Test – Insanely Twisted Shadow Planet

Métroïd en ombres chinoises
Insanely Twisted Shadow Planet fait partie de ces jeux qui arrivent à intriguer le chaland du XLA dès les premières images. Un jeu à la direction artistique travaillée, ciselée à l’extrême pour retenir le regard et titiller l’imagination. Entre Limbo, Braid, Outland, Stacked, Ilomilo, le choix est large sur le XLA et on ne saurait s’en plaindre. Ces jeux arrivent à susciter une certaine attente et à bénéficier dès les premières minutes d’un effet coup de cœur propre à leur univers singulier. Le plus dur est de mettre de côté l’amour que l’on peut éprouver pour une direction artistique afin de se concentrer sur le jeu en lui même afin d’éviter l’effet poudre aux yeux. Insanely Twisted Shadow Planet a-t-il un fond aussi élaboré que sa forme ?
Un jeu d’ombre et de lumière

Pour leur premier jeu, Fuelcell Games se sont associés à l’artiste Québécois Michel Gagné. Cet artiste complet a travaillé avec les plus grands studios (Don Bluth Studios, Warner Bros., Disney, Pixar, Cartoon Network et Nickelodeon) et a reçu un très bon accueil critique aux Etats-Unis avec sa série de comics ZED. Même si son travail demeure un peu plus confidentiel outre Atlantique c’est donc sous la houlette d’un artiste confirmé qu’est né Insanely Twisted Shadow Planet. Son univers atypique est constitué de clairs/obscurs, de décors sombres qui se découpent tel un spectacle d’ombres chinoises sur un fond foisonnant de détails.

Le rendu est magnifique, organique et pose de façon formidable l’écosystème de la planète. Les créatures rencontrées se détachent du décor via des éléments saturés en couleur, les environnements traversés sont riches et variés et offrent un véritable voyage dépaysant. On pourrait rapprocher l’ambiance qui se dégage de ISTP de celle, si particulière, d’une série entrée au panthéon du jeu vidéo : Métroïd. L’écosystème y est cohérent, riche, foisonnant, le végétal, les créatures tapies dans l’ombre, les roches, tout a été pensé dans un souci d’unité et c’est une grande réussite. On prend un immense plaisir à visiter et à découvrir cette étrange planète noire. Mais il n’y a pas que l’ambiance des Métroïd que l’on retrouve dans ISTP, il y a aussi toute la structure action/aventure qui a fait le succès de la série mythique.
Un univers complet à explorer

L’histoire tient sur une feuille de papier cigarette et comme pour ses illustres référents, elle est introduite sans paroles, ni textes avec une brève introduction animée et un court niveau didactique. Le soleil qui baignait de sa douce lumière une petite planète sereine est contaminé par un étrange virus organique noir. A bord de notre petite soucoupe, nous allons devoir faire preuve d’ingéniosité et de réflexes pour vaincre l’entité hostile et redonner vie à notre soleil. C’est avec ce postulat de base que nous allons devoir visiter l’étrange planète qu’est devenu notre soleil dans un savant mélange action aventure cher aux Métroïd et aux Castlevania nouvelle ère. On ira récupérer outils et armes afin d’avancer un peu plus loin, voire revenir sur nos pas pour récupérer des améliorations pour le blindage ou le rayon de notre vaisseau, et même quelques artworks et vidéos.

L’utilisation des outils est vraiment bien pensée et originale pour la plupart. Outre le traditionnel scan, on aura la possibilité entre autres de récupérer un bras mécanique pour se saisir d’objets et interagir avec l’environnement, un bouclier, une foreuse, un missile télécommandé et même un laser réfléchissant. Les mécaniques de jeu sont très bien intégrées et mélangent de façon tout à fait convaincante exploration et phase de shoot them up, les passages culminant du jeu se feront lors des rencontres avec des boss aussi imposants que jouissifs à combattre. Les boss sont tous très bien amenés et très bien pensés, il faudra se remuer les méninges pour savoir quels outils utiliser pour les vaincre et comment les utiliser. Vu que le système de sélection des outils via une roue que l’on ouvre via les gâchettes n’est pas franchement intuitif en pleine action, vous aurez la possibilité de lier aux 4 boutons ceux que vous utilisez le plus. On aurait toutefois préféré un système plus souple pour jongler entre les aptitudes de notre vaisseau.
Mais le tableau est plus sombre qu’il n’y parait

