Publicité

Test – Suikoden I&II HD Remaster Gate Rune and Dunan Unification Wars- Les deux étoiles du J-RPG

Test – Suikoden I&II HD Remaster Gate Rune and Dunan Unification Wars- Les deux étoiles du J-RPG
Le 5 mars 2025
Le 5 mars 2025

216 étoiles, ça fait tout de même pas mal de constellations !

Partager cet article :

Sous des cendres presque éteintes, les braises d’une saga oubliée subsistent encore. Licence de renom et franchise majeure de Konami, Suikoden a marqué les joueurs en proposant un concept alors inédit au sein d’un J-RPG : le recrutement d’une centaine de personnages dans son équipe. Depuis, la flamme a bien tenté d’être ravivée avec son successeur spirituel, Eiyuden Chronicles : Hundred Heroes, sorti au printemps 2024 et disponible dans le GamePass. D’ailleurs, de nombreux anciens des premiers opus (dont Yoshitaka Murayama) ont fait partie du voyage sous une bannière indépendante via un Kickstarter qui a été plus que plébiscité. Mais, cette fois, le souffle vient de Konami qui présente le remaster des épisodes fondateurs, considérés par beaucoup comme des légendes du J-RPG.

La société japonaise a pris son temps puisque ce remaster a été annoncé pour la première fois en 2022. Après avoir subi moult reports, il débarque enfin, ce 6 mars 2025. Le premier épisode fête aujourd’hui son trentième anniversaire. L’occasion parfaite pour conquérir les joueurs et raviver la nostalgie ?

Jowi Tir Joli Tir !

C’est bien par son histoire, inspirée d’un roman chinois du 14ème siècle, “Au fil de l’eau” ou “Au bord de l’eau”, que se distingue Suikoden. Ce roman raconte comment une centaine de personnes, venues de tous horizons et issues de toutes classes sociales, s’unissent pour se révolter contre le pouvoir en place corrompu. Reprenant ce fil conducteur, le scénario du jeu a le bon goût d’offrir une aventure loin d’être manichéenne, où la guerre sévit en toile de fond, accompagnée de son lot d’horreurs, de sacrifices et de trahisons.

Le premier opus narre l’histoire de Tir McDohl, fils de l’un des six généraux de l’empire de la Lune Écarlate, qui se voit très vite assigner une mission pour le compte de l’empereur. C’est avec le désir de faire ses preuves et accompagné de Ted, son ami d’enfance, qu’il remplit ses premières missions, découvrant une réalité moins reluisante que ce que lui laissait entrevoir sa vie au sein de la capitale. L’une de ces missions impose à Ted d’avoir recours à un pouvoir interdit pour la mener à bien et sauver le groupe. Ce mystérieux pouvoir est issu de la rune “mangeuse d’âmes”, qui semble attiser bien des convoitises, et en premier lieu celle de l’empire. Pourquoi ? Qui est vraiment Ted ? Alors que ces questions se bousculent, Tir rejoint petit à petit un groupe révolutionnaire, l’Armée de Libération, dont il deviendra le chef pour lutter contre l’empire.

Moi qui croyais qu’il s’agissait simplement d’un capitaine pirate…

Le second épisode a pour trame les conséquences de cette histoire, puisque le conflit se propage aux états voisins. Les cités-états de Jowston et de Highland viennent de signer un traité de paix et, alors qu’il est prévu que Riou et Jowy, membres du corps armée de Highland, regagnent leur foyer, voilà qu’une attaque surprise a lieu. Bien entendu, cette embuscade est menée par leur propre camp et non par celui de l’adversaire, ce qui va là encore bouleverser leur destin.

Le fameux Luca Blight

Au-delà des intrigues, et sûrement dans un désir d’exporter le titre hors des frontières du Soleil Levant et de plaire au plus grand nombre, des ingrédients de la fantasy ont été intégrés à l’histoire : kobolds, elfes ou encore nains rejoignent ainsi les rangs de la révolution.

Nostalgiques de Suikoden premier du nom, oubliez le dictionnaire en table de chevet pour profiter de l’histoire, cette sortie s’accompagne d’une traduction française en bonne et due forme. Le deuxième épisode, de son côté, avait déjà bénéficié à l’époque d’une traduction dans nos contrées, il n’y a donc pas de surprise de ce côté là. Dans un souci de confort, ce remaster profite également d’un historique des conversations les plus récentes, avec la possibilité d’épingler celles de votre choix.

