Test - Scott Pilgrim contre le Monde : le jeu – Édition intégrale - Il faut toujours faire attention aux ex !

«Pour Ramona» , - 0 réaction(s)

C’était le 10 août 2010, une autre époque, on pouvait prendre l’apéro avec les copains, sortir après 18 heures, jouer au handball et au basket en club, aller à des concerts, parler dans le métro. Une autre époque où l’on pouvait même inviter trois copains pour faire une partie de Scott Pilgrim contre le monde : le jeu ! Tant mieux car à l’époque ce petit beat them all sympathique ne disposait pas de jeu en ligne… En effet, c’était lors de cette chaude journée du mois d’août 2010 que l’adaptation vidéoludique des 6 tomes de la BD de Brian Lee O’Malley arriva sur le store de la Xbox 360 à 800 Mpts, soit à peu près une dizaine d’euros. Brian Lee O’Malley, dessinateur canadien, a trouvé un succès insoupçonné outre-atlantique avec cette saga teintée de rock, d’amourettes d’adolescence et... de jeu vidéo. La sortie du jeu vidéo avait accompagné la sortie de la très sympathique adaptation cinématographique aux États-Unis. J’avoue que cette époque me manque et que ce jeu vient remuer quelque peu la lame dans une plaie béante, ce qui ne lui enlève heureusement aucune de ses qualités, dont la première est de me permettre de ressortir le test que j’avais rédigé à l’époque !

8-Bit generation

Scott Pilgrim le jeu est de retour !

Scott Pilgrim contre le Monde : le jeu est un beat them all on ne peut plus classique reprenant le pitch originel de la BD. Scott est tombé fou amoureux de Ramona, aucun doute là-dessus, c’est la fille de ses rêves et il n’y en aura aucune autre ! Seul petit problème, pour décrocher le cœur de la belle, il devra affronter les 7 ex-petit(e)s ami(e)s de sa douce !

Et vous voilà donc parti pour 7 niveaux d’un vieux beat them all des familles enchaînant des combats aussi fous les uns que les autres, et piochant allègrement ses références dans l’univers des mangas et du jeu vidéo.

L’esthétique 8 bits de Scott Pilgrim à l’époque était plutôt originale, aujourd’hui elle se noie dans le flot de jeux indés à gros pixels. Les aplats de couleur tranchés, le look rétro avec ses effets d’aléas techniques et ses musiques rétros sentant bon la chiptune de mamie fonctionnent toujours autant sans arrière-goût de naphtaline saupoudré de formol. Le cachet est certain et globalement très réussi, surtout que les références rétros pleuvent autant que les coups de coudes et de talons dans les gencives. De Mario à Final Fantasy, en passant par un peu d’Akira, le joueur averti et amateur de pop culture ne peut s’empêcher de lister, une à une, tous les clins d’œil présents dans le jeu. Scott Pilgrim version Xbox One a perdu les quelques ralentissements qui pouvaient apparaître à certains endroits du jeu à l’époque. Tant mieux car le jeu demeure très attachant dès les premiers niveaux par sa personnalité, si bien que l’on pourrait presque lui pardonner ses défauts.

Beat generation

Et hop, un ex-ex !

Ne cherchez pas une once d’originalité autre que visuelle dans Scott Pilgrim ; il ne propose qu’un beat them all à l’ancienne avec sa panoplie de coups débloquables au fil de l’expérience gagnée et du nombre de poings dans la gueule distribués. Ce petit côté RPG est la seule concession contemporaine que l’on pourra trouver. Mais il ne se résume pas à l’expérience.

L’édition intégrale de Scott Pilgrim intègre les quelques DLC sortis à l’époque et notamment les personnages de Knives Chau et Wallace. Ce qui offre un total de six personnages au choix à incarner (sans grande différence) et trois niveaux de difficulté. Cette dernière est assez abrupte dès le début et ce quel que soit le niveau choisi, mais elle le sera beaucoup moins au fil de l’aventure lorsque vous aurez accumulé suffisamment d’argent pour augmenter vos cinq caractéristiques de base : vos points de vie, votre force, votre défense,votre volonté (pour effectuer des coups spéciaux et sortir une fois du KO) et votre vitesse.

La machine à baffes en pleine action !

