Test - Werewolf : the Apocalypse Earthblood - Les écolos ont les crocs

«Qui craint le grand méchant loup ?» , - 1 réaction(s)

Rangez vos gousses d’ail, pieux et autres crucifix, aujourd’hui nous n’allons pas parler de vampires, mais de ceux qui leur sont bien souvent opposés : les loups-garous. Développé par les petites mains françaises de chez Cyanide Studio, à qui l’on doit notamment la série Styx, Werewolf : the Apocalypse Earthblood est un action-RPG basé sur un jeu de plateau du même nom. Le titre prend place dans le “Monde des ténèbres”, un univers de fiction publié par White Wolf Publishing dans lequel se retrouvent également des sagas comme Vampires - The Masquerade.

Une narration en dent de scie

Alors que se mêlent aux humains, vampires, loups-garous et autres créatures mystérieuses, le jeu nous oppose deux camps représentés chacun par une entité différente : Gaïa, aussi appelée Mère Nature, incarnant le “bien”, et le Wyrm une entité du chaos cherchant à corrompre le monde.

On incarne Cahal, lycanthrope de la tribu de Fianna et gardien de Gaïa. Au côté de sa meute, il défend la nature et son Caern (comprenez ici son sanctuaire) face à l’entreprise Endron, bien déterminée à exploiter les ressources naturelles présentes dans les sols. Malheureusement, sa mission tourne mal et Cahal perd un être proche. Meurtri par cette disparition, il cède à la rage et attaque ses propres frères, ce qui le conduit ensuite à choisir l’exil, loin de sa meute et de sa fille. Pour autant, Cahal n’arrête pas le combat et ses actes éco-terroristes contre Endron l’amène à découvrir une nouvelle menace pesant sur son ancienne tribu. Sans surprise, il retourne parmi les siens pour continuer la lutte et mettre fin à l’emprise de la néfaste Endron, en réalité contrôlée par le Wyrm.

Comptez entre 8 et 10 heures pour terminer le jeu. On enchaîne différentes missions de sabotage et d’infiltration en base ennemie, saupoudrées de quelques combats de boss et rebondissements. Mais cela manque clairement de saveur avec un scénario assez plat et prévisible, tirant par moment très fort sur la corde du nanar où un méchant trop caricatural, et sans charisme veut contrôler le monde. Le tout manque également de fond. L’univers semble assez riche, mais il est mal exploité, rendant confus certains éléments. On aurait apprécié connaître plus de détails sur les esprits présents, leur rôle dans cet univers ou encore approfondir les motivations d’Endron.

Il devient ainsi difficile de se plonger entièrement dans l’histoire et l’on ne s’attache pas vraiment aux différents personnages, qui demeurent fades, tout comme notre héros. Aucun d’eux ne ressort une véritable personnalité, et ce n’est pas le doublage anglais (les textes et sous-titres sont tout de même en français) qui vient sauver les meubles.

Pattes de velours, griffes acérées

Abordons maintenant le gameplay de ce Werewolf : the Apocalypse Earthblood. Décrit comme un action-RPG, il ne possède au final que très peu d’éléments RPG. On dispose bien d’un arbre de compétences, mais ce dernier est assez chiche en contenu. Il ne permet pas de spécialisation et se contente surtout d’améliorer les attaques de base. Pas d’inquiétude non plus à savoir quelles compétences prioriser, puisque l’obtention de points d’expérience est assez généreuse en progressant simplement dans le jeu et en interagissant avec les esprits cachés dans les environnements. En plus de cela, le titre propose également différents choix lors des dialogues. Attention, inutile de s’emballer, ces derniers n’ont aucun impact sur l’aventure. Enfin, c’est vrai sauf pour la toute fin de l’histoire où l’on se fait presque surprendre de devoir réellement effectuer un choix capital.

C’est donc plutôt du côté de l’action que le titre trouve son compte. Cahal dispose de trois formes pour progresser dans les niveaux. D’abord l’humaine, lui permettant de parler avec les autres personnages et d’interagir avec les consoles et interrupteurs. En forme de loup, sa discrétion est améliorée et l’on peut alors emprunter des conduits permettant d’éviter les ennemis ou d’accéder à des pièces fermées. Enfin, celle que nous avons trouvée la plus réussie est la forme de loup-garou. C’est dans cette dernière que se déroulent les affrontements avec Endron et le Wyrm.

