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Test – Battlefield : Bad Company 2

Test – Battlefield : Bad Company 2
B
Par
Le 15 mars 2010
Le 15 mars 2010

Entreprise de démolition SARL

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Je suis plus ou moins caché derrière un abri de fortune qui s’émiette à chaque impact qu’il reçoit, tout n’est que fureur et cris autour de moi. Je sors une partie de ma tête rapidement hors de ma cachette pour repérer les ennemis en espérant ne pas recevoir une balle perdue, j’en vois un plus haut qui essaie de prendre de la hauteur. Je pivote sur mon genoux et épaule mon XM8, le viseur point rouge de ma lunette le cible directement.

Malgré la sueur qui perle de mon front, j’ai le temps d’apercevoir son visage, qui même sans le vouloir, restera gravé dans ma mémoire, comme tous les autres avant et après lui. Un visage sali par les explosions et la poussière comme le mien, produisant une expression difforme que seules l’adrénaline et la peur de mourir peuvent produire. Il me voit et me vise. J’appuie rapidement sur la gâchette, en quelques centièmes de seconde se déclenche un mécanisme vieux d’une centaine d’années, que les milliards de dollars engloutis dans l’armement ont rendu de plus en plus efficace et meurtrier : le percuteur vient taper dans l’amorce d’une munition de 5,56mm dont la charge de poudre explose et projette la balle dans le canon rayé. Pendant que cette balle file à la vitesse mortelle de 950m/s vers sa cible, le gaz produit par l’explosion réarme le percuteur, éjecte la douille dans un léger nuage de fumée et replace une autre munition dans la chambre de tir. Aussitôt, mon doigt, comme guidé d’un instinct que les centaines d’heures d’entraînement ont rendu automatique, re-presse la détente pour projeter une seconde balle dans le torse de mon ennemi qui s’écroule, comme terrassé par une force invisible.

J’ai à peine le temps de me relever et de courir tout en pensant qu’un jour, je serai peut-être à sa place -que j’y serais forcément-, qu’une énorme explosion fait voler en éclat tout un coin de maison derrière laquelle j’allais me protéger. Comme pour me punir d’avoir eu cette idée, je reçois des dizaines de débris en plein visage que mon bras protège à peine. Chancelant et désorienté, tout n’est plus que bruits étouffés et vision floutée, un peu de calme dans cet enfer. Je suis sorti brusquement de ce paradis tout relatif par un camarade qui me donne de quoi me remettre sur pied.

Deus Ex Machina

J’ai juste eu le temps de voir le responsable de mon état de faiblesse dont on sort rarement vivant : un char T-90 et son canon de 125mm, prêt à refaire feu sur notre position, s’il n’avait pas soudainement explosé grâce au bombardement inopiné d’un chasseur-bombardier allié guidé par un drone.

Moins de 10 secondes viennent de se passer.

Bienvenue sur le champ de bataille. Bienvenue… dans la Bad Company.

Multijoueurs : le cœur du jeu

Ce petit passage romancé est là pour résumer le cœur du jeu : le multijoueurs. Car oui, il ne faut pas se voiler la face, le véritable intérêt de Battlefield: Bad Company 2 est son multijoueurs absolument dantesque, prenant, passionnant et terriblement addictif. Au moins, les choses sont claires.

Charge de la cavalerie légère

Quatre modes de jeu sont disponibles : tout d’abord la nouveauté de ce BC2, la Ruée, qui consiste à détruire deux relais de communication, et ce trois fois dans la même partie. On a donc affaire à quatre cartes tout en longueur, qui s’agrandissent au fur et à mesure que les cibles sont détruites. C’est d’ailleurs une bonne idée cette nouveauté, elle permet de changer de la routine des modes de jeu en ligne habituels. Cela fournit en effet l’occasion de multiplier les possibilités tout au long de la partie, puisque la topographie du terrain évolue, les tactiques pour parvenir au but (défendre ou attaquer les relais) et les véhicules disponibles varient selon l’avancée dans la carte. Une belle diversité est donc au programme dans ce mode de jeu.

Le second est Conquête, un grand classique dans l’histoire des Battlefield. On est en terrain connu ici, puisqu’il s’agit de capturer des drapeaux -au nombre de 3- et d’en conserver la possession le plus longtemps possible pour gagner la partie. Ce mode est disponible sur quatre autres cartes, différentes du mode Ruée, en effet ici il est question d’un design plus classique, avec deux points de départ des équipes des deux côtés de la carte, équidistants des drapeaux. Ces dernières sont beaucoup plus denses et “bordéliques” que celles de Ruée, il faudra donc un temps d’adaptation plus long pour bien en cerner toutes les subtilités. Ne vous étonnez pas d’en découvrir encore après de nombreuses heures de jeu !

