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Test – Fable Anniversary

Test – Fable Anniversary
J
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Le 2 mars 2014
Le 2 mars 2014

Un Fable fade…

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Commencer un test sur Fable n’est pas évident pour le joueur que je suis. Sans considérer Fable comme un jeu remarquable en tout point, j’avoue garder pour lui une affection toute particulière. De celle qui naît sur le moment, de celle qui, avec le temps, se nourrit d’images et de scènes féériques que l’on garde précieusement enfouies et qui sont souvent magnifiées par nos souvenirs. Je me suis lancé dans sa version Anniversary avec la peur d’être déçu et de voir son aura abîmée, entachée par une cruelle et douloureuse réalité. Un Fable accusant le poids des ans et souffrant des aléas de l’exercice d’un remake hautement périlleux… J’invite tout ceux qui connaissent le jeu d’origine à se rendre directement au troisième chapitre pour découvrir ce que leur réserve cette version Anniversary.

Peter Molyneux le « Fable-ulateur »…

Avant, Fable, c'était ça.

Le papa de Fable est un homme extraordinaire. Si l’on excepte le fait qu’il soit anglais -personne n’est parfait- ce créatif d’exception a en effet marqué l’industrie du jeu vidéo par une œuvre atypique, originale et variée. Tout commença en 1987 avec la création d’un studio qui reste encore cher dans le cœur des vieux joueurs : Bullfrog. A la seule évocation de ce nom, les plus ridés d’entre nous laisseront couler une larme de bonheur en pensant aux nombreuses heures passées à jouer sur Populous (premier « god game »), Dungeon Keeper (dont le « remake » freemium est à vomir), Powermonger, Syndicate (rien à voir avec un FPS), Magic Carpet et Theme Park. Ce moment de nostalgie résume 10 années passées au sein de Bullfrog avant de partir pour créer un petit studio indépendant afin de quitter le giron d’un EA qui avait acheté le studio en 1995.

En guise de fond d'écran un des nouveaux lieu de l'édition Lost Chapters.

Lionhead était né. Il paya de sa poche l’intégralité du développement du premier jeu du studio, Black and White avant de succomber aux charmes de Microsoft et de concevoir pour la Xbox un RPG hors normes qui allait se faire connaître sous le nom de Projet Ego.

Le Projet Ego qui allait par la suite devenir Fable est le fruit d’un travail de parrainage entre le Lionhead de Peter Molyneux et le studio des frères Carter, Dene et Simon, nommé Bug Blue Box, qui avaient déjà travaillé avec lui sur Magic Carpet et Syndicate Wars. Ils ont comme projet de réaliser un RPG total où le joueur pourrait personnaliser totalement son avatar et dont les conséquences de ses actes impacteraient l’univers dans lequel il évolue.

La carte est artistiquement... moche et non traduite.

Alors que Peter Molyneux n’aurait dû jouer qu’un rôle de consultant et de soutien financier à ce projet, il va se voir projeté sur le devant de la scène endossant le bonnet de « lead designer » et prenant à bras le corps la communication du projet fortement encouragé par Microsoft. C’est sous le feu des projecteurs que Peter Molyneux commença à s’emballer quelque peu avec Fable, promettant un monde gigantesque et ouvert, un avatar que l’on pourrait incarner de son enfance à sa vieillesse, une végétation que l’on pourrait voir évoluer au gré des saisons mais aussi grandir avec notre héros et j’en passe. Autant dire que le résultat fut bien loin de tout ce qui avait été promis.

Fable : Entre fantasme et réalité.

Fable Anniversary est bien terne.

Cette exposition de Peter Molyneux lui a énormément porté préjudice et a terni plus que de raison la sortie de Fable. Après un développement long de 4 ans, une énumération de promesses qui étaient autant d’idées et d’envies dans la tête de Molyneux que de mots vains au regard de l’équipe réduite du studio et des limitations de la machine, Fable sortit sur Xbox et reçut un accueil bien tiède de la part des critiques. Le soufflet était tellement beau, tellement gros, tellement excitant qu’une fois dégonflé on ne pouvait n’être que déçu. Le monde que propose Fable a beau être somptueux, propice au voyage et à la découverte, il est découpé en plusieurs petites zones délimitées par des barrières, rochers et autres talus. La végétation ne suit pas le rythme des saisons et ne grandit pas avec notre héros. Le travail fait sur celui-ci est loin d’atteindre ce qui était promis.

Mieux vaut viser manuellement que de faire confiance à la visée automatique...

