Universe at War
Pourquoi tant de haine ?
En tant que spécialiste officiel d’Xboxygen des real time strategy (RTS pour les intimes) sur Xbox 360, après avoir testé Bataille pour la Terre du milieu et Command & Conquer 3, je m’attaque au dernier venu édité par Sega.
Au programme, une planète terre dévastée, des robots et des pas beaux, et des batailles spectaculaires !
Armé de ma boussole et d’une carte, je m’apprête donc à donner mes ordres pour sauver le monde…
Mais pourquoi la Terre ?
Dans ce jeu, les humains sont avant tout des victimes, et si on pourra les jouer pendant le prélude, ils ne seront ensuite que spectateurs d’un conflit gigantesque.
Dans le rôle des agresseurs, nous avons La Hiérarchie, dont l’existence se limite à trouver des mondes vierges, à les détruire en absorbant leur énergie, puis à partir comme si de rien n‘était en sifflotant…Étant donnée leur puissance de feu (d’immenses robots destructeurs), autant dire que la Terre est mal barrée ! Heureusement pour nous, les Novus, une armée de robots ayant une conscience et étant en conflit avec la Hiérarchie depuis bien longtemps, ne vont pas laisser les choses se passer ainsi, et vont venir à notre secours.
Enfin, les Masaris prennent le rôle des expiateurs. Ce sont eux qui ont créé la Hiérarchie, et, un peu honteux, ils vont se mêler de la bataille pour rectifier leur erreur…
Vous trouvez ça classique ? Et bien vous avez raison, car la campagne brille par son absence d’originalité ! Les niveaux se succèdent avec les configurations de missions habituelles (construire des bases, défendre une position, prendre d’assaut une position ennemie…), entrecoupées de cinématiques qui font avancer une histoire qui a bien peu de personnalité. Mais l’intérêt du jeu est ailleurs…
Du classique avec quelques idées
Nous avons affaire à un jeu d’un classicisme total dans sa conception. Tous ceux qui ont un jour joué à un RTS trouveront immédiatement leurs marques. Vous devrez récolter des ressources pour produire des bâtiments et des unités, les unités ont des fonctions diverses que vous pourrez exploiter, et on retrouve également la notion de héros (comme dans Warcraft 3) aux pouvoirs supérieurs. Le principe est de trouver le bon équilibre entre la récolte des ressources, une protection efficace des bâtiments et la constitution de groupes d’attaques adéquats. Le rythme des combats n’est pas aussi soutenu que celui de Command & Conquer, ce qui n’est pas un mal tant celui-ci était sans doute trop speed, mais l’action prédomine tout de même, avec des batailles rangées souvent spectaculaires et nerveuses.
Le point fort du jeu, c’est indéniablement les différences importantes entre les races jouables. Dans Univers at war, chaque race a des spécificités très marquées, et les unités de l’une n’ont pas d’équivalent chez l’autre. Les Novus misent avant tout sur le nombre, et avec eux on pourra constituer des armées très importantes. Ils peuvent également installer des relais un peu partout sur la carte pour se déplacer très vite. Une classe très classique qui se distingue surtout par quelques capacités particulières, comme le virus informatique qui ralentit les unités robots ennemies. La classe la plus intéressante (et de loin ma préférée) est celle de la Hiérarchie, qui a l’avantage de franchement trancher avec les autres jeux du même type. Le principe est ici la mobilité permanente, avec des véhicules énormes et sur-armés qui produiront un nombre limité d’unités directement sur le champ de bataille. Leur puissance de feu est dévastatrice…tout autant que leur lenteur bat tous les records. Vous concevrez cette base mobile comme vous le voulez, le blindant d’améliorations pour en faire une forteresse mobile. Jouer avec cette classe, c’est un peu diriger un rouleau compresseur ! Enfin, la dernière classe, les Masaris, est également la moins intéressante. Race insectoïde qui se caractérise principalement par la possibilité de passer d’un mode jour à un mode nuit affectant ses capacités, mais rien de bien motivant.
En solo, la campagne est d’un intérêt très relatif, et est plutôt simple, alors que les scénarios qui proposent des situations précises sont plus difficiles et sont plus centrés sur l’action immédiate.
Mais ça se bouge bien!
L’éternel question concernant le maniement d’un RTS sur console ne devrait plus se poser longtemps. Les précédents RTS sur 360 étaient maniables, et Univers at war est également réussi de ce point de vue, et est même meilleur que ses prédécesseurs. Que ce soit sélectionner une unité, un groupe, un bâtiment, construire, attaquer, etc…tout se fait très simplement, les gâchettes étant utilisées comme des raccourcis ouvrant des menus. Il faut très peu de temps pour s’y faire, et si on n’est toujours pas au niveau du combo clavier-souris, la maniabilité n’est pas du tout un frein au jeu, et est accessible à tous.
