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Test – Syndicate

Test – Syndicate
Le 4 mars 2012
Le 4 mars 2012

L’Agent est en grève

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Dans les bureaux d’EA, lorsque l’on a vu le succès de Deus Ex 3, on a tout de suite mandaté l’archéologue du groupe pour voir s’ils n’avaient pas, eux aussi, une vieille licence cyberpunk à sortir de leurs cartons. L’archéologue d’EA a dû faire des fouilles approfondies pour sortir une vieille boite couverte de poussière, oubliée de tous. Une boite arborant sur son côté un étrange logo en forme de grenouille, une boite qui contenait un vieil ordinateur familial nommé Amiga et où notre explorateur a trouvé d’antiques disquettes 3 pouces 1/2 et le jeu cyberpunk tant recherché : Syndicate.

Le début du Syndicalisme

Le Syndicate de 1993, c'était ça ! (PC)

Remontons un petit peu dans le temps. Imaginez-vous en 1993, vous étiez jeunes, très très jeunes ou même pas encore conçus. Les plus vieux d’entre vous se souviendront avec nostalgie de cette époque où régnaient en maître les ordinateurs familiaux Amstrad, Atari ST et Amiga. C’est sur Amiga en 1993 qu’est sorti le premier Syndicate, un jeu de stratégie créé par le développeur Bullfrog, un des studios les plus réputés et prolifiques de l’époque, à qui l’on doit les merveilleux Populous, Powermonger, Theme Park et Dungeon Keeper.

Syndicate, premier du nom, fut acclamé par la critique à sa sortie et décliné sur toutes les plates-formes de l’époque ou presque (Megadrive, SNES, PC, 3DO, Jaguar…). Les joueurs ont encensé le gameplay original du jeu et apprécié sa violence (il n’était pas avare en animations sanglantes !). Syndicate nous proposait de diriger dans un futur cyberpunk un groupe d’Agents, soldats-cyborgs, bras armés de puissants syndicats, qui devaient accomplir des missions dans des environnements assez ouverts. Les cartes étaient grandes et les objectifs variés, on devait tuer le patron d’un syndicat adverse, faire exploser des bâtiments, sauver un autre Agent, persuader un scientifique ou un civil de rejoindre le Syndicat ou juste tuer les autres Agents présents dans le secteur. Le jeu était doté d’un gameplay ouvert laissant la possibilité au joueur d’élaborer sa propre stratégie et disposait de quelques éléments de gestion avec la possibilité d’effectuer des recherches d’armes et de membres bioniques pour augmenter le potentiel de ses agents.

La police des textes est comme le scénario : très mince.

Avouons que l’annonce d’un reboot actuel par EA laissait présager du meilleur et nourrissait notre imagination débordante des fantasmes les plus fous. Surtout que l’on allait trouver au développement de ce reboot Starbreeze, l’excellent studio suédois à l’origine de Riddick et du premier Darkness. On était tout chose. Même après avoir été refroidi par l’annonce qui a été faite par la suite et de la direction FPS qu’allait prendre le titre. Starbreeze ne pouvait pas faire un simple FPS générique !

Le Syndicat dit : débranche ton cerveau.

Sauf que… sauf que le Starbreeze d’aujourd’hui n’est plus le studio qui a créé les géniaux Riddick et The Darkness. Les principaux créatifs de la boite sont partis vers d’autres horizons et aujourd’hui on peut l’affirmer bien haut, Starbreeze peut, enfin, faire un simple FPS générique. Du jeu originel, Syndicate version 2012 ne garde que le contexte. Vous êtes Kilo (je vais vous épargner intentionnellement tous les jeux de mots que je pouvais faire avec son nom), un Agent d’un des plus gros Syndicats au monde. Le monde est régit par d’immenses conglomérats appelés Syndicats, chaque citoyen se fait implanter une puce neuronale qui lui permet d’accéder au Réseau n’importe quand en un simple battement de paupières. Le Syndicat leur fournit travail, soins, éducation, assurance en échange d’un contrôle presque total de leur vie. Les Agents sont le bras armé des Syndicats capables d’agir vite afin d’en défendre les intérêts. Mais rien n’est aussi simple et Kilo va l’apprendre à ses dépens…

Les cinématiques et les scènes de transition sont toutes à la première personne.

