Test – Rayman Legends sur Xbox One

Tout pa-Ray…
Les premières personnes qui l’ont vu prétendaient qu’il n’avait pas de bras. Sa description est toujours restée plus ou moins floue. Certains lui donnaient une taille moyenne, un gros nez, d’autres maintenaient qu’il n’avait pas de jambes et que, pourtant, il n’arrêtait pas de courir et de sauter ! La plupart certifiaient qu’il voyageait seul alors que beaucoup de témoignages l’ont vu accompagné d’un géant bleu, d’une grenouille volante et qu’il lui arrivait de se déplacer sur le dos d’un gigantesque moustique. Aujourd’hui, les plus fous commencent à jurer sur la tête de leurs Lums qu’il est bien meilleur que Rayman Origins. Rassurez-vous, n’ayez pas peur, tout ceci n’est que Legends…
Version Xbox One (4,3 Go) :
Vu que je ne savais pas vraiment comment être Origine-al (clin d’oeil gratuit) pour vous parler de Rayman Legends sur Xbox One, je vais vous faire ce test en chanson écrite. Une grande première, un truc de ouf, qui n’a jamais été réalisé jusqu’alors et en exclusivité sur Xboxygen. Donc, hum. J’éclaircis ma voix textuelle. Hum, hum. Voilà, c’est fait et je me lance avec le bébé de l’eau du bain :
“Rayman Legends est arrivéé-é-é ! Sur Xbox One et sans s’presser-é-é ! Le grand Rayman, le beau Rayman, le même Rayman, avec Globox et sans Kinect-euh !
J’ai beau cherché j’ai pas trouvé-é-é de grosses différences avec la version 360, c’est le même jeu, toujours aussi fun, barré et magnifique.
Seuls quelques vêtements, quatre en tout, habits de lumière, issus de l’univers de Far Cry 3, de Splinter Cell et un funky Rayman à récupérer via Uplay.
Les temps de chargements ont été gommés-és-és, le jeu s’enchaîne sur un rythme effréné-é-é, rien sur cette version n’est à ajouter, même sur votre tablette et son smartglass totalement oubliés.
Les dix défis promis sont anecdotiques mais pourront, pour les plus techniques, apporter quelques succès qui ne seront que journaliers.
Rayman Legends est arrivéé-é-é ! Sur Xbox One et sans s’presser-é-é ! Le grand Rayman, le beau Rayman, le même Rayman, avec Globox et sans Kinect-euh !”
Voilà c’est fini. Je m’en excuse et promis, je ne recommencerai plus.
Rayman saute aussi du gamepad à la manette !

Cher ami français, ne sois pas si morose ! La France (lancez une petite Marseillaise en fond sonore sur youtube pour vous mettre dans l’ambiance) est un pays aux mille richesses, ses fromages, ses vins, son terroir, sa qualité de vie, sa cuisine et, évidemment ses créateurs de jeu vidéo. Je ne vais pas vous parler de David Cage ici (rires) mais plutôt de Michel Ancel, un homme génial que le monde entier nous envie. Ce monsieur, fort sympathique au demeurant, a été fait Chevaliers des Arts et des Lettres en 2006 aux côtés de Frédéric Raynal (le papa de Alone in the Dark et Little Big Adventure) et de Shigeru Miyamoto (mère de Zelda, Mario et Donkey Kong). Michel Ancel est une star internationale reconnue pour être le papa de Rayman et des Lapins Crétins. Un concepteur de génie qui a réussi comme dernier coup de maître a redorer le blason de son personnage fétiche, éclipsé par les Lapins, en le mettant en scène dans un genre que l’on croyait perdu : la plate forme 2D.
Rayman Origins signa le retour de ce personnage hors du commun par une grosse baffe sur la joue des joueurs. Un jeu magnifique, pointilleux, exigeant, fun, varié et inventif qui fut acclamé par la critique et par tous les amoureux de jeu vidéo tout simplement. Dire que la suite de Rayman Origins était attendue, est très loin de l’engouement qu’elle suscite. Initialement prévue pour être une exclue Wii U et l’un des titres les plus en vue lors de sa sortie, elle fut par la suite repoussée et annoncée sur Xbox 360 et PS3.

Pour beaucoup, ce fut comme un coup de poignard dans le dos de Nintendo de la part d’Ubisoft au grand dam de Michel Ancel et de son équipe. Rayman Legends a été pensé à la base pour proposer un gameplay unique utilisant pleinement les capacités du gamepad à écran de la dernière née de Nintendo. Ce report et cette perte d’exclusivité a sûrement joué un rôle dans les ventes catastrophiques de la Wii U. Il a permis à Ubisoft Montpellier de peaufiner son bébé et de rajouter une pléthore de contenus. Les possesseurs de Xbox 360 et de PS3 étaient aux anges quant à l’opportunité qui leur était offerte de découvrir le prochain Rayman, la seule crainte qui subsistait se situait dans l’adaptation du gameplay si particulier du jeu du gamepad à la manette.
Sans bras, ni jambes et toujours sans un cou.