Construits comme un enchaînement classique de couloirs et d’arènes, les niveaux permettent en général de jouer l’ approche discrète ou l’entrée agressive. Cependant, à force de parcourir des zones qui se ressemblent énormément (et ce, malgré des paysages différents) et face à une IA complètement aux fraises, tenter l’infiltration devient vite ennuyeux. Ne reste alors que la solution la plus radicale, se changer en lycan dès l’arrivée dans une arène et massacrer les hordes ennemies.

Les affrontements sont plutôt sympas manette en main. Très arcades, ils restent dynamiques avec beaucoup d’informations visuelles à l’écran, indiquant par exemple quand esquiver un tir ennemi. Les scènes deviennent même assez gores avec du sang qui gicle et des corps qui volent.

Le bestiaire adverse est assez varié, chacun ayant son propre style d’attaque et une façon plus ou moins efficace d’être vaincu rapidement. Pour se battre, on dispose d’une posture légère permettant des déplacements véloces, mais infligeant moins de dégâts et d’une posture lourde, grâce à laquelle nos coups sont bien plus meurtriers au prix de mouvements plus lents. Enfin, une fois notre jauge de rage remplie, il est possible d’activer la frénésie, un état destructeur dans lequel Cahal devient beaucoup plus puissant pendant un court laps de temps. Malheureusement, si les affrontements sont plaisants, les sensations déçoivent. On n’a pas forcément l’impression de contrôler une bête sauvage et nos coups manquent d’impact, ce qui est encore plus flagrant lors des combats contre les boss.

Une réalisation totalement datée

Terminons par la réalisation du jeu en parlant tout d’abord du positif. La bande-son s’adapte plutôt bien à l’univers de Werewolf et propose quelques pistes bien sympas axées sur le rock, en particulier lors des combats et dans le menu principal. C’est tristement tout ce qui est à retenir de bien. Pour le reste, c’est une véritable déception. Le titre est totalement daté techniquement. Ce n’est pas beau, certaines textures sont grossières et les décors sont terriblement vides de détails. Les animations des personnages et leurs expressions faciales sont catastrophiques. Lors des dialogues, ces derniers restent plantés l’un en face de l’autre, agitant maladroitement les bras sans aucune émotion sur le visage. Les déplacements ne sont pas en reste. C’est rigide ! La forme de loup est la plus ratée, la grâce de cet animal s’est définitivement perdue en chemin tant ses mouvements sont lourds. Bien sûr, Werewolf : the Apocalypse Earthblood n’est pas un blockbuster et il ne peut pas proposer les mêmes niveaux de finition. Cependant, on était en droit d’attendre plus pour ce jeu. Même pour une Xbox One ou une PS4, le retard technique est flagrant.

Test réalisé sur Xbox Series X.

Bilan

On a aimé :
  • Les affrontements en loup-garou
  • Une bande-son qui colle bien à l’univers
On n’a pas aimé :
  • Un scénario plat et prévisible
  • Une IA à la ramasse pénalisant l’infiltration
  • Une réalisation totalement datée
Coucouche panier

Dire que nous sommes déçus par ce Werewolf : the Apocalypse Earthblood est un bel euphémisme. Le jeu disposait pourtant d’un bon terreau avec l’univers du “Monde des ténèbres" pour nous proposer une narration convaincante. Malheureusement, ça ne prend pas et la réalisation datée du titre ne nous aide pas à l’apprécier. Si les côtés RPG et infiltration ne sont pas mémorables, on reste cependant plutôt satisfait de son aspect action via les affrontements sous la forme d’un loup-garou. Plaisants, dynamiques, ils manquent seulement de véritables sensations pour donner l’impression d’incarner une bête sauvage aux dents et crocs acérés. Vous l’aurez compris, ce Werewolf : the Apocalypse Earthblood n’est pas un titre que nous vous conseillons dans l’immédiat, du moins pas au prix fort. Il vaudrait mieux attendre une promotion, ou encore son ajout possible dans le Xbox Game Pass.

Accueil > Tests > Tests Xbox One

Werewolf : The Apocalypse - Earthblood

PEGI 0

Genre : Action RPG

Editeur : Nacon

Développeur : Cyanide Studio

Date de sortie : 04/02/2021

Prévu sur :

Xbox One, Playstation 4, PC Windows

1 reactions

lacrasse

04 fév 2021 @ 10:06

Je le prendrai après baisse de prix. J’aime bien ce petit studio