Test – Sega Rally

En voiture Simone !
Après un premier épisode il y a plus de 10 ans sur Saturn, il aura fallu attendre 8 ans entre la sortie du dernier opus sur la défunte Dreamcast pour avoir droit à une suite à ce jeu de course arcade qui a notamment fait la joie des gamers en salles de jeu. Alors, à la manière d’un vieux crooner français pas décidé à prendre sa retraite et qui ferait un énième retour gagnant bis etcetera tralala (ou un peu comme Makélélé ou Thuram en équipe de France), cette suite est-elle une aubaine convaincante ou le rappel de trop pour la série ?
Easy right! … maybe
Pour commencer les réjouissances, il conviendra d’aborder la profondeur dudit jeu, pas vraiment en termes de scénario, mais plus côté modes de jeu, ergonomie, etc, tout ce qu’il y a en dehors des courses en gros.
La première impression n’est pas bonne : le menu en cartes postales n’est pas un modèle d’ergonomie ni de clarté, et fait limite brouillon. Passons, ce n’est qu’un menu après tout. Et dans ce menu, qu’y trouve-t-on ma chère Micheline ? En disséquant rapidement, rien de bien original : un mode championnat, un mode course rapide, un contre la montre, un multi, un garage et le sempiternel mais nécessaire mode options.
Les modes qui retiendront principalement votre attention seront très certainement le mode championnat pour le solo et le mode multi pour…le multi.
Pour ce qui est du mode championnat, on a droit à plusieurs catégories (Amateur, Professionnel, Expert et Final) avec chacune 3 sous-catégories contenant 3 spéciales à chaque fois. Il faut cependant préciser que pour accéder à la catégorie N, il faudra finir la catégorie N-1, et qu’au début en amateur, on s’ennuie plutôt sur les 3 petits tours à faire, tant c’est facile, même quand on ne connait pas le jeu.
Le mode multi offre, quant à lui, la possibilité de jouer à 2 (et pas plus) sur la même console, ou jusqu’à 6 via le Live sur les courses débloquées du mode solo.
Les décors varient du Safari à la course Alpine, en passant par le Canyon : en somme, on traverse des routes enneigées, verglacées, bitumées, ensablées ou boueuses durant la petite vingtaine de circuits proposés. Rien qui ne sorte de l’ordinaire jusque là. Il est agréable de remarquer que chaque revêtement modifie sensiblement les conditions de conduite, autant que le passage dans une flaque d’eau ralentira considérablement la voiture.
Enfin, les voitures jouables. Réparties en 3 catégories : les bolides, celles qui le sont un peu moins, et les moins récentes (doux euphémisme très apprécié de rone pour parler de son âge). Citroën, Peugeot, Subaru, Mitsubishi, les incontournables des rallyes sont évidemment dans la trentaine de voitures proposées. On ressent généralement plutôt bien une différence de maniabilité et de puissance entre certaines, d’autant plus que les « réglages » (entre » étant donné qu’ils se résument à une configuration préétablie par le jeu) précédant la course permettent de choisir un style Route ou Hors piste, qui pourra jouer sur les performances de la voiture en épreuve selon le choix effectué (principalement voiture plus lente sur la route ou suspension moins adaptées).
Je m’appelle Emilie Jolie
Techniquement, pas grand-chose à reprocher au jeu…en solo tout du moins.
Des graphismes très réussis, des décors plutôt variés (même si certaines incohérences sont parfois à noter) avec des animations un poil kitschou mais relativement agréables et qui brisent la monotonie des courses. Les détails fourmillent pour aller dans ce sens et en mettre plein la vue, et c’est, globalement, vraiment réussi : de la crasse sur les voitures aux avions qui survolent la piste, en passant par les déformations de la piste (certaines barrières qui tombent, la gadoue et la neige qui gardent les traces des roues…), tout est fait pour attirer furtivement le regard ailleurs que sur la piste. Cependant, tout n’est pas parfait, puisque si l’on reprend le sujet de la crasse, même s’il est très agréable de remarquer que le passage dans une flaque d’eau vient nettoyer la boue incrustée au pare choc arrière, il est cependant regrettable que seule la gadoue puisse salir les voitures : quid de la poussière ou du sable qui devraient accrocher sur la carlingue suintante d’un bolide en furie ?
La bande son, quant à elle, est de qualité assez inégale. D’un côté des bruits assez étranges quand la voiture passe dans une flaque d’eau (comme quand vous crachez le dentifrice après avoir lavé vos dents) et des musiques qui, sans être insupportables ne m’ont franchement donné qu’une envie : les couper. Ceci dit, c’est un sujet très subjectif, et c’est loin d’être un point essentiel pour juger de la qualité du jeu. A l’inverse, on a droit à l’emblématique voix du copilote qui n’a pas pris un pet de ride combinée avec d’autres bruitages eux très réussis, notamment le gravier dans les jantes lors des dérapages.
