Kingdom Under Fire : Circle of Doom
D’un ennui…
Plaçons les choses dans leur contexte: Kingdom Under Fire est une série qui a vu le jour sur la première Xbox avec Kingdom Under Fire : The Crusaders, un mix entre stratégie et combat qui avait réussi à trouver son public. Un an plus tard est sorti Kingdom Under Fire : Heroes, un épisode dans la droite lignée du précédent et c’est aujourd’hui que nous allons nous intéresser au nouvel épisode Kingdom Under Fire : Circle of Doom sorti en ce début d’année 2008.
Autant ne pas laisser le suspense durer trop longtemps, Kingdom Under Fire : Circle of Doom n’est pas vraiment ce qu’on pourrait appeler une suite. Certes l’univers reste plus ou moins le même mais la série emprunte cette fois un nouveau tournant en optant pour un beat’em all saupoudré de jeu de rôle.
Choix du personnage
On commence par choisir son personnage parmi les six proposés, et pour commencer l’aventure, mieux vaut examiner les caractéristiques de chacun d’eux afin de trouver chaussure à son pied. Chaque personnage dispose de compétences propres et d’aptitudes différentes. On a par exemple l’Elfe Celine qui est rapide mais plutôt faible physiquement à l’inverse du chevalier Kendal, le guerrier Regnier, le gros costaud idéal pour les attaques de mêlée ou encore l’ecclesien Duane, un peu moyen en tout et orienté vers les attaques à distance. Une fois cela fait, le jeu commence par un petit tutorial afin de prendre en main notre personnage et de connaître les différentes fonctions des boutons de la manette. Rien de bien surprenant puisqu’on peut utiliser armes et objets facilement à l’aide des boutons de couleurs et de ceux situés sur les tranches de la manette. Il sera par la suite possible de passer par le menu du jeu pour assigner d’autres armes, objets ou sorts aux différents boutons.
Il faut aussi savoir que chaque personnage dispose d’une histoire qui lui est propre, et que les interactions avec les personnages non-joueurs durant le jeu varieront en fonction du combattant qu’on a choisi. Il faut cependant relativiser cet aspect du jeu puisque l’ « histoire » n’est vraiment qu’un prétexte à l’avancée du joueur tant elle est réduite à son minimum syndical. Seuls quelques points de passages permettront d’en apprendre un peu plus sur notre héros, et encore, ce ne seront que deux ou trois petites phrases souvent inintéressantes.
Si le scénario est presque absent, c’est pour laisser place à l’action. Aucun doute, dans Kingdom Under Fire : Circle of Doom, il y en a, et on a bien compris que ce nouvel opus ne joue clairement pas dans la même cour que l’épisode précédent. Oubliez les vastes plaines et le côté stratégique, Circle of Doom ne propose ni plus ni moins que d’enchaîner les six régions proposées sans vraiment réfléchir. Hélas, le jeu devient très vite répétitif au bout de quelques heures de pratique et nous allons voir pourquoi. On parcourra six régions, chacune divisée en sous-partie disposant de points de sauvegardes et de coins où dormir, qui permettent aussi de marchander avec les idoles. Concrètement, il s’agit d’avancer dans des longs couloirs n’offrant que peu de liberté au joueur. Certes, quelques embranchements seront proposés mais on a vraiment l’impression d’être enfermé entre deux murs dans un espace étroit. Des régions glacées aux forêts tout en passant par les couloirs de grandes demeures, le joueur voyage pas mal et chaque région se termine par un boss à vaincre.
