Harcèlement Ubisoft : le PDG Yves Guillemot également convoqué devant la justice

Près de deux mois après la condamnation de trois anciens cadres d’Ubisoft pour harcèlement moral et harcèlement sexuel, c’est désormais Yves Guillemot, le PDG de la société, qui est cité à comparaître.
Harcèlement Ubisoft : le PDG Yves Guillemot également convoqué devant la justice

On apprend aujourd’hui via Tech & Co qu’Ubisoft a confirmé qu’Yves Guillemot est convoqué le 1er octobre devant le tribunal de Bobigny, dans le cadre des affaires de harcèlement qui éclaboussent l’entreprise depuis 2020.
Bien qu’il ait été épargné par la justice en juin dernier lors du procès de trois anciens cadres poursuivis pour harcèlement moral et sexuel, il doit désormais répondre à une nouvelle citation, déposée par le syndicat Solidaires Informatiques et quatre plaignants déjà impliqués dans le premier procès.
L’éditeur précise que cette démarche repose sur les mêmes faits que ceux étudiés par le parquet, lequel avait jugé qu’il n’y avait pas lieu de poursuivre pénalement ni l’entreprise ni son dirigeant, au grand dam des parties civiles.
La citation vise également la directrice des ressources humaines, Marie Derain, présente à l’éditorial au moment des faits reprochés. L’entreprise elle-même, en tant que personne morale, figure dans la procédure. Un élu syndical affirme que l’assignation avait bien été envoyée le mois dernier, mais qu’elle n’avait pu être remise en main propre à Yves Guillemot en raison de son absence, sa famille refusant de la recevoir. Ubisoft avait initialement nié cette information, mais la convocation est désormais confirmée.
Les salariés de l’éditeur ont été avertis par mail le 22 août de ces nouvelles poursuites. Le syndicat Solidaires Informatiques, déjà très actif dans ce dossier, avait annoncé dès la fin du mois de mai sa volonté de pousser plus loin l’action judiciaire. Il entend démontrer “le caractère systémique du harcèlement chez Ubisoft” et souhaite voir comparaître les dirigeants pour complicité présumée de harcèlement moral et sexuel.
Le syndicat cible également l’entreprise elle-même pour des faits plus larges, allant du harcèlement institutionnel à l’agression sexuelle et aux blessures involontaires. Cette procédure s’appuie sur une disposition légale permettant aux victimes de convoquer directement un prévenu devant le tribunal correctionnel. Ni Ubisoft ni les parties civiles n’ont toutefois souhaité préciser le motif exact de la citation adressée au PDG et à la DRH.