Test - Ion Fury, le Duke Nukem au féminin

«Shake It, Baby !» , - 6 réaction(s)

Ion Fury est un jeu développé par Voidpoint, et qui a été supervisé par 3D Realms. Un nom qui sonne comme un très lointain souvenir pour les aficionados des FPS des années 90. Ce sont eux qui sont à l’origine de la franchise Duke Nukem (en excluant Duke Nukem Forever qui fut terminé par Gearbox Software) et de Shadow Warrior. Et on peut dire qu’un tel passé se ressent dans Ion Fury, bourré de références à leurs précédents titres.

Très rétro dans l’apparence

Des références à gogo

Ion Fury utilise le moteur EDuke32, qui fut également utilisé pour certains portages de Duke Nukem 3D sur PC. Il va sans dire que le titre arbore un visuel très, très rétro. On retrouve tout ce qui faisait le charme des jeux de tir de l’époque, comme les sprites des ennemis en 2D réussis ou la quasi absence d’un scénario. L’héroïne, Shelly de part ses répliques, donne l’illusion de jouer le Duke qui aurait changé de sexe. Sous réserve que l’anglais oral soit compris, on ne peut s’empêcher de rire ou de trouver les tirades complètement absurdes.

On retrouve une certaine construction dans les niveaux qui ne se fait plus trop aujourd’hui. Chaque stage est une immense zone, très labyrinthique, où il faudra récupérer des clés de couleur pour ouvrir des portes de même couleur, et ce sans indication du chemin à prendre. Oui, encore une fois, c’est exactement comme Duke Nukem ou même Doom. Un tel principe de part la facilité de se perdre peut ne pas plaire à une génération de joueurs plus jeunes. Rébarbatif dans l’âme car aucun des niveaux ne fait exception à cette construction. Il reste néanmoins un certain plaisir à trouver son chemin par soi-même si l’on est fan des jeux de l’époque, car la sensation est la même, le tout rythmé d’une bande son qui correspond parfaitement au titre.

Toutefois, il existe quelques ombres au tableau. Le jeu souffre de très lourds ralentissements, du moins tant qu’il n’aura pas été mis à jour, et de crashs assez nombreux (plus de 10 lors de notre session de test).

Je bouge, je tire

Le Dr Jadus Heskel

Avec une histoire qui ne se développe guère au fil du jeu et quelques rares interactions, le but est d’arrêter le Dr Jadus Heskel. Et pour cela notre petite Shelly est plutôt bien équipée. Fusil à pompe, minigun, arbalète... Tout est là pour défourailler les ennemis comme on le souhaite. On peut regretter cependant l’absence d’une petite pointe de folie au niveau des armes, où rien ne sort vraiment de l’ordinaire.

On peut noter la présence des tirs dans la tête, tuant l’ennemi d’un seul coup. Appréciable et étonnant à la fois pour un jeu très rétro... Mais pas aussi jouissif que cela pourrait l’être. L’IA s’avère extrêmement stupide. Ne bougeant que rarement lorsqu’elle s’oppose au joueur, il n’est pas difficile de viser la tête et de terminer le combat rapidement. Elle n’est d’ailleurs pas vraiment dotée d’un excellent pathfinding et fonce dans le mur la plupart du temps. Seuls les boss opposent une véritable résistance.

Les armes posent aussi un léger problème, ou plus spécifiquement les munitions. Cela ne reste qu’un détail mais s’avère très gênant lors de la partie, car les munitions sont ramassées même si on est déjà plein. De quoi finir presque coincé si trop d’ennemis sont en vie et qu’il n’y a plus de balles nulle part.

Un solo long et... c’est tout

On se croirait presque dans Duke Nukem

Ion Fury propose une campagne avec de multiples difficultés pour environ 10h de jeu, en ligne droite. Tout comme ses homologues des années 90, chaque niveau propose une multitude assez folle de secrets. Et le jeu nous le fait comprendre très vite. Avant de terminer la zone, un message s’affiche nous indiquant le nombre de secrets restants avant de continuer. De quoi tendre la carotte au joueur qui souhaite tous les trouver. Appelées « Planque de Dick », ces zones secrètes sont la plupart très bien planquées et l’on ne peut que rester ébahi devant la manière dont elles ont été cachées. On se retrouve à dépasser les 20h de jeu, si ce n’est plus dans les difficultés les plus hautes.

