Test – Bravely Default: Flying Fairy HD Remaster – un portage réussi ?

Celles et ceux qui ont connu Bravely Default sur 3DS savent à quel point c’est un titre majeur pour les fans de RPG au tour par tour. À son époque, le jeu parvenait à renouveler l’aspect tactique du genre en proposant un système d’accumulation ou de dépense préventive de tours d’attaque qui offrait des possibilités stratégiques nouvelles. Portée sur consoles de salon plus de dix ans après la version européenne originale, cette nouvelle mouture vaut-elle la peine de se relancer dans l’aventure ?
Classique

Le scénario de Bravely Default est plutôt classique – une histoire de cristaux élémentaires peu à peu gangrénés par les ténèbres qui provoquent le déséquilibre du monde –, mais dispose d’un twist en cours de récit qui bouleverse radicalement son déroulement. Il faut cependant lui reconnaître des personnages aux personnalités un peu trop stéréotypées, qui peinent à marquer malgré leur design charmant.

L’intérêt du jeu se situe plutôt dans son gameplay et sa difficulté, qui pousse à se montrer flexible. Outre ses techniques de « brave » (permettant de consommer d’avance jusqu’à 4 tours d’un personnage pour multiplier les attaques, au prix d’autant de tours perdu ensuite) et de « default » (un système de garde qui permet de « passer » son tour pour pouvoir en jouer plusieurs ensuite gratuitement), le titre offre un système de métiers qui doit impérativement être maîtrisé pour parvenir au bout de l’aventure.

Grâce aux « astérisques », à obtenir sur certains boss ou lors de quêtes, on peut changer de classe pour pallier diverses situations de combat. Un seul astérisque peut offrir la même classe à tous les personnages en même temps et il est possible de conserver les compétences et passifs débloqués grâce à un métier précédent pour les cumuler avec un nouveau, créant ainsi des combinaisons intéressantes.
Bravely Default invite les joueuses et joueurs à changer régulièrement de classe, d’équipement et de techniques, bien avant de les avoir maîtrisés, pour s’adapter aux ennemis et boss rencontrés.
Les niveaux de classes (et donc le déblocage de nouvelles compétences) progressent lentement. Contrairement à beaucoup de jeux qui utilisent cette mécanique, Bravely Default invite les joueuses et joueurs à changer régulièrement de classe, d’équipement et de techniques, bien avant de les avoir maîtrisés, pour s’adapter aux ennemis et boss rencontrés. Cela implique de parfois devoir « tester » des combinaisons – et donc accepter de recommencer des combats lorsqu’elles ne fonctionnent pas –, mais également de passer un certain temps dans les menus pour tout optimiser.

À-côtés

En dehors de l’aventure RPG qu’il propose, Bravely Default offre plusieurs mini-jeux, parmi lesquels ceux déjà présents dans la réédition Switch 2 de l’an dernier. Comme il n’est cette fois pas possible de profiter de fonctions de détection de mouvements, ils ont dû être adaptés pour pouvoir être joués à la manette ou au couple clavier/souris. L’ensemble peut paraître un peu confus de prime abord, mais se montre en réalité tout à fait jouable : X est un jeu de rythme dans lequel il faut faire des mouvements avec les deux sticks de la manette en fonction des symboles affichés à l’écran, tandis que Y nous place aux commandes du dirigeable de l’équipe pour une sorte de parcours d’anneaux qui se termine par un combat aux canons. Si les deux épreuves ne proposent pas un énorme challenge, elles cassent agréablement le rythme et ont la particularité de pouvoir être jouées en coopération.

La reconstruction du village de Norende fait également son retour. Autrefois, l’expérience nécessitait la fonction Streetpass de la 3DS. Désormais, il faut croiser les « échos » d’autres joueurs et joueuses dans les villes du jeu qui deviennent autant d’habitant·es prêts à se mettre au travail pour rendre sa splendeur d’antan au village de Tiz, le personnage principal. Cette reconstruction permet d’obtenir des objets et des ressources particulièrement bienvenus pour progresser dans l’aventure car, contrairement à la plupart des JRPG, Bravely Default fait des consommables un bien de première nécessité.

