Publicité

Test – Sine Mora

Test – Sine Mora
Le 29 mars 2012
Le 29 mars 2012

Beau comme une pluie de missiles

Partager cet article :

Vous ne le savez peut être pas mais votre console Xbox 360 domine toutes les autres de la tête et des épaules dans un genre vidéoludique bien particulier. La Xbox 360 est la reine du shoot them up. Vous savez, ce genre préhistorique qui consiste, aux commandes d’un véhicule, à détruire une véritable armée tout en évitant la nuée de tirs qui inonde l’écran. La Xbox 360 dispose d’un énorme choix quantitatif et qualitatif en shoot them up, outre les pépites jamais sorties en dehors des frontières du Japon, on peut se vanter de pouvoir jouer à Deathsmiles, Ikaruga, Radiant Silvergun, Strania, Omega Five ! Aujourd’hui ce n’est pas du Japon qu’arrive une nouvelle pépite du shoot them up, mais de Hongrie. Son nom ? Sine Mora.

Entre deux salves, une histoire

Les environnements de Sine Mora sont splendides !

Le shoot them up n’est pas vraiment un genre qui se prête aux scenarii alambiqués, torturés et travaillés. Pourtant, Sine Mora prend le risque de structurer son action autour d’une histoire très prégnante, encadrant les différents chapitres du mode histoire mais aussi coupant l’action frénétique des niveaux. Malgré ces efforts appréciables, l’histoire -une vengeance sur fond de rébellion contre un empire surpuissant- reste totalement dispensable et globalement peu intéressante, elle n’arrive pas à captiver le joueur la faute à un univers qui mets du temps à s’installer et un trop grand nombre de protagonistes. Les quelques phases de dialogues durant le jeu sont particulièrement frustrantes et même si elles peuvent être accélérées on aurait préféré avoir la possibilité de les zapper. Ce n’est donc pas par son scénario que Sine Mora marquera les esprits.

L'intégration de l'histoire dans les niveaux est souvent frustrante

Sine Mora marquera surtout les joueurs par son excellente réalisation. Dans un univers steampunk qui n’oublie pas les paysages naturels grandioses, Sine Mora nous fera voyager comme rarement dans un shoot them up. Les décors sont variés et superbement détaillés. Le design des adversaires est l’oeuvre de Mahiro Maeda, animateur et un des mecha designer les plus célèbres du Japon qui a travaillé entre autres sur la série des Gundam, Escaflowne, Origins, Vandread, Animatrix et le segment animé de Kill Bill. Autant dire que l’univers de Sine Mora est d’une beauté et d’une cohérence qui flattent l’imaginaire et la rétine. Les boss et boss de mi-niveaux sont tout particulièrement réussis et originaux, Sine Mora est à ce niveau là l’une des plus belles réussites du genre !

Les boss sont tout particulièrement réussis

L’équipe Hongroise de Digital Reality ne s’est pas contentée d’inviter Mr Mahiro Maeda, mais a aussi fait appel au talent de Grasshopper Manufacture pour toute la partie sonore du jeu, et derrière le son de Grasshopper se cache Akira Yamaoka. Ce nom vous dira certainement quelque chose si je vous parle de la série des Silent Hill, une série dont l’ambiance est en grande partie due au travail de Yamaoka qui a œuvré. en tant que compositeur et producteur. Avec ce nom derrière la composition, on aurait pu s’attendre à une ambiance sonore exceptionnelle ! Malheureusement, il n’y a strictement rien à retenir de son travail, aucune mélodie ne ressort et sa musique organique se fait discrète tout au long du jeu, et passe quasiment inaperçue même en tendant l’oreille. Aucune envolée, aucun rythme survitaminé ne viendra réveiller le mélomane. Le travail de Yamaoka ne viendra qu’habiller la technique parfaite de Sine Mora sans réellement arriver à se hisser à son niveau.

Sine Mora for ever

La traditionnelle attaque du train surarmé !

