Test – Neva – Prologue – Une parenthèse onirique…trop vite refermée

Paru fin 2024, Neva nous avait profondément bouleversés et séduits. Avec son esthétique aquarelle, sa poésie mélancolique et son récit émouvant, Nomada Studio avait signé une œuvre marquante. Forts de ce succès, les créateurs (également à l’origine de Gris) reviennent avec Neva Prologue, un DLC proposé au prix doux de 2,99 euros et publié par Devolver Digital. Comme son nom l’indique, ce prologue se déroule avant les événements du jeu principal et raconte la première rencontre entre le louveteau Neva et l’héroïne Alba. C’est donc avec enthousiasme que nous avons replongé dans l’univers de Neva pour découvrir les prémices de cette relation aussi belle qu’inattendue. Reste à savoir si cette extension parvient réellement à prolonger l’émotion.
La naissance d’un duo fragile et émouvant
Notre aventure débute avec l’héroïne Alba, reconnaissable à sa fameuse cape rouge, alors qu’elle chemine dans une nature luxuriante et paisible. Attirée par un papillon blanchâtre et lumineux, elle s’amuse à le suivre et ne tarde pas à en découvrir toute une nuée. Peu à peu, elle s’enfonce dans une végétation qui se fait plus rare et plus sinistre, l’amenant jusqu’à des marais sombres. Un changement de décor des plus inquiétants dans lequel elle avance désormais avec prudence.
Soudain, les premières menaces surgissent sous la forme de silhouettes noires aux visages blancs, qui se mettent en travers de sa route et l’attaquent. Alors que la terre elle-même paraît corrompue, la nature devient hostile avec des tentacules qui jaillissent du sol et qui cherchent à l’agripper. Elle ignore encore que ce combat n’est qu’un prélude à une rencontre qui va bouleverser sa destinée, car une présence presque imperceptible semble l’appeler…

Une direction artistique toujours aussi envoûtante
Dès les premières minutes, on retrouve avec plaisir la “patte” visuelle de Nomada Studio. Les décors façon aquarelle jouent avec des formes géométriques simples, au style épuré, presque minimaliste, et sublimées par des teintes douces et colorées. Cette direction artistique, fidèle à l’esprit du jeu original, mêle beauté, nostalgie, mystère et danger, offrant de jolies séquences contemplatives que l’on admire, telles des peintures, et qui rappelle pourquoi l’univers de Neva marque autant le joueur.

De plus, la bande-son, elle aussi, reste un pilier de l’expérience. Les compositions musicales sont superbes, à la fois sensibles, efficaces et tristes, voire lyriques. Elles s’adaptent parfaitement aux lieux traversés et aux émotions ressenties. Elles tissent ainsi un fil invisible reliant chaque scène, renforçant l’immersion et la puissance narrative.
On découvre également trois environnements inédits et quelques ennemis qui diffèrent, dont des chauves-souris explosives ou encore un rival à attaquer par-derrière, ainsi que des variantes de boss, mais sans être non plus trop tape-à-l’œil. L’ensemble reste cohérent, mesuré et poétique.
Un gameplay maîtrisé, mais sans surprise
Comme dans l’aventure principale, le DLC nous propose deux modes de jeu : un mode aventure, pour un défi équilibré, ou un mode histoire, plus accessible, où mourir est impossible et dont les défis sont légèrement plus faciles.

D’ailleurs, celles et ceux qui ont déjà terminé Neva retrouveront vite leurs repères, les mécaniques de gameplay étant identiques : attaques à l’épée, dashs, piqués aériens, sauts et doubles sauts pour atteindre des plateformes, sans oublier l’activation de totems pour révéler de nouveaux passages. De plus, les trois fleurs de vie, que l’on régénère aux fontaines, ainsi que la possibilité de regagner de la santé en enchaînant les coups sans se faire toucher sont toujours de la partie quand on joue en mode aventure.
Cependant, en dépit de l’intensité de ce DLC, celui-ci peine à proposer de réelles nouveautés, ce qui crée une impression de déjà-vu malgré ses qualités artistiques, atténuant de ce fait l’impact émotionnel pourtant au cœur de l’expérience. Seuls quelques précieux moments sortent du lot, ceux où l’on porte Neva et où l’on ressent pleinement sa fragilité.

Quant aux adversaires, les monstres obscurs aux masques blancs, évoquant, une fois de plus, les créatures du Voyage de Chihiro de Miyazaki, sont eux aussi de retour avec les quelques ajouts mentionnés précédemment. Les habitués vont donc retrouver les mêmes réflexes : vitesse, timing, précision et enchaînements. La seule véritable surprise vient d’une difficulté, légèrement relevée à laquelle on ne s’attendait pas, avec des défis plus exigeants, mais cela plaira toutefois aux joueurs en quête de challenge.
Une expérience trop courte pour marquer durablement
En fonction du mode de difficulté choisi et du temps consacré à compléter les défis cachés, Neva Prologue se boucle en environ une heure et demie pour les plus aguerris et jusqu’à deux-trois heures maximum pour les autres. Une faible durée de vie, certes cohérente avec son prix, mais qui nous laisse une certaine frustration et donne un goût d’inachevé. Bien que le scénario éclaire un moment fondateur de la relation, il reste léger et sans réelle surprise. Il ne procure pas autant d’impact émotionnel que l’aventure initiale qui reste, selon nous, inégalée.

Neva Prologue est disponible depuis le 19 février sur Xbox Series X|S, PlayStation 5, Nintendo Switch et PC.
Testé sur Xbox Series X
Le Bilan
On a aimé
- La direction artistique
- La rencontre entre Neva et Alba
- La bande sonore
- Les défis plus relevés
On a moins aimé
- La durée de vie trop courte
- Le gameplay peu évolutif
- Peut sembler dispensable
Conclusion du test de Neva – Prologue
Neva Prologue offre un contenu additionnel agréable, qui parvient à raviver l’émotion et prolonge un peu la magie le temps d’un joli moment suspendu. On y retrouve la beauté, la mélancolie, la poésie et l’intensité d’une rencontre touchante dans des décors façon aquarelle, qui ont fait la force de Neva. Le tout est sublimé par une bande-son toujours aussi magnifique, mais les défis sont ici plus exigeants. Toutefois, le gameplay peu évolutif et surtout la faible durée de vie nous laissent une sensation d’inachevé, comme si l’on refermait un livre trop tôt. Un prologue certes honnête pour quelques euros, mais une aventure trop courte qui aurait mérité d’être étoffée pour marquer durablement, c’est tellement dommage.