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Test – Casque ROG Kithara – Le pari du gaming audiophile

Test – Casque ROG Kithara – Le pari du gaming audiophile
Le 18 février 2026
Le 18 février 2026
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Avec le ROG Kithara, ASUS adopte une stratégie inhabituelle dans l’univers des casques gaming. Plutôt que de concevoir un produit centré sur des effets sonores démonstratifs ou des fonctionnalités logicielles avancées, la marque a choisi de partir d’une base audiophile et d’y intégrer un microphone. Cette démarche rapproche davantage le Kithara d’un casque de salon que d’un accessoire gaming traditionnel. L’association avec HIFIMAN, spécialiste reconnu des transducteurs planaires, confirme cette ambition, à savoir proposer une restitution sonore exigeante, précise et techniquement aboutie.

Conception et esthétique

Le design du Kithara s’inscrit dans une logique de modernisation d’une architecture HiFi ouverte. ASUS a retravaillé l’esthétique pour l’inscrire dans l’identité ROG, tout en conservant une certaine sobriété. L’ensemble reste discret, sans surenchère visuelle, ce qui permet une utilisation polyvalente, y compris en dehors d’un contexte strictement gaming.

La structure combine plastique dense et éléments métalliques, dans un assemblage sérieux et homogène. Sa conception donne une impression de robustesse et de maîtrise. Le double arceau fin associé à un repose-tête suspendu participe à la répartition du poids. L’ensemble n’est toutefois pas pliable et aucun étui rigide n’est fourni, ce qui peut paraître en décalage avec le positionnement premium du produit.

Avec ses 420 grammes environ, le casque se situe dans la moyenne des casques gaming. Le confort est globalement convaincant grâce à un appui bien réparti et un serrage modéré. Les coussinets sont volumineux et enveloppants. Cependant, leur hauteur importante peut gêner les utilisateurs aux petites morphologies, la base des oreillettes pouvant descendre bas sur la mâchoire.

En revanche, un point plus problématique apparaît au niveau du réglage de la hauteur. Pour le casque que nous avons testé, il arrive que l’ajustement de l’arceau se dérègle au fil du temps. Ce phénomène oblige donc à réajuster régulièrement leur position pour retrouver un confort optimal. Ce n’est pas un défaut structurel majeur, mais cela peut devenir embêtant à l’usage, surtout sur un modèle positionné dans une gamme exigeante où l’on attend une tenue irréprochable des réglages. Toutefois, le constructeur nous a précisé que le système de réglage de la hauteur du casque a été repensé pour les versions commercialisées auprès du grand public.

Architecture technique et restitution sonore

Le Kithara repose sur des transducteurs planaires, technologie réputée pour sa précision et sa capacité à limiter la distorsion. Contrairement aux haut-parleurs dynamiques traditionnels, la membrane est mise en mouvement de manière plus uniforme, ce qui favorise une restitution rapide et détaillée. Cette architecture est un choix fort dans le domaine gaming, où elle reste encore peu répandue.

La signature sonore se distingue immédiatement par son approche mesurée. Les basses ne sont pas suraccentuées, elles sont propres, texturées et étendues, sans débordement artificiel. Cette maîtrise procure une sensation de profondeur naturelle et une excellente acoustique, aussi bien en jeu que pour écouter de la musique. Certains utilisateurs habitués à des graves plus massifs pourront cependant percevoir un certain manque d’impact “artificiel”.

Les médiums apparaissent équilibrés et cohérents, favorisant une reproduction fidèle des voix et des effets. Les hautes fréquences sont plus mises en avant, sans tomber dans l’agressivité. Cette orientation peut séduire par son niveau de détail, mais elle peut également demander une égalisation selon les sensibilités auditives.

La scène sonore constitue un des points forts majeurs du casque. Sa conception ouverte permet une spatialisation ample et crédible. En jeu compétitif, la localisation des éléments sonores est facilitée. En revanche, cette architecture ouverte implique une faible isolation. Les bruits extérieurs restent perceptibles et le son s’échappe vers l’environnement, ce qui limite son usage dans des lieux bruyants ou partagés.

Quand on est habitué aux casques misant sur une signature sonore très marquée et sur des traitements logiciels de spatialisation artificielle, l’ASUS ROG Kithara surprend par son approche beaucoup plus naturelle. Ici, la scène sonore ne repose pas sur des effets numériques ou une accentuation forcée de certaines fréquences, mais sur une restitution large, cohérente et crédible. La spatialisation se construit d’elle-même, avec une précision qui renforce la lecture de l’espace sans jamais donner l’impression d’un artifice.

Des titres comme Battlefield 6 constituent un excellent terrain d’évaluation pour ce type d’équipement. La perception des distances, la direction des tirs ou des déplacements, ainsi que la gestion des ambiances environnantes mettent en évidence la capacité du casque à restituer un environnement sonore structuré et réaliste. La sensation d’immersion repose ici sur la justesse et la profondeur, et non sur une amplification spectaculaire. Le résultat est particulièrement convaincant et démontre l’intérêt d’une conception ouverte associée à des transducteurs planaires.

Le casque révèle également ses qualités sur des productions plus narratives et cinématographiques comme Expedition 33. Dans ce registre, ce n’est plus seulement la précision spatiale qui impressionne, mais la richesse des textures sonores et la mise en valeur de la bande originale. Les nuances, les ambiances et les orchestrations gagnent en relief et en finesse. Le Kithara permet ainsi d’apprécier davantage la dimension musicale du jeu, renforçant l’émotion et la profondeur de l’expérience globale.

