Test – Rocksmith

Le Rock en pantoufles
Oyez ! Oyez ! Ou plutôt Oh Yeaaaah ! Oui, le tant attendu Rocksmith est enfin disponible en Europe, presque un an après nos voisins d’outre atlantique ! Développé et édité par Ubisoft, Rocksmith est un jeu de rythme. Mais oubliez Guitar Hero et Rockband, fini l’ersatz de guitare qui vous donnait la sensation d’être une rockstar en appuyant sur 5 touches, ici on joue vraiment.
« Branchez la guitare, entonnez le tambour, moi j’accorde ma basse. Un, deux, trois, quatre !
C’est parti, faites du bruiiiiiit ! C’est ce qu’il vous sera demandé dès les premières minutes du tutoriel, après vous avoir appris comment tenir un médiator et accorder votre guitare. En effet, tout est mis en place pour aider le plus débutant des néophytes, à l’exception peut-être de la manière de tenir sa guitare qui pourra donner de mauvaises habitudes et torsions de poignet aux guitaristes en herbe.
Ceci passé, la mise en place du principe du jeu se fait en douceur. Le manche de votre guitare est représenté virtuellement à l’écran, chaque corde ayant une couleur pour plus de simplicité. La rouge est la corde la plus grave, la jaune la deuxième etc. jusqu’à la violette pour la plus aiguë. Défilent alors des touches de couleur correspondant aux cordes à jouer et à la case indiquée, ainsi que des barres de couleur indiquant qu’il faut jouer une corde à vide (sans toucher aucune case du manche). Sans vous en rendre compte, vous venez de jouer quelques notes de Satisfaction, des Rolling Stones, plutôt sympa comme départ !
Une fois les bases posées, chaque nouvelle technique vous est expliquée en détail. Dans le mode Parcours vous devez assurer des concerts ; les chansons que vous devez présenter doivent être obligatoirement répétées au moins une fois pour vous familiariser. Cette répétition débloque une sorte d’audition dans laquelle vous devez atteindre un certain score pour être admis à la jouer au concert. De plus, chaque technique est décortiquée si besoin est afin de vous parfaire en vue du concert. Un concert se compose de deux titres imposés et d’un rappel.
Vous pouvez également améliorer votre technique grâce aux entraînements, à l’apprentissage des accords, en testant différents arrangements dans un choix de chanson libre parmi la cinquantaine de titres rocks proposés.
Mais si votre médiator en demande plus, vous pouvez également aller gratter quelques cordes du côté du mode Ampli, c’est à dire un mode libre dans lequel vous pouvez expérimenter ce que bon vous semble.
Au fil de votre progression, vous débloquez de nouvelles guitares, nouvelles pédales et nouveaux amplis pour le mode Ampli. Si vous n’avez pas le cœur à la composition, vous pouvez tout de même améliorer vos gammes et votre dextérité de manière beaucoup plus ludique grâce aux mini-jeux que vous déverrouillerez tout au long de votre ascension. Parmi eux, Ducks où vous devez dézinguer de jolis petits canards à coup de notes, histoire de vous accoutumer au repérage des différentes cases du manche. Dawn of the Chordead permet quant à lui de travailler les accords, ceux-ci vous permettant de mitrailler les monstres qui apparaissent. Une dizaine de mini-jeux sont à débloquer, ils ont tous pour but d’améliorer votre doigté.
Chanter juste ou chanter faux ? Je m’en fiche ! Je préfère le rock à la musique classique !
Rocksmith ne fait pas partie des jeux bon marché ; en effet, en dehors de l’achat du jeu comprenant le DVD et un adaptateur Jack-USB – pour relier la guitare à votre console – il vous faut ladite guitare si vous ne l’avez pas déjà ! Ubisoft nous propose un pack Guitare Epiphone (« sous-marque » Gibson de bonne facture ) avec le câble et le jeu pour 200€.