Ô ma belle étoile

Comme les compétences seules de nos héros ne vont pas suffire, il va falloir bien s’entourer et recruter en se lançant dans la quête des 108 étoiles, caractéristique majeure de la série. En effet, chacun de nos alliés potentiels est placé sous le signe d’une étoile, qu’il faut unir aux autres puisque, ensemble, elles sont en capacité de changer le destin. Comble du hasard, le groupe va se réunir au sein d’une forteresse qui est, bien entendu, située au bord de l’eau comme une certaine légende chinoise.

Le château du Lac Toran où la base du premier épisode, c’est un peu l’aiguille de Tir McDohl

Il y a de quoi se laisser gagner par le syndrome de la collectionnite aiguë, tant la galerie de personnages est éclectique et offre des visages et des noms qui résonnent au-delà de ces deux aventures. Que ce soit pour le plaisir de la découverte, pour glaner quelques lignes de dialogues supplémentaires, pour s’offrir des possibilités de combats ou tout simplement pour découvrir la bonne fin du jeu, il y a plein de bonnes raisons de passer beaucoup de temps dans cette recherche.

L’ajout de décoration dans les bains de notre forteresse est toujours de très bon goût

Généralement, le recrutement de l’un de ces héros n’est pas bien difficile. Le modus operandi est même plutôt grossier puisqu’une simple rencontre avec eux suffit à ce qu’ils se joignent à l’armée sans autre forme de procès. Cela doit être l’effet “héros/camp du bien/ viva la revolución”… Il existe bien des conditions particulières à remplir ici-et là, mais cela reste relativement simple. Toutes ces nouvelles recrues ne sont pas forcément des combattants et ajoutent aussi des éléments bienvenus à la forteresse : boutiques, agrandissement de la base, fonctionnalités telles que la téléportation, ou simplement lignes de dialogues… Il y en a pour tous les goûts.

La guerre, c’est pas cool !

Géopolitique oblige, outre l’exploration, le gameplay se décline principalement en affrontements à l’échelle locale ou globale, couvrant ainsi les intrigues personnelles de nos héros et de leur destin qui les dépasse.

La plupart du temps, c’est au sein d’une escouade de six personnages que se déroule l’action. La formule reprise est alors l’une de celles, classiques, du J-RPG au tour par tour, où l’on gère une petite équipe et où chaque unité agit en fonction des desiderata du joueur.

L’une des particularités du système de jeu est que ces affrontements s’organisent sur deux lignes de trois cases, représentant l’avant-garde et l’arrière-garde. Les personnages du groupe sont classés en catégorie selon leur capacité à interagir avec la ligne de front ou celle en soutien. Ainsi, un personnage avec une portée de catégorie C, à l’allonge limitée, n’attaque que l’avant-garde, tandis qu’un personnage de catégorie longue portée ne peut s’attaquer qu’à la ligne du fond.

C’est du classique de chez classique

La magie est aussi de la partie et s’utilise via un système de runes à équiper. Les PM sont remplacés par un nombre d’actions possibles en fonction du niveau de puissance des sorts. Ainsi, un sortilège majeur ne peut être lancé qu’une seule fois. Bien entendu, le nombre d’utilisations de ces magies ainsi que les sorts alloués évoluent en fonction du niveau du personnage et de son affinité avec la magie. C’est un poil confus au début, mais à l’usage on s’y fait.

Enfin, dernière action dans notre panoplie, la commande unir qui permet d’exécuter, en fonction de l’affinité des membres de votre escouade, des combos jusqu’à quatre personnages. C’est souvent l’occasion d’infliger des dégâts importants tout en profitant d’animations sublimes et, très vite, on se met à rechercher les synergies et à découvrir les différents effets de ces attaques groupées. Encore une bonne raison d’attraper toutes les étoiles !