Modularité et connectique

Le Kithara adopte une approche entièrement filaire et passive. Aucun traitement numérique, aucune connexion sans fil, aucune dépendance à un logiciel propriétaire. Cette simplicité est un atout en termes de compatibilité et de fiabilité. 

La connectique repose sur deux entrées jack 3,5 mm mono situées sur chaque coque. ASUS fournit deux câbles distincts. Le premier est destiné à une utilisation HiFi et propose une terminaison interchangeable avec trois adaptateurs : jack 3,5 mm, jack 6,35 mm et jack 4,4 mm symétrique. Cette dernière option est particulièrement intéressante pour les utilisateurs disposant d’amplificateurs compatibles, renforçant le positionnement audiophile du produit.

Le second câble intègre un microphone flexible et une télécommande comprenant un réglage analogique du volume ainsi qu’un commutateur de coupure micro. Un adaptateur USB-C vers double jack est également fourni pour les appareils dépourvus de sortie analogique classique. L’ensemble est cohérent et polyvalent. En revanche, la longueur de 1,8 m peut s’avérer un peu courte, selon la configuration du poste de travail, et certains adaptateurs spécifiques ne sont pas inclus.

Sur PC, l’ASUS ROG Kithara ne pose aucune difficulté particulière. La partie audio et le microphone sont immédiatement reconnus via la connectique analogique. L’ensemble fonctionne de manière stable et cohérente. La faible impédance et la sensibilité du casque permettent d’obtenir un niveau sonore suffisant sans amplification externe. Dans ce contexte, l’expérience est simple, directe et pleinement exploitable.

La situation est plus nuancée sur Xbox. La console ne prend pas en charge l’adaptateur USB-C fourni avec le casque (la longueur de câble de 1,8 m n’est pas toujours adaptée à un usage salon), ce qui limite l’usage à une connexion analogique directe via la prise jack de la manette. Concrètement, seule la partie audio peut être branchée facilement si l’on utilise le câble standard. Cela implique une contrainte importante,  la gestion du microphone devenant dépendante du type d’adaptateur utilisé.

Il existe effectivement des adaptateurs jack 4 pôles capables de combiner audio et micro sur une seule prise compatible manette Xbox. En théorie, cela permettrait d’exploiter pleinement le casque, y compris sa partie micro, via la manette. Toutefois, une interrogation subsiste concernant la capacité d’alimentation. Même si le Kithara affiche une impédance de 16 ohms et une sensibilité relativement élevée, donc peu exigeantes en puissance, la sortie casque d’une manette fonctionne sur batterie et ne délivre pas la même réserve d’énergie qu’une carte son dédiée ou un amplificateur.

Dans la pratique, il est probable que le volume soit suffisant pour un usage normal, car les besoins en puissance restent modestes. Cependant, la marge dynamique pourrait être plus limitée qu’avec une sortie PC. Cela ne remet pas en cause sa compatibilité, mais peut légèrement restreindre le potentiel maximal du casque. Pour un usage optimal sur Xbox, un adaptateur approprié et une vérification du niveau sonore réel restent donc recommandés.

Le microphone repose sur une capsule de type MEMS, technologie plus courante dans les appareils mobiles que dans les casques gaming traditionnels. Cette solution offre une captation très détaillée et nuancée. Les voix sont reproduites avec précision, sans effet étouffé ni compression excessive. Pour un usage en communication vocale ou streaming occasionnel, la qualité est supérieure à la moyenne du segment gaming.

En contrepartie, cette sensibilité élevée implique une vigilance dans le positionnement. Placé trop près de la bouche, le micro capte fortement les plosives et les souffles. La bonnette en mousse atténue partiellement le phénomène sans le supprimer totalement. Un réglage précis de la distance est donc nécessaire pour obtenir un résultat optimal.

Le Bilan

On a aimé 

  • La restitution sonore précise
  • La scène sonore large et naturelle
  • La signature équilibrée
  • La modularité complète
  • La conception ouverte 
  • Le réglage de la hauteur qui peut se dérégler (corrigé sur la version commercialisée)
  • La longueur de câble un peu courte
  • La compatibilité Xbox moins directe

Conclusion du test de Test – Casque ROG Kithara – Le pari du gaming audiophile

L’ASUS ROG Kithara est un casque à part dans le paysage gaming. Il ne cherche pas à multiplier les effets numériques ou à proposer une immersion artificiellement amplifiée, mais à offrir une restitution sonore précise, ample et techniquement aboutie grâce à son architecture planaire développée avec HIFIMAN. Sa scène sonore naturelle, particulièrement impressionnante sur des jeux riches en spatialisation comme Battlefield 6 ou Expédition 33, constitue son argument majeur. Il s’adresse clairement à un public exigeant, sensible à la fidélité audio et à la cohérence acoustique. En contrepartie, son design ouvert limite l’isolation, son ergonomie n’est pas parfaite pour toutes les morphologies et sa compatibilité console demande quelques ajustements. Plus proche d’un casque HiFi avec micro que d’un pur produit gaming, le Kithara est une proposition audacieuse, cohérente et techniquement solide, mais qui ne conviendra peut être pas à tous les profils de joueurs.

Protoxe
Testeur vétéran depuis plus de 10 ans chez Xboxygen. Toujours le même objectif, partager au mieux mon ressenti et faire découvrir de nouveaux jeux.
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