Si vous désirez un bon rendu auditif, Ubisoft nous conseille, à raison, d’installer un système audio séparé de la télé, comme par exemple une chaîne Hi-Fi branchée directement sur la console car le jeu souffre de temps de latence en HDMI… Si vous ne disposez pas d’une sortie audio autre que votre télé, pensez à faire un tour du côté des options afin de régler le souci.
Rocksmith ne s’arrête pas seulement à quelques morceaux de guitare en solo. Appelez vos amis musicos pour un petit boeuf en pantoufles dans le salon ! Il vous faut simplement un deuxième câble pour la deuxième guitare, vous pouvez aussi brancher un micro pour faire trembler les murs ou casser les vitres… Ça, ça ne dépend que de vous ! Le chant n’est là que pour le fun, aucun score n’y est lié.
Si toutefois la guitare vous rend morose, ou si vous vous sentez l’âme d’un Cliff Burton, vous pouvez la brancher si vous disposez d’une basse, sinon la guitare pourra servir de basse grâce à une émulation plutôt bien faite.
Ça, c’est vraiment toi !
L’un des grands points de Rocksmith est l’absence de niveaux de difficulté. Vous ne jouez pas en débutant aux doigts frêles ou en expert à la corne dure comme un roc, non, Rocksmith est bien plus intelligent que ça. En effet, le titre est doté d’un système de reconnaissance de progression dynamique. Si vous vous baladez sur un morceau, des notes s’ajoutent petit à petit. Si, à l’inverse, vous ne savez plus où vous habitez, des notes disparaissent pour faciliter la tâche. Si vous vous retrouvez à jouer une fausse note, le logiciel vous indique s’il faut changer de corde ou de case. Bon, ce système peut être également assez déroutant si l’on est vraiment pris dans la tablature, voir des notes s’ajouter et s’enlever sans indication n’est pas forcément le plus simple…
La reconnaissance des accords est parfois laborieuse si l’on joue avec un peu de douceur.
Concernant la playlist, les amateurs de Rock vascillants entre Hard-rock et Pop-rock seront ravis. Des plus célèbres tels que The Rolling Stones, The Cure ou Nirvana aux un peu plus méconnus du grand public tels que Titus Andronicus ou Spoon, cette cinquantaine de titres satisfera tout le monde. Si le nombre de chansons peut sembler assez léger pour un lancement, Rocksmith propose chaque titre avec deux arrangements différents (accord ou fondamentale) ce qui permet d’étoffer artificiellement la playlist. On regrettera juste l’absence de titres Métal, mais les DLCs nous réserveront peut-être quelques surprises.
Sur le plan graphique, Rocksmith est un peu à la traîne et peu chaleureux. Le menu est très sobre, la foule lors des concerts n’est pas franchement folichonne, seuls les mini-jeux donnent le côté fun avec des aspects rétro très appréciables.
Le Bilan
On a aimé
On a aimé:
- Jouer vraiment de la guitare
- Les méthodes d’apprentissage
- Les mini-jeux
- La playlist
- La difficulté par progression dynamique
On a moins aimé
On n’a pas aimé:
- La reconnaissance laborieuse des accords
- L’aspect un peu trop sobre
- La légère latence
Conclusion du test de Rocksmith
It’s not so bad, it’s not so bad
Bien qu’il ne soit pas exempt de tout défaut, Rocksmith donne un sacré coup de pied dans la fourmilière des jeux musicaux. Offrant une réelle expérience de guitare/basse avec des cours à domicile tout en s’amusant il est plutôt à conseiller aux néophytes bien que les guitaristes aguerris pourront tout de même trouver leur compte notamment dans les mini-jeux de scoring. Il ne faut tout de même pas s’attendre à un jeu du type Guitare Hero ou Rockband puisqu’il est nécessaire d’avoir la volonté d’apprendre à jouer de la guitare et de faire souffrir ses petits doigts pour prendre plaisir sur ce jeu. La bande son rock assez variée ravira petits et grands. Si ce jeu n’est pas un véritable jeu à proprement parler, il est une excellente méthode de guitare, bourrée de conseils et de techniques.