Publicité

Test – F.3.A.R.

Test – F.3.A.R.
Le 4 juillet 2011
Le 4 juillet 2011

Même pas fear

Partager cet article :

A sa sortie en 2006, F.E.A.R. a fait son petit effet, proposant un mélange astucieux entre fps et film d’horreur. Au programme, il y avait un background fouillé, de l’action, mais aussi une très bonne utilisation des ficelles des films d’épouvante américains et japonais.

Après un deuxième épisode se concentrant sur l’action avant tout, la franchise qui ne doit pas être jouée dans le noir est de retour…

Les 3 frères

L'artillerie lourde est de sortie

Commençons ce test par un aveu : si j’ai joué au premier jeu il y a bien longtemps, j’avoue ne pas avoir touché au deuxième.

Peut-être est-ce la raison pour laquelle je n’ai pas compris grand-chose à l’histoire bien confuse qui nous est racontée.

Alma, la gamine aux cheveux sales tout droit sortie d’un ersatz de Ring, veut toujours soumettre le monde à son emprise, accompagnée des troupes agressives d’Armacham.

On prendra le contrôle de vieilles connaissances du premier épisode avec Point Man, soldat surpuissant ayant la capacité de ralentir le temps, ou bien de son frangin Paxton, ectoplasme adepte de la télékinésie et ayant le pouvoir de prendre le contrôle de n’importe qui pourvu qu’il soit au préalable affaibli. La menace ne vient pas directement d’Alma, très discrète, mais plutôt de son dernier rejeton en date et nouveau frérot de nos deux héros.

Il n'en restera qu'un

Que l’histoire est confuse ! Les motivations des personnages sont tout sauf évidente, et les flashback qu’on nous propose n’aident pas vraiment à donner du sens à l’ensemble. Qui plus est, tout cela est bien mal raconté, et on passe d’un endroit à l’autre sans qu’il y ait de logique à cela si ce n’est la nécessité de varier les décors. Point Man est une brute silencieuse, alors que Paxton est plus loquace, débitant des répliques pseudo-glauques caricaturales. Après environ 8 heures de jeu, on n’est pas spécialement plus avancé sur ce qu’on vient de faire…Pas très cohérent tout ça, et surtout pas du tout immersif. C’est d’autant plus problématique que le level design est horriblement basique, ne réussissant pas à faire oublier au joueur qu’il est dans un couloir unique tout le long du jeu, malgré des artifices grossiers (plein de portes…mais une seule qui s’ouvre). Ce n’est pas la seule concession de F3AR aux FPS modernes, puisque les scripts se succèdent, en étant le plus souvent bien mal exploités, ce qui fait qu’on peut parfaitement passer à côté de ce qu’on est censé voir pour peu qu’on ait la mauvaise idée de ne pas s’arrêter au bon endroit !

La purge ne s’arrête pas là, l’ambiance étant elle aussi à côté de la plaque. Il y a sans doute une volonté au départ de respecter le cahier des charges en insufflant un minimum d’angoisse dans le jeu, mais la sauce ne prend pas du tout, et les effets qui auraient dû faire peur ne feront pas frémir votre petite sœur. A la place, il y a de l’action non-stop, et surtout un usage immodéré du gore, le sang dégoulinant à la moindre demi-occasion. Après tout pourquoi pas, cela n’a juste plus grand rapport avec le jeu original.

En bref, si on additionne tout ça, on obtient quelque chose qui n’est vraiment, mais alors vraiment pas fameux.

Les frères ennemis

Course démente

Et si ce constat partait juste d’un malentendu ?

En creusant un peu, on se rend compte que la campagne solo n’est là que pour jouer les utilités. Ce n’est juste pas pour ça que le jeu a été pensé.

C’est en ligne, ou bien en écran splitté, que le jeu se révèle réellement, créé pour être joué en coopération.

C’est alors le jour et la nuit ! Chaque joueur contrôle un des deux frères, et le fait que leurs capacités soient bien distinctes pousse à des actions combinées très fun, entre usage d’armes surpuissantes par Point Man et possessions par Paxton. Ce dernier peut envoyer un ennemi en l’air afin d’en faire une cible facile, ou bien Point Man peut affaiblir un adversaire pour laisser Paxton en prendre le contrôle…Les deux personnages sont parfaitement complémentaires, et le mix des deux donne un gameplay soudainement agréable et amusant. La pauvreté du level design est pour le coup adaptée à ce style de jeu, poussant les joueurs à se trouver ensemble à chaque situation chaude.

L’astuce et l’originalité de F3AR est que ce n’est pas juste un titre coopératif, ce qui aurait été déjà pas mal, mais aussi un pure jeu de scoring ! Ainsi, il y a des objectifs à remplir pendant la partie (réussir des headshot par exemple) qui offrent des capacités supplémentaires à celui qui réussit, mais surtout il y a une vraie compétition entre les deux frères, avec à la fin du chapitre un classement entre les deux qui rendra son verdict sur le fils préféré d’Alma. Les parties en deviennent franchement intéressantes, avec deux joueurs qui sont à la fois alliés et en compétition. Une très bonne idée, originale, qui donne toute sa saveur au jeu en coopération.

