Ubisoft en crise : des syndicats réclament la démission d’Yves Guillemot
La crise se poursuit chez Ubisoft. L’annonce d’une grosse restructuration de l’entreprise continue de faire couler d’encre, et deux représentants syndicaux demandent aujourd’hui que Yves Guillemot quitte ses fonctions.
« Il nous faut de nouvelles idées pour créer de grands jeux »
Dans une interview accordée à Game Developer, Marc Rutschlé et Chakib Mataoui sont revenus sur les difficultés d’Ubisoft et selon eux, le problème commence au sommet.
Les deux représentants estiment que l’absence de diversité à la tête de l’entreprise empêche Ubisoft de créer des jeux à succès. Selon eux, Yves Guillemot s’est entouré de « yes men » et continue de privilégier ses proches, comme en témoigne la nomination de son fils Charlie en tant que co-PDG de Vantage Studios en juillet dernier.
Si vous placez uniquement vos amis masculins blancs à ces postes, vous ne favorisez aucune diversité et n’obtenez aucune nouvelle opinion ou idée. Nous sommes dans un métier créatif. Il nous faut de nouvelles idées pour créer de grands jeux, mais ce n’est pas le cas actuellement.
Pour les syndicats, le problème ne se limite pas à la direction, il s’agit aussi d’un manque de confiance général dans l’entreprise, renforcé par la manière dont Ubisoft a géré les scandales de harcèlement en 2020 et les années suivantes.
« le niveau de haine que les gens éprouvent à son égard signifie qu’il devrait partir »
Les représentants dénoncent notamment un environnement de travail dans lequel les comportements abusifs ont pu prospérer, et évoquent que le niveau de haine que les gens éprouvent à l’égard d’Yves Guillemot devrait l’inciter à quitter ses fonctions.
Je pense que Guillemot devrait se retirer à ce stade. Je pense que le niveau de haine que les gens éprouvent à son égard signifie qu’il devrait partir. Alors, nous pourrions reconstruire une forme de confiance.
Pour l’instant, il est difficile d’imaginer Yves Guillemot quitter l’entreprise qu’il a fondée. La situation d’Ubisoft reste cependant très préoccupante puisque le cours de l’action a perdu près de 95 % de sa valeur en cinq ans, et il est aujourd’hui compliqué de voir comment l’entreprise pourrait retrouver le chemin de la croissance dans les années à venir.
Du côté des employés, rappelons qu’un avis de grève contre les suppressions de postes envisagées par l’entreprise a été déposé. Les syndicats français, soutenus par leurs homologues internationaux, prévoient de se mobiliser du 10 au 12 février prochain et on espère évidemment pour eux que cela pourra faire bouger les choses.