Test – Of Orcs and Men

« Je n’suis pas un animaaaaal ! »
Vous vous sentez l’âme d’un guerrier à la belle crinière dorée ? Vous voulez sauver le monde entier et surtout délivrer votre tendre princesse ? Ou bien vous voulez marcher sur les traces de vos aïeux, fils de dragons ou autre créatures chaotiques ? Et bien faites demi-tour ! Ici pas de princesse, pas d’admiration, pas de subtilité, pas de belle chevelure… juste une petite barbe portée par les deux mètres quarante de muscles de l’orc nommé Arkaïl ! Laissez votre rapière au grenier, c’est par le gourdin que tout va se régler. À moins que vous ne préfériez la furtivité, la ruse, la fourberie, l’assassinat discret, dans ce cas c’est le gobelin Styx vers qui vous devrez vous tourner.
Oui, les studios français que sont Spiders et Cyanide Studio ont conjointement réalisé ce jeu de rôles mettant en avant les pauvres Peaux-Vertes. Mais si ! Vous savez, ces charmantes créatures que vous exécutez sans remords dans les autres RPG ! Et bien il est temps pour elles de prendre leur revanche.
L’épée de Damoclès au-dessus de ma tête… tsss, et mon gourdin je lui mets où ?
Le monde est en guerre. L’empire des Hommes impose ses croyances, étend de plus en plus son territoire, extermine les Gobelins et réduit en esclavage les Orcs qui ne tombent pas au combat.
Vous, vous incarnez Arkaïl, un Orc extrêmement puissant faisant parti de la légion des Bloodjaws. Les Bloodjaws rassemblent les meilleurs soldats Orcs, les plus sanguinaires qui livrent une lutte sans merci à l’Empire des Hommes. Arkaïl, (pour l’anecdote, surnommé « le Boucher de Bay Harbor »… on sent que les développeurs sont des fans de Dexter), est même craint par ses alliés, ça vous donne une idée de la brutalité du bestiau ! Votre légion d’élite a pour mission d’aller assassiner un homme qui n’est autre que l’Empereur Damoclès lui-même.
Pour cela, vous devez franchir le Mur qui encercle tout l’Empire des Hommes, les orcs esclaves ont servit à sa construction. Autour, une multitude de ruelles crasseuses, de bidonvilles, peuplés par les bandits et autres laissés-pour-compte. Ajoutez à ça des gardes surveillés par les inquisiteurs pour protéger le mur et surtout l’Empire. Si les gardes ne sont pas très difficiles à éliminer, les inquisiteurs sont de redoutables ennemis mêlant combat au corps-à-corps et magie. Si vous croisez l’un d’entre-eux, préparez-vous à un affrontement épique.
Mais il ne suffit pas de traverser le territoire humain pour déloger l’Empereur. Ce dernier, voulant passer un accord avec les Elfes et les Nains, afin de les rallier à sa cause et ainsi faire sombrer le peuple Orc, se dirige vers l’île des Complaintes pour rencontrer les diplomates. Cette île est un havre de paix, mais c’est également le territoire des Soeurs des Complaintes qui sont d’impitoyables mercenaires. En contrat avec l’Empereur, elles ont pour mission de le protéger sur leur propre territoire.

Votre périple sera long et difficile, et seul vous n’irez pas bien loin. Très vite, vous serez amené à faire équipe avec un gobelin, répondant au petit nom de Styx. Contrairement à Arkaïl, il est petit, discret, rapide, sournois, bref tout les oppose, tant physiquement que dans leur caractère respectif. Ils n’en restent pas mois très complémentaires.
C’est moi qui cogne ou c’est moi ?
Dans Of Orcs and Men, chacun des deux personnages est doté d’une orientation spécifique et de son propre arbre de compétences. L’Orc bénéficie de capacités physiques hors-normes, tandis que le Gobelin dispose de coups en traitre, de furtivité, qui feraient baver d’envie Altaïr d’Assassin’s Creed.
Vous devez donc jongler constamment entre les deux protagonistes afin d’exploiter au mieux leurs capacités selon la situation. Si quelques gardes immobiles surveillent une zone, préférez les contourner avec Styx pour les poignarder dans le dos en mode furtif plutôt que de foncer dans le tas avec Arkaïl en leur laissant le temps de sonner l’alerte. Au contraire si un groupe de gardes vous a repéré malgré tout et vous court après, sélectionnez plutôt Arkaïl pour les occuper au corps-à-corps pendant que Styx s’éloignera pour jouer les lanceurs de couteaux.