Syndicate est un FPS scripté disposant d’une technique assez solide, les environnements sont beaux, variés, l’architecture du monde en 2069 reprend des éléments du premier Syndicate en guise de clins d’œil et de l’incontournable Blade Runner avec ses rues populaires sombres, pluvieuses, baignées par les lumières criardes des néons et des enseignes. Le périple de Kilo ne sera pas alourdi (oui je sais) par des environnements ternes et génériques, il se dégage du jeu une véritable atmosphère. La mise en scène des 20 niveaux du jeu est dynamisée par l’utilisation du « Body Awareness », terme barbare anglais signifiant simplement que l’on voit tout par les yeux de Kilo (même son ventre), les exécutions d’adversaires, la simple ouverture de porte, la moindre cinématique, tout se passe en vue à la première personne.

L’ensemble est très réussi et l’aventure sait distiller quelques moments de calme bienvenus après d’intenses fusillades. L’ambiance sonore est, elle, particulièrement sobre, le jeu se contente du tir des armes et des sons d’ambiance provenant de l’environnement proche du joueur. La musique n’intervient que brièvement lors de certains moments clés du jeu, ce qui est regrettable vu l’excellente qualité du travail de Gustaf Grefberg. On sera beaucoup plus circonspect sur le doublage français du jeu, les « acteurs » surjouent, sont à côté de la plaque, ce qui n’aide vraiment pas à la crédibilité d’un scénario sans originalité, sans surprise et mal écrit qui est un peu à l’image de Syndicate.

Mé yé né souis pas oune machine !

La vision Dart vous permettra de vous sortir de situations délicates.

Les doublages français et le scénario ne sont pas les seuls à plomber l’aventure. Au passage, on notera juste une localisation partielle du jeu avec beaucoup d’éléments non traduits et une séquence d’intro étrangement en anglais sous-titré. De plus, la police des textes est beaucoup trop petite, la moindre lecture est un supplice même sur un écran large. En fait, le plus gros défaut de Syndicate vient de sa partie FPS à proprement parler.

Le déroulement de l’action alterne les couloirs et les arènes sans aucune subtilité dans l’approche frontale de ses affrontements. Pourtant, il y avait à faire dans ce monde cyberpunk et dans ces niveaux à l’atmosphère particulièrement soignée. Kilo est une véritable arme lourde (hi, hi) à lui tout seul. Doté d’une puce de combat de dernière génération, la Dart 6, il est capable de pirater tout système et tout type de puce neuronale de première catégorie. Il peut ainsi mettre en surcharge les armes de ses adversaires, leurs boucliers, faire exploser leur puce à distance et même les forcer à se transformer en alliés temporaires. Tout ceci n’est évidemment pas illimité et Kilo devra tuer un maximum d’adversaires afin de recharger ses compétences au plus vite et pouvoir les réutiliser. Cela induit un petit côté stratégique aux fusillades et dynamise légèrement l’ensemble.

Bien choisir ses améliorations vous facilitera grandement les affrontements contre les boss.

Une autre des capacités du Dart 6 est d’octroyer à l’Agent une vision spéciale du monde qui l’entoure. Lorsqu’il passera en vision Dart 6, le temps sera ralenti, il percevra ses adversaires au travers des murs, pourra les pirater même en restant à couvert et bénéficiera de capacités spéciales. Cela lui sera très utile et lui sauvera de nombreuses fois la vie.

L’IA des adversaires, à défaut d’être particulièrement développée, est assez agressive et les rend très mobiles. Ils ne sortiront jamais deux fois la tête au même endroit. Le périple de Kilo ne vous épargnera pas et éprouvera vos réflexes à de nombreux passages et plus particulièrement lors des combats contre les boss. On dénote à ce moment là quelques pics de difficulté assez frustrants si l’on n’a pas fait évoluer notre agent correctement. La puce Dart 6 a la capacité d’assimiler d’autres puces afin d’améliorer les capacités de l’Agent. On récupère ces puces généralement sur les boss ; elles donnent la possibilité de remplir une grille de capacité visant à augmenter sa précision, se régénérer plus rapidement, ou augmenter le temps de la vision Dart. Même en mode normal ce choix peut s’avérer décisif, car on sera loin de remplir la grille à la fin du jeu !

Le piratage ne servira la plupart du temps qu'à ouvrir des portes ou détruire des boucliers.

Mis à part les facultés de la puce Dart 6 qui apportent un petit plus aux combats, on ne peut être qu’attristé de la banalité du reste du jeu. Syndicate est un FPS qui ne possède aucune finesse, l’affrontement y est toujours frontal, violent, brutal. Ce déchaînement de violence nuit particulièrement au déroulement du scénario, Kilo étant réduit au simple rôle de tank, muet, sans visage, réduisant sa présence et son rôle au niveau de la narration. Il n’est plus qu’une arme sans aucune autre subtilité.