Cependant, le jeu étant en cross-Platform, les joueurs PC auront tout de même un avantage indéniable (nous y reviendront plus loin).
Une télé HD sinon rien
La réalisation du jeu, malheureusement, n’est pas extraordinaire. Ce serait sévère de dire qu’elle est mauvaise, car ce n’est pas le cas, mais elle est entachée de plusieurs défauts qui finissent par nuire au plaisir de jouer. Graphiquement, c’est plutôt joli et ça bouge bien, sans plus. C’est en tout cas suffisant pour qu’on reste devant l’écran, avec une caractérisation intéressante des classes. La Hiérarchie est originale, les Novus font penser à des robots typiquement nippons qui seraient passés par un lifting de design chez des occidentaux, et seuls les Masaris sont plus banaux. Les champs de bataille, quant à eux, n’ont rien d’original mais ne sont pas désagréables. L’environnement sonore, élément important dans ce type de jeu, n’est par contre pas terrible. On en a vite marre d’entendre toujours les mêmes phrases déclamées par les unités sur un ton monocorde ou un peu à côté de la plaque, et les musiques sont quelconques ou agaçantes (ça dépend de votre seuil de tolérance).
Et puis avertissement important : si vous n’êtes pas équipé d’un écran HD, oubliez ce jeu. Les textes sont écrits très petits, et sans HD il est difficile de différencier les unités (en particulier pour les Novus).
Mais surtout il y a quelques faiblesses dans le critère le plus important pour un jeu de stratégie, avec des déficiences surprenantes de l’intelligence artificielle. En « facile », la campagne peut être bouclée d’une seule main, en « normal » vous n’aurez toujours pas beaucoup d’opposition, alors qu’en « difficile », pour le coup, il faudra parfaitement connaitre les cartes et les déplacements ennemis pour avoir une chance de vous en sortir. Mais surtout, les unités ont parfois des réactions, ou des absences de réactions aberrantes. Par exemple j’ai pu voir un éclaireur ennemi se promener à la limite de ma base sans que les soldats que j’avais postés en surveillance ne lèvent le nez de leur partie de belote. A l’inverse, quand il y a un objectif intermédiaire (par exemple prendre le contrôle d’une zone), vous pouvez commencer par aller détruire une base ennemi plus loin sans qu’ils réagissent. Et si vous installez des tourelles dans une zone où passent vos adversaires, il n’est pas rare qu’ils oublient totalement qu’ils pourraient éviter de se faire réduire en charpie les uns après les autres en passant par ailleurs.
Plus que regrettable.
Conçu pour le multi
D’une façon générale, on a la sensation que le jeu solo n’est qu’une préparation pour des parties en ligne endiablées. Et effectivement, la diversité des classes offre un bon potentiel. Avant de tester le jeu en ligne, mon bilan à propos du jeu est « moyen ». Mais si le jeu en ligne est à la hauteur, il peut d’un seul coup devenir excellent.
Au niveau des modes de jeu, c’est complet. Il y a les affrontements classiques de 2 à 4 joueurs, et un mode intéressant montrant la carte du monde où il faut remporter un match classé dans chaque région pour gagner. Qui plus est il y a la possibilité d’affronter également des joueurs qui sont sur PC. Enfin en théorie, car j’avoue ne pas en avoir vu! Je n’ai peut-être juste pas eu de chance…
Autant être clair : le jeu en ligne est une belle déception. Le potentiel est vraiment là, mais la réalisation ne suit pas! Entre ralentissements et lags, le fun des débuts de parties s’estompe rapidement pour laisser place à l’agacement. Un patch qui arrangerait tout ça rendrait d’un seul coup le jeu beaucoup plus attractif, mais rien n’est annoncé, et en l’état ce qui aurait pu être un atout n’en est finalement pas un du tout. Un beau gâchis.
Bilan :
On a aimé :
- Un univers cohérent
- Une bonne maniabilité
- Des niveaux pas trop longs
On a pas aimé :
- Une IA faiblarde
- Musiques et dialogues fatigants
- Un mode en ligne à foret potentiel gâché par le lag
- La réalisation manque de finition
Le maître de l’univers
Universeat War est classique, et en fin de compte trop peu ambitieux. Ses bonnes idées font que les amateurs du genre peuvent s’y essayer et s’amuser, mais les problèmes de réalisations, avec une IA déficiente vous feront forcément rager. Avec un jeu en ligne de qualité, le jeu aurait pu être un hit, mais du fait de sa médiocrité en live, il n’est qu’un jeu moyen laissant surtout beaucoup de regrets. A réserver aux amateurs et aux curieux.