Test – Rise of the Argonauts

A la recherche de la toison d’or
Qui n’a pas rêvé de vivre une aventure de l’acabit de celle d’Ulysse (non, pas Ulysse 31, je parle bien de l’original) ?
De se confronter à la sympathie ou à la colère des Dieux, de croiser le fer ou bien de discuter avec les créatures mythologiques les plus célèbres ?
Ce n’est rien de moins que nous propose ce titre : entrer dans la peau de Jason et foncer à Crystal Lake pour éradiquer de jeunes vacanciers adeptes de la fumette et de la fornicat…euh…Excusez-moi, je reprends.
Entrer dans la peau de Jason, accompagné de ses Argonautes pour retrouver la Toison d’or légendaire.
Le plus triste jour de votre vie

Vous êtes donc Jason, Roi de Iolcos, et le jour même où vous allez célébrer votre union avec Alcème, fille d’Arès, vous subissez une attaque des fourbes langues noires qui tuent devant vous d’une flèche empoisonnée votre bien aimée.
Après les avoir mis en fuite, vous vous jurez de la ramener du royaume des morts, soutenu dans votre quête par les Dieux Hermès, Athéna, Apollon et Arès.
Pour ce faire, accompagné d’Hercules, puis de divers personnages hauts en couleur dont le malicieux Pan, vous partez en direction de Delphes pour écouter les conseils de l’Oracle.
Celle-ci vous donne de précieux indices sur la façon de procéder afin de trouver le seul artéfact qui pourrait ressusciter Alcème : la mythique Toison d’or perdue depuis bien longtemps.
C’est à bord de votre magnifique navire, cadeau de mariage baptisé Argos du nom de son inventeur, que vous allez naviguer d’île en île jusqu’à conclure votre destinée.
L’équipage de ce fier bâtiment sera bientôt connu comme les Argonautes, un équipage qui vous suivra quels que soient vos choix pour entrer dans la légende.
Le background du jeu, comme on peut le deviner, est d’une grande richesse, et on croise sur notre route les personnages et créatures les plus légendaires.
L’histoire est astucieuse, très bien racontée, et le scénario habile éveille très vite l’intérêt du joueur, désireux de sauver sa bien aimée en agissant comme un véritable héros de la Grèce antique.
On aura rarement vu la mythologie aussi bien exploitée, et tous les enjeux sont parfaitement expliqués au joueur, avec simplicité et naturel. Ainsi, après quelques heures de jeu, même ceux n’ayant jamais eu la curiosité de s’intéresser à ces légendes sauront parfaitement qui sont les différents Dieux et quels sont les usages de cet univers.
La quête se déroulera sur plusieurs îles aux environnements variés, chacune renfermant ses missions à accomplir pour que Jason resplendisse dans toute sa gloire en sauvant sa compagne.
Le souffle épique des plus grandes histoires est palpable tout au long de l’aventure, même si les deux premières heures sont un peu laborieuses. Les 10-12h qui suivent sont nettement plus intéressantes et intenses.
C’est là que se trouve la plus grande force de Rise of the Argonauts.
Un jeu de rôle avec un peu de baston
Le jeu alterne de grandes phases d’exploration et d’enquête avec des scènes de bastons plus classiques.
Qu’on ne s’y trompe pas : c’est avant tout à un jeu de rôle que nous avons à faire, et on passe la majeure partie de son temps à discuter et à faire avancer l’histoire.
Cela implique de nombreux dialogues, et coup de chance, ils sont dans leur ensemble de qualité, très bien écrits et le plus souvent bien joués. Il est juste regrettable que la qualité de l’enregistrement ne soit pas extraordinaire, même si cela donne un petit aspect « peplum italien » qui sied bien au titre.
Dans les dialogues on aura la possibilité de choisir la tonalité des réponses, plus ou moins agressives, sages, etc…Sans que cela ne change rien sur le déroulement de l’histoire.
Par contre, cela changera Jason : en fonction de ses réponses il pourra donner satisfaction à tel ou tel Dieu, et en retirer les bénéfices en capacités supplémentaires ou en pouvoirs divins. Dommage que ces capacités se limitent aux combats, mais cela reste une bonne idée et pousse le joueur à réfléchir à ce qu’il va dire.
Malheureusement, tout n’est pas rose pendant ces palabres. En effet, la mise en scène est d’une platitude rare, et toujours identique.