Et... c’est tout. La rejouabilité se limite uniquement à refaire le jeu dans une difficulté différente. Ion Fury ne propose pas de mode coopération en local ou en ligne, ni même de mode multijoueur tout court, là où Duke Nukem 3D sorti pourtant avant les années 2000 avait déjà une composante pour jouer à plusieurs.

Le coin des chasseurs : les succès du jeu, au nombre de 29, sont très classiques. Ils consistent à le terminer, incluant la difficulté la plus élevée, d’exécuter certaines actions particulières et de trouver des secrets.

Bilan

On a aimé :
  • Retrouver les sensations de l’époque
  • Des répliques marrantes, si on comprend l’anglais
  • Une construction labyrinthique des niveaux à l’ancienne
  • Durée de vie très correcte, de 10 à 20h
  • Bonnes musiques
On n’a pas aimé :
  • Une IA au ras des pâquerettes
  • Le côté labyrinthique peut ne pas plaire aux plus jeunes
  • Absence totale de mode multijoueur, local ou en ligne
  • Des crashs
  • Ça rame beaucoup sans les mises à jour
Le rétro dans toute sa splendeur

Développer un tel jeu aujourd’hui était un pari risqué, mais le résultat est là : c’est ultra jouissif à parcourir. On retrouve toutes les sensations qui faisaient le charme des FPS des années 90, à devoir chercher sa sortie dans des niveaux immenses et ce sans aucune indication. Mais certains défauts comme une IA qui ne sait pas ce qu’elle fait la plupart du temps ou les crashs intempestifs rendent l’expérience moins agréable que ce qu’elle devrait être. Ressemblant très fortement à Duke Nukem, Ion Fury lui fait clairement hommage, mais sans jamais l’égaler... « Hail to the King, Baby ».

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Ion Fury

PEGI 18 Langage grossier Violence

Genre : FPS

Editeur : 1C Online Games

Développeur : Voidpoint

Date de sortie : 14/05/2020

Prévu sur :

Xbox One, Playstation 4, PC Windows, Switch

6 reactions

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Bally

10 jui 2020 @ 11:44

« Ça rame beaucoup sans les mises à jour » : donc soit il y a eu des mises à jour depuis sa sortie, soit vous êtes devin et savez déjà que ça ne ramera plus avec les éventuelles mises à jour ? Je ne comprends pas… ce n’est pas très clair.

Vous auriez aussi pu donner son prix : 24,99€ (sur le Store Xbox) et dire qu’il est jouable en 4K et amélioré pour la One X.

D’ailleurs il n’est pas développé par 3D Realms, contrairement à ce que vous dites d’entrée de jeu, mais bien par le studio Voidpoint (3D realms n’a fait que supervisé le développement).

Je l’avais suivi sur PC, dans sa version Beta et il donnait très envie. Je vais donc me laisser tenter, le coté FPS à l’ancienne mélangé à un style Cyberpunk :miamiam !

Blondin

10 jui 2020 @ 12:51

Le côté labyrinthique peut ne pas plaire aux plus jeunes

Mince alors, c’est dans les points négatifs ça ? :-)) Les plus jeunes n’ont qu’à jouer à Fortnite :o) :o) :o) Et Mortal Kombat trop sanglant, les plus sensibles n’apprécieront pas ? Et Dark Souls trop difficile, les plus nuls n’aimeront pas ? :o) Je blague un peu hein, je comprends qu’on puisse ne pas aimer ça, mais c’est un peu le leitmotiv du jeu je pense, difficile pour moi de voir ça comme un point négatif.

Un level design qui propose autre chose qu’une successions de cut scenes dans une progression linéaire ou un open world, c’est plutôt un point positif selon moi. Et pas seulement parce que je suis un ancien, mais parce que je pense qu’un level design de qualité peut faire toute la différence, jeux rétro ou non (c.f. Dark Souls par exemple).

Ion Fury ne propose pas de mode coopération en local ou en ligne, ni même de mode multijoueur tout court, là où Duke Nukem 3D sorti pourtant avant les années 2000 avait déjà une composante pour jouer à plusieurs.

