Bioshock
20 000 lieux sous les mers
Testeur :Kal-El
Bioshock a connu un long développement prometteur. Promesses qui laissaient entrevoir un renouveau dans les FPS. Il est maintenant temps de pénétrer dans cette cité utopiste, de vérifier si les promesses sont tenues et si ce monde est aussi enchanteur que le laissaient croire toutes les images qu’on a vues.
Las de voir le labeur des travailleurs être la propriété des pauvres, de l’église, ou du peuple, un mégalomane nommé Andrew Ryan eut l’idée de fonder une cité sous marine où tous les esprits créateurs seraient libérés des carcans qui règnent à la surface du globe, comme l’éthique, les critiques ou les censeurs. C’est dans cette optique que Rapture fut érigée au milieu de l’océan Atlantique. Dans cette immense ville, rappelant les aventures de Jules Vernes, tout le monde vivait en harmonie et les scientifiques firent des progrès surprenants. L’une des plus grosses découvertes fut une limace parasitaire venant du fond des mers qui produit une substance nommé Adam. Grâce à cette substance, il était maintenant possible de réécrire le code génétique des personnes pour développer de nouvelles capacités. C’est ainsi que furent créées les fameuses plasmides divisées en 4 types : plasmides d’attaques, fortifiants physiques, plasmides de manufacture et plasmides de combat. C’est ainsi que ces limaces furent traquées afin que tout le monde puisse profiter des plasmides.
Le revers de l’utopie…
Cependant, les habitants de Rapture en ont abusé et leurs cerveaux n’ont pas suivi. Ils se transformèrent donc en Chrosôme, créature difforme n’ayant que pour but la recherche d’Adam afin d’assimiler encore plus de plasmide. Le problème, c’est que les seules personnes possédant de l’Adam sont des petites fillettes transformées en petits monstres nommé « Petite Sœur ». Bien qu’étant de constitution faible, elles sont protégées par les désormais célèbres « Big Daddy » (ou Protecteur). Ceux-ci vous surprendront à plus d’un titre car de prime abord ils ont l’air patauds mais se révèleront être d’une agilité stupéfiante et la férocité de leurs attaques vous fera réfléchir à deux fois avant de lancer un assaut frontal.
Voici donc le décor de l’aventure. Bien sûr votre personnage ne connaissait pas Rapture jusqu’à ce qu’il soit le dernier survivant d’un crash aérien au milieu de l’Atlantique. Il vous faudra donc vous adapter à votre nouvel environnement en usant de plasmides et en cherchant vous aussi de l’Adam pour survivre dans la jungle de Rapture.
Faut pas être claustrophobe…
Bioshock ne se résume pas en un FPS bête et méchant de plus. Irrationnal Game a su distiller avec merveille un mélange de shoot, d’exploration et de réflexion. Bien-sûr vous pourrez courir tête baissée accomplissant juste les objectifs qui vous sont donnés en tuant chrosôme sur chrosôme, mais vous ne feriez que louper l’intérêt du jeu. Parce qu’au delà de vous frayer un chemin vers la surface, Bioshock nous incite à réfléchir sur des questions philosophiques comme le bien fondé de la génétique, l’objectivisme, l’éthique, etc. Et c’est en partie l’essence du jeu. il est rare qu’un FPS se montre si riche scénaristiquement parlant. Lors de votre voyage vous trouverez de nombreux témoignages sur l’évolution de la science à Rapture et vous ne cesserez de penser à la folie qui règne dans cette cité sous marine. D’ailleurs en plus de nous remettre en question, le jeu ose nous traumatiser lors de certaines séquences. Et pour cela, je ne citerai que la première fois où l’on peut interagir avec une petite sœur. Ce moment est vraiment dérangeant tant on inspire de la peur à la fillette et le sentiment qu’elle laisse transparaître sur son visage semble si réel qu’on passe du temps à choisir ce que l’on va faire d’elle. Cependant les autres autochtones se montreront bien plus agressifs c’est pourquoi vous avez accès à un arsenal des plus complet : clé anglaise, pistolet, mitraillette, fusil à pompe, lance-grenade, arbalète et lance flamme. Le problème c’est que cela ne vous suffira pas et ça sera au tour des plasmides d’entrer en jeu : à vous le plaisir d’incinérer, de glacer ou d’électrocuter vos adversaires. Mais ce n’est pas tout. Si quelqu’un vous grenade, vous n’aurez qu’à utiliser votre pouvoir télékinétique pour lui renvoyer ses projectiles. N’oublions pas non plus les fortifiants qui vous permettront d’infliger plus de dégâts ou d’améliorer ses compétences de piratage. L’utilisation des plasmides ouvre de nombreuses perspectives de combat.
