Test – Resident Evil 4 HD

Le retour de la vengeance HD
Resident Evil 4. A la seule mention de ce nom, bon nombre de joueurs ont vu leur épiderme dorsal esquisser un mouvement de plaisir incongru. Un plaisir qu’ils n’ont su contenir lorsqu’ils ont vu défiler dans leur tête un wagon complet de scènes devenues cultes dans le monde du jeu vidéo. Car n’en déplaisent à certains, RE 4 est l’un des jeux les plus maîtrisés en termes de rythme et de plaisir pur. Jouer à RE 4 c’est un peu comme partager 15 heures de passion avec une femme (ou un homme), il en reste des moments inoubliables qui reviennent nous hanter longtemps après. Après être passé sur GameCube, sur Wii, sur Ps2 et même sur Iphone, il revient plus beau que jamais sur notre belle console à la croix verte. La magie opère t-elle toujours autant ?
Un bon jeu d’action, un mauvais Resident Evil

Alors que certaines séries peinent à se renouveler, végètent durant des années sur leurs acquis au risque de se parodier, RE 4 pris le risque de se couper d’une partie de ses fans en balayant d’un revers de main tout (ou presque) ce qui avait fait le succès des Resident Evil. Fini les zombies qui au fil du temps sentaient de plus en plus la viande avariée, fini Umbrella et ses conspirations capilo-tractées, place à l’action sans fioritures et au rythme endiablé ! Après un soporifique Resident Evil Zero, un assez commun Resident 3, un remake (fort réussi au demeurant) du premier épisode, un essai loupé dans le monde du MMO et des jeux de tir à oublier, RE 4 fut un coup de pied au derrière salvateur, une bombe, une véritable révolution qui a relancé la série de la plus belle des manières. Et de quelle manière ! RE 4 est un jeu haletant, au rythme soutenu, très riche, sans temps mort et regorgeant de passages cultes qui restent à jamais gravés dans votre mémoire de joueur.

Resident Evil 4 a été acclamé par la critique et encensé par les joueurs, un véritable plébiscite qui le place encore au panthéon des meilleurs jeux vidéo de tous les temps. Malgré cela, il n’échappe pas aux quolibets de certains joueurs et je leur donnerai raison sur certains points :
-Oui, le scénario de RE 4 est minable ! A ce niveau là on ne peut même pas dire qu’il flirte avec de la série Z, il est en plein dedans ! Qui pourrait donner crédit à un jeu dans lequel il faut sauver la fille du président des États-Unis capturée par les habitants dégénérés -contrôlés par des insectes parasites- d’un petit village espagnol ? Et ce n’est pas la présence d’un ancien rescapé des précédents Resident Evil (Leon Kennedy) en agent spécial salvateur ne parlant pas un mot d’espagnol qui va sauver la mise. L’histoire est une sorte de grand guignol déguisé qui est juste un prétexte pour enchaîner les mises en situation référentielles et les scènes d’anthologie. Une véritable succession de scènes devenues cultes, d’affrontements contre des boss gigantesques et de passages mémorables que cela soit dans leur mise en scène ou dans leur gameplay. Une véritable prouesse !