Réanimer ses personnages est clairement le plus gros défi du début du jeu. Avant d’obtenir des sorts de vie, le moindre décès est très pénalisant et même les adversaires lambdas sont capables de mettre un ou deux héros ou héroïnes à terre. Consommer plusieurs objets de réanimation (des queues de phénix, ici) lors d’un simple combat aléatoire n’est pas rare dans Bravely Default. Les personnages qui terminent un affrontement KO ne gagnent aucune expérience de niveau ou de métier, et ce, même s’ils ont porté l’intégralité du combat sur leurs épaules.

Battre un ennemi ou gagner un niveau n’annule d’ailleurs ni la mort ni les altérations d’état. Un fait d’autant plus frustrant que, pour avancer dans son scénario, le jeu nécessite de se soumettre régulièrement à des phases de grind. Certes, celles-ci sont facilitées par la présence d’un mode « auto » qui permet de configurer différents panels d’actions et de laisser les personnages agir en boucle, mais elles restent désagréables pour quiconque souhaite simplement profiter de l’histoire à bon rythme. On regrette aussi que certaines options d’accessibilité n’aient pas été ajoutées à cette dernière mouture, comme la possibilité d’abandonner un combat perdu d’avance. Le fait de ne pas pouvoir passer l’intégralité d’une cinématique ou d’un dialogue est également contraignant.

Fantasy

Esthétiquement, c’est toujours une joie de retrouver les aquarelles qui servent de décors au jeu. On sent que cette version Xbox bénéficie du précédent portage sur Switch 2 en termes de qualité graphique. Celles et ceux qui ne connaissent pas du tout le titre y découvriront un univers de fantasy mignon et enchanteur, qui, à la manière de Final Fantasy IX en son temps, parvient à accoler un design que l’on pourrait juger enfantin à des thèmes parfois très durs. C’est bien simple, Bravely Default est un véritable plaisir pour les yeux, mais également pour les oreilles, grâce à une bande-son particulièrement qualitative.

À la manière de Final Fantasy IX en son temps, Bravely Default parvient à accoler un design que l’on pourrait juger enfantin à des thèmes parfois très durs.

Le titre joue beaucoup sur la nostalgie des vieux JRPG conçus par Squaresoft avant sa fusion avec Enix, tant dans ses points forts que dans ses points faibles. Il est parfois trop bavard (les discussions entre les personnages sont plutôt intempestives, particulièrement dans les premières heures) et trop complexe, mais, une fois maîtrisé, se révèle riche et plaisant. Suffisamment, en tout cas, pour permettre à celles et ceux qui connaissent déjà le titre d’avoir envie de s’y replonger et aux néophytes passionnés du genre de s’y essayer.
Testé sur Xbox Series X – code fourni par l’agence de presse de l’éditeur
Le Bilan
On a aimé
- l’esthétique enchanteresse
- retrouver un titre qui avait marqué la 3DS
- la qualité du portage
On a moins aimé
- la difficulté frustrante pour celles et ceux qui désirent avancer rapidement dans l’histoire
- le manque d’ergonomie de certaines mécaniques et certains menus
Conclusion du test de Bravely Default Flying Fairy: HD Remastered
Si Bravely Default joue la nostalgie, il n’en est pas moins (toujours aussi) exigeant. Celles et ceux qui ne connaissent pas du tout cette licence annexe de Square seront surpris par ses mécaniques, mais découvriront un titre doté d’un énorme potentiel. Attention néanmoins, le jeu est long, assez convenu dans ses personnages et souffre parfois d’un rythme inégal. Il reste cependant un classique indispensable aux fans du genre, dans lequel nous avons pris grand plaisir à nous replonger.