« Ridicule » : une IA ne peut pas créer un jeu de l’ampleur d’un GTA, selon le PDG de Take-Two

L’intelligence artificielle continue de susciter de vifs débats dans l’industrie du jeu vidéo. Alors que Google a récemment dévoilé Project Genie, un outil capable de générer des mondes jouables à partir de simples instructions, certains y voient déjà une révolution. Mais du côté de Take-Two, la maison mère de Rockstar Games, le discours est bien plus mesuré. Son PDG Strauss Zelnick estime que ces technologies sont loin de pouvoir rivaliser avec les productions majeures du secteur.
Une technologie impressionnante, mais loin de rivaliser avec les géants
Strauss Zelnick n’a pas mâché ses mots face aux ambitions prêtées à l’intelligence artificielle. Interrogé par The Game Business, il juge « ridicule » l’idée que des outils comme Project Genie puissent permettre de créer des jeux du calibre de Grand Theft Auto. Selon lui, cela « ne changera pas la donne, pas même un tout petit peu ».

Il rappelle qu’il existe déjà « énormément de technologies permettant de créer des jeux vidéo ». Cela se traduit par « des milliers de jeux produits chaque année ». Pourtant, les véritables succès restent concentrés « presque exclusivement » chez les grandes entreprises du divertissement. Il existe seulement quelques exceptions du côté des studios indépendants bien financés.
Pour le dirigeant, imaginer qu’un individu puisse « appuyer sur un bouton, générer un hit et toucher des millions de joueurs dans le monde » relève du fantasme. Il insiste sur le fait que cela « n’a jamais été le cas dans le divertissement ». Il compare même ces outils à des programmes capables de générer des chansons qui « ressemblent à de la musique », mais que personne ne souhaite écouter plus d’une fois.
L’IA vue comme un outil, pas comme un créateur de succès
Au-delà de la création pure, Strauss Zelnick se dit également surpris par la réaction des marchés financiers après l’annonce de Project Genie. Celle-ci a entraîné une baisse des actions de plusieurs entreprises du jeu vidéo. Il affirme avoir été « un peu stupéfait » de voir ces outils perçus comme une menace, alors qu’ils devraient être considérés comme un avantage pour les développeurs.

Selon lui, l’idée selon laquelle l’IA permettrait à tout le monde de produire des succès ne « tient pas la route ». Ces technologies peuvent aider à créer des éléments de jeu, mais « cela ne vous aidera pas à créer des hits ». Il souligne qu’il existe déjà « énormément d’assets disponibles ». Malgré cela, seuls « quelques jeux rencontrent un véritable succès » parmi les milliers lancés chaque année.
Même si l’IA peut produire des contenus visuellement impressionnants, capables de rappeler des licences comme NBA 2K ou EA Sports FC, cela ne suffit pas. « Créer un hit de cette ampleur est une tout autre affaire », explique-t-il. Il précise que cela nécessite « de l’implication humaine et de la créativité ».
Enfin, le PDG rappelle une limite fondamentale de ces technologies. Selon lui, l’intelligence artificielle repose sur des données passées et reste donc « tournée vers le passé par définition ». Une caractéristique qui, à ses yeux, empêche l’IA d’atteindre le niveau d’innovation nécessaire pour concevoir des expériences majeures comme celles proposées par les plus grands jeux du marché.
Ces dernières semaines, Strauss Zelnick avait déjà partagé sa vision concernant l’IA. Il avait notamment déclaré que « en ce qui concerne spécifiquement GTA 6, l’IA générative n’a absolument aucun rôle dans ce que construit Rockstar Games. Leurs mondes sont faits à la main« .
Rappelons que ce titre particulièrement attendu de Rockstar Games sera disponible sur Xbox Series X|S et PS5 à partir du 19 novembre 2026.