type aspiration-freinage tardif, mais même quand on l’exécute parfaitement, on risque plus que fortement de se faire enfoncer le pare-choc. Cela rend presque impossible la conduite défensive pour protéger sa position. Comme il n’y a pas de rewind, on se retrouve dans l’obligation de refaire très souvent les courses. Frustrant de devoir recommencer quand on n’a rien à se reprocher. Résultat, on conduit en prenant en compte les réactions étranges des adversaires. Dommage pour le réalisme recherché, et un gros point noir pour Shift 2.

Le facebook des voitures

En ligne, au moins, pas de conducteurs irresponsables ! Enfin, si, mais eux risquent également de s’envoyer dans le décor.

Le système Autolog initié par Need for Speed Hot poursuit est de la partie, et autant l’interface du jeu solo est tristounette, autant l’Autolog est vivant et réussi. On peut suivre sur son mur les résultats de ses amis, en étant toujours au courant de leurs progrès, ce qui pousse à s’envoyer des défis à relever. Une vraie atmosphère de compétition bien rendue.

En piste, jusqu’à 12 voitures peuvent s’affronter pour des courses très intenses et sans pitié. Ça va vite, le spectacle est là, c’est fun, c’est une vraie réussite, et sans lag.

On n’en attend pas moins d’un jeu de voitures aujourd’hui, mais encore faut-il que tout cela soit bien là. C’est le cas, donc bravo !

Le Bilan

On a aimé 

  • Un gros contenu varié
  • Des circuits originaux
  • L’immersion dans la peau du pilote
  • La modélisation des circuits
  • L’Autolog et le jeu en ligne
  • Modélisation des voitures perfectible
  • Pas évident à dompter pour être apprécié
  • L’IA inconsciente

Conclusion du test de Shift 2 Unleashed

Shift se rapproche
{{Alors, où en est Shift dans sa quête pour taquiner les cadors ?

Pas à leur niveau, assurément. Il manque encore trop d’éléments pour qu’on ait là un incontournable. L’habillage timide, une modélisation des voitures qui pourrait être meilleure, un gameplay qui s’est affiné mais qui ne s’est pas encore véritablement trouvé, et surtout une IA très mauvaise nuisant à l’ensemble…Voilà qui fait beaucoup pour un seul jeu.

Toutefois, Shift 2 a l’intelligence de ne pas entrer en confrontation directe avec GT ou Forza, en proposant quelque chose qui lui est propre. Cette volonté d’immerger le joueur dans la course est une vraie réussite, et donne des sensations que ne procurent pas les autres. Ajouté à un jeu en ligne satisfaisant et à un contenu conséquent, cela donne un titre qui mérite largement de retenir notre attention.

On peut aimer ou ne pas aimer Shift 2, mais il mérite clairement d’être essayé, et il se présente comme un très bon complément aux deux autres titres phares des consoles.

Une base propre solide qui pourrait lui permettre de les rejoindre pour peu que les quelques défauts observés soient corrigés pour le prochain jeu de la série.}}

L
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Shift 2 Unleashed

Développeur : Slightly Mad Studios
Éditeur : Electronic Arts
Date de sortie : 31/03/2011

16 commentaires

16 Commentaires
B
Membre
Billou
14 avril 2011 1h21

Wolf, t’es trop enthousiaste pour être objectif 😛 Tous les pros de simu que j’ai pu croiser disent tous que la physique de Shift 2 n’est pas aussi irréprochable que tu le dis. Et tu as beau dire que tu es bon aux jeux de bagnoles, moi aussi je me démerde plutôt pas mal mais pourtant je le dis et je l’affirme, la difficulté est complètement mal dosée quand on commence le jeu. Ils ont fait n’importe quoi en ne proposant pas des courses avec des voitures « stock », ça va… Lire la suite »

F
FREL0N
14 avril 2011 2h01

Clair que Wolfdriver est un peu trop enthousiaste concernant ce jeu mais il n’a pas tout à fait tord sur ce qu’il dit au sujet de la difficulté! Le tout début n’est qu’une formalité même en difficile et sans assistances. Ensuite, l’IA vient vite nous pourrir les courses… J’en suis à 73% de la carrière, je n’ai pas boosté beaucoup de voitures (3 works uniquement et le reste stock ou à peine améliorée) et il y a déjà largement de quoi faire. La Lotus que l’on gagne par exemple nous… Lire la suite »

M
moutcho
14 avril 2011 2h42

Trés bon jeu pour ma part,j’ai un playseat forza motorsport 3,un volant G25 et un 16/9 le top.Un seul bémol je dirais l’IA qui est trop agressive et la voix qui soule bref 18/20.

B
Membre
Billou
14 avril 2011 4h52

Sinon Billou, les bidules sur la piste sont des bouts de gomme, comme on en trouve sur les pistes en dehors des trajectoires
Oui j’avais bien compris qu’il s’agissait de cela, mais juste que le fait d’apparaître d’un coup sur la piste, c’est un peu… euh… déconcertant.

P
PlaysK
15 avril 2011 14h16

Pour moi, c’est un bon jeu même s’il n’a pas la finition d’un Forza. Effectivement, l’IA vient pourrir le jeu après quelques épreuves. Je dirais même qu’elle varie selon certaines courses. A croire qu’elle a été codée par 2 équipes différentes. Essayez la course mono-modèle Porsche GT3 pour voir. Impossible de finir premier. 6ème ou 7ème si on négocie le premier virage du premier tour comme un porc et qu’on se maintient à sa place. Cette course est à vous dégouter car il n’y a pas possibilité de réglages …… Lire la suite »

D
dpoolhack
30 avril 2011 8h39

J’vois pas où vous avez vu que le jeu était mal optimisé sur PC, perso j’y joue avec une config modeste et en full option (sauf le v-Synch) et aucun lag, le jeu est juste magnifique!

Pour le reste c’est pas la simu ultime (GTR² powa ^^) mais il y a beaucoup d’éléments très sympa et très immersif!

L’IA est aux fraises par contre et bien trop agressive!

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