Cela n’a plus rien à voir avec la saga ? C’est vrai ! Mais c’est bien quand même !

Left 4 frères

Avant d'exploser, c'était quelqu'un

Du côté du multi, petite surprise puisque les quatre modes de jeu sont limités à seulement quatre joueurs. Ce n’est pas une faiblesse technique, mais un vrai choix, ceux-ci étant tout à fait adaptés pour ce nombre, en étant relativement originaux. A noter que les maps proposées, une douzaine, sont plutôt bien pensées et agréables.

Il y a bien entendu l’inévitable démarque du mode Horde, baptisé ici Contractions, où on repoussera des vagues d’ennemis en se protégeant comme on peut. Sans égaler le maître, ce mode reste efficace. Survivant d’Âmes est une variation, et quand un allié est battu, il devient alors un ennemi. Dans Roi des Âmes, tous les joueurs sont des fantômes qui doivent éliminer le plus d’adversaires possible en prenant possession de ce qu’ils ont à disposition. Enfin, mon mode préféré, et aussi le plus original, est Course Démente, où poursuivis par un mur de brume il faudra cavaler en défouraillant tout ce qui oserait freiner cette course…Et si un seul joueur est à la traîne ou bien meurt, c’est le game over pour tous.

Fallait pas l'énerver, aussi !

Au global, l’expérience multi de F3AR est une réussite. Mineure du fait du trop petit nombre de cartes pour chaque mode, mais une réussite quand même, qui change des habituels deathmatch et autres capture the flag.

Petit frère

Quand on a un bilan si mitigé, la réalisation peut faire basculer le jeu dans la catégorie des titres à avoir, ou dans celle des jeux à éviter. Et bien raté ! A nouveau on se retrouve avec des points forts et des points faibles bien distincts. La grande satisfaction vient définitivement du comportement des adversaires. Le jeu est plutôt difficile, l’IA se comportant de façon moins stupide que dans nombre de FPS (dont certains très célèbres se vendant à des millions d’exemplaires). Si le jeu est guidé, au moins le comportement des adversaires n’est pas en permanence la conséquence de script. Ils cherchent à vous repérer, et n’hésiteront pas à signaler votre présence à leurs copains. Cela m’amène vers le deuxième bon point, qui est l’animation sonore du jeu. Entre les ennemis qui commentent ce qui se passe avec naturel et un environnement musical sobre mais agréable, c’est une vraie réussite. Malheureusement, l’aspect visuel ne suit pas le même chemin et souffre d’une banalité dommageable, que ce soit dans ce qui est représenté (belle diversité dans les lieux, mais impression d’avoir joué dans ces décors bien trop souvent), ou d’un point de vue technique. Il n’y a pas de bugs, rien de gênant, mais on reste dans des graphismes très ordinaires, et loin des meilleures productions du genre. Quand un jeu n’est pas original visuellement, il se doit d’être techniquement à la pointe, et ça n’est pas le cas de F3AR, qui se contente de graphismes aussi banals que ses environnements.

Le Bilan

On a aimé 

  • Le coopératif très agréable
  • Le multi original
  • L’environnement sonore
  • Le solo sans intérêt
  • Histoire confuse
  • Une réalisation très ordinaire

Conclusion du test de F.3.A.R

Verre à moitié plein ou à moitié vide
La première chose à faire en jouant à F3AR, c’est d’oublier le premier épisode, et de le considérer comme un titre à part entière, proposant des caractéristiques très différentes. Dans le cas contraire, c’est la déception assurée qui attend le joueur. Une fois cela fait, profitez de ce test pour voir ce qui est bien et ce qui ne l’est pas ! Si on joue seul devant sa console, c’est un titre qui est définitivement à éviter. Par contre, en coopération et en multi, F3AR propose quelque chose d’original, de bien équilibré et de très agréable à jouer. Quand on aime le jeu à plusieurs, celui-ci s’avère être rudement efficace et amusant. Verre à moitié plein ou à moitié vide ? A vous de choisir !

L
Partager cet article

F.3.A.R

Développeur : Monolith Productions
Éditeur : Warner Bros. Games
Date de sortie : 24/06/2011

commentaires

2 Commentaires
K
kereros
4 juillet 2011 20h39

Bon test, je pensais que ce f3ar allait être une plus grande déception et non sa va même si je trouve complétement scandaleux d’avoir COMPLÉTEMENT perdu l’aspect horrifique du titre, il reste un bon jeux d’action. Si il y a un fear 4 ( ou F.E.4.R ^^ )j’espère qu’il sera plus flippant.

PS: Je n’ai fait la campagne qu’une foi et en difficile coop, c’est peut-être pour sa que j’ai trouver le jeux amusant.

D
desertdoll
5 juillet 2011 11h22

c’est vraiment dommage de tuer une licence dont la seule originalité par rapport aux autres FPS était son ambiance cinglante et flippante;
Qui plus est, qui pâli d’une réalisation faiblarde…

A ce rythme on aura droit a « Vince Diesel » VS « Alma wildwoman » pour le prochain…

NUL

Accueil » Tests » Test – F.3.A.R.