Test - WRC 10 - Difficile de passer le cap de la next-gen

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Kylotonn Racing avait marqué le pas l’année dernière avec un épisode WRC 9 de transition et une version next-gen sortie en fin d’automne finalement bien sage, hormis l’apport tant attendu du 60 FPS. Cette année, la communication autour de WRC 10 s’est emballée et promet beaucoup d’ajouts alléchants dont un mode Anniversaire pour fêter les 50 ans du championnat du monde des rallyes WRC. À une semaine du fabuleux rallye de l’Acropole en Grèce, dont nous savourons le retour après une absence au calendrier depuis 2013, il est temps d’enfiler notre combinaison et de parcourir les routes sinueuses et dangereuses qui nous attendent au tournant.

Une saison à nouveau chamboulée

Bon, pour affronter les routes de montagne rocailleuses et les températures élevées du rallye de Grèce, il faudra encore être patient. En effet, tout comme le rallye d’Ypres en Belgique, ces deux épreuves ne seront présentes dans WRC 10 qu’ultérieurement via des mises à jour gratuites. La faute à un calendrier 2021 une nouvelle fois perturbé par l’épidémie de COVID-19 qui sévit dans le monde entier. KT Racing essaie de s’adapter pour coller au plus près de la saison, mais à sa décharge, on ne crée pas de nouveaux tracés dans un jeu de rallye en un claquement de doigts. Alors autant le dire clairement, il sera impossible cette année de revivre à 100% le calendrier réel de cette saison dans le jeu.

La Croatie : terre de football !

Le choix initial du studio concernant les destinations s’est porté sur les épreuves prévues au calendrier 2021 à la date de décembre 2020. On retrouve donc dans WRC 10 les rallyes de Suède, du Chili et de Grande-Bretagne alors qu’ils ont été remplacés depuis par ceux de l’Artic Rally Finland, de Belgique et de Grèce. Si les deux derniers finiront par arriver dans le jeu, ce ne sera pas le cas du rallye finlandais sur neige. Concernant les tracés inédits, on se contentera pour le moment des très réussis rallyes de Croatie sur asphalte et de l’Estonie sur terre. À la sortie du jeu, 12 destinations composées de 7 à 9 spéciales sont disponibles aux surfaces variées entre l’asphalte, la terre, le gravier et la neige. Dans quelques mois, 14 rallyes seront jouables, ce qui équivaut globalement à la proposition des derniers opus.

Fêter un anniversaire avant l’heure, ça porte malheur !

Pour fêter le cinquantenaire du WRC, nous sommes conviés à revivre une quinzaine de moments forts de l’histoire de la compétition au volant de voitures légendaires qui ont fait sa réputation. Un anniversaire fêté en avance puisque le premier championnat WRC date de 1973. Peut-être que KT Racing a considéré que la date initiale était le moment où les organisateurs se sont mis d’accord sur un coin de nappe après un repas copieux et arrosé.

Quelle classe !

Concernant ce mode Anniversaire, nous ne pouvons pas mentir, la déception est au rendez-vous. Si chaque événement jouit d’une mise en scène sympathique avec photos ou vidéos d’époque et rappel historique, l’épreuve consiste simplement à battre un temps de référence sur une unique spéciale. En cas de réussite, le prochain événement se débloque et l’opération se répète. D’aucuns pourront dire que ça fait le café, mais trop d’erreurs de conception et de com’ gâchent la fête. Si les deux premiers événements se suivent chronologiquement et permettent des erreurs de conduite pour les réussir, le troisième événement fait un bond dans le temps en court-circuitant la chronologie et impose un pic de difficulté extrême pour battre le temps de référence, ce qui laissera de nombreux joueurs sur le carreau et les empêchera de continuer l’expérience. Cette difficulté en dents de scie se retrouve tout au long de ce mode die and retry.

On nous la fait pas, c’est bien la même spéciale...

Pire, la com’ autour de cet anniversaire vantait de vivre des événements historiques qui exigent de s’adapter aux conditions de course de chaque époque via 6 rallyes historiques dont Acropolis, San Remo, Allemagne et Argentine (information encore visible sur le site officiel du jeu). À la sortie de WRC 10, les événements liés aux deux derniers cités sont absents et sont remplacés par d’autres destinations. Mais surtout, les rallyes historiques se composent d’une seule spéciale (et son tracé inversé), la plupart du temps reprise de sa version actuelle, dans laquelle les développeurs ont seulement modifié quelques assets graphiques pour coller à l’époque et joué avec l’emplacement et la densité du public. D’ailleurs, une des principales difficultés en conduite dans ce mode consiste à éviter les gens puisque l’absence de barrières dans les premières décennies du WRC était monnaie courante.

