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Test – The Stanley Parable : Ultra Deluxe – Jouer ou ne pas jouer : là est la question.

Test – The Stanley Parable : Ultra Deluxe – Jouer ou ne pas jouer : là est la question.
Le 4 mai 2022
Le 4 mai 2022

L’histoire sans fin.

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Échappé du studio berlinois Crows Crows Crows en octobre 2013, The Stanley Parable avait eu l’effet d’une petite bombe dans le monde du jeu vidéo indépendant. Critiques et joueurs PC avaient été pris de court par ce qui s’apparente, encore aujourd’hui, à l’une des propositions de titre narratif en vue à la première personne les plus “déstabilisantes”. Pour celles et ceux n’ayant pas eu la chance de s’y essayer à l’époque, le titre développé à partir d’un mod de Half Life 2 est désormais disponible sur Xbox dans sa version Ultra Deluxe. Veuillez l’essayer après avoir lu ce test, je vous prie…

Stanley s’épanouit dans son travail.

“Si vous m’entendez, c’est que je suis réel”

Une nouvelle journée au bureau débute pour Stanley, employé modèle numéro 427. Son travail consiste à taper sur les bonnes touches de son clavier, selon les indications transmises sur son écran. Malheureusement pour lui, tout ne se passe pas comme prévu aujourd’hui : son moniteur demeure désespérément vide. C’est à ce moment précis que Crows Crows Crows décide de nous placer dans la peau du jeune homme. À peine le seuil de notre bureau franchi, un “détail” bien plus inquiétant nous saute aux yeux : nos collègues ont tous disparu, laissant l’open space désespérément vide… Mais que s’est-il passé, et à qui appartient cette voix qui nous invite à suivre ses instructions ?

Si l’introduction de The Stanley Parable: Ultra Deluxe paraît bien nébuleuse, c’est pour mieux nous surprendre par la suite. Et sans rien dévoiler de l’aventure, il va sans dire que nous avons rarement été aussi perdus en parcourant un titre, et ce pour notre plus grand plaisir !

Plus que pour tout autre titre, rédiger un test s’avère particulièrement périlleux tant les différentes situations auxquelles nous faisons face condensent génie, absurdité et humour. Si l’on est tenté de faire un parallèle évident avec le second épisode de Portal (2011), en particulier par rapport à la place prépondérante d’une voix-off savoureuse, cette version Ultra Deluxe possède une identité qui ne ressemble à nulle autre pareille !

La notion de choix est au cœur du jeu.

Pour les nouveaux venus, il convient d’expliquer en quoi le titre offre une proposition si unique, le tout sans spoiler. Commençons par revenir sur ce qu’est une parabole. Selon Wikipédia, qui propose la définition la plus simple, il s’agit d’une “courte histoire qui utilise des événements quotidiens pour illustrer un enseignement, une morale ou une doctrine”. Ainsi, on nous pousse ici à réfléchir grâce à des idées toutes plus intelligentes et improbables les unes que les autres. En de nombreux points, le titre semble s’inspirer d’œuvres cinématographiques telles que The Truman Show (1998) ou Matrix (1999) qui interrogent les notions de libre arbitre, de choix et de contrôle.

En ce sens, la voix (anglophone) qui nous guide à travers les bureaux déserts semble être celle d’une intelligence artificielle dernier cri, tant ses réflexions sont souvent d’un naturel aussi désarmant que drôle. Elle cristallise à elle seule ce qui fait la finesse de cette œuvre, de par sa capacité à réagir et à narrer nos choix (face à deux portes par exemple) quasiment en temps réel et avec plus ou moins de légèreté. L’écriture de ce “monologue” du narrateur (notre personnage étant muet) est d’une qualité tout simplement bluffante ! En témoigne sa facilité à influer sur notre perception de l’environnement, ne serait-ce qu’en émettant un simple avertissement, fondé ou non…

Ceci peut contribuer à alimenter un sentiment de malaise qui atteint son paroxysme lors de plusieurs séquences assez anxiogènes au cours desquelles on se sent piégé, tel un rat de laboratoire dans un labyrinthe. Les propos et les sentiments troublants que peut parfois dégager ce narrateur nous rappellent que le titre n’est pas destiné aux plus jeunes. Un humour bien présent, décalé, surréaliste, proche du non-sens de l’œuvre cinématographique de Quentin Dupieux (Wrong, Réalité, Le Daim) vient désamorcer ce stress ponctuel mais sous-jacent.

Les développeurs ne peuvent être plus clairs.