On commence à l’incarner dans son enfance brisée par le raid de bandits sur son village, la mort de son père et l’enlèvement de sa sœur. Il est sauvé de l’attaque par un mystérieux personnage répondant au nom de Maze qui l’amène dans la guilde des héros. L’apprentissage qu’il y suivra lui permettra de faire ses premiers pas sur le chemin de la vengeance et sera l’occasion pour le joueur de se familiariser avec les commandes du jeu. Fable pousse le concept de l’Avatar assez loin, il nous offre une feuille blanche que l’on devra remplir nous même. Le joueur devra se faire violence pour lui donner un caractère sympathique ou antipathique envers les habitants d’Albion, abuser de la boisson et devenir saoul, manger comme un porc et le rendre obèse, combattre torse nu et voir son corps meurtri par des cicatrices, séduire, un homme ou une femme, copuler, se marier, divorcer, voler, etc, etc. Le système relationnel a beau être très simple et binaire, il n’en demeure pas moins riche en possibilités et permet réellement de tomber sous le charme de l’univers de Fable et de ses habitants. La répartition de son expérience suit aussi cette logique. Lui donner des points en force induira une musculature saillante, lui faire gagner en vitesse le rendra plus grand, un niveau en santé le rendra plus corpulent, tandis qu’un haut niveau de magie se remarquera avec l’apparition de runes bleutées sur son corps. Son alignement influencera aussi son apparence, son côté démoniaque ternira sa peau et ses cheveux et deux cornes se dessineront sur son front tandis qu’une grande bonté fera apparaître une auréole au sommet de son crâne. Chaque gain de niveau de notre personnage le fera vieillir comme le prix à payer de l’expérience accumulée. Si le joueur ne se dresse pas lui même de limites et ne fixe pas le caractère et la voie de son personnage le résultat peut s’avérer catastrophique au niveau de son apparence en plus de rendre le jeu trop simple. En montant tout au maximum on dirigera à la fin du jeu un vieil homme énorme défiguré par les cicatrices et les runes magiques. Si vous voulez pleinement profiter de ce que Fable peut vous offrir il est fortement conseillé de choisir un cap et de s’y tenir, de forger son personnage et de l’incarner au mieux.

Malgré les apparences ont peut vraiment passer en toute discrétion.

Mais la véritable force de Fable n’est pas là. Ce serait mentir de dire que son succès -2 millions de ventes ce qui en fait un des plus gros succès pour une exclu Xbox- est dû à son gameplay, à la profondeur de son scénario ou à ses possibilités inédites. La séduction est venue ailleurs, elle s’est imposée par une direction artistique sublime qui fait de Fable un jeu reconnaissable au premier coup d’œil. Ses couleurs saturées, surexposées, chaudes nimbent le royaume d’Albion d’une aura féérique inimitable. L’aventure parsemée d’humour so british reste l’une des plus plaisantes de sa génération, magnifiée par un environnement sonore exceptionnel signé Russel Shaw (le compositeur attitré de Peter Molyneux) et doté d’un thème principal composé par Danny Elfman (les films de Tim Burton c’est lui !). Les doublages entièrement en français sont de bonne facture et ne viennent aucunement gâcher l’ensemble. Fable est un dessert acidulé que l’on déguste goulûment jusqu’à en lécher l’assiette la vidant de ses dernières miettes. Un dessert tellement bon que l’on regrette amèrement par la suite qu’il soit si rapidement fini. Si l’on ne prend pas le temps de s’investir ou même en faisant le tour du jeu on le finit avec une désagréable impression d’inachevé comme si on ne nous avait proposé que les deux tiers d’un jeu pas fini. Ce sentiment fut confirmé par la suite avec la sortie en 2005 de la version Lost Chapters de Fable. Le développement ayant pris trop de temps, Fable était sorti à l’époque dans une version non aboutie amputée de bon nombre d’éléments et d’un tiers du jeu. Fable Lost Chapters gagne en cohérence, en durée et en qualité, ne laissant jamais le joueur devant une porte curieusement close. Heureusement, c’est cette version qui nous est proposé dans la version Anniversary de la xbox 360.

Un anniversaire bien terne.

Même en plein soleil les couleurs ne sont plus aussi chaudes.

L’annonce d’une version Anniversary de Fable fut accueillie avec engouement de la part des fans de la première heure comme ceux qui avaient découvert la série plus tardivement avec l’épisode 2 ou 3 de la série. On avait alors en mémoire nos souvenirs de jeunesse sur la première Xbox et l’excellent travail fourni par Microsoft lors de la sortie de Halo Anniversary en 2011.

Les nouveaux menus sont très moches et pas franchement plus ergonomiques.