Concernant les voitures légendaires à disposition, le studio a fait un bel effort par rapport aux derniers opus. Aux Alpine A110, Lancia Fulvia, Stratos et Delta, entre autres, se sont ajoutées les Audi Quattro, les 205 T16, et quelques Toyota. En revanche, la Ford Escort MK II a disparu et la Subaru Impreza WRC 1997 de Colin McRae, ainsi que la Mitsubishi Lancer Evo V 1998 de Tommi Mäkinen ne sont disponibles qu’en DLC payant, à 4,99 € pièce. Aïe !

On attendait certainement trop de ce mode Anniversaire et notre déception est à la hauteur de notre hype suite à son annonce. Nous prenons quand même beaucoup de plaisir à revivre ces moments historiques et profiter des voitures mythiques mais il y avait vraiment beaucoup mieux à faire. On espère des modifications via de prochaines mises à jour. Pour le moment, seuls d’autres événements sont prévus dans la roadmap ces prochains mois pour étoffer la proposition, avec peut-être l’arrivée des spéciales allemandes et argentines promises.

Une carrière peaufinée et toujours au top

On monte à 90 compétences cette année

Le contenu des deux derniers WRC était solide avec notamment un mode Carrière consistant et intéressant. Ce dernier profite de quelques améliorations bienvenues cette année, qui toutefois ne révolutionneront pas l’expérience. Le cœur de la carrière demeure inchangée : gestion du calendrier, objectifs à atteindre, développement de la voiture, équipe et écurie. Les habitués retrouveront rapidement leurs marques. On commence toujours en Junior WRC ou en WRC 3, puis on enchaîne les saisons pour atteindre la catégorie reine et devenir champion du monde le plus de fois possibles. Les petites nouveautés intéressantes concernent l’ajout de nouvelles compétences R&D au niveau de l’équipe (en relations publiques et logistique) et l’implémentation du shakedown au début de chaque rallye, que nous ne sommes pas contraints d’y participer obligatoirement. Un shakedown consiste à effectuer des essais sur un tronçon limité afin de tester les réglages de la voiture et s’habituer au revêtement des pistes avant les épreuves chronométrées qui comptent pour le classement.

Il faut tenir compte de l’usure des pneus maintenant

Participer à un shakedown donne en bonus dans cet épisode le droit d’utiliser 4 pneus supplémentaires. Avant chaque journée de spéciales, nous pouvons choisir 4 pneus montés et 2 de secours. La gestion des pneus et de leur usure (notée en % et autre nouveauté cette année) sera primordiale pour être performant, surtout en choisissant de parcourir les rallyes en format long au niveau de difficulté le plus élevé. En effet, entre les pneus durs et tendres, la tenue de route et la fiabilité seront bien différentes. Un vrai plus pour les amateurs de rallye qui verront les meilleurs stratèges être récompensés.

Quelle catastrophe, y a encore du boulot !

Autre fonction souhaitée par de nombreux joueurs, un éditeur de livrées fait enfin son apparition. Il vous permet de modifier l’aspect extérieur de votre voiture via le choix de la peinture principale, des formes colorisées, des autocollants et des logos de marques. Seuls le capot et les rétroviseurs peuvent venir contraster la couleur principale. Toutefois, d’après des exemples de livrées que nous avons pu visionner, il semble qu’on peut aller très loin dans la customisation avec de la patience et beaucoup de créativité, ce qui n’est pas trop notre cas. L’éditeur de livrées est donc un ajout sympathique, qui fera plaisir à beaucoup d’artistes en herbe. Surtout, il pourra être utilisé pour personnaliser les voitures de votre … nouvelle écurie privée.

Eh oui, la principale nouveauté de la carrière est que l’on peut la démarrer en créant sa propre équipe privée indépendante d’un constructeur. Il faudra en plus de gérer toutes les options d’une carrière classique, s’occuper de la gestion de son parc automobile en achetant des voitures neuves ou d’occasion. Malheureusement, pour profiter de cette nouvelle fonctionnalité, KT Racing a eu la “formidable” idée de nous obliger à débloquer tous les événements du mode Anniversaire. Un choix incompréhensible qui devrait frustrer la majorité des joueurs, dont nous puisqu’il nous était difficile de réussir tous les événements historiques avant la fin de ce test. Nous espérons fortement une remise en question de ce choix du studio via une prochaine mise à jour.

