Activision poursuit les créateurs d’un hack sur Call of Duty qui fait fuir les joueurs PC

Une bonne chose
Hier, nous évoquions le fait que malgré l’intégration de Call of Duty dans le Xbox Game Pass Ultimate et le PC Game Pass, le nombre de joueurs reste en baisse. Cela peut s’expliquer par de multiples facteurs, dont la triche. Justement, Activision en a bien consicence et continue de mener des actions pour rendre l’expérience de jeu plus agréable. On peut d’ailleurs aujourd’hui apprendre que la société a intenté une action en justice contre les créateurs de deux logiciels.
Activision s’attaque à Lergware et GameHook

Activision s’attaque à Lergware et GameHook, deux logiciels de triche bien connus dans la communauté Call of Duty, qui sont accusés par la société d’être si « toxiques » qu’ils poussent des joueurs à abandonner la version PC de Black Ops 6.
Déposée auprès du tribunal du district central de Californie, cette plainte dont le média IGN a pu prendre connaissance, vise à faire cesser la distribution et l’utilisation de ces outils de triche. Activision affirme lutter contre ces programmes depuis un certain temps, mais leur impact croissant sur l’expérience multijoueur a conduit l’éditeur à passer à l’étape juridique.
Parmi les fonctions de triche mises en cause, certaines sont qualifiées de “toxiques” par les développeurs eux-mêmes. Ces outils permettent notamment de forcer l’expulsion d’autres joueurs des serveurs multijoueur (une fonction surnommée “rage cheat”), voire de provoquer des crashs de serveurs entiers.
D’autres fonctionnalités plus classiques, mais tout aussi nuisibles, sont également incluses, comme les aimbots, qui permettent de viser automatiquement les adversaires, ou encore les ESP Bots, capables d’afficher la position des ennemis à travers les murs.
Des demandes qui durent depuis deux ans

Activision a identifié Ryan Rothholz, connu sous le pseudonyme Lerggy, comme étant le créateur de Lergware. Selon l’éditeur, Rothholz, basé à Antioch, dans le Tennessee, aurait développé et lancé ce logiciel en 2021 ou 2022, le commercialisant ensuite au prix de 25 dollars sur son propre site.
En 2023, il aurait mis à jour le programme pour qu’il fonctionne avec Modern Warfare II et Warzone, ce qui aurait provoqué une augmentation des attaques de joueurs en ligne et conduit certains utilisateurs à publier des avertissements sur Internet.
En juin 2023, Activision avait adressé une lettre de mise en demeure à Ryan Rothholz, le créateur de Lergware, afin de lui ordonner de cesser immédiatement ses activités illégales. Au lieu de se conformer discrètement à cette demande, Rothholz aurait, selon Activision, publié la lettre sur un serveur Discord dédié à son logiciel de triche et s’en serait ouvertement moqué devant sa communauté.
Des injonctions contournées par Rothholz et ses complices

Plus tard ce même mois, il aurait accepté de se conformer à la demande… mais aurait contourné l’interdiction en changeant simplement de pseudonyme et en partageant son code source avec d’autres développeurs de triches. Activision l’accuse d’avoir ainsi donné naissance à un nouveau programme de triche baptisé GameHook, et d’avoir recruté deux autres individus également nommés dans la plainte : Collin Gyetvai (alias Cid), basé à Carbondale, Pennsylvanie, et Jordan Newcombe Boothey (alias Bossnight55), situé à Whyalla Stuart, en Australie. Ces deux complices auraient joué le rôle de revendeurs pour diffuser le logiciel.
GameHook aurait été proposé pour plusieurs titres de la franchise Call of Duty, notamment Modern Warfare 2, Modern Warfare 3, Black Ops Cold War, et Black Ops 6, sorti l’année dernière. Le logiciel était vendu au prix de 50 dollars par jeu, avec une formule d’accès illimité sous forme de “clé maître” coûtant 375 dollars, permettant d’utiliser GameHook sur l’ensemble des jeux compatibles. Activision estime que des centaines, voire des milliers d’utilisateurs ont acquis et utilisé GameHook pour tricher dans ses jeux.
Ces révélations viennent renforcer l’argumentaire juridique d’Activision, qui accuse Rothholz et ses associés d’avoir délibérément contourné ses injonctions, tout en organisant un système structuré de vente de triches affectant directement l’intégrité de ses jeux en ligne et l’expérience de ses joueurs.
“Activision est informé et estime, sur cette base, que les Défendeurs ont tiré des revenus importants de leurs activités, au détriment d’Activision et de sa communauté de joueurs.”
Un dépôt de plainte qui aurait pu être évité

