Netflix fait grincer des dents avec la diffusion de seulement 17 jours au cinéma pour les films Warner

La bataille autour du rachat de Warner Bros. Discovery continue de secouer Hollywood. Alors que Netflix a pris une longueur d’avance dans les discussions pour racheter les actifs cinéma et streaming du studio, après un second avis favorable du conseil d’administration, une information de premier ordre est venue ébranler l’industrie cinématographique. En effet, l’entreprise au grand N souhaiterait réduire la fenêtre d’exploitation en salles des futurs films Warner à seulement 17 jours avant leur mise en ligne sur sa plateforme. Une stratégie qui, sans surprise, fait grincer des dents chez les exploitants de salles, au point de provoquer une réaction pour le moins piquante de Cinema United, l’un des principaux représentants du secteur.
Cinema United élève sa voix contre la stratégie de Netflix
Pour bien comprendre l’ampleur de cette polémique, il faut s’arrêter sur Cinema United. Cette organisation américaine représente les intérêts des exploitants de salles de cinéma, qu’ils soient indépendants ou grands groupes. Elle poursuit principalement deux missions. La première consiste à défendre l’économie du cinéma en salles. La seconde vise à dialoguer avec les studios et à interpeller les régulateurs lorsque l’équilibre du secteur est menacé.
En ce sens, l’organisme n’a clairement pas mâché ses mots au moment d’évoquer les projets de Netflix, si l’acquisition de Warner venait à être finalisée.
Michael O’Leary / PDG de Cinema United“La proposition de rachat de Warner Bros. par Netflix représente une menace sans précédent pour le secteur mondial de l’exploitation cinématographique.
L’impact négatif de cette acquisition affectera les salles, des plus grands circuits aux cinémas indépendants à écran unique dans les petites villes des États Unis et dans le monde entier.
Cinema United se tient prêt à soutenir les évolutions du secteur qui conduisent à une augmentation de la production de films et offrent aux consommateurs davantage d’occasions de profiter d’une journée dans leur cinéma local. Mais le modèle économique revendiqué par Netflix ne soutient pas l’exploitation en salles. En réalité, c’est l’inverse. Les autorités de régulation doivent examiner de près les spécificités de cette transaction proposée et comprendre l’impact négatif qu’elle aura sur les consommateurs, l’exploitation et l’industrie du divertissement.”
Ce méga accord entre Netflix et Warner Bros. risquerait de faire disparaître 25 % du box office national annuel si les films qui bénéficient traditionnellement d’une sortie en salles solide chez Warner Bros. venaient à disparaître des cinémas. Netflix n’accorde actuellement qu’à une poignée de ses films une sortie en salles symbolique, et l’écrasante majorité des titres Netflix est diffusée directement sur sa plateforme.
Netflix ne compte pas reculer et se veut rassurant
Face à ces accusations, Ted Sarandos, co-PDG de Netflix, a tenté de calmer le jeu. Selon lui, Netflix n’est pas opposé au cinéma en salles. La société remet surtout en question les longues périodes d’exclusivité, jugées peu adaptées aux usages actuels.
Ted Sarandos / co-PDG de NetflixNous avons sorti environ 30 films en salles cette année, donc ce n’est pas comme si nous étions opposés aux films en salles. Ma réticence porte principalement sur les longues périodes d’exclusivité, que nous ne trouvons pas vraiment favorables aux consommateurs.
Le dirigeant insiste également sur le fait que cette approche ne constituerait pas une rupture brutale, ni pour Warner Bros., ni pour Netflix.
Ted Sarandos / co-PDG de NetflixJe ne considère pas cela comme un changement d’approche pour les films Netflix ou Warner.
Je pense qu’avec le temps, les fenêtres évolueront pour devenir beaucoup plus favorables aux consommateurs, afin de répondre aux attentes du public… toutes ces choses que nous aimerions faire.Mais à l’heure actuelle, vous pouvez compter sur le fait que tout ce qui est prévu pour sortir en salles via Warner Bros. continuera à sortir en salles via Warner Bros. Et les films Netflix suivront la même voie que jusqu’à présent, c’est-à-dire que certains d’entre eux feront un passage éclair en salles au préalable.
Paramount toujours en embuscade
Si Netflix et les exploitants s’opposent sur l’avenir des salles, Paramount n’a pas abandonné l’idée de mettre la main sur Warner Bros. Pour rappel, le studio a déjà formulé deux offres successives, toutes deux refusées.
- Une première offre hostile, entièrement en numéraire, à 30 $ par action, valorisant Warner Bros. Discovery à environ 108 milliards de dollars. Cette proposition était financièrement supérieure à celle de Netflix.
- Une seconde offre révisée, conservant le même prix par action, mais renforcée par des garanties de financement et un calendrier plus souple, sans parvenir à convaincre le conseil d’administration.
Malgré ces échecs, Paramount resterait attentif à l’évolution du dossier, notamment si l’accord avec Netflix devait rencontrer des obstacles réglementaires. Quoi qu’il en soit, cette fenêtre de sortie de 17 jours, souhaitée par le potentiel acquéreur, montre que le géant de la SVOD entend bousculer les codes du cinéma, quitte à ne pas plaire à tout le monde. Y parviendra-t-il ? Il faudra se montrer patient et attendre encore un long moment avant de connaître la réponse des régulateurs américains.
je sais pas si paramount est sain. mais en tout cas, c’était moins pire que netflix.
que ce soit pour les possibilités de visionnage, ou la qualité des films
Paramount veut tout et rien ne dit qu’ils feront pire niveau fenêtre de sortie des films en salle
Une honte absolue, qu’ils restent sur leurs séries, les films c’est au cinéma, il faut laisser un laps de temps après sinon encore un secteur qui va s’écrouler. Les américains font vraiment n’importe quoi!
C’est bien pour cela que la France a la chronologie des médias, pour laisser les salles exploiter les films.
l’inconvénient, c’est que certaines plateforme évite la sortie salle pour pouvoir mettre directement le film sur leurs plateforme
ça à du bon et du mauvais, 90 jours est surement trop long ; 30/45 était déjà bien plus cohérent, surtout vu le temps moyen ou un film reste en exploitation salle (et qu’il fait sont chiffre le premier week-end)
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