Harcèlement Ubisoft : peines de prison et grosses amendes pour les 3 ex-cadres

Initialement prévu du 11 au 14 mars 2025, le procès d’anciens cadres d’Ubisoft a finalement débuté début juin. Tommy François, Serge Hascoët et Guillaume Patrux, ont été jugés au tribunal correctionnel de Bobigny après avoir été accusés d’avoir pratiqué et encouragé du harcèlement sexuel et moral. L’affaire avait éclaté grâce à des enquêtes de Libération et Numerama en 2020.
Tommy François condamné à 3 ans de prison avec sursis et à 30 000 € d’amende

On peut aujourd’hui apprendre via Libération que l’ancien vice-président éditorial d’Ubisoft, Tommy François, est condamné à trois ans de prison avec sursis et à 30 000 euros d’amende pour harcèlement moral, harcèlement sexuel et tentative d’agression sexuelle, exactement comme requis par le procureur. C’est son comportement, dénoncé dès 2020, qui déclenche le scandale : une vingtaine de personnes avaient alors décrit une atmosphère de boys club au siège de Montreuil, où il se positionnait comme figure centrale d’un climat sexiste, mêlant moqueries sur l’apparence physique, humiliations et actes déplacés (ligotage sur une chaise, employée contrainte de lui faire les ongles des pieds et chat-bite).
Les témoignages, corroborés par l’enquête policière et appuyés par la lettre de licenciement d’Ubisoft, décrivent un environnement toxique instauré par François, protégé de Serge Hascoët. Sa ligne de défense, invoquant une « culture de la blague » dans le milieu du jeu vidéo, n’a pas été jugée crédible. Un retournement inattendu a enfoncé davantage sa position : une témoin appelée pour soutenir Hascoët a révélé avoir elle-même subi une agression sexuelle de la part de François, renforçant la gravité des accusations.
Serge Hascoët condamné à 18 mois de prison avec sursis et 45 000 € d’amende

Serge Hascoët, ancien directeur créatif d’Ubisoft et ex-numéro deux de l’entreprise, reçoit une peine de dix-huit mois de prison avec sursis et une amende de 45 000 euros pour complicité de harcèlement moral. Le tribunal, suivant les réquisitions du procureur, écarte l’accusation de harcèlement sexuel, jugée insuffisamment étayée. Il lui est reproché d’avoir fermé les yeux sur les abus de son subordonné Tommy François, dont les comportements ont été facilités par l’influence et l’impunité que lui conférait la protection de Hascoët. Ce dernier est lui-même accusé d’attitudes déplacées, voire vulgaires, envers plusieurs employées.
Une autre partie du procès s’attarde sur sa gestion des assistantes, avec des récits décrivant une charge de travail abusive et parfois humiliante, allant bien au-delà des tâches professionnelles. Certaines ont témoigné de demandes absurdes, comme récupérer un iPad en Bretagne pendant un congé, s’occuper de papiers administratifs ou de la fille du patron, ou encore aller chercher des cacahuètes à coque. Désormais à la tête d’un petit studio indépendant, Hascoët nie toute responsabilité, prétendant ne se souvenir de rien et assurant qu’il se consacrait uniquement à la vision créative d’Ubisoft sans s’occuper des questions managériales.
Guillaume Patrux condamné à 1 an de prison avec sursis et 10 000 € d’amende
Enfin, Guillaume Patrux, ex-directeur de jeu sur un projet de réalité virtuelle, est condamné à douze mois de prison avec sursis et à une amende de 10 000 euros. Il est reconnu coupable d’avoir instauré un climat oppressant au sein de sa petite équipe, par des comportements jugés violents et intimidants. Le tribunal suit globalement les réquisitions du procureur, qui demandait la même amende, mais une peine de prison légèrement plus longue, fixée à quinze mois.
Comme d’habitude dans ce pays j’ai envie de dire … le sursis ou le bracelet pour les puissants, Honteux
Il y a des gens qui mettent des coups de couteaux et qui ressortent libre, vous pensiez pas qu’ils allaient faire de la prison quand même…
Non Vinc la justice en France est laxiste même envers les racailles, les puissants effectivement s’en sortent mieux.