-Oui, RE 4 ne fait plus du tout peur. Fini les zombies et leur râle inquiétant, le stress des rencontres inopportunes, RE 4 fait place à l’Action avec un grand A et la peur est remplacée par le stress d’une course effrénée ou la défense d’une bâtisse contre une horde de dégénérés armés de faucilles et de tronçonneuses. Ce serait toutefois de la mauvaise foi de dire que l’on s’était caché derrière notre fauteuil devant les Resident Evil 2, 3, Code Veronica et Zero. L’ambiance ou l’atmosphère de peur n’ayant jamais été le point fort de la série.
-Oui, la maniabilité de Resident Evil 4 est très loin d’atteindre les normes actuelles. On ne peut toujours pas tirer en se déplaçant et les mouvements de Leon restent rigides. Toutefois Capcom a travaillé la maniabilité en y ajoutant des actions contextuelles qui dynamisent les séquences de combat. Leon peut maintenant esquiver les attaques, sauter au dessus de balustrades, traverser des fenêtres en roulé/boulé etc. Cela rend l’action beaucoup plus intense. De plus, la caméra située au-dessus de l’épaule augmente la précision de la visée, il est maintenant très aisé d’éclater les têtes, détourner les faucilles qui volent vers soi, désarmer les adversaires, ou arrêter leur course en leur tirant dans les jambes. Ce désir de dynamiser le jeu se ressent tout au long de l’aventure, le rythme y est particulièrement travaillé jusque dans ses cinématiques. N’espérez pas vous reposer en cours de jeu en posant votre manette sur le canapé durant une longue séquence narrative, Resident Evil n’est pas un Metal Gear Solid ou un Final Fantasy. Les plus longues cinématiques sont entrecoupées de QTE savamment distillés afin de laisser le joueur constamment sous tension. Du grand art tout simplement.
Et cette version HD alors, elle apporte quoi ?

Cette nouvelle version HD concoctée par Capcom vous donne tout simplement la possibilité de jouer à Resident Evil 4 sans risquer de perdre la vue. Le passage à la HD rend hommage au jeu techniquement inégalé à sa sortie sur GC et qui reste l’un des jeux les plus impressionnants sur Wii et sur Ps2. La modélisation est superbe, les graphismes somptueux et seuls les modèles un peu carrés et certaines textures peuvent encore trahir son âge (pour rappel il est sorti en 2005 !). Les détails ressortent plus facilement et le jeu gagne en profondeur. Tout juste peut-on lui reprocher une palette virant sur les marrons qui lui donne un aspect plus proche de la version Ps2 que celle originale sur GC. Petit bémol aussi sur les séquences vidéo et les textes qui n’ont pas été retravaillés et qui jurent avec le reste de par leur manque de précision et de netteté. On retrouve avec joie les différents modes bonus, tels que le mode mercenaires et les deux missions bonus avec Ada (dont le Seperate Ways absent sur GC) ; en outre, on aura la joie de pouvoir débloquer les ridicules -mais parfois utiles- vêtements alternatifs.

Mis à part cela rien n’a été ajouté par Capcom en guise de cadeaux aux fans. Pas d’Artworks, pas de bonus à débloquer supplémentaires, rien, juste un service minimum qui se voit même dans les succès limités à 12 et n’offrant ni challenge, ni originalité. Les vieux connaisseurs pesteront aussi sur la configuration par défaut du jeu, assez déstabilisante et ne proposant qu’une seule alternative dans les options. Il aurait été appréciable de pouvoir attribuer nous même les actions à chaque bouton de la manette. On aurait moins eu l’impression de ne plus savoir jouer en commençant la partie.
Le Bilan
On a aimé
- Un jeu culte en HD
- Des séquences de jeu exceptionnelles par wagons
- En plein écran
- Le prix pour ceux qui n’y ont jamais joué
On a moins aimé
- Le prix pour ceux qui y ont déjà joué
- Aucun bonus spécial pour ce remake
- Configuration des touches imposée
- La police et les cinématiques pré-calculées un peu grossières
Conclusion du test de Resident Evil : Revival Selection
Tout simplement exceptionnel !
Mis à part les fous furieux du jeu qui de toute façon vont sauter dessus sans lire les tests, on ne pourrait pas conseiller aux anciens joueurs de RE 4 de revivre l’expérience dans ce portage HD. Il n’apporte rien de plus, il n’offre pas le moindre petit bonus aux fans autre que son esthétique splendide et la possibilité de pouvoir tourner sur les écrans HD sans nous exploser les yeux. C’est déjà énorme même si son prix -1680 Mpts soit 20 euros- pourra en refroidir pas mal. Par contre, il serait honteux (oui je sais j’exagère beaucoup) pour un amoureux de jeu vidéo de passer à côté de cette petite perle ludique dont la générosité dans l’action et les situations n’ont, à ce jour, jamais été égalées. Un chef d’œuvre kitsch qui laisse d’impérissables souvenirs.