Test – Viking : Battle for Asgard
Moi taper. Toi crever.
-A quoi bon grand père ?
-Quoi ?
-On se crève au labeur, on saccage, on pille, on viole les femmes et au total, et bin…
-Mais qu’est ce que c’est que toutes ces balivernes Erik ?
– Où on va avec tout ça grand père ?
-T’as parlé avec quelqu’un toi…
-J’ai vu cette fille…
-Ah, les bonnes femmes…c’est toujours les bonnes femmes qui, qui nous collent des tas de problèmes…
Erik le Viking
Uééé, allons tous au Walhalla !!!
En guise d’introduction j’ai choisi ce petit passage du film Erik le Viking de Terry Jones -que je vous conseille grandement d’ailleurs-. En effet il résume assez bien les mésaventures de Skarin, Viking de profession, tombé au combat, qui se voit choisi par la déesse Freya pour être son champion dans la lutte qu’elle va mener contre Hel, la déesse de la mort. Une histoire de bonnes femmes en gros, et bonnes est le terme, mais bon je m’égare. Le scénario, de toute façon, n’est pas le point fort de viking battle for Asgard. Loin de là.
Skarin se voit donc béni par Freya. Doté de l’immortalité et d’une force hors du commun, il va devoir libérer 3 îles du joug des légions de Hel. Oui vous avez bien lu, Skarin est immortel. Inutile de foncer tête baissée toutefois vu que cette immortalité lui permettra seulement de revenir au combat indéfiniment. Et question combat il s’y connaît le Skarin. Les vikings ne sont pas réputés de toute façon pour leurs arts lyriques.
Viking Battle for Asgard est un beat them all. Skarin, sous ses allures de Conan, sait se servir de son épée et de sa hache, les corps décapités, sectionnés, raccourcis qu’il laisse dans son sillage en attestent. La jouabilité est instinctive : bouton A pour les coups normaux, le X pour les coups puissants, le Y pour sauter. Les soldats de la légion de base pourront être achevés dans une orgie de violence et de sang via la touche X. Certains adversaires proposeront, à l’instar de God of War, un bref quick time event –enchaînement de touche à appuyer en rythme- afin de les terrasser.
Tout au long de son périple Skarin apprendra de nouveaux combos dévastateurs moyennant versement de pièces d’or conséquent dans des arènes. La parade ne sera pas aussi inutile, salvatrice par moment tant les ennemis s’avèrent nombreux et cherchant régulièrement à user de leur nombre pour vous prendre à revers. Heureusement Skarin pourra s’équiper d’hachettes de lancer, de pots enflammés et potions de soins. Son épée pourra se voir attribuer un élément entre le feu, l’éclair et la glace dont l’utilisation sera liée à une jauge de puissance indépendante.
Skarin est bien armé pour son aventure, tant mieux pour lui, il en aura besoin.
C’est par où déjà ?
Oubliez les couloirs inhérents au genre du beat them all car ici le terrain de combat s’avère être immense, ouvert et le tout sans aucun chargement qui viendrait interrompre les quêtes de Skarin. Les 3 îles que nous propose le jeu sont toutes assez grandes, offrant une mer somptueuse, des ruines regorgeant de mystères, des murs dressés par des géants, des grottes ténébreuses et de grandes cités occupées. Par moment on a même l’impression de se retrouver parcourant les plaines d’Oblivion tant la distance d’affichage est agréable à l’œil. Sachez aussi que la superficie de ces îles va grandissante. La dernière est belle et bien immense.