Pour celles et ceux qui ont parcouru le titre à l’époque, cette mise à jour intègre des phases de gameplay supplémentaires (contenus, choix et secrets) et de nouvelles options d’accessibilité (mode daltonien, avertissements de contenus sensibles, etc…). Est-ce suffisant pour replonger dans la “parabole de Stanley” ? Si le jeu vous a marqué à l’époque : 100 fois oui ! Les séquences additionnelles prolongent le plaisir de la découverte, avec la même réussite que dans la version originale. Le tout pour un prix de 22€. Si la durée de vie moyenne peut varier de 4 à 5 heures selon la curiosité de chacun(e) et ce sans atteindre le 100%, le nouveau contenu se parcourt en un peu plus d’une heure. Clin d’œil appréciable : celles et ceux connaissant déjà l’aventure peuvent accéder aux nouveautés plus rapidement. Le tout en répondant à une simple question avant de lancer le jeu.

Pour conclure cette partie, au sein de laquelle nous avons tenté d’en dire un maximum sur le fond du jeu sans rien dévoiler, voici une dernière façon d’illustrer notre ressenti face à cette proposition artistique jusqu’au-boutiste. Si Death Stranding (2019) nous interrogeait notamment sur la sensation de frustration et de solitude, nous serions tentés d’assimiler The Stanley Parable: Ultra Deluxe à une jolie métaphore de la liberté et de ses limites, en particulier au sein de l’univers vidéoludique.

“The end is never the end is never the end…”

Le gameplay de cette réédition s’articule toujours autour d’un système de walking simulator et de “die and retry”, même si le fait de revenir à notre bureau 427 n’implique pas toujours de mourir. Chaque retour à la case départ nous offre de nouvelles possibilités dans notre quête de liberté.

Cette ligne nous indique le chemin à suivre.

À ce petit jeu, The Stanley Parable: Ultra Deluxe réussit là où beaucoup d’autres ont échoué : la sensation de redite est balayée d’un revers de la main par la créativité et l’ingéniosité des développeurs ! En indiquant clairement les nouvelles possibilités qui nous sont offertes, ces derniers nous évitent même les fameuses phases durant lesquelles on pourrait tourner en rond en vain.

La principale inconnue du titre réside dans sa « véritable fin”. Car il existe un bon nombre de “fins” et ces dernières nous ramènent toutes au point de départ, pour continuer de sonder les possibilités et surprises que nous offre le bâtiment. Autrement dit, la durée de vie du jeu dépend principalement de notre curiosité et de notre envie de tester tout ce qui peut l’être.

Mais une fois de plus, le talent de l’équipe de Crows Crows Crows nous pousse toujours à relancer une partie qui dure de 10 à 30 minutes environ. Le fait d’avoir le choix joue beaucoup dans le plaisir de jeu et s’avère aussi intéressant que la conséquence en elle-même.

Je parle donc je suis

Afin de profiter du doublage exceptionnel offert par Kevan Brighting (derrière la voix off), un bon niveau d’anglais est requis. Même si des sous-titres français sont proposés, la spontanéité et l’humeur du narrateur face à nos actions peuvent légèrement perdre en intensité à la lecture.

Un moment suspendu, parmi tant d’autres.

Comme le prouvent les différentes illustrations, la direction artistique de The Stanley Parable: Ultra Deluxe fait dans le minimalisme. Néanmoins, elle touche toujours au but en mettant uniquement l’accent sur ce qui doit être perçu. De quoi être en total accord avec le propos du jeu.

Le bâtiment au sein duquel nous errons possède néanmoins une âme à part entière. Sa froideur apparente, le sentiment de solitude qui s’en dégage et les secrets qu’il abrite participent à en faire un personnage à part entière tout à fait remarquable, comme a pu le faire Control (2019).

Test réalisé sur Xbox Series X (optimisé).

Le Bilan

On a aimé 

  • Le narrateur est déjà au panthéon du jeu vidéo
  • Le propos est d’une intelligence rare
  • La créativité et l’humour font mouche
  • Le prix est en phase avec la durée de vie
  • Les thématiques peuvent déconcerter
  • Les mécaniques de gameplay restent limitées

Conclusion du test de The Stanley Parable : Ultra Deluxe

Le choix est vôtre
Tout semble avoir déjà été dit sur The Stanley Parable. Cette version Ultra Deluxe nous permet d’ajouter une pierre à l’édifice. Véritable ode à la liberté, le titre nous rappelle avec beaucoup d’intelligence et d’humour que cette devise bien française s’applique difficilement au jeu vidéo sans être galvaudée. Il parvient ainsi à véhiculer des sensations inespérées, en empruntant des sentiers jusque-là méconnus : le libre arbitre et la désobéissance. Pour ce faire, l’équipe de Crows Crows Crows semble relever haut la main deux défis sur lesquels de nombreux studios se sont cassé les dents : faire de l’art et pousser à réfléchir avec peu de moyens. Chapeau bas donc, à un jeu qui peut se targuer d’être bien plus intelligent que la plupart des titres qui se présentent comme tels. Certes, il reste des questions sans réponse une fois la manette posée. Mais on a rarement eu autant de réponses sans se poser de questions. En un mot : enthousiasmant.

G
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The Stanley Parable : Ultra Deluxe

Éditeur : NC

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