Pas le temps de faire trempette…

Les deux derniers modes versent plutôt dans les parties à équipe réduite. On a tout d’abord la Ruée en escouade, avec le même principe que le mode du même nom, mais en petite équipe : seules deux escouades (donc 2 x 4 joueurs) s’affrontent pour défendre et attaquer deux relais uniquement. Le second est le grand classique des FPS en ligne, un match à mort en escouade. Quatre équipes s’affrontent (ce qui nous donne 4 x 4 joueurs au maximum) pour être les premiers à avoir 50 victimes au compteur. Ces modes se jouent sur un mélange de 4 cartes venant aussi bien du mode Ruée que Conquête. Leur intérêt est quand même sérieusement en deçà de leurs “grands frères”, ici on oublie les grosses batailles épiques, les combats sont plus localisés et sporadiques.

Deux choses intéressantes sont à noter, on peut choisir la carte sur laquelle on veut jouer, ce qui est quand même agréable quand on en a assez de certaines. Pas mal de jeux devraient s’en inspirer ! L’autre concerne un mode extrême qui peut être activé pour chaque mode jeu. Comme vous devez forcément le deviner, ici ce n’est pas pour les petits joueurs, on meurt en quelques balles et le HUD est limité : on ne voit pas ses munitions, ni “la vie” restante des véhicules et encore moins le viseur de notre arme (ce qui est particulièrement handicapant pour le lance-grenade). Une bonne idée pour tous ceux qui ne trouveront pas assez de challenge dans le mode normal !

A noter que EA semble vouloir jouer au demi- bon samaritain, puisqu’à l’heure où sont écrites ces lignes, 4 cartes (2 en Ruée et 2 autres en Conquête) sont offertes dans la boutique du jeu à tout possesseur d’un code VIP. Ce dernier est inclus d’origine dans les jeux neufs (collector ou non). En effet, si vous cédez aux sirènes de l’achat d’occasion ou autre, vous n’y aurez pas droit.

Toute peine mérite salaire…

C’est devenu la mode depuis quelque temps, le mode multijoueur récompense les faits d’arme des joueurs par de nombreux items. Plus on utilise une classe (parmi Assaut, Ingénieur, Médecin et Eclaireur), plus on déverrouille de nouvelles armes et de capacités pour le soldat ou les véhicules. La diversité est bien présente, il faudra par exemple faire le choix entre un meilleur viseur pour son arme et la capacité de courir plus vite ou transporter plus de munitions. Ceci promet un système où tous les joueurs n’auront pas forcément les mêmes aptitudes, un peu de variété ne faisant pas de mal.

Etant donné que chaque classe a ses propres items à débloquer, la marge de progression est importante, pour absolument tout débloquer il faudra s’armer de patience. De nombreuses armes sont disponibles pour chaque classe, toutes ayant leurs avantages et inconvénients, ceci promet de longues heures d’intérêt, et on ne va pas s’en plaindre !

… surtout en jouant en équipe

Autant prévenir tout de suite, si vous êtes du genre à aimer les actions en solitaire, vous allez rarement prendre votre pied sur le multi de Bad Company 2. Bien sûr, il est parfois nécessaire de prendre les choses en mains soi-même, comme par exemple si le reste de l’équipe est occupé à défendre un point, vous pouvez aller semer la zizanie dans les rangs adverses en allant prendre un drapeau à l’autre bout de la carte tout seul.

Mon ami le blindé

Le reste du temps, il est clairement établi que la victoire ne sera vôtre que si vous travaillez en équipe. C’est pourquoi il est très fortement recommandé de faire partie d’une escouade (on peut même se demander pourquoi le jeu permet de choisir de ne pas en rejoindre une) qui peut aller jusqu’à 4 joueurs. En plus de pouvoir réapparaître près de n’importe quel membre de votre petite équipe au lieu du point de départ (ou d’un drapeau en “Conquête”), le fait de rester près de vos camarades vous permet de gagner beaucoup plus d’expérience. Si vous achevez un ennemi qu’un membre de votre escouade a “entamé”, vous gagnerez des points supplémentaires. Pareil dans l’autre sens, ou si vous sauvez un de vos collègues (aussi bien en éliminant un ennemi qui allait l’abattre ou en le réanimant), ou bien encore si vous êtes dans un véhicule avec un ou plusieurs soldats de votre groupe.

Esprit d'équipe

Le joueur est donc largement récompensé de son travail d’équipe, et c’est plus que nécessaire dans un tel jeu, où l’intérêt et le fun résident justement dedans.