La magie des lieux
Dès les premières minutes de jeu, on est ébloui par la réalisation du jeu : la modélisation des environnements est sublime, les textures sont d’une qualité rarement atteinte, et les jeux de lumière nous laissent pantois. On se surprend même à rêvasser en arpentant les couloirs tellement le design est bon. L’animation est fluide même lors de l’affichage de nombreux effets graphiques. L’eau n’a jamais été aussi réaliste avec une physique à couper le souffle et son incidence sur la démarche du personnage rarement vue dans d’autres jeux. D’ailleurs l’utilisation des plasmides donne lieu à des déluges d’effets spéciaux lorsqu’on les combine. C’est un délice pour les yeux. On note aussi que les chargements sont assez rares et que la zone explorable entre ceux-ci est vraiment gigantesque. L’une des choses qui surprend dans le jeu, c’est l’interaction avec le décor : trouvez une flaque d’huile ou d’essence et vous pourrez l’embraser avec du feu. Trouver des pièges et vous trouverez toujours un moyen d’utiliser quelque chose pour le désactiver ou le retourner contre les chrosômes. On a rarement vu un jeu avec des interactions aussi poussées, à tel point que vous pourrez trouver plus d’une dizaine de solutions pour vous défaire d’un groupe d’ennemi ou d’un protecteur. Toute cette débauche de puissance au service des graphismes est soutenue par une bande son vraiment exceptionnelle. Que ce soit la musique typique des années 60 en passant par les bruitages ou les dialogues, tout est réuni pour profiter pleinement de votre installation audio. D’ailleurs il est conseillé d’avoir au minimum un 2.1 pour bien profiter de l’expérience et un 5.1 pour être au Nirvana.
Andrew Ryan n’a pas pensé à tout
Alors malgré toutes les qualités du jeu, il n’est pas parfait. Le jeu se veut assez linéaire nous laissant juste assez de liberté pour ne pas avoir à suivre le chemin imposé tout le temps. Cependant on aurait aimé un peu plus de liberté pour encore plus profiter de Rapture. Autre petit souci : l’IA des chrosômes qui n’a rien d’exceptionnelle. Ils attaquent souvent comme des bourrins et cherchent juste à esquiver quelques coups. De plus certaines réactions deviennent une armes de plus dans notre arsenal.
L’une des choses qui semble bizarre concerne le système de game over puisqu’il n’y en a pas, dès que vous mourrez vous ressuscitez instantanément dans une vita-chambre et ce indéfiniment. Ainsi lors d’affrontements difficiles, il n’y a pas vraiment de stress, c’est un peu dommage. Le manque d’un mode multijoueur pourra être ressenti comme une tare pour de nombreuses personnes, mais vu que le jeu joue beaucoup sur l’ambiance, je ne pense pas qu’il aurait pu être à la hauteur. L’intérêt du jeu réside surtout dans son ambiance et sur les interrogations qu’il propose. Ce n’est pas qu’un simple jeu de shoot : il a été conçu comme un jeu solo et proposer un mode multi aurait dénaturé Bioshock.
Bilan
On a aimé :
- Superbe réalisation
- Forte identité visuelle
- Ambiance originale
- Immersion totale
On a pas aimé :
- Pas de jeu en ligne
Du neuf dans les fps
Bioshock est bien la bombe tant attendue : tous les aspects du jeu ont été soignés dans les moindres détails et les promesses des développeurs ont été tenues. Ils ont même été au-delà des attentes. Certes, l’IA n’est pas au top, le jeu est un peu linéaire et il n’y a pas de multi ; mais le pénaliser pour ça alors qu’il propose un renouveau dans les FPS serait un peu injuste. Le jeu procure un fun constant et les possibilités offertes sont immenses. L’utilisation des plasmides, bien que semblable aux pouvoirs d’autres jeux, propose des possibilités de combo et d’interaction avec le décor encore jamais vues.
On peut noter un scénario bien pensé, des graphismes magnifiques ainsi qu’une ambiance vraiment prenante. Une bonne durée de vie avec l’histoire principale, également prolongé par les “quêtes” secondaires. (Prendre en photos tels ou tels personnage pour l’étudier, découvrir tous les comptes rendus audio par exemple…)