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Test – The Alters – Un foisonnement de bonnes idées

Test – The Alters – Un foisonnement de bonnes idées
Le 12 juin 2025
Le 12 juin 2025

Comme le disait Sartre : l’enfer, c’est les autres !

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Celles et ceux qui se demandent ce qui serait advenu si, au lieu d’aller à la fac, ils ou elles avaient choisi de réaliser leur rêve de road trip autour du monde, de reprendre le restaurant familial au lieu de se lancer dans une carrière dans le bâtiment, ou encore d’accepter de vivre avec un autre de leurs parents lorsque ceux-ci ont divorcé pourraient bien être intéressés par la proposition de The Alters. Ce survival-narratif de science-fiction entièrement réalisé par 11 bit studios peut se résumer en une question — dont s’est emparé le cinéma avec son multivers ces dernières années — : What if ?

Seul avec soi-même

Adieu Sylvie !

Lorsque Jan Dolski ouvre les yeux, il constate que la mission minière extraplanétaire dans laquelle il s’est engagé a connu un sort funeste : il est le seul survivant. La capitaine, les scientifiques, les experts… tous sont morts dans leurs capsules d’atterrissage suite à une avarie mystérieuse. D’autant que la planète où s’est échoué Jan est particulièrement hostile : l’air y est irrespirable, elle est balayée par des vents cosmiques d’une extrême violence et frappée par des anomalies mystérieuses. Impossible de survivre seul, encore moins de repartir, puisque Jan n’est pas pilote ou astrophysicien, mais un simple ouvrier chargé de la construction des modules du vaisseau.

Changez un détail ; changez toute l'histoire !

Comble du malheur, dans quelques jours le soleil de ce monde va se lever et balayer tout ce qui se trouve à la surface. Pourtant, si l’expédition s’était rendue sur cette terre hostile, c’était pour trouver du rapidium : un matériau quantique extrêmement rare et instable qui pourrait permettre à Jan de survivre. Grâce au rapidium, l’ouvrier va créer bien plus que de simples clones pour l’aider à manœuvrer la base mobile et à s’échapper, il va donner vie à des Alters. Des versions de lui-même issues de choix qu’il n’a pas faits dans sa vie et qui ont donc développé une expérience et des personnalités différentes. Mais si la question éthique se substitue à celle de la survie, ces Alters pourraient bien vouloir plus qu’être juste de simples outils entre les mains de Jan.

Le titre aborde la philosophie, la physique quantique, l’effet papillon, la psychologie et se permet même des références à Albert Camus.

Le rapidium déforme la réalité autour de lui

En réalité, ce pitch est assez simpliste au regard de la grande richesse scénaristique de The Alters. Le titre aborde la philosophie, la physique quantique, l’effet papillon, la psychologie et se permet même des références à Albert Camus. Il fantasme également un futur qui ne nous semble plus si fictionnel, à base de grosses sociétés qui ont pris le pouvoir sur Terre et d’une humanité qui voit les ressources nécessaires à sa survie se tarir. Crise économique, manque d’eau… ces informations sont disséminées dans les échanges avec les Alters ou via les communications que Jan parvient à établir avec la Terre. Si elles ne sont pas au cœur de l’histoire, elles vont influencer les difficiles décisions que vous allez devoir prendre pour survivre.

L’homme est un loup pour l’homme

Les discussions ont une influence directe sur les émotions des Alters

Comme nous l’avons dit, les Alters ne sont pas des clones. Puisqu’ils sont issus de branches différentes du passé de Jan — de choix qu’eux, contrairement à lui, ont fait —, ils ont des souvenirs différents, ce qui les amène à avoir aussi des personnalités et des valeurs différentes. Outre le fait qu’ils découvrent avec horreur que tout leur vécu est faux et qu’ils ont été créés, ils doivent en plus composer avec l’incertitude quant à leur devenir (lorsque l’équipe de secours arrivera, qu’adviendra-t-il d’eux ?) et les décisions que Jan prend à leur place.

Les choix vont débloquer différents traits de personnalité.

L’aspect narratif de The Alters est plutôt bien mené, puisqu’il propose une très grande variété de décisions et de choix de dialogue, qui influent sur les réactions des Alters et leur humeur. Il sera quasiment impossible de contenter tout le monde et, de toute manière, essayer va juste les conforter dans l’idée que Jan est incapable de prendre une décision. Un Alter triste ou en colère pourra refuser de travailler ou se blesser. C’est donc un difficile équilibre qu’il va falloir maintenir entre leurs besoins, leurs envies et les tâches nécessaires à la survie de tous qu’il faut leur imposer. Cela dit, résoudre certains problèmes des Alters permettra également à Jan de développer de nouvelles compétences, l’aspect social n’est donc absolument pas à négliger.

