Test – Gloomy Eyes – Un conte macabre original, envoûtant et poétique

Très Tim Burtonesque
Si vous êtes en quête d’une expérience atypique, Gloomy Eyes vous ouvre les portes d’une aventure où magie et ténèbres s’entrelacent. Développé par le studio belge Fishing Cactus, édité par Untold Tales S.A et coproduit par ARTE France, Atlas V, Be Revolution Gaming et 3DAR, ce titre envoûtant débarque le 12 septembre sur Xbox Series X|S, PlayStation 5, Nintendo Switch et PC.
Issu d’un court métrage coproduit par ARTE et conté avec talent par Tahar Rahim, que l’on vous invite vivement à découvrir, https://www.arte.tv/digitalproductions/gloomy-eyes-the-game/ Gloomy Eyes mêle plateforme et réflexion dans un voyage entre deux mondes, celui des vivants et celui des morts. Au cœur de cette dualité, une histoire d’amour improbable, sombre et poétique, portée par une direction artistique saisissante et une narration qui vous hantera jusqu’à la dernière scène. Une expérience aussi étrange que magnifique… à vivre les yeux grands ouverts, même dans la pénombre.
Le monde d’après…
Gloomy Eyes nous immerge dans un monde privé de soleil, où l’astre, lassé par la bêtise humaine, s’est éclipsé pour de bon. Désormais, les ténèbres règnent sur chaque parcelle de la Terre, plongeant la planète dans une obscurité sans fin. C’est dans ce crépuscule éternel que les vivants sont en conflit avec les morts, condamnés à une lutte impitoyable contre eux.

Jamais l’un sans l’autre !

Dans Gloomy Eyes, on alterne donc entre les deux âmes opposées que sont Gloomy, le zombie solitaire, et Nena, l’humaine intrépide et espiègle. Reliés par les fils invisibles du destin, ils forment un duo inattendu, mais parfaitement complémentaire. Ainsi, le gameplay repose sur une mécanique de self-coop ingénieuse, où la force brute de Gloomy s’allie à la vivacité d’esprit de Nena. Pour cela, il suffit d’appuyer sur la touche Y pour passer de l’un à l’autre, rendant la prise en main intuitive et fluide. Ensemble, ils doivent conjuguer leurs talents pour franchir les obstacles, déjouer les pièges et combler leurs carences respectives pour progresser.

Gloomy, en tant que zombie, craint la lumière et doit avancer dans l’ombre. Armé d’un simple caillou, d’une brique ou d’un morceau de bois, il détourne les projecteurs qui lui barrent la route. Grâce à sa force, il peut aussi déplacer des objets imposants et se frayer un chemin sans crainte parmi les morts-vivants, ses semblables. Mais, il doit faire attention aux humains, qui sont toujours à l’affût et qui le pourchassent. Nena, quant à elle, est l’intelligence vive du duo. Agile et rusée, elle traverse les faisceaux lumineux sans risque, grimpe aux échelles et aux lianes, bondit d’un rebord à un autre ou se faufile dans des passages étroits. Mais, sa condition humaine la rend vulnérable et elle doit fuir les créatures, zombies et monstres tapis dans les ténèbres.
Sans prétendre révolutionner le genre, Gloomy Eyes s’appuie sur une mécanique classique, mais bien maîtrisée. Chaque monde dissimule des souvenirs à collecter, fragments d’un passé enfoui, qui viennent étoffer la narration avec subtilité. Grâce à une option de caméra libre (à activer dans le menu), le joueur peut inspecter le moindre recoin, sous toutes les perspectives, des 14 niveaux que compte l’aventure, découvrant ainsi les points d’intérêts et les cheminements possibles. La progression repose sur la résolution d’énigmes qui nécessitent l’alternance entre les compétences uniques de Gloomy et Nena. L’expérience, sans complexité superflue, laisse toute la place à l’ambiance et aux émotions, qui constituent les véritables piliers de ce titre, comme nous allons le découvrir.
Une DA somptueuse et une poésie d’outre-tombe poignante