Vous pouvez changer de personnage comme bon vous semble en appuyant tout simplement sur Y.
Passons maintenant au système de combat. Si Of Orcs and Men nous est présenté comme un jeu Action/RPG, les combats fonctionnent sur un système tactique. Non, vous n’allez pas fracasser la touche A ou X pour mettre à terre un ennemi. Il vous faut passer par le menu tactique d’attaques accessible via LB et RB. Ce menu vous permet de sélectionner l’attaque que vous souhaitez parmi celles débloquées. Vous pouvez programmer jusqu’à 4 actions à la suite et ce pour chacun des deux personnages. Lorsque vous ouvrez ce menu tactique, le combat se ralentit (à la limite de se figer) afin de vous laisser le temps de bien réfléchir à vos combinaisons sans pour autant mettre en pause l’attaque ennemie. Si vous ne gérez pas vos coups par le menu vos persos se contenteront d’effectuer des attaques simples avec de fortes probabilités d’y laisser leurs belles peaux émeraude. Si vous êtes plutôt du genre instinctif, il est possible d’attribuer deux attaques en raccourci, une sur LT l’autre sur RT, dans un moment de panique, cela peut toujours s’avérer utile.
Cependant, un problème atteint Arkaïl au fil de chaque rixe. Soumis à beaucoup d’énervement, notre cher Orc explose littéralement de rage et entre en mode Berserk. Vous ne le contrôlez plus! Il frappe tout ce qui bouge avec une violence extrême. Mais lorsque cette fureur retombe… Arkaïl est sonné, il ne réagit plus est encaisse les coups avec peine. Styx doit donc lutter seul le temps que « Le Gros » ne reprenne ses esprits.
Si l’un du binôme se retrouve à terre, votre priorité est de le relever. Si vos deux amis meurent, c’est l’échec de votre mission.
Le jeu est composé de 5 chapitres, pour un total d’une vingtaine d’heure de jeu ce qui est plutôt chiche. Mais le contenu est très dense pour un RPG fermé, uniquement centré sur son histoire. Aucun mode multi n’est proposé, ni même coopération.
Tu t’crois beau avec ton pagne?
Visuellement, on ne peut pas dire que le jeu nous éblouisse, loin de là. Les textures sont bonnes, les personnages sont très détaillés, malheureusement on déplore le crénelage important dans le décor. La collision inexistante avec les objet, les plantes, l’eau est regrettable, tout comme le manque d’interaction avec l’environnement.
S’ajoute à ça une absence d’expression du visage, couplé à des dialogues très saccadés qui ralentissent les nombreuses cinématiques. Cela ne retire rien à l’histoire fort prenante, mais n’aide pas à se plonger corps et âme dans celle-ci.
Le déplacement des personnages n’est pas assez fluide, il semblerait que sur le continent Isérien tout le monde se meut tel un robot…
Le doublage est assez cohérent avec le caractère des personnages, le langage pose un peu plus de réticence. Non pas par sa vulgarité légère, mais plutôt par le flux de paroles que débitent nos Peaux-Vertes. Le temps de l’Orc attardé, dont les seuls mots de vocabulaire se réduisent à « Zog! Zog! Miam Miam », est révolu ! Nous avons ici des être réfléchis, certes quelque peu portés sur le cassage de crâne, mais avec une certaine sensibilité qui pourra en déstabiliser plus d’un.
Le Bilan
On a aimé
- Jouer un Orc et un Gobelin
- L’histoire
- Le système de combat
- Une nouvelle vision des Peaux-Vertes
On a moins aimé
- Les dialogues trop saccadés
- La gestuelle trop robotique
- Les soucis de crénelage
- La durée de vie
Conclusion du test de Of Orcs and Men
Mort aux Kwarsans !
bien qu’un peu faiblard sur le rendu graphique, Of Orcs and Men se distingue des autres RPG sur bien des plans. Par son système de combat tactique, son scénario prenant, ses protagonistes originaux, les studios français de Cyanide et de Spider offrent une certaine maturité au genre. Si vous voulez soutenir les Bloodjaws contre la domination des Kwarsans (humains) en compagnie d’un Rakash (Gobelin) dans un esprit tactique n’hésitez pas, ce jeu est pour vous !