Des choix parfois anodins vont avoir des conséquences dramatiques plus tard dans l’aventure.

Voilà le genre d'événement qui façonne la personnalité d'un Alter

Les choix narratifs concernent aussi Jan lui-même. Va-t-il faire confiance à Ally Corp, la société responsable de la mission qui l’a envoyé ici, ou bien au mystérieux Maxwell, qui lui a expliqué comment créer des Alters et qui semble s’opposer à l’entreprise minière ? Devra-t-il demander conseil à son ex-femme, Lena, ou refuser de lui révéler quoi que ce soit sur sa situation ? Si l’on regrette que certaines solutions qui paraissent possibles ne soient pas proposées, l’effet domino est très bien amené et des choix parfois anodins vont avoir des conséquences dramatiques plus tard dans l’aventure, mettant en péril la survie de Jan.

Au fond, c'est presque une famille.

Voyage en terre inconnue

Plus... que... quelques mètres.

La survie, parlons-en ! Pour éviter le soleil mortel, les radiations et déplacer la base mobile jusqu’au point de rendez-vous avec les secours, il va falloir sortir et trouver des ressources. Chaque expédition peut s’avérer mortelle, car, si l’oxygène de Jan est illimité, l’énergie de sa combinaison (qui permet d’effectuer certaines actions, comme grimper) s’amenuise au fil de l’exploration. À partir d’une certaine heure, le taux de radiation devient trop élevé et il faudra vite retourner à la base sous peine d’y laisser la vie. Une fois l’acte 2 atteint, Jan va également être confronté à des anomalies gravitationnelles et quantiques qui vont menacer sa survie et fortement ralentir sa progression.

De la fumée bleue ? C'est une source de matériau !

Il n’y a pas d’ennemis au sens strict du terme dans The Alters (à moins de mettre suffisamment un Alter en colère pour qu’il ait des envies de meurtre… qui sait ?), c’est l’environnement et ses variations qui vont pousser « les Jan » à devoir développer toutes sortes d’outils, de modules pour la base ou d’équipements de combinaison. Mais avant cela, il va falloir miner pour obtenir les ressources nécessaires. Tous les objets demandent des métaux, des minéraux ou de la matière organique, qui peuvent se trouver en petites quantités à la surface, mais pour lesquels il va falloir dénicher des filons afin de construire des éléments de grande envergure.

Les pylônes permettent d'acheminer les matériaux.

Il va donc falloir repérer les endroits riches en matériaux, poser des sondes et bâtir des postes de minage et d’acheminement. Le travail de prospection ne peut être effectué que par Jan, en revanche, à chaque poste peut-être assigné un Alter, bien qu’il convienne de vérifier les compétences de chacun pour optimiser leur travail. Certains ont plusieurs cordes à leur arc, comme le docteur qui, en plus d’être efficace à l’infirmerie, est très doué en cuisine, un talent utile quand on voit la quantité de nourriture que consomment vos Alters et à quel point sauter un repas les rend grognons !

Mortel, mais sublime.

Jan le bricoleur

Zut, plus de place pour le jacuzzi...

Bien souvent, progresser dans l’aventure demandera de construire de nouveaux modules pour la base. Certains permettront d’améliorer la vie des Alters, comme la salle commune ou les chambres individuelles, d’autres de se protéger des conditions de plus en plus drastiques de la planète. L’aspect survie se mue alors en véritable jeu de gestion, puisqu’il faudra composer avec le poids total de tous ces éléments — qui influe sur la quantité de carburant nécessaire pour déplacer la base mobile — les emplacements disponibles et la forme des modules que vous désirez y insérer, ainsi que la quantité de matériaux nécessaires à leur fabrication.

Quel bazar !

Les petits objets, comme les pylônes de transport, les stations de minage, les piles pour combinaison ou encore les filtres antiradiations, prennent, eux, de la place dans l’espace de stockage qui est lui aussi limité. Là encore, le jeu vous mettra face à des choix cornéliens et il faudra, bien souvent, accepter de sacrifier une partie des ressources pour dégager la place nécessaire à d’autres. Un crève-cœur quand il s’agit de détruire un élément qui a pris longtemps à être conçu, tant le temps est une ressource précieuse pour Jan et ses Alters.

Va bosser le hippie !