Avouons-le tout de suite, le résultat est bien loin d’être à la hauteur de nos espérances. Le plus gros souci venant d’un choix artistique étrange et calamiteux visant à supprimer la saturation des couleurs et leur surexposition. Même si les textures sont plus belles et les personnages plus détaillés, le rendu s’avère plus terne et moins agréable à l’œil que le Fable original -tournant parfaitement sur Xbox 360 via l’émulation-. Une sorte de suicide artistique enlevant à Fable une grande partie de son charme initial. Fable Anniversary aurait pu se rattraper sur une réalisation sans faille mais se heurte curieusement à de gros soucis de fluidité qu’on croirait issus de la version originale, alors qu’il n’en est rien. On pourrait ajouter la présence de quelques bugs malvenus, d’une police dans les menus très moche et de temps de chargement malheureusement trop longs, et finir de torpiller ce beau projet et ce magnifique jeu.

Malgré tout on prend toujours le même plaisir à visiter Albion !

Tout n’est pourtant pas à jeter dans ce remake. Les menus ont été repensés et gagnent de la fluidité et de l’ergonomie même si c’est loin d’être satisfaisant. En sus de la maniabilité originale on nous proposera une alternative issue des épisodes 2 et 3. On bénéficiera de plusieurs emplacements de sauvegarde et de l’utilisation de l’application Smartglass pour les heureux possesseurs de tablette ou de smartphone. Celle-ci est purement gadget et ne propose qu’une visualisation totale de la carte du jeu spoilant totalement l’exploration. On pourra alors à loisir voir la carte de ceux-ci avec en bonus des captures d’écrans -très moches- de la version originale, ne lui rendant clairement pas justice. C’est tout. Si vous vous attendiez à un guide du jeu avec ses secrets alors il vous faudra faire un tour à la caisse et débloquer celui-ci via une cochonnerie de DLC. Il n’y a plus de petits profits, au lieu de faire un cadeaux aux fans, d’être généreux dans le remake, Microsoft joue les pingres et joint à la sortie de Fable Anniversary tout un tas d’achats d’armes, d’armures et autres gadgets et même du guide du jeu renforçant désagréablement l’impression laissée par ce remake d’être sorti à l’arrache, sans passion, sans amour, sans respect pour l’œuvre originale et ses fans de la première heure. Une véritable version sombre d’un jeu pourtant si chaud et enchanteur.

Le Bilan

On a aimé 

  • Retrouver un jeu enchanteur et attachant
  • L’humour toujours aussi incisif
  • La version définitive de Fable : Lost Chapters
  • Un rendu visuel bien terne
  • Loin d’être optimisé
  • Des menus bien moches
  • Des bonus en DLC
  • Un remake fait sans amour et sans passion

Conclusion du test de Fable Anniversary

Un bien triste anniversaire
Retrouver Fable dans sa version Anniversary sur Xbox 360 c’est un peu comme retrouver un de ses amours de jeunesse. On en garde d’excellents souvenirs, on se remémore avec passion nos émois, nos meilleurs moments et lorsqu’on se revoit, on se fait rattraper par la triste et dure réalité. Sauf qu’ici, cet amour, Fable reste toujours le même, reste toujours aussi attachant, unique, drôle et enchanteur. Ce n’est que dans le regard de ceux qui l’ont connu avant que naîtra la tristesse et l’amertume. La tristesse de voir le tableau terni par un remake fait sans passion, sans amour et loin d’être peaufiné comme il l’aurait mérité. Un jeu que l’on conseillera surtout à ceux qui le découvriront pour la première fois mais que l’on déconseillera aux autres, les orientant, en toute amitié et en toute confiance, vers un Fable Lost Chapters version 2005, plus difficilement trouvable mais plus proche de leurs souvenirs et plus sincère dans ce qu’il offre.

J
Tombé dans les jeux vidéo quand j'étais tout petit, à l'époque où on s'extasiait de voir plus de deux couleurs affichables simultanément à l'écran. Alors venez pas me faire chier avec l'aliasing ou des chutes de frame rate... sales jeunes !
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Fable Anniversary

Développeur : Lionhead
Éditeur : Microsoft
Date de sortie : 07/02/2014

commentaires

4 Commentaires
D
diez979
2 mars 2014 18h20

Triste… La sage de fantasy la plus colorée de la Xbox nous pond un remake terne de l’épisode 1…

E
Ezekiel.666
2 mars 2014 20h19

@Jarel

Et je suis d’accord. Un pote la pris et j’ai encore le « vieux »! Et il y a pas photo, ils ont fait un massacre avec ce remake.
Ils auraient franchement du garder le switch de Halo Anniversary, cela aurait sauver les meubles.

F
Face de Crepe
3 mars 2014 16h32

Je ne suis peut-être pas objectif parce que c’est un jeu que j’affectionne tout particulièrement mais je trouve d’une tristesse de descendre son remake aussi cruellement. Je ne vais même pas m’avancer sur les points attaqués mais je ne suis décidément pas dans cette évolution des goût et point de vue sur l’industrie du jeu vidéo.

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