Une manette sinon rien

Au-delà des modes Anniversaire et Carrière qui occuperont longtemps une bonne partie des joueurs, le contenu de WRC 10 est une nouvelle fois gargantuesque. Le mode Saison, pour ceux qui ne désirent pas s’embêter avec la gestion d’écurie, s’enrichit également de l’ajout des shakedown et de la stratégie plus poussée de la gestion des pneus. Les défis sont une nouvelle fois de la partie avec quelques changements concernant les épreuves. Nous retrouvons également tous les autres modes déjà présents dans les opus précédents, tels Partie rapide, Clubs, Entraînements, Copilote et Multijoueur en ligne ou en écran partagé.

So british I

Pour bien profiter de ce contenu pléthorique, le gameplay doit répondre aux attentes. Sur ce point, Kylotonn a fait le choix d’une prise de risque minimale, d’autant plus que la communauté avait globalement apprécié le gameplay de WRC 9, et nous aussi. Du moins à la manette car au volant, c’est plus douloureux. Malgré un temps de calibration conséquent, la conduite au volant ne donne jamais entièrement satisfaction. WRC 10, comme ses frères, vise le grand public sur consoles et optimise entièrement l’expérience pour les manettes. La différence est immédiatement perceptible. La voiture répond parfaitement aux inputs et le plaisir est réellement au rendez-vous. Finir sur le podium après une spéciale épique est toujours grisant.

So british II

D’autant plus que le moteur physique du KT Engine favorise la fluidité avec ses 60 FPS constants dans le mode équilibré par défaut sur Series X, peu importe les conditions météorologiques. On ressent aussi parfaitement les changements de surface au niveau de l’adhérence, surtout lors de spéciales mixtes. Par rapport à WRC 9, la voiture semble légèrement plus collée à la route sur asphalte et plus glissante sur la terre dans les virages et les freinages tardifs sont encore très efficaces, ce qui donne le sentiment d’une conduite plus accessible et d’un jeu s’orientant encore plus vers l’arcade plutôt que la simulation. Cette sensation est confirmée par la volonté du studio d’assumer une nouvelle fois le défaut de la largesse des collisions, les jeux WRC made in Kylotonn ne sont pas trop punitifs, que ce soit dans la pénalité de temps après une réinitialisation ou le fait de voir régulièrement sa voiture retomber dans le bon sens de la marche, même après quelques tonneaux.

Vends moteur d’occasion, pas cher !

Là où le KT Engine montre vraiment ses limites concerne son moteur graphique. Nous avions été déçus des apports sur ce point de la version next-gen de WRC 9. Pas de miracle, la qualité des graphismes dans WRC 10 est également décevante, même en optant pour l’option “qualité visuelle élevée” (au détriment de la fluidité). Si les voitures sont la plupart du temps très bien modélisées, les textures des décors environnants et les animations du public ne sont pas dignes des attentes des joueurs pour des titres de la nouvelle génération de consoles. Aussi, cet épisode souffre toujours autant de clipping qui nuit à l’immersion. À une année de la perte de la licence WRC pour Kylotonn au profit de Codemasters, il est évident qu’il ne faudra plus attendre une grosse mise à jour du moteur maison pour cet opus ni pour le prochain et dernier épisode en 2022. Dont acte.

Loeb en démonstration au pays des girafes

Cependant, les développeurs ont modifié l’aspect général du titre cette année. Le rendu est plus terne que sur les jeux précédents. Cela donne un aspect plus fidèle aux couleurs naturelles bien que moins flatteur à l’œil. Il suffit de jouer à une spéciale kényane sur WRC 9 puis dans la foulée sur WRC 10 pour constater nettement la différence. On passe dès lors d’une vision fantasmée de la savane africaine aux couleurs chaudes et à la terre ocre virant vers le rouge à un paysage plus terne avec des pistes de terre beige beaucoup plus proche de celui qu’on peut visionner lors des retransmissions TV de ce rallye mythique. Cette recherche d’un rendu plus réaliste par Kylotonn est accentuée par une nouvelle gestion de la lumière convaincante, dont les effets sont également moins tape-à-l’œil mais encore une fois plus naturels. Cette fois-ci, les ombres se reflètent parfaitement sur la toiture en vue extérieure quand on traverse une forêt... De notre côté, nous apprécions vraiment ce changement global et constatons que les développeurs ont fait un gros travail bridé par les limites du KT Engine, mais nous sommes conscients que ce rendu ne fera pas l’unanimité et qu’il accentuera même la déception de ceux qui critiquent déjà la qualité graphique du titre.