En effet, le jeu est souvent une course contre la montre durant laquelle il faudra trouver un moyen de faire avancer la base avant que le soleil ne vienne lui roussir la carlingue ! Pour celles et ceux qui connaissent les Chroniques de Riddick, pensez à Crematoria, mais en beaucoup plus lent ! Les Alters s’acquittent généralement de leurs tâches entre 9 h et 20 h et, dans tous les cas, tout le monde doit être couché à 23 h sous peine de tomber d’épuisement. Si Jan travaille après 20 h, il sera moins efficace et l’extraction de ressources ou la fabrication d’objets lui prendront plus de temps, toutes les actions doivent donc être minutieusement planifiées. Il arrive que les Alters, sans raison particulière, ne se rendent pas à leur poste ou se coincent dans des éléments du décor, ce qui s’avère plutôt frustrant, bien que le problème soit généralement réglé en déclenchant un événement scénaristique mineur ou avec une recharge de la sauvegarde.

Je vous conseille de profiter jusqu'au bout des films que vous pouvez regarder avec vos Alters. Ils sont géniaux !

Multiple

The Alters dispose d’une grande rejouabilité grâce à ses trois modes de difficulté, ses nombreux embranchements scénaristiques et ses fins multiples.

Est-ce que leur donner autant de travail c'est être dur avec soi-même ?

Celle-ci s’effectue automatiquement à chaque réveil de Jan et il y a suffisamment de fichiers pour permettre de revenir loin en arrière en cas d’erreur, ou pour simplement tester d’autres choix scénaristiques. En la matière, on conseille cependant de se laisser porter, même avec des erreurs, puisque The Alters dispose d’une grande rejouabilité grâce à ses trois modes de difficulté, ses nombreux embranchements scénaristiques et ses fins multiples. Notez que le jeu est en anglais, sous-titré en français, avec, néanmoins, quelques erreurs dans la traduction, voire parfois des lignes non traduites. Un problème qui sera sans doute réglé très prochainement et qui, dans tous les cas, n’empêche pas le jeu d’être accessible.

Si vous allez trop loin, vos Alters ne vous le pardonneront pas.

Pour s’y retrouver entre les tâches obligatoires et facultatives — dont certaines manquent parfois un peu de clarté malheureusement —, les assignations des Alters, leur emplacement, l’état des réserves ou encore l’avancement des recherches scientifiques, The Alters propose un journal de bord bien fait et assez complet. Il se montre d’ailleurs bien plus pratique pour lancer la production des ressources, plutôt que de se déplacer jusqu’aux modules correspondants (la serre pour la nourriture, l’atelier pour l’équipement, etc.), surtout une fois bien avancé dans l’aventure, quand se déplacer dans la base demande d’emprunter quatre ascenseurs et de traverser six pièces différentes pour atteindre la cuisine !

Un petit bière-pong après le boulot ?

The Alters se révèle donc être un agréable mix de gestion, survie et narration, à la croisée des genres et des questionnements, une aventure entre Mass Effect, The Expanse, Mister Nobody et le multivers, comme celui développé par Remedy dans ses jeux interconnectés. Si l’aventure comporte encore quelques petits défauts, elle est particulièrement jouissive et addictive et dispose en plus d’une confortable durée de vie, qui avoisine les 30 heures. Graphiquement très propre, avec de jolis effets visuels et une musique discrète, mais habile pour souligner les moments de tension, The Alters est un vrai coup de cœur !

Testé sur Xbox Série X, code fourni par l’agence de presse de l’éditeur

Le Bilan

On a aimé 

  • L’univers de S.-F. crédible et intéressant
  • Le mélange des genres efficace
  • La tension à laquelle nous soumet le jeu
  • Les choix cornéliens
  • La grande palette de personnalités des Alters
  • La traduction parfois inexacte
  • Les objectifs peu clairs qui nous ont fait perdre du temps
  • Les bugs auxquels sont parfois soumis les Alters

Conclusion du test de The Alters

Thérapie de groupe
Si vous vous êtes déjà demandé ce que ça faisait de vivre avec son double, The Alters a peut-être la réponse ! Le jeu se montre aussi varié que le multivers dont il s’inspire, à la fois accessible aux néophytes et exigeant pour les fans de survie, drôle dans ses quiproquos et dramatique dans ses enjeux. Une aventure originale et foisonnante de bonnes idées qui mérite vraiment que l’on s’y attarde. D’ailleurs, on y retourne !

AlexMoon
Adepte du tofu et des arbalètes. Fan de RPG au tour par tour et des propositions indé' les plus barrées. Fabrique des origamis entre deux livres et trois jeux vidéo.
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The Alters

Développeur : 11 bit studios
Éditeur : 11 bit Studios
Date de sortie : 13/06/2025

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