Cette immensité et cette ouverture permettent à Viking de déroger un peu aux règles du beat them all et de proposer un gameplay un peu plus subtil qu’il n’y parait. Il sera en effet suicidaire pour Skarin dans certains cas de foncer tête baissée vers les groupes de la légion. Le surnombre qu’il rencontrera lui sera fatal à coup sûr. Pour éviter ces confrontations, Skarin préfèrera une approche beaucoup plus lente. Cela nécessitera de la part du joueur de faire le tour des campements ennemis, y trouver le chemin le plus sûr, éliminer un à un les sentinelles postées sur les hauteurs et arriver à libérer sans qu’on le repère les vikings retenus captifs par la légion. Skarin est un solitaire mais aussi un meneur d’homme, et ces hommes prisonniers de la légion il en a besoin pour mener sa guerre.
Allons demander là bas, il y a du monde
Afin de libérer les trois îles Skarin devra mener à bien plusieurs quêtes, reconquérir des endroits stratégiques et libérer suffisamment de captifs afin d’accroître son armée et mener le gigantesque assaut final.
Une des grandes forces de Viking est de proposer des batailles gigantesques d’une centaine d’hommes et ces batailles sont à proprement parler épiques : vos troupes descendront en courant une colline parsemée de corps, épée à la main, bouclier levé. Le ciel s’embrasera lors de l’envol d’une pluie de flèches enflammées. Les cohortes de la légion iront alors à la rencontre du fer, du sang et de la mort, entraînant dans leur sillage l’ombre menaçante de géants. Ils ne se doutent pas que la mort ne leur ouvrira pas les bras en les regardant dans les yeux. La mort viendra du ciel et s’abattra sur eux sous le souffle ardent de vos dragons. Skarin prendra part à cet enfer, oubliant toute finesse, ne cherchant qu’à enduire ses armes du sang des soldats adverses. Les champions de la légion et les géants qu’il tuera lui permettront de faire à nouveau appel aux dragons et il essaiera de se frayer un passage jusqu’aux chamans de Hel afin d’arrêter la nuée de créatures enragées déferlant sur vos troupes.
Viking est, dans ces moments, réellement grandiose.
Mais c’est tout petit le Walhalla !
Viking propose une aventure qui réservera au joueur de très agréables moments. Il est vraiment grisant de parcourir les plaines, les collines enneigées et les forêts des trois îles. L’environnement sonore, où malheureusement les musiques s’avèrent être très discrètes malgré leur qualité, est essentiellement composé de bruits d’ambiance : le vent souffle par rafale, les oiseaux chantent, l’eau coule en cascade. La distance d’affichage induit un léger retard à l’apparition de l’herbe mais cela n’est en rien gênant. Néanmoins, on ne peut qu’avoir un petit sentiment de jeu pas tout à fait fini par moments. Certaines scènes ne sont pas sonorisées, on rencontre quelques bugs de collision souvent fatals à Sarkin et la mise en scène atonique des cinématiques enlève une bonne partie de l’aspect épique des batailles, de même que la version française qui est une des plus nulles que j’aie jamais entendu –« actrices » pas concernées du tout, aussi crédibles qu’une présentatrice de météo et un casting famélique comparé à la version originale. Je suggère fortement aux anglophones d’y jouer en anglais en relocalisant leur console.
Le Bilan
On a aimé
Bilan :
- Phases d’infiltration réussies
- Phases de Beat them all épiques
On a moins aimé
- Localisation française nulle
- Répétitif
Conclusion du test de Viking : Battle for Asgard
Barbare !
Viking : Battle for Asgard est une bonne surprise cachant sous ses allures de beat them all un jeu beaucoup plus subtil et varié qu’il n’en à l’air. Alors non, nous n’oublierons pas les défauts du jeu, à savoir une certaine redondance dans l’aventure que l’on remarquera à la fin, une bande son « étrange » qui semble montrer que le jeu n’ait pas été totalement fini, une mise en scène aux abonnés absents et des doublages français ridicules -j’insiste- mais au final Viking restera comme une expérience très agréable, doté d’un univers envoûtant, parsemé de phases d’infiltration très plaisantes et rythmé par des batailles grandioses qui marqueront pendant un certains temps la mémoire de tous ceux qui s’y seront essayés.