Ennemis, potions objets; du classique
Au niveau des mécaniques de jeu, plus le joueur progresse et abat d’ennemis, plus il gagne en niveau. Chaque nouveau niveau propose un nombre de points d’expérience à distribuer dans les trois caractéristiques du personnage : les points de santé, la chance et les points de compétence. La santé permet bien sûr de résister plus longtemps aux assauts des ennemis, la chance peut faire apparaître de meilleurs objets et les points de compétence permettent d’utiliser plus souvent certaines attaques. Car oui, selon l’arme que vous utilisez, les points de compétence diminueront plus ou moins avant de se recharger automatiquement. Chaque coup utilise un nombre bien défini de points de compétence (PC), il est donc très utile de bien choisir son arme avant de l’attribuer à l’un des boutons du pad. En général, plus l’arme est puissante, plus elle consomme de PC. Heureusement ces PC se rechargeront automatiquement et là aussi, la vitesse à laquelle on les regagnera dépendra de l’arme utilisée et des objets équipés. Voilà pour l’aspect jeu de rôle dans Kingdom Under Fire : Circle of Doom. Il y a deux manières de gagner de nouveaux objets (armes, armures, anneaux etc). La première est d’aller voir les idoles qui peuvent à la fois acheter des objets déjà possédés ou en proposer de nouveaux contre une certaine somme d’or. Ces idoles, postées aux points de sauvegarde, peuvent aussi synthétiser les objets pour les rendre plus efficaces. La seconde manière de gagner des objets est tout simplement d’abattre des ennemis. Certains lâchent des potions, d’autres des armes ou encore des armures et le tout se fait de manière aléatoire. Si au début de l’aventure on est bien content de ramasser une arme bien plus efficace que celle de départ, on se rendra vite compte que les idoles proposent elles aussi des choses vraiment sympathiques et utiles.
En parlant des ennemis, si on ne fait que dézinguer des lézards (homme-lézards, lézards magiciens etc…) dans la première zone du jeu, la suite deviendra heureusement plus intéressante puisqu’on aura affaire à des créatures de pierre, de feu, des plantes, des fantômes de toute sorte, des gros bonshommes dégueulasses qui rampent et poussent des cris repoussants ou encore des créatures invisibles. Le bestiaire proposé est ainsi plutôt varié même si chaque zone est plus propice à quelques types d’ennemis particuliers. Il est par contre dommage que les combats ne soient pas plus sophistiqués que ça puisque la plupart du temps, l’ennemi foncera bêtement vers nous dès lors qu’on l’approchera à moins de dix mètres, sans chercher à nous contourner. Pire, les combats se suivront et se ressembleront puisque la configuration sera souvent la même : des archers placés au fond, un petit groupe d’ennemis fonçant sur nous et un ou deux plus gros en soutient. Se déclenche alors la musique de combat; oui, « la » musique car il n’y en a qu’une seule pour les affrontements ce qui accentue d’autant plus le sentiment de répétitivité.
Alors, Kingdom Under Fire : Circle of Doom est-il un jeu ayant uniquement des défauts pour autant ? La réponse est non puisqu’on pourra quand même souligner le charisme des personnages jouables, le nombre d’armes, de sorts et d’objets divers qu’il sera possible d’utiliser et certains environnements et ennemis qui ont bénéficié d’un travail artistique assez agréable à l’œil. Il faut aussi noter que le jeu est jouable à 4 en coopération, histoire de s’ennuyer à plusieurs dans une succession de couloirs…
Bilan :
On a aimé…
- Le nombre d’objets, sorts et armes
On n’a pas aimé…
- La répétitivité des musiques, des niveaux…
- Les couloirs interminables
- On s’ennuie profondément
Quel ennui !
On peut dire que Kingdom Under Fire : Circle of Doom n’est pas la suite du précédent opus tant il s’en éloigne de part son nouveau concept beat’em all saupoudrée d’une pointe de jeu de rôle. Le jeu aurait quand même pu être agréable à jouer si la répétitivité des niveaux et des musiques n’était pas aussi évidente mais hélas, on s’ennuie au bout de quelques heures de pratique. A moins d’être un fan des jeux où on avance sans trop se poser de questions, enchaînant alors les groupes d’ennemis par dizaines dans des niveaux sans grande originalité, le jeu n’est donc pas à conseiller.