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Test – Port Royale 3

Test – Port Royale 3
Le 24 septembre 2012
Le 24 septembre 2012

Ohé ! Du bateau !

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Bienvenue dans Port Royale 3 ! Le premier jeu du nom sortait il y a dix ans sur PC et offrait aux joueurs un jeu de gestion économique pur et dur, avec une interface peu abordable pour les novices quand dans le même temps le gameplay se trouvait trop simpliste. Au final, Port Royale n’aura jamais laissé un souvenir impérissable aux joueurs de l’époque si ce n’est celui de destinations exotiques, en pleine mer des Caraïbes. De retour pour un troisième épisode, Port Royale a évolué avec son temps pour la forme, mais il semble que le fond n’a lui, pas de grandes nouveautés à offrir, rassurez-vous, le dépaysement est toujours au rendez-vous !

A voir maintenant si vous vous sentez l’âme d’un grand navigateur destiné à se faire une place parmi les quatre puissances en place en mer des Caraïbes décidément très prisée.

Hissez ho !

Port Royale, votre ville de départ, est en plein milieu de la carte

Au XVIème siècle, l’heure est à la conquête du « nouveau monde », un monde plein de promesses et d’espoir pour qui veut entamer une nouvelle vie, un monde où il faudra vous faire une place et une réputation, un monde impitoyable… le cadre est fixé. Votre personnage prend le large au départ de l’Espagne, en quête d’une vie nouvelle et malheureusement, le convoi qui devait le mener en cette terre rêvée est pris dans une énorme tempête et notre héros se retrouve à l’eau, perdu en pleine mer, à quelques jours seulement d’avoir pu toucher terre. Heureusement, cet accident est arrivé sur une route commerciale très fréquentée et le conseiller du vice-roi d’Espagne vous prend sous son aile, convaincu que vous avez les talents pour devenir un personnage important. C’est ainsi que deux campagnes s’offrent à vous : une campagne d’aventure ou une campagne de commerçant. Pour la première, l’action sera au rendez-vous, car vous devrez gérer votre économie tout en vous débarrassant des pirates présents dans le secteur. La deuxième campagne se base essentiellement sur le principe de commerce et de prospérité de la région, et se veut donc plus abordable pour les novices du genre à l’inverse de la première où il faudra être efficace pour la construction d’un puissant empire commercial et agressif à l’égard des pillards naviguant sous le pavillon à tête de mort.

Le jeu entier est basé sur l’économie, peu importe la carrière à laquelle vous vous destinez. L’idée est d’acheter les produits au plus bas prix et de les revendre le plus cher possible, toute la soluce du jeu est là. Le cours du temps influe sur les fluctuations de ces prix et il arrive que parfois, divers événements liés à l’environnement agissent sur ces derniers, comme une sécheresse provoque une famine par exemple, et donc un besoin urgent de nourriture même à prix élevé. La gestion de votre trésorerie sera donc une priorité pour n’importe quel vœu de conquête aussi bien des mers que des terres.

Votre argent peut servir à acheter de nouveaux navires, qui augmenteront votre capacité de transport et donc vos bénéfices à long terme.

Vous pourrez établir des routes comerciales pour vos convois secondaires

La carte compte 60 villes au total et votre premier port d’attache sera Port Royale, situé au milieu de la carte. Certaines villes sont déjà présentes sur la carte au début du jeu mais vous devrez pour la plupart les découvrir en explorant toutes les côtes de la carte. Les villes assez proches produisent en général le même genre de denrées : pour revendre à prix d’or quelques cigares par exemple, il faudra en toute logique s’éloigner des villes qui les produisent, au bénéfice des villes qui n’en voient jamais arriver dans leurs docks. Et dans ces villes, vous dépenserez votre argent en café, introuvable dans les villes du nord de la carte qui, elles, produisent des teintures pour vêtement, etc, etc… Un logo au-dessus du nom des villes affiche les besoins les plus urgents de celles-ci, sans avoir à vous déplacer jusqu’à elles, mais attention cependant, ces besoins sont en perpétuelle évolution et souvent, le temps d’amasser suffisamment des produits qu’une ville désire, la demande se portera sur un autre produit. En clair, l’offre et la demande évoluent en permanence, le temps et l’espace doivent être pris en compte, il se peut même qu’un autre navire vous vole la vedette à un jour près, en apportant les précieuses ressources qu’il contient à ras la cale, dévaluant les produits que vous avez durement obtenus.