Activision affirme avoir donné à Ryan Rothholz, Collin Gyetvai et Jordan Boothey la possibilité de se conformer à ses demandes sans passer par la voie judiciaire. Toutefois, selon l’éditeur, aucun des accusés n’a répondu de manière constructive, ce qui a rendu le dépôt de cette plainte inévitable.
En mars 2025, Activision leur a envoyé de nouvelles lettres de mise en demeure, demandant explicitement qu’ils cessent toute activité liée aux triches dans Call of Duty. Bien que certains sites de vente en ligne aient été fermés, aucun des accusés n’a confirmé avoir cessé la création ou la distribution de logiciels de triche, et aucun n’a remis le code source de GameHook à Activision, comme demandé.
Activision estime que les accusés continuent leurs activités en coulisses, en vendant ou diffusant GameHook ou d’autres logiciels de triche via des canaux privés, ou en utilisant le serveur Discord de GameHook pour échapper à la détection. Ces éléments viennent renforcer l’argument selon lequel les trois individus persistent délibérément dans des pratiques qui nuisent gravement à l’intégrité des jeux en ligne de l’éditeur.
“En outre, ou à titre alternatif, Activision a des raisons de croire que Rothholz, Gyetvai et Boothey ont l’intention de « rebrander » GameHook et de proposer les hacks COD de GameHook ou des hacks similaires sous un nom différent, en utilisant d’autres pseudonymes en ligne. Activision a tenté de contacter Rothholz, Gyetvai et Boothey de manière informelle, mais ces derniers n’ont pas donné suite. Par conséquent, Activision n’a eu d’autre choix que d’engager cette action en justice.”
Des pertes estimées à plusieurs millions de dollars par Activision

Activision demande à la justice d’ordonner le paiement de dommages-intérêts, de mesures injonctives pour faire cesser les pratiques illégales, ainsi que des réparations équitables et punitives à l’encontre de Ryan Rothholz, Collin Gyetvai et Jordan Boothey. Selon l’éditeur, les pertes liées aux agissements de ces individus pourraient atteindre plusieurs millions de dollars.
Dans sa plainte, Activision souligne que le comportement des accusés porte atteinte à sa réputation et entraîne une perte de confiance significative de la part de ses clients. L’affaire GameHook a notamment reçu une forte attention sur les réseaux sociaux, au point, selon l’éditeur, de pousser certains joueurs à abandonner ou éviter la version PC de Call of Duty: Black Ops 6, tant l’expérience de jeu était devenue frustrante.
La série Call of Duty, en raison de sa popularité mondiale et de ses modes accessibles gratuitement comme Warzone, est particulièrement exposée aux tricheurs, notamment sur PC. Activision a d’ailleurs confirmé que la triche est plus répandue sur cette plateforme, au point où de nombreux joueurs désactivent le crossplay pour éviter les adversaires venant du PC.
Cette situation a poussé Activision à introduire de nouvelles options de crossplay limité aux consoles, ce qui a cependant provoqué des critiques de la part des joueurs PC respectueux des règles, qui se disent pénalisés à tort.
Une goutte d’eau dans l’océan

Depuis plusieurs années, Activision mène une guerre ouverte contre les développeurs, revendeurs et utilisateurs de triches. L’entreprise a déjà investi des millions de dollars dans cette lutte, obtenant récemment des succès notables. En mars, par exemple, Phantom Overlay, l’un des fournisseurs de triche les plus connus, a fermé ses portes, provoquant l’étonnement de nombreux fans. À la même période, quatre autres services de triche ont également été démantelés, peu avant le retour très attendu de Verdansk dans Warzone.
Cette semaine, face à la recrudescence des plaintes concernant la triche dans Warzone et Black Ops 6, Activision a annoncé avoir éliminé cinq autres créateurs de triches, portant à plus de 20 le nombre de fournisseurs désactivés depuis la sortie de Black Ops 6. En parallèle, l’éditeur affirme avoir perturbé les activités de plus de 150 revendeurs, et envoyé de nouvelles lettres de mise en demeure à plusieurs entreprises commercialisant du matériel tiers utilisé pour tricher, une mesure largement interprétée comme visant les périphériques Cronus.