Aucune tactique à avoir, il n’y a qu’un seul chemin que l’on suit en mode automatique, les possibilités de piratage sont réduites au strict minimum et sont elles aussi contextualisées à des endroits bien précis. Elles auraient pu servir à enrichir le gameplay, à créer des pièges, à utiliser l’environnement à notre avantage. Mais ce n’est le cas que dans des portions congrues du jeu et sans réelle incidence sur le gameplay. Elles sont beaucoup trop rares pour sortir de l’anecdotique. Même si les armes on un maniement agréable et de bonnes sensations de tir, Syndicate au final ne laisse aucun souvenir et ne donne aucune envie d’y revenir.

Un Syndicat de quatre.

Bien accompagné, le mode coop est bien plaisant.

Mais on ne peut pas résumer Syndicate à son solo. Heureusement pour nous, Syndicate propose aussi un mode coopératif, une sorte de tentative désespérée pour essayer de lier un peu plus cet opus 2012 avec son glorieux ancêtre de 93. En effet, ce sera l’occasion de se retrouver dans un groupe de quatre Agents, comme au bon vieux temps, amenés à réaliser divers objectifs de par le monde sur plus d’une dizaine de cartes. Même si les objectifs changent, dans le fond, l’action reste la même : vous descendrez de votre véhicule pour tuer tout ce qui bouge. Aucune finesse là non plus, même si les compétences des Agents octroient des bonus au groupe et où le nombre d’adversaires pousse les Agents à faire preuve d’une grande solidarité.

Contrairement au mode solo, ce multi propose des approches différentes, quelques couloirs latéraux nous permettant de contourner l’adversaire, d’éviter une tourelle, etc. Rien d’extraordinaire mais cela reste plaisant, un groupe pouvant rester en retrait pour couvrir l’autre. Cela nécessite par contre une bonne organisation et une bonne communication ce qui est rarement le cas avec des joueurs rencontrés au hasard de ses parties.

En coop on assistera à une triste course à la puce...

Le mode coop permet de créer son propre Syndicat pouvant regrouper quatre Agents. Sur le papier, le concept est intéressant mais cela nécessite obligatoirement d’avoir trois amis disposant du jeu vu que le mode coopératif en local n’est pas possible. Le Syndicat ainsi créé gagnera des récompenses au fil des niveaux lui permettant d’effectuer des recherches sur les armes et d’améliorer les pouvoirs disponibles, comme dans le jeu original de 93. Il sera aussi possible de récupérer des puces sur certains adversaires rencontrés lors de ces niveaux coop ; malheureusement, la règle qui régit ce prélèvement de puce est celle de premier arrivé, premier servi, un concept qui ruine pas mal le fond coopératif du jeu.

Malgré sa richesse et les niveaux sympathiques qu’il propose, ce multi s’essouffle assez vite si on n’a pas la possibilité de le partager avec des amis, la réussite d’un mode coopération est au prix de la convivialité qui en résulte. La répétitivité de l’action, la course à la puce et le manque d’originalité de ses missions porte vraiment préjudice à ce coop.

Le Bilan

On a aimé 

  • Des niveaux variés et jolis
  • Le dynamisme de l’action
  • Le mode coop
  • Un scénario conformiste
  • Un FPS générique
  • Des textes difficilement lisibles

Conclusion du test de Syndicate

Un Syndicat sans force vive.
Le Syndicate d’origine était bercé de liberté, il osait un gameplay original, il assumait sa personnalité et avait réussi a fédérer les joueurs et la critique. Le Syndicate de 2012 n’est plus qu’une coquille vide, un FPS générique, ni vraiment bon, ni réellement mauvais, un FPS auquel on joue sans passion et que l’on aura oublié aussi vite qu’on l’aura fini. Reste le mode coop qui saura retenir l’attention un peu plus longtemps que son solo pour peu que l’on puisse le partager avec des amis. On attendait un Syndicate révolutionnaire, voire réformiste, on n’a eu qu’un Syndicate conservateur, sans ambition.

L
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Syndicate

Développeur : Starbreeze Studios
Éditeur : EA
Date de sortie : 23/02/2012

commentaires

4 Commentaires
W
weedasky
4 mars 2012 14h36

en gros, ta perdue ton temps….

J
Jarel
4 mars 2012 16h18

Le coop est sympa.

M
master noble 66
4 mars 2012 19h04

déjà que la demo est a chier donc sa m étonne pas:’-))

J
Jarel
4 mars 2012 19h24

Rooh, vous êtes méchants il n’est pas nul quand même ce jeu ! Juste moyen.

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