Vous augmenterez ces caractéristiques en achetant victuailles ou objets dans les divers magasins disséminés dans les niveaux, avec au passage un bug de cette version « complete » qui empêche de voir les effets de la nourriture avant de l’avoir acheté. Certains magasins seront à découvrir dans le décor des niveaux et font partie du petit panel de secrets du jeu, fort peu nombreux malheureusement pour motiver leur recherche et enrichir de façon conséquente le jeu.

Les niveaux s’enchaînent par la suite sans temps mort ni de réelle surprise. Mis à part les rencontres avec les boss et mini boss, les niveaux sont désespérément plats et seuls les décors égayeront votre parcours. Et ce n’est pas la profusion d’armes utilisables qui changera grand-chose.

Allons conquérir le cœur de Ramona !

Je ne sais que choisir...

Ou presque. Que l’on aime ou pas l’esthétique de Scott Pilgrim, on ne peut lui enlever son cachet bien particulier. On aurait seulement aimé qu’il soit aussi fou en situation que la bande dessinée, qu’il arrive à couper le train-train quotidien du beat them all de papa en insufflant un réel rythme, une vraie folie. La bande dessinée est complètement folle mais malheureusement, le jeu ne parvient jamais à distiller cette folie au niveau de son rythme et de sa mise en scène. On enchaîne les combats contre des vagues d’ennemis suivant une routine ronflante du début jusqu’à la fin. Le jeu en coopération, jusqu’à 4 joueurs simultanément, gagne en intensité et en fun. C’est toujours plaisant de partager des baffes avec des copains, une bière posée sur le meuble bas devant la télé et une pizza en train de refroidir à portée de main. Le jeu en coopération offre de nouvelles possibilités de gameplay comme le fait de pouvoir réaliser des combos en duo ou de voler la vie de son ou ses compagnons.

Niveau secret old school avec pleins de cochons volants dedans !

Malgré les années et au risque de me faire taper dessus une nouvelle fois, je trouve que les musiques chiptunes de Scott Pilgrim sont loin d’être réussies. Mais bon, les goûts et les couleurs ne se discutent pas et rien n’oblige à les laisser nous écorcher les oreilles. Comme à l’époque, je tourne ma machine à baffes vers les plus longs crédits jamais rencontrés dans un jeu vidéo. Dix minutes montre en main, et on ne peut même pas les écourter. Une horreur qui me fait encore aujourd’hui hérisser les poils de mon dos velu.

L’édition intégrale apporte quelques modes de jeu en bonus tirés des DLC : extermination des boss (un boss rush des familles), survival horror (survivre le plus longtemps possible à des vagues de morts-vivants), battle royal (à jouer entre amis) et balle au prisonnier (taper les adversaires avec une balle, j’avoue que l’intérêt de ce dernier mode m’échappe totalement). On ne risque pas d’y passer du temps dessus, et heureusement, aucun succès ne leur est lié. Pour finir, une petite précision, les sauvegardes du jeu 360 enregistrées dans le cloud, ne sont pas reconnues.

Le test a été fait sur Xbox One Fat et Xbox One X.

Bilan

On a aimé :
  • Son charme rétro opère toujours
  • L’univers de Scott Pilgrim
  • La coop à 4 maintenant en ligne !
On n’a pas aimé :
  • Le jeu est assez monotone
  • Disparition des effets des objets avant l’achat
  • La longueur des crédits de fin
Toujours aussi attachant !

Scott Pilgrim contre le Monde : le jeu - Édition intégrale garde tout le charme qu’on lui avait trouvé à l’époque d’autant qu’il gagne, avec son arrivée sur nos consoles actuelles, le jeu en ligne qui lui faisait grandement défaut. On peut toujours lui reprocher son petit train-train, qui est malheureusement inhérent au genre beat them all. La folie du comics original est bien retranscrite visuellement, mais elle n’arrive jamais à transcender les situations et c’est préjudiciable au regard du matériau d’origine. Scott Pilgrim demeure un bon beat them all, agréable à jouer, sympathique à 4 en coopératif et dans ces temps de disette sociale, c’est quand même toujours ça de pris !

Accueil > Tests > Tests Xbox One

Scott Pilgrim contre le Monde : le jeu – Édition intégrale

PEGI 12

Genre : Action/Beat them up

Editeur : UBISOFT

Développeur : ENGINE SOFTWARE

Date de sortie : 13/01/2021

Prévu sur :

Xbox Series X, Xbox One, Playstation 4, PC Windows, Switch