Le test de Rayman Legends a été pour moi l’occasion rêvée de ressortir mon équipe de test choc du placard. Traumatisée par l’expérience précédente des Schtroumpfs 2, certains membres de l’équipe ne voulaient plus toucher de manettes de leur vie. Il m’a fallu recourir aux plus vils stratagèmes afin de leur rallumer la flamme du désir vidéoludique (si jamais tu ne joues pas je te fais manger du brocoli à tous les repas pendant un mois). Bref, l’équipe était à nouveau réunie et fin prête à en découdre sur un jeu dont ils avaient adoré le précédent opus. Pour rappel, mon équipe de choc est constituée de Mini-Moi 5 ans, Mini-Moi 8 ans et ma femme.

Les premiers instants de jeu ont été unanimes : les fesses rivées au canapé, les yeux écarquillés et la bouche ouverte soulignaient le gouffre technique et artistique qui séparait Legends d’Origins. Les modèles 2D des personnages sont plus détaillés, les décors fourmillent de détails et jouent sans cesse avec des éléments situés au premier plan et en fond. Le jeu semble encore plus vivant que l’univers déjà foisonnant d’Origins et se rapproche, selon les termes utilisés par Mini-Moi 1 et 2, d’un véritable dessin animé. Des effets de lumière ont été implémentés et la 3D fait de subtiles apparitions lors des combats contre les boss et durant certaines scènes, augmentant le dynamisme des niveaux et accentuant la profondeur de champ du jeu. Les musiques ne sont pas en reste avec toujours l’excellent Christophe Héral (Beyond Good and Evil) aux commandes avec des compositions puisant allègrement dans le répertoire classique, pop et traditionnel. Son talent atteint son paroxysme lors des niveaux de course “rock” où Rayman et ses amis évitent les pièges et se débarrassent de leurs adversaires en rythme sur une reprise d’un morceau connu tel que Black Betty de Ram Jam ou Eye of the Tiger de Survivor par exemple. A ce titre, le niveau “Castle Rock” reprenant Black Betty a obtenu un plébiscite sans appel auprès de mes deux enfants qui le réclament jusqu’à plus soif.

Je n’ai pas été le seul à vider mes placards pour Legends vu que Rayman a ressorti son vieil ami Murfy, la grenouille volante, des siens. Murfy, et non plus Murphy comme dans Rayman 2 et 3, représente à lui seul le gameplay hybride initialement prévu pour le gamepad de la WiiU. Et c’est là que ça se corse. Murfy intervient sur plusieurs éléments du décors en bougeant des plates-formes, en chatouillant certains gros ennemis, en en baffant d’autres, en coupant des cordes et j’en passe afin de faciliter ou de permettre la progression de Rayman et de ses amis dans les niveaux. Le rôle de Murphy est attribué d’office au second joueur via le gamepad sur Wii U, il peut ainsi intervenir sur le jeu directement avec son doigt sur l’écran du gamepad. Au pad classique et donc sur Xbox 360 et sur PS3, un seul bouton est attribué à Murfy qui se placera automatiquement à l’endroit sur lequel il pourra agir. Ceci se passe globalement bien pour les niveaux joués en solo, mais cela s’avère très compliqué lors des parties en coopération.

Mon équipe de test s’est retrouvée particulièrement embêtée devant cette nouveauté de gameplay. N’étant pas des joueurs avertis, cet élément a gâché leur expérience de jeu lors d’enchaînements d’actions, rapides et précis de la petite grenouille volante. Vu que chaque joueur peut faire intervenir Murfy il est nécessaire au préalable d’en définir un exclusif afin de limiter les erreurs au maximum. Même dans les niveaux tranquilles, les joueurs devront suivre à la trace le joueur “maître” afin de bénéficier au mieux des actions de Murfy ce qui est très problématique pour les plus jeunes et les joueurs occasionnels. De plus, il est impossible de diriger Murfy qui ira automatiquement sur l’élément choisi par la console qui, parfois n’est pas celui souhaité, surtout en coopération. La possibilité de choisir sa cible via un bouton aurait été particulièrement appréciable dans certains cas. Vu que ces niveaux représentent la majorité de ceux proposés dans le jeu, certains joueurs pourront trouver cela rebutant voir frustrant lors des parties en coopération.
De tout, partout, beaucoup et pour tout le monde !