Le solo, un tutorial géant pour le multijoueurs ?

C’est franchement ce qu’on pourrait penser une fois l’histoire terminée. On sent bien que le domaine de prédilection des gens de chez DICE est le multijoueur, et qu’ils ont encore des progrès à faire dans le domaine de l’aventure solo, surtout concernant la narration et rythme.

Où est Charlie ?

L’histoire se résume donc à une suite de missions se déroulant aux quatre coins du monde, dont les déplacements sont difficilement justifiés par le scénario assez convenu et déjà vu. On alterne entre des missions à pied, en véhicule, puis à pied, puis en véhicule à peine pour quelques mètres durant lesquels il ne se passe rien, puis encore à pied, etc… Chaque phase en véhicule est parfaitement expliquée, et l’on passe par tous ceux du multijoueur, excepté l’hélicoptère… Grosse déception sur ce point. Tout juste aura-t-on quelques séquences de gameplay où l’on sera l’artilleur du canon rotatif d’un Black Hawk, piloté par un hippie pacifiste sortant tout droit des années 70, juste là pour nous faire esquisser un sourire de temps à autre.

Et oui, car l’humour et la dérision présents dans le premier Bad Company sont aux abonnés absents de ce second opus, tout juste a-t-on quelques dialogues censés être drôles, mais à des années-lumière de ce que proposait le premier. On a vraiment l’impression que le jeu a les fesses entre deux chaises, ne sachant pas trop s’il doit tendre vers le sérieux et réaliste ou vers le burlesque et la dérision. Dommage.

Ce ne sont pas non plus les voix qui pourront relever le niveau et traduire les quelques paroles marrantes du jeu… Enorme catastrophe sur ce point, les voix françaises sont tout simplement horribles, mal jouées, mal choisies, avec une synchro labiale digne d’un doublage de film indien. Pour tout vous dire, aussitôt que je les ai entendues, je n’étais pas loin d’aller vérifier dans les crédits que ce n’était pas un nouveau chef-d’œuvre de Mozinor. On pourrait croire que le salut pourrait venir de la possibilité de mettre les voix en VO, ce qui aurait été le cas si le fait d’activer cette option n’engendrait pas une baisse drastique du niveau sonore des dialogues, qui deviennent inaudibles dès que les combats font rage autour de nous. Ca plus l’accent redneck et l’absence totale de sous-titrage (que ça soit anglais ou français), peu de joueurs utiliseront cette option qui était pourtant la bienvenue…

Severnaya ?

La mise en scène du jeu est assez mollassonne, comparée au rollercoaster géant qu’a pu nous faire vivre Modern Warfare 2 ; on n’arrive jamais à être happé par l’histoire, ni même à véritablement s’y intéresser… Les rebondissements sont prévisibles, puisque tout est d’un classicisme à faire peur.

Tout le monde a des bons côtés

Ne soyons tout de même pas trop négatifs, le solo a tout de même quelques bons côtés. Les armes sont variées, ce qui nous donne beaucoup de choix pour aborder les missions, et même plus que ça, n’importe quel passage dans les missions. En effet, ils ont eu la bonne idée d’inclure des caisses d’armes qui permettent de changer d’arme parmi toutes celles qu’on a pu récupérer sur les ennemis ou dans les niveaux.

Un bâtiment rasé, un !

La destruction, principale feature du jeu, est vraiment jouissive. On peut quasiment tout faire sauter à coup de lance-grenade (à privilégier), de grenades à main ou de lance-missile. Le mauvais côté de la chose fait que les bâtiments se ressemblent beaucoup et sont donc victimes de nombreux copier-coller de textures. On peut aussi se demander pourquoi on ne peut guère tirer à travers les murs, même les plus fins… Les explosions engendrant la destruction sont elles-mêmes d’une belle qualité, avec nombre d’effets de particules. En règle générale, tous les effets du jeu sont bien réalisés, d’un impact visuel et sonore percutant. On se croit vraiment au beau milieu du champ de bataille. Dommage cependant que la fumée qui découle de la moindre explosion masque la vue durant plusieurs dizaines de secondes. Particulièrement gênant lors des courses-poursuites, on passe son temps à conduire à l’aveuglette.

Jungle fever

Question graphismes, on est dans le haut du panier, même si certaines textures font un peu vieillottes et grossières (comme le sol) et l’aliasing très présent (surtout si l’on compare à la version PC). On passe aussi bien du moyen -les bâtiments par exemple- au superbe dont la meilleure représentation sont les niveaux dans la jungle. Dense, colorée, vivante, réaliste, c’est un réel plaisir de la traverser et de se battre dedans, en voyant les arbres tomber sous le coup des explosions (que de violence mes amis). En règle générale, tout est retranscrit de manière réaliste, aussi bien visuellement qu’en termes de logique.