Enfin, le studio avait beaucoup communiqué sur un nouveau rendu sonore des voitures, l’un des principaux défauts récurrents de la série. Une fois de plus, nous ne ressortons pas convaincus de l’expérience. Les sons semblent plus étouffés qu’auparavant et ne favorisent pas l’immersion, surtout en caméra extérieure. En caméra interne, le rendu est plus convaincant et la balance par défaut entre les sons de l’environnement et la voix du copilote semble plus équilibrée. En parlant des copilotes, les voix de ces derniers (féminine comme masculine) ont subi un lifting. Notre partenaire se permet maintenant d’émettre quelques commentaires sur notre conduite, qu’ils soient flatteurs lors de passages spectaculaires réussis, alarmants lors de collisions ou motivants après un accrochage. Si la plupart du temps, cela favorise l’immersion bien que ça manque parfois de crédibilité, la remarque du copilote fait sourire quand un “impeccable” sort après une réinitialisation.

Le jeu est compatible avec la fonctionnalité “quick resume” de Microsoft.

Testé sur Xbox Series X.

Bilan

On a aimé :
  • Un gameplay à la manette excellent
  • Une fluidité constante à 60 FPS sur Series X
  • Une carrière toujours au top
  • Un contenu pléthorique pour tenir l’année
  • La qualité des nouveaux rallyes de Croatie et d’Estonie
  • Un éditeur de livrées prometteur
On n’a pas aimé :
  • Un mode Anniversaire décevant pour le moment
  • L’impossibilité de gérer sa propre écurie sans finir le mode Anniversaire
  • Le moteur graphique n’est pas au niveau de la nouvelle génération
  • Un rendu sonore toujours autant laborieux
  • La mythique Subaru Impreza de Colin McRae en DLC payant
Un anniversaire tristounet

Kylotonn semble avoir atteint certaines limites avec ce WRC 10. Le gameplay, très apprécié sur WRC 9, ne bouge qu’à la marge de peur de froisser la communauté et les graphismes ne sont pas à la hauteur de la nouvelle génération de consoles, même si une gestion différente de la lumière et un rendu plus naturel des décors nous ont convaincus. Le moteur maison est à son apogée et ne peut pas satisfaire les nouvelles attentes des joueurs. Le studio le sait bien et a misé avant tout sur les modes de jeu avec comme produit d’appel le mode 50e anniversaire du WRC. Malheureusement ce dernier est mal conçu et semble être sorti trop précipitamment pour proposer une expérience digne de l’histoire mythique du rallye. Néanmoins, ses défauts de jeunesse sont rattrapables et le titre profitera de nouveaux ajouts de contenu dont 2 rallyes supplémentaires via de prochaines mises à jour. WRC 10 demeure une expérience très solide et fun qui occupera toute l’année les amateurs de rallye qui jouent avant tout à la manette. Reste à se demander ce que pourrait apporter le prochain épisode tant la marge de progression avec le KT Engine est infime et que le studio perdra l’exploitation de la licence WRC en 2023 au profit de Codemasters. On se doute que le prochain et dernier épisode made in Kylotonn en 2022 ne révolutionnera rien du tout. Alors Alain Jarniou et toute l’équipe du studio, pour le baroud d’honneur, offrez-nous dans cet épisode ultime tous les rallyes, voitures et modes de jeu que vous avez créés depuis 2013. Ce serait l’épilogue heureux d’une belle aventure depuis WRC 5, un formidable hommage à la catégorie phare du rallye automobile et un immense cadeau pour les amateurs de la série.

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WRC 10

Genre : Courses

Editeur : Nacon

Développeur : Kylotonn

Date de sortie : 02/09/2021

Prévu sur :

Xbox Series X, Xbox One, Playstation 4, Steam, Switch

1 reactions

xTOTO62x

06 sep 2021 @ 23:23

vivement que la licence WRC passe chez codemasters, en toute logique ca sera pour un dirt rally 3 qui doit déjà être en cours de développement depuis un moment, a moins qu’ils sortent ce dirt rally 3 + rapidement et un jeu ou un dlc spécial wrc un an apres... bref wrc stagne et c’est dommage car depuis le 7 ils avaient réussi a faire un truc plutot correct bien que très en dessous les dirt rally mais les années passant sans grosses evolution ca devient totalement depassé