Sine Mora en jette plein les yeux au niveau de sa technique mais encore faut-il qu’il ait des arguments solides au niveau de sa jouabilité pour vraiment conquérir les fans exigeants de shoot them up. Car oui, ne vous y trompez pas, même si le jeu est particulièrement attrayant au niveau de sa réalisation, ne vous laissez pas séduire par sa technique si vous n’avez pas un goût prononcé pour le shoot them up. Sine Mora est dur, exigeant et s’adresse aux amateurs du genre sans toutefois les caresser dans le sens du poil. Car les premières réactions que l’on aura en s’essayant à Sine Mora seront loin d’être positives. L’avion que l’on dirige se déplace avec une certaine inertie rendant son maniement un peu mou loin de la nervosité que l’on attendait. Même si la cadence des tirs est plus que satisfaisante, on n’aura pas vraiment droit aux adversaires pop corn, destructibles en un tir. Chaque vaisseau adverse dispose d’une petite barre de vie. Alors oui, on a la possibilité d’augmenter la puissance de tir de notre véhicule mais à chaque fois que l’on sera touché, on perdra notre puissance et le jeu ne dispose d’aucun temps de récupération (invincibilité momentanée) pour récupérer rapidement les améliorations perdues. Le gameplay de Sine Mora a ses propres particularités qui ne laisseront pas indifférent les joueurs.

Vous retrouverez souvent ce genre de situation...

La plus grosse de ces particularités est la disparition de la barre de vie pour son propre vaisseau. L’élément prépondérant de Sine Mora est le chronomètre qui fera office de barre de vie. Chaque adversaire détruit augmentera le temps dont vous disposez, chaque fois que vous serez touché par un tir vous perdrez du temps. Afin de maîtriser ce gameplay si particulier, il vous faudra passer par la phase du par cœur afin de détruire le plus d’adversaires possible pour accroître votre capital temps, ce qui aidera grandement à vaincre les boss bien retors du jeu. La difficulté du jeu est rehaussée par un certain manque de lisibilité des tirs et des adversaires dans les décors. La surcharge de détails encensés en premier lieu devient fortement problématique lorsque certains tirs disparaissent derrière des éléments où lorsque certains adversaires missiles s’avèrent très difficiles à repérer. Le jeu dispose de quelques bonus nous permettant de récupérer un bouclier, ou encore de ralentir l’action pendant un temps afin de passer plus facilement le rideau de missiles qui remplira l’écran, mais cela ne nous empêchera pas de pester contre ce manque de lisibilité récurent.

Ce passage vous demandera du doigté...

Niveau contenu, Sine Mora saura contenter les plus exigeants même si on pourra regretter l’absence d’un mode coopération en ligne et local qui aurait pu être très sympathique. Le jeu est long pour un shoot them up et les niveaux sont nombreux et variés (huit chapitres découpés en plusieurs zones avec pour chacun des boss intermédiaires et des boss de fin). Les 1200 Mpts à payer pour acquérir Sine Mora seront tout à fait justifiés par le contenu. Outre le mode scénario dans lequel on enchaînera les niveaux avec un vaisseau imposé, on aura la possibilité de choisir le mode arcade où l’on sélectionnera le vaisseau de notre choix et son armement et divers modes time attack dans lesquels on devra se débarrasser des boss du jeu le plus rapidement possible. Le jeu dispose en plus d’un mode 3D stroboscopique qui ne rendra pas plus lisibles les tirs et les vaisseaux mais magnifiera sa réalisation exemplaire pour les heureux possesseurs d’un écran adapté.

Le Bilan

On a aimé 

  • Une réalisation exemplaire
  • Un univers somptueux
  • Un jeu très agréable pour qui saura le dompter
  • Un manque certain de lisibilité
  • Ne livre pas ses qualités lors des premières parties
  • Pas de coop
  • Musiques très discrètes

Conclusion du test de Sine Mora

Une œuvre d’art imparfaite !
Sine Mora n’est pas le jeu ciselé, pointu, auquel on pouvait s’attendre. Toutefois, on apprend à aimer Sine Mora petit à petit, on apprend à faire fi de ses imperfections et de ses choix de gameplay. Malgré une première approche abrupte voire totalement négative pour certains, on arrive à dompter Sine Mora et à y prendre beaucoup de plaisir. Une sorte de sado masochisme propre à tout joueur de shoot them up. La technique sans faille du jeu et le design somptueux de ses boss aideront beaucoup à ce coup de cœur tardif et même malgré les tares que l’on est prêt à lui reprocher, Sine Mora arrive à les faire oublier et à convertir les plus persévérants d’entre nous.

L
Partager cet article

Sine Mora

Développeur : Grasshopper
Éditeur : Digital Reality
Date de sortie : 21/03/2012

commentaire

0 Commentaires
Accueil » Tests » Test – Sine Mora