On pourrait croire que le mode solo ne mérite pas que l’on s’y attarde, mais ce n’est pourtant pas le cas. Malgré tous ces défauts, on passe quand même de bons moments tellement les combats sont intenses et variés selon l’environnement. Certes, certains passages sont à oublier tellement ils sont inutiles et sans saveur (comme l’ultime passage du jeu, qui augure du meilleur et qui finalement retombe comme un soufflé raté), mais d’autres remontent le niveau.

Le Bilan

On a aimé 

  • le multijoueurs dantesque
  • l’esprit d’équipe
  • l’ambiance guerre massive et totale
  • les destructions encore plus destructives que dans le premier
  • l’énorme marge de progression en ligne
  • les voix FR (mais alors pas du tout)
  • le solo moyen dans son ensemble
  • moins d’humour et de sarcasme que dans le premier
  • l’aliasing un peu trop présent
  • certaines idées ne sont pas exploitées jusqu’au bout (destruction, utilisation des véhicules dans le solo…)

Conclusion du test de Battlefield: Bad Company 2

Online FTW
En résumé, Battlefield: Bad Company 2 souffle le chaud et le froid. Tantôt excellent et rempli de bonnes idées, tantôt sans saveur et sentant le réchauffé, il parvient néanmoins à nous tenir en haleine de nombreuses heures grâce à son multijoueurs quasi parfait. En tant que drogué et dépendant au online de Modern Warfare 2, j’ai trouvé -sans m’y attendre- un autre aspect du jeu en ligne, plus collaboratif et plus centré sur la fin que sur les moyens. On retrouve les vielles sensations des précédents Battlefield, et ce n’est pas pour nous déplaire. Passons rapidement sur le mode solo plus que dispensable, il ne servira que de préambule et de tutorial au multijoueurs qui est l’intérêt même du jeu. Ceci étant, si vous ne recherchez en priorité qu’une aventure solo, vous pouvez baisser la note d’un point. Notez également que de nombreux succès sont à débloquer en jouant (beaucoup) en ligne. Ne comptez donc pas non plus sur ce jeu pour faire gonfler votre gamerscore.

B
En tant que [développeur web->http://www.cmd-r.net], j'ai conçu les trois dernières versions du site. A côté, j'ai aidé à faire quelques tests et news à l'occasion. Si vous avez un souci avec le site, c'est moi qu'il faut contacter !
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Battlefield: Bad Company 2

Développeur : DICE
Éditeur : Electronic Arts
Date de sortie : 04/03/2010

13 commentaires

13 Commentaires
S
Snoop92220
15 mars 2010 5h08

Je les trouver très moyen, espérons que le medal of honor vera l’affaire !

B
baygonvert58
15 mars 2010 7h55

tout simplement une tuerie

C
Cactus
15 mars 2010 12h35

Le multijoueur est vraiment monstrueusement bon, j’en suis a 20 heures de jeu en ruée et je ne m’en lasse pas…. Du tres lourd!!

B
BUZZ
15 mars 2010 13h14

Le multi est excellent mais il est impératif d’avoir des potes compétent.

P
Pilote83
15 mars 2010 15h47

Moi également j’adore le multi qui est une tuerie, j’ai juste 2 petits repproches à lui faire ^^’ : 1) pas assez de maps pour les modes de jeu (5 maps c’est légé quand même, même si elles sont très grandes) 2) les maps du mode Ruée sont trop “couloirs”, elles étaient plus ouvertes dans BC1, c’est pourquoi je trouve plus mon bonheur dans le mode Conquête Sinon un très bon jeu multi, et solo que j’ai également adoré, il n’y a peut-être plus de comique de situation mais l’humour… Lire la suite »

B
BUZZ
15 mars 2010 16h46

Par contre une petite chose à rajouter dans les “on a pas aimé” : Les serveurs EA tout pourris et ce, depuis un peu trop longtemps maintenant.

dexo
dexo
15 mars 2010 17h06

En ce qui me concerne, c’est du tout bon. Le multi est vraiment bien pensé, mais c’est clair que ça peut être rageant quand on joue avec des incompétents qui ne protègent pas les relais de com. Seul GROS point noir sur le tableau qui me laisse un gout amer dans la bouche: le code VIP auquel je n’ai pas accès parce qu’il ne peut être utilisé que pour un seul compte sur la xbox. bref, je n’ai pas accès aux cartes supp. Si quelqu’un a une solution, je ne… Lire la suite »

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