Un exemple d’attaque groupée, celle-ci se nomme “L’attaque des potes”

Petit bémol à noter cependant, le déroulé de l’histoire impose souvent des personnages à notre groupe, ce qui sert le propos, mais bouleverse pour un temps l’équilibre de l’équipe constituée. Surtout que cet équilibre ne peut être rétabli qu’en se rendant à la forteresse, seul endroit où l’on peut échanger les membres de l’équipe. Allers-retours, nous voilà !

Néanmoins, dans un souci de préservation de temps, ce remake intègre désormais un indispensable de la quality of life sur l’ensemble des remakes/remasters, à savoir la possibilité d’accélérer les combats, et même de passer en pilote automatique (bien que, dans ce mode, les personnages fassent fi de toute stratégie et se contentent d’attaquer de manière continuelle et aléatoire les ennemis…).

Cela simplifie bien entendu la montée en niveau, sans pour autant complètement transformer l’expérience d’origine. En effet, Suikoden compartimente la progression des personnages en fonction de l’avancée dans l’aventure. L’expérience gagnée par le groupe atteint un palier très net en fonction des zones rencontrées, ce qui maintient toujours un relatif équilibre entre le niveau des ennemis et celui de l’équipe. Les amateurs de grind pourront en être frustrés, mais le bon point c’est que ce fonctionnement permet à des personnages en retard de se mettre rapidement à niveau pour revenir à celui de leurs comparses. Pour ce qui est des combats aléatoires, sachez que leur fréquence est modérée et qu’ils ne se montrent pas trop envahissants.

Les deux autres parties des combats s’organisent autour de grandes batailles, qui concluent généralement un chapitre, ou de duels. Quelle que soit la configuration retenue, le principe reste le même, c’est-à-dire un “pierre-papier-ciseaux” qui s’adapte en fonction des configurations. Dans le cas des batailles rangées, la stratégie repose sur l’utilisation de chaque type d’unités bénéficiant d’avantages par rapport à d’autres. Les duels, quant à eux, se basent simplement sur trois actions : l’attaque, la défense et l’attaque désespérée. Il faudra “lire” les intentions de votre adversaire, exercice de mentalisme pour les nuls s’il en faut. Bien entendu, le second épisode bonifie ces phases de gameplay en apportant de nouvelles possibilités d’actions, notamment lors des batailles armées qui changent de logique pour adopter une approche plus orientée tactical.

Le visuel des batailles entre les armées n’est peut-être pas le meilleur représentant de ce remaster...
“Attaque-moi de toutes tes forces, Tir car je suis vraiment méchant et je prépare mon coup spécial !”

The sound of Revolution

Impossible de comparer le travail réalisé sur Dragon Quest III HD-2D Remake, bien qu’on retrouve ici cette volonté semblable de conserver l’identité graphique du titre tout en la modernisant. Certains, à raison, mettront en avant que, dans un cas, il s’agit d’un remake, contre un simple remaster ici. Lors de sa sortie en 1995 sur la récente PlayStation, console de 32-bits, Suikoden prenait le contrepied des premiers RPG en 3D en affichant, de son côté, une 2D charmante et en revendiquant clairement l’ADN de l’ère précédente. Suikoden deuxième du nom a ensuite marché dans les pas 16-bits de son aîné, en affinant sa direction artistique. Cela explique peut-être pourquoi les tableaux ont moins vieilli…

Cette réédition n’est pas complètement nouvelle puisqu’elle se base sur le code source de la version PSP, sortie en 2006 au Japon, compilation réunissant les deux opus et n’étant pas parue en dehors des frontières de l’archipel nippon. Malgré ce socle commun et d’éventuelles craintes de paresse des développeurs, on note ici un travail certain par rapport à la mouture précédente. Il suffit, pour s’en convaincre, d’effectuer les éternels comparaisons avant/après.

Ce qui interpelle le plus, c’est le lissage important des environnements visibles lors de la partie exploration. Ce lifting HD a fait perdre ce grain particulier au jeu 16-bits et l’a aplati, tout en mettant en évidence la faible possibilité d’interaction avec les décors. La dimension exploration en prend donc un coup car il y a bien, ici et là, quelques objets cachés, mais la majorité de vos trouvailles sont là sous vos yeux, dans des coffres clairement mis en évidence. De même, certains décors font apparaître des similitudes pouvant lasser à la longue, donnant parfois cette impression de parcourir en boucle les mêmes couloirs au sein des mêmes donjons. Il n’en demeure pas moins, au global, un plaisir et une richesse des lieux et des voyages.

