Test – Eternal Strands – Un RPG entre Shadow of the Colossus et Immortals Fenyx Rising

Un univers enchanteur qui nous fait tisser des liens
Eternal Strands, jeu d’action-RPG, est la toute première création développée et éditée par Yellow Brick Games. Ce studio québécois indépendant, fondé en 2020, réunit une équipe parmi laquelle certains noms pourraient vous sembler familiers. En effet, celle-ci regroupe des vétérans de chez Bioware et Ubisoft, comme Mike Laidlaw, l’ancien directeur créatif de Dragon Age, Thomas Giroux, Jeff Skalski ou encore Frédéric St-Laurent B.

Avis aux amateurs du genre, Eternal Strands est disponible dès le 28 janvier et jouable dans le Game Pass à sa sortie. Avec ses promesses de gameplay innovant et d’un monde ensorcelant, il était difficile de ne pas avoir de grandes espérances et nous étions impatients de découvrir, manette en main, ce titre aux airs de bon augure. À présent qu’Eternal Strands nous dévoile enfin ses charmes, la magie opère-t-elle vraiment ?
Bienvenue dans la guilde des enchanteurs

C’est dans cet univers énigmatique et fantastique que l’on incarne Brynn, une jeune et intrépide Tisserande déterminée à sauver sa faction. Récemment promue au rang de “pointeuse”, elle doit faire ses preuves aux côtés de ses nouveaux compagnons. Lors de chaque expédition, elle s’aventure sur les traces des événements passés, avec l’espoir d’offrir une autre destinée à son clan. Grâce à son héritage culturel, elle possède une cape magique lui conférant de multiples facultés qui, combinées à ses armes, l’aideront à déjouer bien des dangers et à lutter contre les gigantesques Arkons, des créatures qui règnent désormais sur ces terres maudites.
Des pouvoirs arcaniques en héritage
Eternal Strands est un jeu solo à la troisième personne et Brynn, notre héroïne, est une enchanteresse audacieuse et agile. Elle peut sauter, courir, grimper et escalader des parois rocheuses afin d’explorer les lieux. Au combat, elle est capable de bloquer et d’esquiver les attaques ennemies ainsi que de verrouiller les cibles. Son arsenal se compose d’une épée et d’un bouclier, d’un arc avec des flèches et d’une puissante lame à deux mains, mais elle doit faire attention à la gestion de sa jauge d’endurance, de mana et de vie. Elle porte à sa ceinture des fioles, comme des toniques de vitalité et certains boost temporaires.

Comme toute magicienne digne de ce nom, Brynn possède des capacités magiques, accessibles via la roue des pouvoirs et à débloquer au fil de l’aventure. Ces aptitudes sont basées sur les lois de la physique. Ainsi, elle possède la compétence du lien de Tisserand, un pouvoir de télékinésie utile pour soulever et déplacer à distance des objets, des éléments du décor tels que des arbres, des rochers et même ses ennemis. Parmi les neuf pouvoirs au total, figurent également des compétences de feu et de froid, avec par exemple le mur glacial, permettant de geler l’eau contenue dans l’air pour créer des blocs de glace, des ponts ou bien encore immobiliser les adversaires. Mais, afin de ne pas trop en dévoiler, nous préférons vous laisser le plaisir de découvrir les autres par vous-mêmes !

Cette puissante magie cinétique est idéale pour se battre, mais aussi pour interagir avec les environnements et les modifier pour en tirer avantage sur le champ de bataille. Cela enrichit considérablement le gameplay et offre une multitude de possibilités à explorer, en fonction des lieux visités et du type d’adversaires rencontrés. Tester ces sortilèges et leurs conséquences sur les décors et sur les ennemis s’avère très divertissant et, associé à l’arsenal de Brynn, confère un atout important. En outre, il est possible d’enchanter les armes avec des effets de feu ou de glace, très efficaces selon les circonstances et à utiliser de manière judicieuse. Ce vaste panel de synergies constitue l’un des points forts du titre en offrant un gameplay riche, varié et très amusant.

L’artisanat au coeur de l’action

Entre chaque voyage, une halte au camp de base est utile pour échanger avec nos compagnons sur les missions accomplies et les objectifs à venir. Les choix de dialogue influent quelque peu sur la personnalité de Brynn et sur ses affinités avec les autres membres du groupe, tout en orientant les sujets abordés. C’est aussi l’occasion d’améliorer les statistiques de Brynn et de son équipement.
En effet, comme dans tout RPG, l’artisanat occupe une place prépondérante et, grâce à la forgeronne Sola, on peut confectionner des armes et de nouvelles pièces de protection, à condition d’avoir récupéré les plans et les différentes ressources nécessaires à leur fabrication (fourrure de bête, minerais, bois dur, cuir, etc.). Le mélange de diverses matières affecte les statistiques de notre héroïne, afin d’opter pour des capacités et des styles distincts, selon notre façon de jouer.
En effet, chaque accessoire est personnalisable et il est intéressant de voir son évolution et ses performances de combat augmentées. Ainsi, on peut rendre l’armure résistante à la chaleur ou au froid et obtenir des bonus non négligeables (comme la régénération de la santé ou des sorts par exemple) en équipant un ensemble d’armure complet.

