UFC-Que Choisir attaque Ubisoft : la fermeture de The Crew déclenche une bataille majeure pour les joueurs

L’affaire fait déjà grand bruit dans l’industrie. L’association de consommateurs UFC-Que Choisir a décidé d’assigner en justice Ubisoft suite à la fermeture du jeu The Crew. Une décision lourde qui pourrait bien marquer un tournant majeur pour l’ensemble du jeu vidéo.
Ubisoft dans le viseur après la disparition de The Crew
Sorti en 2014, The Crew était un jeu de course en monde ouvert reposant largement sur ses serveurs en ligne. Problème, ces derniers ont été définitivement coupés en mars 2024, rendant le titre totalement injouable, même pour les joueurs l’ayant acheté.
Pour UFC-Que Choisir, cette situation est inacceptable. L’association dénonce des pratiques commerciales « trompeuses » ainsi que des « clauses abusives », estimant que les consommateurs ont été privés d’un produit payé, sans réelle information sur une éventuelle “date de fin”.
Plus encore, le cas est aggravé par le fait que même certaines fonctionnalités solo sont devenues inaccessibles après la fermeture des serveurs, renforçant le sentiment d’un produit totalement inutilisable.
Une question centrale : possède-t-on vraiment ses jeux ?
Au cœur du conflit se trouve une problématique devenue incontournable : la notion de propriété dans le jeu vidéo.
Ubisoft s’est déjà défendu : les joueurs n’achètent pas un jeu, mais une licence d’utilisation limitée dans le temps. Une vision qui permet, en théorie, d’en retirer l’accès à tout moment. À l’inverse, UFC-Que Choisir estime que cette interprétation déséquilibre fortement les droits des consommateurs, en les privant de tout contrôle sur un produit pourtant payé.
Ce bras de fer dépasse largement le cas de The Crew. Il soulève une question fondamentale pour l’avenir du média : un jeu dématérialisé peut-il disparaître du jour au lendemain ?
Une affaire qui prend une dimension européenne
L’affaire s’inscrit dans un mouvement bien plus large. L’initiative citoyenne européenne “Stop Killing Games“, née après cette controverse, a déjà récolté plus d’un million de signatures, forçant les institutions européennes à se pencher sur le sujet.
Une audience au Parlement européen est d’ailleurs attendue, preuve que le dossier dépasse désormais le simple cadre judiciaire pour devenir un enjeu politique majeur.
Cette assignation pourrait créer un précédent déterminant pour toute l’industrie. Si la justice donne raison à UFC-Que Choisir dans sa plainte, les éditeurs pourraient être contraints de revoir leurs pratiques, notamment en garantissant un accès durable aux jeux, même après la fermeture des serveurs. À l’inverse, une victoire d’Ubisoft renforcerait le modèle actuel basé sur les licences, au risque d’inquiéter encore davantage les joueurs.