Entre une direction artistique épatante et un concept action/aventure calqué sur les Métroïd, ITSP avait toutes les armes pour s’imposer comme l’un des jeux les plus marquants et les plus attachants du XLA. Hélas, la copie n’est pas bonne, faute à des références mal digérées. Là où les Métroïd proposent un terrain de jeu immense rempli d’objets cachés et de chemins détournés, ITSP n’a comme terrain de jeu qu’une petite planète où les zones ne sont reliées entre elles que par un hub central rendant les allers-retours pour récupérer les objets cachés très laborieux et pesants. D’autant plus pesants que le jeu n’offre que des artworks et des petites vidéos pour récompenser les plus aventureux. Les améliorations d’armes et de blindage sont bien peu motivantes et nombreuses pour réellement récompenser convenablement le joueur.

La petitesse de la planète n’influe pas seulement sur la durée de vie de l’ensemble mais aussi sur le plaisir de jeu. A trop vouloir essayer de conserver un rythme soutenu à leur aventure -ce qui n’est réellement pas gage de qualité pour un jeu d’action aventure où l’ambiance prime- les développeurs ne parviennent jamais à aller au bout des possibilités de ce que propose leur gameplay. Dès que l’on tombe sur un nouvel outil, on a à peine le temps d’apprécier son fonctionnement et ses mécaniques que l’on passe à autre chose et un autre outil. De même pour les différentes ambiances rencontrées çà et là dans le jeu, elles se parcourent toutes de façon très rapide en ayant du mal à retenir l’attention du joueur. Je ne parle même pas de certaines créatures imposantes qui disparaissent aussi rapidement qu’elles sont apparues sans cohérence et sans suivi. On arrive si rapidement à la fin du jeu (5 heures en récupérant tout) qu’il nous laisse en bouche un bien désagréable sentiment de jeu pas fini. On a bien peur, via la section “Téléchargement” de son menu, de voir fleurir du contenu additionnel venant enrichir ce bien faible contenu. Impression confirmée par le nombre de screenshots diffusés par le développeur de moments qui n’apparaissent pas dans le jeu final.
Au final, seuls les combats contre les boss restent dans nos souvenirs. Pour un jeu qui avait tout pour marquer les esprits durablement cela fait bien peu. Et ce n’est pas le bien piètre mode de jeu coop jouable à 4 où l’ont doit échapper à une pieuvre géante tout en préservant nos lanternes qui fera passer la pilule. Pour 1200 Mpts on s’attendait à une aventure d’une toute autre ampleur…
Le Bilan
On a aimé
- La magnifique direction artistique
- Les boss
- L’ingéniosité de certains passages…
On a moins aimé
- …beaucoup trop courts.
- Un terrain de jeu ridicule pour le genre
- Un multi dispensable
- L’exploration ne récompense pas le joueur
Conclusion du test de Insanely Twisted Shadow Planet
Le même en rose ou presque
Insanely Twisted Shadow Planet fait partie de ces jeux qui ont tout pour séduire le joueur. Une direction artistique enchanteresse, une maniabilité presque parfaite et un genre action/aventure qui a fait ses preuves. Malheureusement, tout s’écroule au fur et à mesure de notre avancée, car la partie exploration est bien mal fagotée, enferrée dans un espace trop petit pour elle avec des zones reliées entre elles via un simple noyau central. Ce qui est rédhibitoire pour le genre. Insanely Twisted Shadow Planet ne parvient jamais à poser et trouver son rythme, à aller au bout d’un concept et à multiplier les mises en situation. Mis à part les combats contre les boss, il ne reste pas grand-chose de notre voyage, qu’un sentiment de gâchis immense et l’impression d’être passé à côté d’une belle histoire d’amour.
Je l’aurais bien prix, surtout que le style graphique est vraiment extra, mais le prix est trop élevé 😡 A 800MSP je craquais mais là laisse tomber j’attendrais une promo >_>
Jeux très sympathiques :-))un vrai mélanges entre le style graphiques un peut comme “Limbo”,le gameplay de “Microbot”, et un peut de “Shadow complex” pour la carte plutôt bien foutu et la recherche d’armes pour ouvrir certain passages,
un Bon jeux dans l’ensemble juste trop cour mais le multijoueur rattrape un peut mais lasse vite :-|!