La caravane de Casmyn, quant à elle, améliore les installations du campement, toujours grâce aux précieuses ressources, et c’est aussi là que l’on sélectionne l’armure de notre choix avant de reprendre notre périple. Parmi les autres personnages illustres, on trouve également Dahm qui, avec son comptoir, permet de tisser les fameux filaments ensorcelés sur la cape de Brynn pour débloquer et perfectionner ses sortilèges. Enfin, Laen supervise les archives et compile les documents importants ramassés en cours de route, tels que les pages du codex, retraçant le lore du titre avec une abondance de manuscrits à lire.
Des combats épiques dans des paysages de toute beauté

D’autant plus qu’en termes de graphismes, le titre se distingue par ses décors somptueux et détaillés, aux teintes vives et attrayantes. Ce design coloré nous évoque fortement celui d’Immortals Fenyx Rising, ce qui n’est pas pour nous déplaire, bien au contraire.
Une autre bonne surprise d’Eternal Strands réside dans son bestiaire, peuplé de diverses espèces et petites créatures humanoïdes et animales, selon les régions visitées. Quant aux boss, ce sont de véritables colosses titanesques, impressionnants par leur envergure et leur modélisation, rappelant Shadow of the Colossus.
Cela donne lieu à des scènes de luttes mémorables, que ce soit en escaladant un Arkon ou en se retrouvant accroché au dos d’une énorme créature volante qui nous propulse dangereusement dans les cieux. D’ailleurs, les affrontements contre les neuf boss majeurs, tout comme les quêtes liées à la chasse, ont un petit air de Monster Hunter, ce qui ajoute une dimension épique, avec une bonne dose de défi et de satisfaction à chaque victoire. Ces influences, dont les développeurs ne se cachent pas, sont palpables tout au long de notre périple et éveillent en nous un sentiment de nostalgie.

Enfin, nous avons beaucoup apprécié les thèmes musicaux, composés par Austin Wintory, connu pour son travail sur Journey, Assassin’s Creed Syndicate et Stray Gods. Des mélodies zen, mélancoliques, voire poétiques, nous accompagnent, cédant ensuite la place à des orchestrations plus rythmées et intenses lors des combats, ce qui renforce les émotions procurées par le titre. En s’harmonisant à chaque séquence, la bande son procure une immersion totale.
Une oeuvre qui souffle le chaud, comme le froid !

Cependant, malgré ses atouts, Eternal Strands n’est pas exempt de défauts. On constate des problèmes de caméra, en particulier au cours des confrontations contre les boss les plus massifs, ce qui peut être gênant. On déplore aussi une chute de framerate, particulièrement quand on affronte un boss entouré de nombreux petits ennemis, ce qui est regrettable. De plus, du clipping est visible quand on met le jeu en pause et que l’on accède au menu de la console. On espère qu’une prochaine mise à jour rectifiera tous ces désagréments.
D’autre part, en cas de mort, on perd une partie des ressources que l’on avait récupérées (même s’il est possible d’en conserver un peu) et nous sommes donc contraints de recommencer la zone depuis le début. A la longue, cela peut devenir quelque peu frustrant et décourageant.

On aurait souhaité que les dialogues entre les personnages soient plus animés et ne se limitent pas à des plans statiques, à la façon d’un visual novel. D’autant plus que la majorité du lore réside dans les pages du codex, nécessitant une lecture approfondie, ce qui peut gêner celles et ceux qui ne prennent pas le temps de tout consulter. On aurait aussi apprécié que les choix de conversations aient un réel impact, or ils ne changent pas la fin de l’histoire.
Enfin, en jouant au casque, on perçoit un son saturé et qui manque de clarté, que ce soit en stéréo ou en binaural, ce qui ternit un peu l’immersion.
Comptez environ une trentaine d’heures pour boucler l’aventure principale, et jusqu’à une quarantaine d’heures si vous souhaitez accomplir toutes les missions secondaires.
Eternal Strands sera disponible le 28 janvier sur Xbox Series X|S, Playstation 5, et PC.
Testé sur Xbox Series X, code fourni par l’éditeur
Le Bilan
On a aimé
- L’histoire
- Le gameplay qui combine la magie et les armes
- Le bestiaire et les boss
- La beauté des graphismes
- Les vastes possibilités de personnalisation
- Les thèmes musicaux
On a moins aimé
- Les soucis de caméra en combat
- Les plans fixes des dialogues
- Le clipping en mode pause
- La chute de framerate lors des combats de boss
- Le lore, accessible uniquement via la lecture du codex
Conclusion du test de Eternal Strands
Un RPG qui ne s’effiloche pas au fil du temps
Tels des demi-dieux, Eternal Strands nous donne le pouvoir de déchaîner les éléments et d’affronter des colosses titanesques, tout en faisant la part belle au craft et à l’exploration dans des paysages chatoyants. Malgré quelques écueils techniques, tels que des soucis de caméra et des chutes de framerate, son gameplay riche, divertissant et fluide rend cette expérience vidéoludique très plaisante à jouer. Les amateurs d’action-RPG seront ravis par cette première oeuvre assez réussie, et c’est avec intérêt que nous suivrons l’évolution future de ce jeune studio.