Enfin, côté maniabilité, on retrouve beaucoup de la jouabilité du 2ème volet de la série, tant mieux. Trois boutons vraiment utiles : l’accélérateur, le frein à main, et éventuellement le frein. C’est de l’arcade, ce qui signifie qu’on peut ralentir au dernier moment, et surtout qu’on a le droit à l’erreur. Peut-être trop. Les barrières invisibles qui entourent la piste ne ralentissent que très rarement la voiture qui les touche (même franchement). Mis à part ce défaut qui peut déranger, la conduite est plutôt agréable, même si les voitures dérapent parfois sans raison évidente, ce qui en vient à parfois être vraiment gênant quand la caméra ne suit plus, chose qui arrive un peu trop souvent. Ceux qui voudront contourner le problème avec la vue interne seront déçus : pas de volant ni de fanion « Allez l’OM » accroché au rétro, une simple vue capot entre les autres vues externes ou plein écran.
Un peu de brutalité dans un monde de finesse
Dès les premières courses, on se rappelle le défaut récurrent de l’IA des jeux de courses : la constance. Pas d’erreur, des trajectoires idéales avec 5 voitures CPU qui se suivent quasiment en ligne. Cette critique n’est certes pas applicable qu’à Sega Rally, mais il eût été plaisant que ça change un peu. Néanmoins, les modes de difficulté plus avancés proposent des adversaires un peu plus accrocheurs.
Ensuite, et c’est là un point essentiel, il s’agit d’un jeu de course arcade. Ce qui signifie donc que la conduite n’a que peu de choses à voir avec la réalité sur bien des points. On se retrouve donc avec l’absence de dégâts, aucune sortie de piste possible (barrières invisibles tout le long de la course) et des voitures qui dérapent au moindre mouvement de stick.
La combinaison de ces deux points rend le jeu très vite abordable. Pas de préparation nécessaire, on est vite dans le bain, et on prend vite son pied à déraper, tant la maniabilité est plaisante. Mais avec un peu de temps de jeu, on se rend compte combien le jeu devient répétitif car sans véritables rebondissements en solo.
Restent alors les modes multi, pour pallier la répétitivité provoquée par l’IA et avoir le plaisir de foncer sur des étrangers dans les virages.
Multivitaminé-biofruit enrichi en Omega 2 !
Il va sans dire que l’intérêt principal d’un jeu de rallye comme Sega Rally, c’est son mode multi.
Ici, deux alternatives : soit on a un pote (et pas plus) palpable et on joue sur la même TV, soit on a des potes virtuels prêts à en découdre sur le Live chacun chez soi.
Dans les 2 cas, on se retrouve avec les voitures et circuits débloqués dans le mode solo (ce qui oblige quand même à tâter le mode championnat… ), chose plutôt ennuyeuse quand on débute, étant donné que les (rares) joueurs disponibles ont déjà débloqué des voitures grosso modo équivalentes en puissance à la batmobile. L’avantage certain des 2 modes est, jeu d’arcade oblige, qu’on a droit à des adversaires présents physiquement durant la course ! A nous alors la joie de prendre appui dans les virages pour rattraper une trajectoire mal estimée ou simplement énerver les autres.
Dans le premier cas, le multi offline, ce sera plutôt la déception : graphismes et impression de vitesse tout juste moyens, pas de ralenti, modes de jeu sommaires, split de l’écran vertical uniquement, caméras très mal adaptées…
Pour ce qui est du mode Live, c’est déjà beaucoup plus plaisant. On retrouve les graphismes du mode solo et des caméras déjà plus agréables, et ce sans lag ni problèmes de collisions. A nouveau, les modes de jeu sont résumés aux plus (trop ?) simples, les réglages avant les courses et les infos pendant celles-ci aussi. On remarquera tout de même la possibilité de combler l’absence de joueurs (jusqu’à 6) par des CPU.
Le Bilan
On a aimé
On a aimé…
- Les graphismes très soignés
- Les décors détaillés
- La prise en main immédiate
On a moins aimé
On n’a pas aimé…
- La rapide répétitivité
- La durée de vie boostée artificiellement
- La gestion des caméras parfois douteuse
Conclusion du test de Sega Rally
A weekend in the country ?
Cette mouture Xbox 360 de Sega Rally a tout ou presque pour plaire aux fans de jeux de course arcade : un visuel éclatant, une maniabilité plaisante et des courses avec des adversaires physiquement présents. Cependant, la durée de vie peu convaincante en solo, la légèreté des nouveautés, la gestion des barrières invisibles approximative et d’autres défauts mineurs viennent gâcher le plaisir au bout de quelques heures de pratique. Un jeu très rapidement aguicheur, mais qui n’apportera rien de très nouveau au genre, si bien qu’il pourra sembler pour certains n’être qu’une version graphiquement boosté de Sega Rally 2 en bien des points. Une mouture que beaucoup ne regretteront pas de posséder un mois, le temps de s’émerveiller, de finir le mode solo et d’avoir fait le tour des adversaires disponibles sur le Live (bien que sur ce point la durée de vie puisse s’étendre jusqu’à l’infini pour les aficionados de jeux arcade), mais qui arrive à merveille pour compenser le « mode Live » de Colin Mc Rae Dirt.