Soulignons également, le travail effectué sur les plans de caméras lors des combats en escouade, puisque la vue de dessus se trouve supplantée par une vue de côté, ce qui procure un dynamisme certain aux affrontements. De même, les animations sont sublimes, les sprites lors de l’exécution des sortilèges ou des attaques groupées sont tout bonnement magnifiques.

Chaque lieu a vraiment une ambiance qui lui est propre.

La direction artistique s’écoute aussi. En effet, comment ne pas être sensible aux partitions de Miki Higashino, qui a créé de très nombreux thèmes joués tout au long de l’aventure ? Ces derniers sont variés, collent parfaitement à l’ambiance et, surtout, font voyager. Que ce soit dans ses thèmes principaux ou pour des moments plus anodins, comme tout bonnement aller au village des nains, dans la forêt des elfes ou visiter le moindre endroit, chaque environnement bénéficie de sa musique. Cela contribue à forger une véritable identité à l’œuvre.

Sa place est dans un musée ?!

Fallait-il que Konami ressorte cette compilation ? La réponse est oui ! Même si elle est loin d’être parfaite, celle-ci permet de (re)découvrir des titres qui sont des incontournables du J-RPG. Le temps a fait son œuvre et il faut être conscient que les années ont apporté de la lourdeur sur les mécaniques du titre. Florilège de quelques sujets d’agacement. En premier lieu, les aller-retours incessants entre notre base et les régions explorées pour changer un membre du groupe et profiter des compagnons de notre choix. Soulignons aussi la gestion des sauvegardes manuelles uniquement possibles dans des lieux choisis. Et, pour finir, la gestion de l’inventaire limité qui oblige, par exemple, à transférer des objets d’un personnage à l’autre pour bénéficier de la possibilité de l’en équiper. Idem pour les magies via les runes qui nécessitent de retourner chez un marchand pour s’en équiper. La structure du jeu reste ancienne et ces défauts mineurs entachent une expérience qui aurait pu être un peu plus fluide dans sa globalité.

Hmm, ce point de sauvegarde m’a l’air bien suspect… Est-ce qu’il y aurait un combat difficile qui m’attend ?

Dans une volonté de s’ouvrir au plus grand nombre tout en proposant un défi aux puristes, cette version se pare de modes de difficulté. Enfin, elle s’agrémente de bonus indémodables, que ce soit pour visionner à l’envie les cinématiques, plonger dans des galeries ou réécouter les thèmes musicaux.

Testé sur Xbox Series X

Le Bilan

On a aimé 

  • La quête des 108 étoiles, marque de la franchise
  • La “jolie” direction artistique…
  • Les thèmes musicaux nombreux et variés
  • Une traduction française pour Suikoden premier du nom, enfin !
  • Xbox Play Anywhere
  • … avec un lifting peut-être trop prononcé
  • Une lourdeur générale qui pourrait heurter

Conclusion du test de Suikoden I & II HD Remaster Gate Rune and Dunan Unification Wars

Les licornes libérées
C’est sur les ruines de sa série que Konami bâtit un nouveau chapitre de sa saga Suikoden. Est-ce que c’est une révolution ? Non, simplement une révolte, bien loin de ce qu’elle devrait être. Il s’agit d’une remise au goût du jour, légère mais suffisante pour embarquer de nouveaux joueurs avec elle, reconquérir les anciens et attiser la flamme pour un concept qui mérite de poursuivre sa légende.

Dognote
Perdu quelque part dans la boucle infinie d’un roguelite, ou échappant (ok, essayant d'échapper) au courroux d’un boss grâce à une roulade salvatrice, ou encore en quête de la prochaine mini‑médaille cachée dans un recoin improbable… Qui sait où l’aventure nous mène vraiment ?
Partager cet article

Suikoden I & II HD Remaster Gate Rune and Dunan Unification Wars

Date de sortie : 06/03/2025

commentaire

0 Commentaires
Accueil » Tests » Test – Suikoden I&II HD Remaster Gate Rune and Dunan Unification Wars- Les deux étoiles du J-RPG