OK, mais Duke 3D était taillé à l’époque pour être LE jeu du moment. Ou en tout cas LE FPS du moment. Ce qu’il a réussi d’ailleurs. Là, on a plus à faire à un jeu de niche, qui surfe sur son coté rétro, la nostalgie pour l’heure de gloire des dévs dans 3D REALMS... Un mode multi était il vraiment nécessaire, quand on constate que même les gros FPS taillés pour ça ont du mal à se faire une place au soleil dans le domaine et voient leurs multi désertés en quelques semaines ? Pour le coup je préfère que les mecs passent quelques semaines de plus à peaufiner ce pour quoi le jeu est pensé au départ, à savoir le solo, que d’en négliger certains aspects en passant du temps sur un multi qui ne serait qu’accessoire, et de toute façon rapidement snobé.

Bon sinon, comme mon VDD, je me laisserais tenter. J’ai toujours été plus team Doom que team Duke, et j’en ai un peu marre des jeux en mode nostalgie, mais Duke 3D reste un jeu qui m’a marqué à vie, et ce que j’ai vu de ce Ion Fury me plait vraiment beaucoup. Je passerais donc à la caisse. Peut être en solde, j’ai beaucoup d’autres trucs sur le feu, mais je le prendrais, c’est sur.

Kefraya38

10 jui 2020 @ 14:52

Ce jeu me rappellera mon adolescence donc il sera dans ma ludothèque c’est certain.

Sinon je partage l’avis de mes vdd.

Totaya

Rédaction

10 jui 2020 @ 19:32

C’est corrigé Bally, merci ! Et concernant les mises à jour, à sa sortie elle n’y était pas. Aujourd’hui elle est disponible.

Blondin, moi aussi j’adore la construction des niveaux à l’ancienne, tout comme toi. Cependant, il faut se dire une chose, de mon point de vue évidemment. De plus en plus de jeux guident le joueur, et les joueurs plus jeunes sont habitués à cela, d’où ma précision à ce sujet. Je l’ai aussi mis en point positif, comme quoi :). Concernant le multijoueur, j’ai souvenir d’avoir fait des soirées canapé sur Duke Nukem 64, qui permettait le mode local en coopération. Je trouve que Ion Fury, ne serait-ce que faire la campagne à deux en local, ça aurait pu être cool, et raviver des souvenirs à certains.

Blondin

11 jui 2020 @ 12:13

Blondin, moi aussi j’adore la construction des niveaux à l’ancienne, tout comme toi. Cependant, il faut se dire une chose, de mon point de vue évidemment. De plus en plus de jeux guident le joueur, et les joueurs plus jeunes sont habitués à cela, d’où ma précision à ce sujet. Je l’ai aussi mis en point positif, comme quoi :-)

My bad ! J’ai pas vu que tu l’avais mis également dans les points positifs, ça m’apprendra à lire trop vite ;-) Et du coup je reprend tout doucement foi en l’humanité :-))

Concernant le multijoueur, j’ai souvenir d’avoir fait des soirées canapé sur Duke Nukem 64, qui permettait le mode local en coopération. Je trouve que Ion Fury, ne serait-ce que faire la campagne à deux en local, ça aurait pu être cool, et raviver des souvenirs à certains.

Certainement, mais on parle de la N64, la console qui a construit sa réputation sur les parties endiablées de Golden Eye ou de Mario Kart à quatre, deux sur le canap, deux assis en tailleurs sur le tapis, la face collée contre le petit téléviseur 36 cm. C’est une autre époque. Aujourd’hui, le multi local, même s’il est souvent réclamé, il est en réalité (malheureusement) très peu exploité. Maintenant un mode multi, moi je suis toujours pour : un truc en plus, pourquoi dire non ? Je pense juste que c’est demander une feature supplémentaire qui demanderait « pas mal » de taf (notes les guillemets, je suis sur qu’un modeur doué te pondrais ça en quelques semaines) mais qui ne serait en fait pas vraiment exploité.

A mon avis les dévs se sont (forcément) posé la question, et la réponse a du être « ouais, c’est cool, mais bon, personne n’y jouera ». Et le pire c’est qu’ils ont sans doute raison. Ils ont du préférer passer les quinze derniers jours de développement à peaufiner des détails, à ajouter des textures, à corriger des bugs, à améliorer des éléments de gameplay, à équilibrer des armes / des ennemis, à faire des maps, plutôt que d’implémenter le mode multi.

Mais je peux comprendre la frustration ; je suis le premier à déplorer l’absence d’un mode DM ou TDM dans Doom Eternal, mais c’est un choix que je comprends.

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Bally

12 jui 2020 @ 19:26

Pas de quoi @Totaya et merci !

Si les mises à jour sont déjà dispo, je ne vais pas tarder à passer à la caisse…