Heureusement, cette mauvaise impression issue du gameplay transversal de la WiiU -qui, on le rappelle, ne nuit aucunement au jeu en solo- est vite oubliée devant la grande générosité de Rayman Legends. Comme pour se faire pardonner auprès de mon équipe de choc, Rayman Legends va partir dans une grosse opération de séduction proposant pour les uns un nombre impressionnant de personnages à débloquer en cumulant les Lums ou en finissant des niveaux précis, des petits monstres à gagner en grattant des tickets de tombola verts glanés dans les niveaux pour les autres et même un petit jeu de foot génial pour toute la famille. Ce petit jeu jouable jusqu’à quatre joueurs est un petit condensé de fun et de rires qui a été particulièrement apprécié par mes enfants qui ont pu mettre la pâtée à leur papa. Assez génial, on regrettera juste qu’il soit un peu seul et pas jouable en ligne comme l’intégralité du jeu. Alors qu’on l’espérait secrètement pour sa suite, la coopération reste malheureusement cantonnée au local.

Pourtant, le multi en ligne promis est bien présent ! Chaque jour, chaque semaine, chaque mois, des défis sont proposés aux joueurs du monde entier. Les meilleurs seront récompensés par des coupes de bronze, d’argent et d’or. Les trois premiers recevront une coupe de platine. Autant le dire tout de suite, ce mode là est une véritable drogue pour tous les compétiteurs dans l’âme qui se trouveront obligés de parvenir à surpasser leur liste d’amis et de terminer dans le gratin des Raymans en herbe. On pourra se mesurer aux fantômes des joueurs nous précédant et ceux de nos amis dans des niveaux de rapidité, d’endurance, d’habileté et j’en passe. Le plaisir sera sans cesse renouvelé et on aura des difficultés à lâcher l’affaire aussi facilement. Ce jeu en ligne sera, avouons-le, le refuge des joueurs invétérés, ceux qui sont nés avec un pad à la main et qui recherchent un défi plus grand que celui que nous donne Rayman Legends.

Ceci rallonge une durée de vie, qui pourtant, ne le nécessitait pas vraiment tant le jeu s’avère être véritablement pléthorique au niveau de son contenu. Cent-vingt niveaux devront être domptés avec à chaque fois un certain nombre de Ptizètres à libérer et un nombre de Lums à collecter afin de remporter les coupes correspondantes. Legends change d’Origins à ce niveau là aussi, plus de course contre la montre dans chaque niveau mais des niveaux “invasions” alternatifs à débloquer, le nombre de Ptizètres à libérer est plus important et les Lums moins difficiles à collecter. Il n’est pas rare, en solo, de finir un niveau pour la première fois avec tous les Ptizètres et suffisamment de Lums pour décrocher la coupe en Or. La difficulté du jeu a été sérieusement revue à la baisse et seuls les tous derniers niveaux de jeu et quelques niveaux invasions pourront nous faire retrouver l’exigence de Rayman Origins et de ses célèbres courses aux Coffrapattes. Le jeu est plus tolérant, plus facile, les checkpoints sont plus nombreux, les mondes ne sont plus à finir les uns à la suite des autres mais se débloqueront tous très rapidement en libérant les Ptizètres. Pour les plus nostalgiques, Rayman Legends proposera même un panel -important- d’anciens niveaux d’Origins, embellis et revus à la sauce Legends -sans Murfy-. On vous parlait d’un contenu pléthorique, Rayman Legends est à ce niveau là, l’un des jeux les plus généreux qu’il soit à une époque où les DLC à tout-va tendraient à mettre au régime la plupart des jeux.
Le Bilan
On a aimé
- Un régal pour les yeux et les oreilles
- Un contenu pléthorique
- Les défis en ligne
- Le mini-jeu de foot
On a moins aimé
- Toujours pas de jeu coopératif en ligne
- Solo moins exigeant
- Coop moins accessible
- Certainement meilleur sur WiiU
Conclusion du test de Rayman Legends
Rayman laisse les Lapins Crétins sur le carreau…
Rayman est de nouveau installé au firmament des jeux de plate-forme et ce nouvel opus ne vient que confirmer ce retour en grâce majestueux. Mon équipe de test maison est unanime, Legends est génial et il vous sera difficile de lâcher la manette ou de déloger Rayman du lecteur de votre console. Les plus jeunes joueurs et les occasionnels pesteront un peu devant le gameplay apporté par une conception pensée pour le gamepad de la Wii U, qui rend certains passages ardus et hache la progression des niveaux dans lesquels il est proposé surtout en coopération. Les autres joueurs seront ravis de la nouveauté que cela apporte et se délecteront du contenu pléthorique du jeu et des défis en ligne qu’il propose même s’ils trouveront le jeu un peu plus permissif qu’avant avec ses checkpoints. Quoi qu’il en soit, Rayman Legends réussit le tour de force de faire oublier l’Origins-al et de s’imposer comme la nouvelle référence du jeu de plate forme sur console.