Branle-bas de combat !

Vous pourrez débuter la construction de bâtiments si votre réputation le permet

Comme pour tout jeu de gestion/stratégie, les véritables matières premières sont comme à l’habitude le bois et les briques, car sans elles, aucune construction ne sera possible ; il faudra donc perpétuellement garder un œil sur l’état de vos stock et ne pas hésiter à investir dans une ville qui produit ces précieuses ressources. Très vite dans le jeu, vous entamerez vos premières constructions sur Port Royale : deux immeubles pour que les colons présents sur l’île deviennent citoyens, le seul moyen d’obtenir vos ouvriers. En échange d’une certaine somme, vous décrocherez une licence qui cette fois vous permettra d’établir vos premières manufactures qui produiront vos propres ressources qui par la suite apparaitront dans votre entrepôt en fonction du rythme de production. Pour chaque ville, une licence s’obtient à condition de construire deux à trois bâtiments parmi la liste d’un entrepôt ou d’un immeuble, l’entrepôt étant obligatoire pour n’importe quel échange de matières premières produites.

L’immeuble sert à loger vos citoyens qui deviendront ouvriers, et pour chacun d’eux, -une parmi d’autres des règles un peu difficiles à saisir de Port Royale 3- il faudra compter sa famille entière, sa femme et ses deux enfants : il faut donc 4 fois plus de citoyens que d’ouvriers. Le savoir dès le début du jeu débloquera peut-être quelques situations pénibles, et c’est offert par la maison !

Ce n’est qu’à cette condition que vous pourrez vous offrir une deuxième licence pour la construction de manufactures et enfin produire vos propres ressources, toujours dans cet ordre… Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il vous faudra beaucoup d’argent avant de posséder vos propres bâtiments dans la ville de votre choix, et il sera indispensable de passer énormément de temps à commercer, acheter ou vendre.

Port Royale 3 a un scénario léger, cela tourne autour d'une femme...

Parfois, des personnages de passage à la taverne d’une ville vous proposeront quelques missions, qui ne varieront que très peu (allant de secourir le mari naufragé d’une femme en échange d’un morceau de carte au trésor ou bien encore d’acheter une grande quantité d’un produit à son plus bas prix), des missions qui peuvent se voir comme des investissement sur le long terme : les morceaux de carte au trésor qui s’obtiennent en récompense de nombreuses missions secondaires de ce type (certains morceaux de carte vous sont même parfois vendus directement) indiquent la position d’un trésor caché, un trésor grandiose bien évidemment, et il faudra seulement neuf morceaux pour le découvrir. De même, l’administrateur d’une ville aura également parfois à recourir à vos services en l’échange d’une prime conséquente, si vous parvenez à vendre dans ses docks une ressource très convoitée par la ville. Les missions qui vous seront confiées par des personnages en charge de la ville augmenteront votre réputation auprès de la nation qui contrôle cette ville, de la même façon que l’échange de produits introuvables sur le marché. Le fait que la France soit en guerre avec l’Espagne, ou que l’Angleterre soit en paix avec la Hollande n’a au final que très peu d’impact sur le jeu mais la destruction de convois de pirates, ou mieux encore, de tout un repaire aura aussi son influence sur votre réputation auprès d’un pays, et facilitera par la suite l’installation de vos entrepôts et manufactures dans tout le nouveau monde. Enfin, ceci est le scénario rêvé des pacifistes mais une autre voie pourrait tout autant vous apporter gloire et fortune, celle de la piraterie : vous pouvez à tout moment piller un convoi marchand, lui voler navires et ressources et les revendre à prix d’or, vous pourrez même assujettir une ville par la force, si vos navires de guerre résistent aux défenses de la ville bien entendu. Le nombre de matelots présents dans votre équipage est aussi très important, car dans toute attaque terrestre, les bateaux n’interviennent évidemment pas, c’est leur nombre présent dans vos différents convois qui donne le nombre maximum de membres d’équipage à bord. Les batailles navales quant à elles, sont plutôt réussies et parfois très vivantes mais malheureusement, le zoom ne nous laisse pas les vivre à un niveau de détail assez élevé pour pouvoir les apprécier tout en manœuvrant ses vaisseaux, et vous en viendrez vite à choisir la bataille automatique plutôt que manuelle.