Gloomy Eyes nous séduit par son univers fantasmagorique et son esthétique somptueuse de toute beauté. Les décors, minutieusement travaillés, regorgent de détails et jouent subtilement avec les effets de lumière, créant une atmosphère lugubre et délicieuse, digne des plus belles œuvres de Tim Burton. Squelettes, araignées effrayantes, fantômes et revenants peuplent ce royaume et chaque niveau nous entraîne dans un monde qui est bourré de charme. L’ambiance sonore est également une belle réussite, avec des bruitages sinistres convaincants, comme ceux d’une maison hantée le soir d’Halloween, ce qui renforce avec brio l’immersion.

Par ailleurs, les énigmes sont bien pensées et mêlent observation, logique et déduction grâce à des puzzles accessibles, qui s’intègrent à merveille au récit. Sachant que Gloomy ne peut pas avancer sans Nena, et inversement, cette complémentarité touchante donne au jeu une dimension stratégique intéressante et également émouvante. Il va falloir fouiller les décors pour dénicher des clés, activer des plateformes, retrouver des fusibles pour remettre en état de marche des machines. Ces séquences de réflexion renforcent le dynamisme de ce duo improbable et invitent le joueur à utiliser au mieux les aptitudes de ces deux protagonistes.

La narration est portée par une voix en VOST convaincante et le récit nous happe dans une fable immersive, oscillant constamment entre ombres et lumières. La trame narrative, empreinte de poésie, procure de belles émotions et aborde avec justesse des thèmes forts et universels, tels que la différence, le deuil, l’amour ou bien encore la solitude. Chaque scène s’impose comme un conte, dans lequel l’aventure se teinte de mélancolie et les ténèbres deviennent le théâtre d’une étincelle fragile, mais obstinée, qui lutte pour exister.
L’étreinte des ombres

De plus, à certains moments, le placement de la caméra manque de précision, rendant la lisibilité de l’action et du personnage plus délicate. Toutefois, ces petits désagréments n’entachent pas l’expérience et aucun bug majeur n’est venu perturber notre progression.
Enfin, l’aventure se boucle en 5 à 6 heures seulement. Cependant, chaque niveau est rejouable, offrant l’occasion de récupérer les collectibles loupés ou de débloquer des succès additionnels.
Testé sur Xbox Series X, code fourni par l’éditeur
Coup de coeur de la rédac !
Le Bilan
On a aimé
- L’univers macabre à la Tim Burton
- La direction artistique
- Les personnages attachants
- Le récit immersif et poétique
- Les énigmes
- L’ambiance sonore
On a moins aimé
- Quelques bugs de collision
- Le manque de précision de la caméra
- La durée de vie
Conclusion du test de Gloomy Eyes
L’obscurité n’a jamais été aussi séduisante !
Gloomy Eyes est une pépite surgit des ténèbres, un conte interactif qui nous entraîne dans un univers à la fois sombre et envoûtant, digne des plus belles rêveries burtonniennes. Visuellement somptueux, le jeu tisse une histoire singulière entre un jeune zombie mélancolique et une fillette humaine pleine de vie, incarnant à merveille la dualité entre lumière et obscurité. La direction artistique magnifique sublime cette dualité avec une esthétique qui nous happe dès les premiers instants, au point que l’on a bien du mal à lâcher la manette ! Les énigmes, disséminées avec justesse, apportent rythme et profondeur à l’aventure. Et, même si quelques bugs mineurs viennent parfois troubler l’expérience, ils ne ternissent en rien le charme de cette œuvre poignante et poétique, qui va vous en mettre plein les yeux ! Une expérience rare, étrange et envoûtante, à ne pas laisser filer dans l’ombre !
la DA a l’air magnifique, de temps en temps ça peut faire du bien un jeu de ce genre , encore faut-il trouver le temps mais je peux être client.
Par contre est-ce normal que l’on ne puisse pas agrandir les captures?