Test - The Beast Inside - Quand un puzzle game rencontre un survival horror.

«Il faut avoir le cerveau et le cœur bien conditionnés.» , - 0 réaction(s)

The Beast Inside est le premier jeu du studio indépendant Illusion Ray. Initialement sorti sur PC en 2018 grâce à un financement participatif, le titre s’offre aujourd’hui un portage sur console et une optimisation pour les plateformes de dernière génération. Le jeu mêle des phases d’action horrifique et de résolution d’énigmes plutôt complexes. L’union du puzzle game et du survival horror n’est pas nouvelle mais elle est ici proposée comme deux aventures parallèles qui s’entremêlent. Reste à savoir si ce mariage est heureux ou s’il est voué à l’échec.

Au coeur du paradis il y a l’enfer

Notre aventure débute en 1979 dans la peau de Adam, un cryptanalyste de la CIA. Afin de percer le code militaire sur lequel nous butons depuis trop longtemps, nous nous installons avec notre femme Emma dans une ancienne maison de famille. Niché au cœur d’une forêt, ce lieu idyllique devient rapidement le théâtre d’évènements étranges et troublants. Tout bascule lorsque nous faisons une intrigante découverte dans le grenier de la demeure. Caché sous le plancher, le journal intime de Nicolas Hyde relate des événements surnaturels survenus au 19ème siècle dans la région.

Comme nous l’évoquions en introduction, le titre mêle survival horror et puzzle game. La transition entre ces deux phases se matérialise par le passage d’un protagoniste à l’autre. Dans la peau d’Adam, nous explorons notre environnement et progressons dans notre enquête grâce à la résolution d’énigmes assez complexes. Dans la peau de Nicolas, nous luttons pour survivre aux attaques d’ennemis d’outre-tombe. La transition entre ces deux univers est facilitée par le chapitrage du titre et nous passons de l’un à l’autre sans impression de perte de rythme. L’histoire est bien écrite et la pression monte progressivement pour atteindre son paroxysme juste avant d’en découvrir l’une des conclusions possibles. Le titre propose en effet plusieurs fins qui découlent de nos choix lors du dernier chapitre.

Tu pointes ou tu cliques ?

Les phases d’exploration prennent la forme d’un point’n click classique. Cette mécanique de gameplay plutôt adaptée au jeu à la souris montre ici ses limites. Il est parfois difficile avec le joystick de désigner immédiatement l’objet que l’on souhaite ramasser ou examiner. C’est le cas par exemple lorsque l’on découvre une boîte d’allumettes ou un objet rangé au fond d’un placard. Cela n’est pas pour autant rédhibitoire et l’on finit par s’y adapter.

Le titre intègre également des QTE lors de certaines phases d’action. Leur difficulté est toute relative mais leur présence permet de donner du rythme à la narration. De plus, les développeurs ont réussi à trouver le bon équilibre pour que cette mécanique ne soit pas qu’un simple gadget.

Les énigmes proposent bien souvent de mettre à l’épreuve nos compétences de cryptanalyste. Les habitués du code César seront avantagés pour la résolution de la plupart d’entre elles. La solution de ces puzzles est identique dans les trois niveaux de difficulté proposés. La variation du challenge se traduit par la révélation ou non d’indices par notre personnage qui pense à voix haute et apporte plus ou moins rapidement une piste de recherche au joueur.

Un univers convaincant

Un jeu indépendant qui fête ses quatre ans de vie lors de son arrivée sur consoles ne peut malheureusement pas éviter l’impression de réalisation datée. La modélisation des personnages accuse le poids des années et leur animation mécanique nous rappelle que la motion capture n’est pas accessible à toutes les bourses. Malgré tout, le titre s’en sort plutôt bien car la majeure partie du temps, nous évoluons en vue subjective. L’ambiance sonore contribue également à gommer ces défauts. Le bruit du vent dans les feuillages ou le chant des oiseaux rendent nos explorations très immersives. La bande-son est plutôt discrète, mais elle arrive toujours à point nommé pour souligner une phase d’action ou pour faire monter la tension et l’angoisse.

Comme dans toutes réalisations horrifiques, nous retrouvons des portes qui claquent, des objets qui traversent les pièces et bien sûr des jumps scares. À l’instar des QTE, leur emploi reste équilibré pour que leur effet soit efficace. Il faut souligner le travail des développeurs qui ont réussi à trouver une certaine justesse d’utilisation de cette mécanique. Les effets d’éclairage jouent également parfaitement leur rôle dans la construction des environnements angoissants.

Pour donner encore plus de profondeur au titre, nous trouvons sur notre chemin plusieurs documents qui étoffent le lore et apportent des précisions historiques ou contextuelles à notre aventure. C’est également le moyen d’intégrer une chasse aux collectibles lors de la découverte d’une carte aux trésors. Indépendant de l’histoire principale, cet ajout permet de prolonger un peu la durée de vie du titre. Il est cependant difficile de la quantifier en heures de jeu. Tout dépend du mode de difficulté choisi et de la typologie du joueur. Nous estimons qu’une quinzaine d’heures est une moyenne raisonnable pour ce jeu.

Reste une marge de progression

Le studio maîtrise parfaitement son sujet mais nous avons tout de même rencontré quelques bugs de collision avec les éléments interactifs du décor lors de notre test. Dans les phases d’exploration nous aurions aussi aimé être capable de remettre les objets examinés à leur place plutôt que d’être obligés de les jeter. Cela peut vite devenir brouillon pour les joueurs qui examinent scrupuleusement chaque item d’une pièce. Le titre ne propose que de la VOST et nous avons noté quelques erreurs de traduction ici et là. Rien de bien gênant hormis lors de la scène introductive qui place notre aventure une semaine après cette ouverture au lieu de “one week earlier” (une semaine plus tôt).

Malgré ces quelques petits défauts, The Beast Inside est un excellent puzzle game horrifique. Le titre n’a vraiment pas à rougir face aux productions plus prestigieuses. Le diable se cache dans les détails. L’expérience d’une équipe de développement aussi. La possibilité de désactiver les mouvements de caméra ou les flous artistiques afin de ne pas indisposer les joueurs qui y sont sensibles est une chose assez rare dans une production indépendante pour être soulignée. Nous attendons donc avec impatience la suite de cette licence qui devrait arriver très prochainement.

Testé sur Xbox Series X et S. (optimisé)

Bilan

On a aimé :
  • Les jump scares efficaces
  • L’ambiance sonore
  • Le mariage réussi du puzzle game et du survival horror
On n’a pas aimé :
  • Les quelques bugs de collision
  • La modélisation des PNJ un peu datée
Un puzzle game horrifique convaincant

Proposer un jeu horrifique intégrant des énigmes n’est pas une nouveauté. Marier un puzzle game et un survival horror est un challenge plus ardu. Le studio Illusion Ray réussit donc son pari en nous offrant un jeu équilibré. Même si le titre accuse un peu le poids des années, son ambiance immersive et son histoire cohérente nous font oublier bien vite ses petits défauts. Nous attendons donc avec impatience sa suite qui est d’ores et déjà en production.

Accueil > Tests > Tests Xbox One

The Beast Inside

PEGI 18 Langage grossier Violence

Genre : Aventure/Réflexion

Editeur : Illusion Ray S.A.

Développeur Illusion Ray Studio

Date de sortie 29/11/2022

Prévu sur :

Xbox Series X/S, Xbox One, PlayStation 5, PlayStation 4, PC Windows