Pas de quartier !

Votre mission principale s'affiche dans votre journal

L’interface et le gameplay d’un jeu constituent toujours le squelette de ce dernier. Son importance est d’autant plus grande lorsqu’il s’agit d’un jeu de stratégie et avant d’enfoncer le clou trop profondément, il semble important de préciser que la notice du jeu est ici très complète (à l’inverse de la tendance actuelle…) et sera bien utile pour débloquer certaines situations. Mais certaines situations uniquement car, bien que pour chaque campagne il faille commencer par un bref tutoriel, vous finirez par vous retrouver bloqué au cours de la campagne sans réellement savoir pourquoi… Parfois, c’est un repaire de pirates à détruire qui n’apparaît pas, d’autres fois ce sont les droits d’une ville que vous ne pouvez obtenir même si vous avez rempli toutes les conditions. Il semble qu’il s’agisse de bugs tout bêtement mais très énervants tout de même après avoir passé quelques heures à jouer car très souvent, les aides et conseils présents dans le jeu sont bien trop vagues pour vous aider à résoudre ou comprendre le problème qui se pose. De la même façon, les menus ne sont pas toujours clairs et la balance des dépenses difficile à saisir. Bien que ces menus soient très semblables aux épisodes précédents, un joueur non initié apprendra toutes les astuces du jeu en commençant par y faire toutes les erreurs possibles. Sans réelle aide, ce n’est que par votre expérience de joueur et de jeu que parviendrez à trouver la signification de la quantité de logos qui peuvent s’afficher sur la carte ou dans les menus, et encore, la signification mais pas toujours la solution ! Le jeu souffre également de bugs mineurs mais qui sont tout autant déplaisants, comme une phrase qu’on sent utile qui sort du cadre de lecture, ou bien votre conseiller qui perd sa voix (et les sous-titres sont donc presque indispensables dans le jeu).

Les allers et retours d'une ville à l'autre sont très fréquents dans le jeu

Au-delà de tous ces petits désagréments, le titre propose un gameplay facile de prise en main, passée la première demi-heure et quelques erreurs d’étourderie, et propose plusieurs touches de raccourci, bien utiles lorsque l’on veut avancer le plus vite possible notre carrière. Le jeu avance à trois vitesses, la vitesse normale, une vitesse x0,1 (avec laquelle il est conseillé de jouer) et une vitesse x10 sur pression de la touche LB, qui permet de raccourcir le temps des voyages mais qui là encore, rend le jeu très énervant quand il reste bloqué à cette vitesse !!

Les musiques de Port Royale 3 tournent en boucle comme à l’habitude avec les jeux du genre, mais ici, elles restent très discrètes et tolérables, ce qui est un bon point. Les effets sonores sont eux aussi très réussis quoiqu’un peu répétitifs en raison même d’un jeu qui l’est lui même, mais on ne s’en lasse jamais et ils restent fidèles à l’ambiance générale du titre.

Le Bilan

On a aimé 

  • Partir de rien, devenir quelqu’un
  • La carte, les Caraïbes
  • Les musiques, discrètes
  • Les couleurs
  • Répétitif (très)
  • La gestion de l’argent
  • La dynamique des batailles
  • Les bugs intempestifs

Conclusion du test de Port Royale 3

Mille sabords !!
Port Royale 3 reste fidèle aux jeux du genre : c’est un titre de gestion économique, de construction de tout un empire et il vous faudra évidemment beaucoup (beaucoup) de temps pour parvenir à vous faire une place sur la carte du Monde. Avec un système d’offre et de demande efficace, il faudra toujours rester sur le qui-vive pour répondre aux besoins les plus urgents des villes alentours et dans le même temps toujours garder un œil sur sa trésorerie. Même si la voie de la piraterie permet d’échapper à une carrière pré-écrite, le jeu ne repose que sur peu de mécanismes et devient très vite répétitif, la plus grande part du jeu étant le commerce, quoique vous décidiez de faire. C’est bien dommage, car Port Royale 3 reste très agréable à jouer sur consoles, et on l’aurait sûrement aimé plus ambitieux que ça.

L
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Port Royale 3

Développeur : Gaming Minds Studios,
Éditeur : Kalypso Media
Date de sortie : 06/09/2012

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