Attention cher lecteur, à partir de maintenant je crains que ce ne soit plus qu’une succession de critiques acerbes que je vais formuler !
Une impression étrange se dégage de Rise of the Argonauts, celle qu’on est en train de jouer à une bêta, et non pas à un jeu terminé. Comme je l’ai dit, l’histoire et le scénario sont passionnants, et j’ajouterai même que la conception artistique est également d’un très bon niveau, avec des créatures splendides, à la fois traditionnelles et modernes, et l’ambiance mythologique parfaitement capturée.
Mais dans le même temps, des détails qui n’en sont pas viennent porter préjudice à tous ces bons points.
On peut commencer par un problème de rythme dans le jeu, l’alternance entre baston et aventure étant très irrégulière. Un problème facilement surmontable.
Plus difficile par contre de ne pas s’agacer face à de mauvais choix, comme celui d’enfouir la carte dans les menus du jeu, obligeant à faire Pause trop souvent. La construction des niveaux est également bien mal pensée, avec en fin de compte une succession de couloirs ou de sentiers et de grands espaces plutôt vides. La taille de ceux-ci devient d’ailleurs vite un handicap, les quêtes étant souvent du type « aller parler à untel », qui vous renvoie ensuite vers le premier ou vers un autre, tout ce petit monde se trouvant évidemment à l’opposé les uns des autres, obligeant à des allers-retours vite pénibles.

Pour ce qui est des phases de baston, on a le droit à un système très classique (coup moyen, coup fort, parade, esquive, quelques combos et coups spéciaux), avec possibilité de changer d’arme en plein combat. On sent un certain potentiel, mais malheureusement il n’est jamais vraiment exploité, le tout étant bien confus à l’écran. On ne sait pas trop sur qui on tape, si on va faire mouche ou brasser de l’air, et dans la majorité des combats, il suffit de marteler avec vigueur les boutons d’attaque.
C’est rarement difficile, et globalement peu intéressant.
Une technique Unreal
Le moteur Unreal, c’est très bien, mais à condition d’être bien utilisé.
La réalisation dans sa globalité est en droite ligne des remarques précédentes : tout cela manque sérieusement de finition.
Les graphismes ne sont donc pas terribles, avec des textures d’une finesse toute relative, et qui pourtant trouvent le moyen de souvent mettre du temps à s’afficher !
Au demeurant, le problème majeur est la fréquence des baisses de framerate, provoquant des freeze réguliers sans raison apparente.
Tout est à l’avenant. Les personnages principaux sont bien étudiés, mais leurs expressions sont minimalistes, pour ne pas dire moins.
Dans le même temps, il n’existe que quelques modèles de PNJ qu’on croisera sans cesse.
Le tout est bien pauvre, et souffre clairement d’une sortie prématurée du jeu. Il semble évident que Rise of the Argonauts aurait eu besoin de six mois de développement supplémentaires pour arranger tous les problèmes de finesse des graphismes ou d’affichage. L’impression d’un titre sorti en cours de route sans avoir été peaufiné est prégnante et ne quitte pas le joueur.
Le cœur du jeu n’est pas dans le niveau de sa réalisation, mais celle-ci nuit clairement au titre et entache l’expérience de jeu.
Le Bilan
On a aimé
- L’univers mythologique
- Très bon scénario
- Quelques bonnes idées
On a moins aimé
- Un niveau technique faible
- Les combats sont confus
- Un jeu mis en vente avant d’être vraiment fini
Conclusion du test de Rise of the Argonauts
Une vraie Odyssée
{{Rarement un jeu aura à ce point pratiqué le grand écart entre grandes qualités et grands défauts.
En patinage, la note artistique aurait été de 9, la note technique de 3. On ne peut qu’avoir d’immenses regrets que les faiblesses techniques et de finition nuisent à un jeu qui aurait pu sans cela être un grand titre.
Cela n’empêche pas le jeu d’être passionnant par bien des aspects, et étant donné qu’on peut maintenant le trouver à un prix très bas, ce serait dommage de s’en priver quand on est amateur de bonnes histoires dans un environnement dépaysant : c’est une chose que trop peu de jeux proposent.
Pour en profiter, il faudra par contre faire preuve de beaucoup d’indulgence sur les autres aspects, tant le plumage n’est pas à la hauteur du ramage.}}
ah bah depuis le temps que vous en parlez de celui la ! Plus qu’a le trouver (je suppose a pas cher aujourd’hui)
Enfin le test.
Coup de cœur mérité.